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Tome premier. [A - BOU.]
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On appelle figurément le refrain de la ballade } un dis-cours qu’on répète íouvent. Régnier a dit des Poètesimportuns à demander, c’est toujours le refrain qu ilsfont a leur ballade,

Ballade. En quelques Provinces on appelle de ce nomle jour de la fête du Patron d une Paroisse de village.Ce mot vienr apparemment de ce qu’on yballoir, c'est-à-dire, qu on y daníoit, qu’on y faìíoit des bals.

BALLADIN , ou BALADIN, f. m. Danseur de profes-sion íur les théâtres publics, qui daníe à gages & pour-de í’argent. On le dit aujourd'hui plus généralementdes bouffons & farceurs, qui divertissent le peuple.Saltator. Covarruvias, suivant le sentiment de quel-ques-uns, tire ce mot de l’arabe belcdl qui signifiebourgeois. Sur quoi il remarque que les Maures de lacampagne appeloient de ce nom toutes les marchandi-ses falsifiées qu’ils achcroient des gens de ville qui fa-voient tromper leur simplicité.

BALLAD 1 NE. f. f. Danseuse publique. Saltatrix.

ÌfiJ‘ BALLADOíKE. adj. Dan (e balladoire. Danses licen-cieuses qui étoient en usage les premiers jours de l’an &le premier jour de Mai, que les danseurs & les danseu-ses exécutoient avec les pas & les gestes les plus inde-cens. Le Pape Zacharie en 744, fit un Décret pour lesabolir, ainíi que toutes les danses qui se fuioient sousprétexte de la danse sacrée. Plusieurs Ordonnances denos Rois les défendent, comme tendantes à la corrup-tion totale des mœurs.

BALLAGATE. Vaye\ Balagate.

BALLARIN. f m. Espèce de faucon. V jyqr Faucon.

BALLASORE. Ville des Indes Orientales, est à 97°,11', 33" de longitude, & à zo°, o', o" de latitudenord. Harris.

BALLE. f. f. Petite boule, ou globe à jetter, ou tirer enPair .Pila. Il s’en fait de plusieurs fortes. Une balle dejeu de paume est faite de petites bandes de laine bienbattues, bien liées & bien arondies, & couverte d 5 uneautre bande blanche ou de feutre. Un éteuf est unepetite balle couverte de cuir, & pleine de son.

Ce mot est fait de palla , d’où 011 a fait auffi ballotte ,ballon 8 l ballotter. Ménage. Mais Nicot le dérive dugrec £«aa», mitto j’envoie. Du Gange le dérive del’Anglois bail.

Balle de mousquet, de pistolet, d’arquebuse à feu ou àvent, & même d’arbalète, se dit de certaines petitesballes de plomb, de fer, de pierre, qui fervent à char-ger ces armes. Glans plombea. Une balle de calibreest celle qui est de la même grosseur que le calibre dufusil. Un pistolet chargé de deux ou trois balles. Cettegarnison est sortie tambour battant, mèche allumée,balle en bouche, c'est-à-dire, avecle mousquet chargé,Sc une balle dans la bouche pour recharger prestement.

En Artillerie, quoiqu’cn dise ordinairement bouletde canon, néanmoins on dit austì balle en quelquesoccasions. Un canon de batterie porte trenre-six livresde balle. Dans les saluts de mer, pour faire plus d hon-neur, on tire des canons chargés à balle. C’estcequ’onappelle salve royale.

Balles a feu. Terme d’Artillcrie. Elles font faites degroste toile remplie de poudre & d’aurres matières capa-bles de mettre le feu. Il y en a de plusieurs espèces,selon susage auquel on les destine ; les unes íont pourmettre le feu aux travaux de l’affiégeant, ou aux édifi-ces dune ville; les autres pour incommoder les travail-leurs : on en fait pour éclairer pendant la nuit, qu’onappelle des balles luisantes. On s’en sert auíli dans lesfeux d’artisice, d’autres servent à frire une grande fu-mée ; & d’autres enfin à infecter l’air, ou à répandrede la puanteur dans une mine, ou un souterrain.

Balles luisantes . Terme d’Artillerie & d’Artificier.b oye% Balles à feu.

Balle ramée , fe dit à l’égard cl u mousquet, de deuxballes attachées eníemhle par un fil de fer : &. pourle canon, ce font deux demi-boulets qui íont jointsensemble par une barre de fer pliée en forme de char-nière de compas. Glans veruculo trajecla 3 glans veru-culo cum alia glande tra]cela. Ces balles étant sortiesH écartent & coupent des cordes, des voiles, & même

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des mâts. On les appelle austì balles à fiches , & anges,ou balles à deux tètes.

