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Tome premier. [A - BOU.]
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Banque j se dit auffi d’une caisse publique, tenuesousladirection des Magistrats, & dans laquelle l’argent desparticuliers est en dépôt, pour le faire valoir à grosintérêt, ou pour le mettre en iûreté. La banque deVe-n ste, de Hollande. La ville de Lyon a établi une ban-que pour prendre de l argeur à fonds perdu au deniernuit & un tiers.

Banque d’emprunt. C’est une espèce de mont de piétéétabli à Amsterdam, où l’on prête de largeur auxpar-ticuliers qui en ont besoin, moyennant qu’ils y dé-potent des gages pour la sûreté des tommes prêtées,

Sc qu’ils en payent l'intérêt réglé à tant par mois parles Bourguemeítres ou Echevins.

Banque, te dit auffi en plusieurs jeux , comme au Hoc-ca, à la Baíl'ete, du fonds de celui qui tient le jeu ,pour payer ceux qui gagnent contre lui.

C 3 Banque, chez les Imprimeurs, se dit du payementqu’on tait du travail aux «uvriers de 1 Imprimerie. Lejour de la banque est le samedi. On entend auffi parbanque, la somme entière que chaque ouvrier reçoit.

§ 3 * Banque, chez les Passementiers, est l’instrumentpropre à porter les rochers, ou bobines, pour ourdir.

II y en a de plusieurs sortes pour differens usages.

§3 Banque , chez les Tabletiers , est une espèce debanc triangulaire, sur lequel l’ouvrier en peignes tra-vaille à califourchon.

BANQUE, adj. m. Il se dit d’un vaisseau qui va à lapéche de la morue fur le grand banc de Terre-neuve.Poyeq Naviae. On dit aussi qu’on est banque , quandon estíurle grand banc ,débanqué jquandon sa quitté.

BANQUEREAU. s. m. Petit banc de mer. Il se dic prin-cipalement de8 petits bancs qui ne font pas éloignésdu grand banc où l’on pêche la morue.

BANQUEROUTE, s. f. Faillite que font lesNégociansqui manquent à payer leurs créanciers , par intolvabilité feinte ou véritable. On le dit dans un sens plusétendu, de l’abandon qu’un homme fait de tous lesbiens à ses créanciers, faute de pouvoir les payer.Comme l’insolvabilité peut être vraie , ou feinte, ondistingue, deux fortes de banqueroutes , banquerouteforcée, qui est causée par quelque accident, par despertes qui ont rendu le débiteur insolvable. Argenta-ns, ob inopiam dissolutio. On l’appelle proprementfaillite. Voyez ce mot.

$3 Banqueroute volontaire, <ow frauduleuse, est cellequi se sait avec fraude Sc malice , quand le banque-routier s’ensuit Sc emporte le plus liquide de ses biens.On l’appelle simplement banqueroute. Creditorum perinopis.speciemfimulatamsraudatio. Beaucoup de Mar-■ chauds s’enrichilsent par des banqueroutes frauduleu-ses j en mettant leurs biens à couvert. Les banquerou-tiers frauduleux encourent toute la rigueur des lois :elles prononcent la peine de mort contre eux, quandla fraude est bien justifiée, comme quand ils ont di-verti leurs effets, supposé des créanciers , ou déclaréplus qu il n’étoit dû aux véritables créanciers. Foye\l’Ordonnance de 1673.

§3 Banqueroute, se dit dans une signification plusgénérale de tout abandon de biens que fait un hommedevenu insolvable de quelque maniéré que ce soit. Ila fait tant de folles dépenses, il a effuye tant de per-tes , qu’il a été obligé de faire banqueroute.

C 3 Dans le sens figuré, on le dit des manquemensde foi, de parole. Vous aviez promis d’être de notrepartie, vous nous avez fait banqueroute.

§3 On dit auffi faire banqueroute à l’honneur, à sondevoir, &c. Manquer à son honneur, à son devoir.

Iris n’a plus rien qui me touche :

J’ai fait banqueroute à ses lois. Main.

Tout cela n’est bon que dans le style simple & fa-milier.

Ce mot vient de XìtaXicnbanca rotta , banque rom-pue, ou plutôt banco rot t o. Ce mot vient de ce queEs Italiens autrefois faifoient le change en place pu-blique , Sc qu’ils avoient des bancs où ils comptoientleur argent. Quand quelqu’un de ces Négocians avoirmal fait f es affaires, & qu’il ne revenoic plus à la pla-

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ce, on difoit que son banc étoit rompu, banco rotto ;d’où est venu en françois banqueroute , òec. Sc deTabanqueroutier, qui luit.

