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Tome premier. [A - BOU.]
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Les plus fameuses bibliothèques de l’ancienne Rome•étoient l’Ulpienne & la Palatine. On vante anlîî cellede Paul Emile , qui vainquit Perfée ; de LuciliusLucullus, d’Asinius Pollio, de Julius Sévérus, de Do-mitien , de Séranus , de Pamphyle Martyr, & del’Empercur Gordien. Foye^ Picard, Celtoped. Liv . F ,p .21 7 , César enavoirplusieurs très-bien fournies:

Cicéron avoir aulli fait beaucoup de depense àla sien-ne, comme il paroît par fa lettre 77 e du L. XIII e .Il difoit qu’il préférois la bibliothèque de P. Atticusà toutes les richeífes de Craífus. La bibliothèque deTrajan, dressée par les foins de Pline le jeune, étoitaussi fort ample ôc fort belle. Sénèque, De TranquiLcap. q , parle de bibliothèques qui contenoient deslivres fans nombre, ôc dont le maître n’avoit pas seule-ment lu le catalogue en fa vie. La première bibliothè-que publique à Rome fut l’ouvrage d’Asinius Pollio.

Autrefois les grandes Eglises avoient des bibliothè-ques. Saint Jerome, contre Jovinien, fait mention desbibliothèques des Eglises. Eufébe, Liv. V,.ch, 4, par-le de celle de Jérusalem, faite par l’Evêque Alexandre.Saint Jérôme , fur f Epître à Lite, & dans son troisiè-me Livre contre les Pélagiens, de celle de Céfarée;Anastase , dans la vie de Gélafe, de celle de Rome.Et dans la vie d’Hilarius il dit qu’il fit deux bibliothè-ques dans le Baptistère de Latran. Le Pape Nicolas Va été curieux d’amalïer des livres; c’est lui qui a jetéles fondemens de la bibliothèque du Vatican en 14/0.Elle fut ruinée par le Connétable de Bourbon au sacde Rome, ôc rétablie dans la fuite par Sixte V. Elles’est fort enrichie des débris de celle de Heidelberg,qui fut pillée par le Comte de Lilly , en 1622.

Une des plus accomplies bibliothèques' de l’Europe,a été celle qui fut dressée à Florence par Cofme deMédicis, le Patron des Muses. Les Ducs de Florenceont fait graver íur la porte de leur bibliothèque , Labornbsque labore. François I, qui avoir une passion extraor-dinaire pour les sciences, chargea le savant Budé dufoin d’eriger une bibliothèque : elle a été fort augmen-tée par le Cardinal de Richelieu, & elle doit le com-ble de fa gloire à M. Colbert ; enforte que la bibliothè-que du Roi est peut-être la plus riche, la plus nom-breuíe & la plus curieuse de l’Europe. La bibliothèquede l’Empereur est composée de 80000 volumes, ôcde 15940 médailles curieuses, comme témoigneLembétius.

M. le Galois a publié en 1680, unTraité des biblio-thèques. Coringius en a fait un de la compositiond’une bibliothèque par rapport à celle de Wolfenbutel,qui est fort ample & fort curieuse. Il n y a peut-êtrepoint de meilleur Traité des bibliothèques anciennes& modernes, que celui de Lomeyer, imprimé à Zut-phen , en 1669.

On dit figurément d’un homme savant, que c’estune bibliothèque vivante. Béroalde a été appelé unebibliothèque vivante par Pic de la Mirandole, ôc Lon-■ gin par Wormius.

Bibliothèque de Bacchus, fe dit quelquefois dans lediscours familier & en plaisantant, d’une cave garniede vin. On dit d un bon biberon, qu’il a une biblio-thèque pleine de bons in-folio , qu’il visite souvent fabibliothèque.

Vingt muids rangés che\ moi font ma bibliothèque.

Bon..

Durandus témoigne qu’on a appelé bibliothèque leslivres de l’ancien & du nouveau Testament : c’est unnom qu’on leur a donné par excellence.

Ce mot vient du grec /Wêàos , & 6A» , connuelibrorum repositorium.