Balle , terme de commerce, fe dit auffi des marchandi-ses ou meubles qu on veut tranporter au loin, & qu onempaquette dans de la toile, après les avoir bien gar-nies de paille pour empêcher qu’elles ne te mouillent jO u qu’elles ne fe briíent. Mercium colligatarum f ficis-Toutes les marchandises qui viennent aux Foires íonten balles. 11 y a des petits Merciers de campagne q alportent des balles íur leur dos.

On appelle auffi des marchandises de balle , ceuçsqui viennent de loin dans des balles , qui font Total-itaire fabriquées avec peu de loin par de méchans ou-vriers, ou de méchante matière, à la dissérence decelles qu’on commande aux ouvriers choisis, & qu 011voir faire devant íoi. Les pistolets de S. Etienne enForez íont des marchandises de balle 3 ils font faits aefer aigre & trop à la hâte.

En ce sens on le dit figurément de toutes les choiesqu’on méprise, ou qui ne valent rien. Ce íont éeSnouvelles, des contes de balle.

On appelle auffi une balle de dez, un paquet dedez où il y en a pluhcurs douzaines. On a trouve au-trefois dans la beíace d’un Cynique une balle de cstr,&le portrait d’une Courtiíanne. Balzac.

Balle , cn termes d’Imprimcrie ; c’est un instrument debois, qui est creux en forme d’entonnoir, avec uij epoignée au-dellus qui est auffi de bois. Le creux decet instrument est rempli de laine, laquelle est couverted’une peau de mouton qu’on trempe dans l’encre»pour toucher fur les formes ou íur les planches-0CF Loríque les cuirs neufs refusent l’encre, fa ated’avoir été aise z corroyés, ce qui fait paraître sut j eSballes des taches noires & blanches : on dit que R sballes font teigneuses. On le dit encore si la laine dededans fort par les bords. Il íe forme alors une efp £ ° ede duvet qui íe mêle avec l’encre, & introduit si> r pforme nombre d’ordures qui remplissent l’œil delettre.

Balle, en termes d’Agriculture; c’est la premièreécora®du grain , une eípèce de capsule où il est eisnfi'Gluma j folliculus. L’orge mondé n’a plus déballasgrain de l’épautre est fort difficile à tirer de la bail 1 ’Balle íe dit même plus particulièrement de l’envelopE^de l’avoine. La balle est appelée autrement dans ~ques Provinces barboule & borde. La balle est un n°}fourrage pour les bestiaux. Ce blé est encore toutde balle. Lig.

B'alle , ou Ballot de chanvre. L’un & l’autre & ^pour signifier une certaine quantité de queues devre réunies par un lien commun. . -

On dit proverbialement, au bon joueur la bali evient; pour dire, qu’un homme qui est habile en aprofession n’y lait point de fautes, y réussit opln 131 -ment. On appelle Enfans de la balle , les enù nSsuivent la profession de leur pete, & entre aur í eS <, e -enfans d’un Maître de Tripot avec qui il est 33 0 ^reux de faire partie. On dit auffi prendre labond ; pour dire, íe servir de l’occasion, ne I 3 al 0lIfpas échapper. On dit, la balle cherche le jouent, Pdire, que les occasions changent d’elles-mêrnfi sceux qui les demandent, &qui en savent pron tcr * jj cdit encore, que la balle est en amour; pour dite. ss* ^est bien renvoyée, qu’elle ne touche pas à zcll£ ^ stdans le sens figuré, cela le dit d’une conversas 011 j ay a beaucoup de vivacité. On dir auffi , 3 , v ° r0 rreballe , ou, à vous le dé ; pour dire , c’est 3 ^ ofíl -tour à parler, à agir. On dit auffi figurément d U1 1 nl .icme qui s’est íaoulé juíqu’à crever, que í° n , C j l£ a i!u-est chargé à balle. U y va balle en bouche, wj-'C veI -mée; c’est à-dire, qu’il entreprend une affaire en{vtement,. & bien réíolu de la pousser vigouren e g oí tsCe font balles perdues; c’est-à-dire, celons ^ ^ ontinutiles. On appelle lìimeur de balle , un * ° £n vel°P'les vers font si mauvais qu’ils ne servent q u 3per des marchandises. 1 0 u la

fCF On dit au jeu de paume , la balle laP e , ^ h fie,balle la gagne ; pour dire, que celui qui a joliea gagné qu perdu la chasse.