BANQUEROUTIER, IERE, f. m. & f.Marchand, ouBanquier qui fait banqueroute. Conturbator , credi-torum fraudator. On condamnoit autrefois les banque-routiers frauduleux au pilori & au gibet. On les condam-ne en quelques lieux à porterie bonnet vert, & à Luquesà porter le bonnet orangé. L’Ordonnance de Henri IV, delan 1609 , Sc celle de l an 1673 , ordonnent qu ils íoientpoursuivis extraordinairement, & punis de mort ; ce quia eu peu souvent son exécution. On appelle propre-ment banqueroutiers frauduleux , ceux qui divertis-sent leurs effets, ou qui les mettent à couvert tous desnoms interposés par de fausses ventes , cu des trans-ports simulés, ou qui font paroître de faux créanciers.

BANQUET. í. m. Festin, grand repas. Epulum, epula.Assuérussir un fameux banquet a terne fa Cour, dontil est parlé au livre d’Esther. Flutarque a'écrit du ban-quet des sept Sages. Suétone parle d’un banquet quele siere de Vitellius sir àcet Empereur,où on servit deuxmille postions differens , qui croient tous rares. God.

ífT Banquet. Terme de coutume , s’est dit autrefoisd’un repas qu’un vaííal étoit obligé de fournir à sonSeigneur une ou deux fois l’année.

£CT On nomme banquet Royal un repas de cérémonie,où le Roi mange en public avec toute fa famille, Sctous les princes & princesses du sang. Acad. Fr.

Ce mot vieillit, & on ne s’en sert plus que quandon parle ou du banquet de Platon, ou du banquet desLapithes, ou dans certaines phrases particulières. Vaug.Rem. Il vient de l’allemand pancket, dont les Ita-liens ont fait banquetto, & les Espagnols banquette.Le P. Pezron croit que banquet est un mot celtique.Banquet , fe dit auffi en matière spirituelle. Sacrumepulum ,sacra mensa. Tous les Chrétiens doivent par-ticiper au sacré banquets la sainte Communion) auban-quet céleste. Le banquet des Elus, le banquet de l’A-gneau; pour dire , la joie de la béatitude céleste.

Basquet, en termes de Manège, est la petite partie dela branche de la bride qui est au-dessous de l’œil, quiassemble les extrémités de l’embcuchure avec la bran-che , & qui est cachée fous le chaperon ou fonceau.

BANQUETER, v. a. Faire un festin , faire grand’chèrcavec fes amis, epulum dare, epulum agere. Ch.Est.Dict. Ce mot vieillit, & n’a guère d’ufage que dansle style familier.

Banqueter, v. n. Être en un banquet. Epulari. Cechomme ne fait que banqueter.

BANQUETTE, f. m. Terme de fortifications. C’est undegré ou deux qui règnent tour le long des parapets ,asin qu’on puisse tirer par-dessus, & faire feu dans lefossé, & fur les chemins couverts. Ç'est une petite élé-vation de pierre, de terre ou de gafon. Cespes sedilisin morem ad loricam aggeftus. La banquette doitavoir un pied Sc demi de haut, & trois pieds de large.

Banquette, se dic auffi d’un petit chemin relevé, oûd'une petite élévation au-dessus du niveau de la rue ,pour servir de chemin commode aux gens de pied'comme il y en a à Paris au Pont-neus & au Pont-royahCrepido. On appelle tablettes , les plus basses ban-quettes , qui ne font élevées que d’un cours d’aísise ,& les assises de pierre de taille qui soutiennent les ban-queues du cote du milieu du pont.

Banquette. Banc de peu de conséquence, qu’on metdans les antichambres, les vestibules & les galeries. Lesbanquettes font quelquefois touces nues. Se quelque-elles font convertes Sc garnies.

A 3 Banquette, en jardinage, sedit des palissades ïhauteur d’appusi elles servent dans les côtés des al-lées doubles , où étant ainsi ravalées, elles n’interrom-pent point lc coup d’œil entre la tige & les arbres. Ony laisse quelquefois d’espace en espace des bouleséchappées de la banquette même.

\ D 3 Banquette, en menuiserie , est une boisure qu cní pratique aux croisées.

■tfT Banquette, se dit auffi d’un morceau de bois fervant à quelques ouvriers pour rasseoir quand ils veu-lent travailler.