Bibliothèque, est auílì un recueil, une compilation deplusieurs ouvrages de même nature, ou d’Auteurs quiont compilé tout ce qui fe peut dire íur un même sujet.Collectanea , . exceptiones , excerpta. Apollodored’Athenes , qui vivoit du temps de Ptolomée Evergere,Roi d’Egypte , environ 240 ans avant Jesus-Christ ,a donné le premier 1 idée de ces fortes d’ouvrages- Labibliothèque del’origine desDieux que ce célébreGram-

BïB

màirien composa, a trouvé des imitateurs en chaquegenre de littérature , comme on le va voir. La biblio-thèque historique de Diodóre de Sicile est une histoiregénérale de tous les temps, ou un recueil de plusieurspoints historiques de tous les temps. La bibliothèque de*Peres, est un recueil des ouvrages de divers Peres. Lfut commencé par Marguarin de la Bigne, Docteur deSorbonne, fur la fin du XVI e siècle. Il y en a eu depuiscinq éditions, dans chacune defquelies cet ouvrage atoujours grossi. Les deux plus amples font celle de Co-logne qui est en 15 volumes, ôc celle de Lyon faite enen 1678, qui est de 27 vol. la plus ample après celle-ci est celle de Paris, 1644, en 18 volumes. Mais il y 3un grand défaut, c’est que les ouvrages des Peres grcy sn’y font qu’en latin dans des traductions. La bibliothè-que du Droit François par Laurent Bouchel. PieU' e’d’Alva a fait la bibliothèque de la Conception de 1 *Vierge en six volumes. Enfin, on appelle bibliothèque-)un livre qui parle indifféremment de routes fortes d’Au-teurs ôc d’écrits fur différentes matières. Photius, p aL 'mi les Grecs, nous a laissé une bibliothèque , où i! 3donné l’abrégé de près de 300 volumes de différonsAuteurs, & porté son jugement fur chacun.

On a appelé Bibliothèque volante 3 des recueils dCdiverses pièces qui n’ excedent pas six feuilles. M. Bay*le a nommé ces fortes de pièces, des pièces fugitives >parce qu’elles fe perdent, & qu’on les néglige à causode leur petitesse; comme des Panégyriques, Fïaran-gués, Descriptions de fêtes, & c. telle qu’est celle deJean Cinelli, Italien, Académicien de Florence, q uliappelle bibliothèque volante , Bibliotheca volante d®'primée en 1677. La bibliothèque des Philosophes Chi-miques , contenant plusieurs traités ôc dialogues d’Bet'mès, de Marie, de Calid, deMorien, d Arréphius, deGéber, &c. Il y a une bibliothèque anatomique í airepar Le Clerc & Manger, Médecins de Genève, qui e> ntrassemblé en un corps un grand nombre de traités sin-guliers d’Anatomique.

On appelle aussi bibliothèque , les livres qui con-tiennent les catalogues des livres qui composent U sbibliothèques. Librorum catalogi , indices. Gefnet,Poífevin, Photius ont fait des bibliothèques. La biblio-thèque de M. de Cordes, de M. de Thou par Bouilland*Le PereLabbe, Jésuite, a fait la bibliothèque des biblio-thèques: c’est un livre in-8° qui contient feulement 1 ecatalogue de ceux qui ont écrit des bibliothèques. On Ytrouve un recueil de tous les catalogues de livres q ulont été faits jufqu’à son temps, par les Auteurs de ton-tes fortes de nations ,les Elogistes des hommes ilstd'tres, les plus fameux Imprimeurs & Libraires de l'E u "‘tope, & tous ceux qui ont écrit des cabinets célèbres»des monnoies, des poids ôc des mesures, des insinssrions & monumens de l’antiquité. ,

Martin Lippenius, Allemand, a fait une bibliothequ^réelle de Philosophie, Médecine, JurisprudenceThéologie, en quatre volumes in-fol. qui contientnoms des Auteurs qui ont écrit de ces sciences. ID a P.pelle réelle j parce qu’il fuit l’ordre des matières. f- )C ^Hertzius a fait la bibliothèque d’Allemagne, ou le rcueil des Auteurs qui ont écrit des affaires de ce p a >'^ 1 f

En France on n’a point encore une bibliothèque B el ^raie de tous les Auteurs. Il y en a de particulièressieur de la Croix du Maine, Manceau, & d’AntoineVerdict. La bibliothèque Françoise de Sorel,est 1111 ^vre où l’on a prétendu dresser une bibliothèque f fi 1 ,soit composée que de livres François, & qui soúmoins suffisante pour parvenir à l’Encyclopédie. L ^pagne en a une par Nicolas Antonio. Il y a aU “‘ l otbibliothèque d’Efpagne de Peregrinus , ou d’ Andre ^c >des Ecrivains Espagnols en 1608. Sa bibliothèquete de Sixte. . .tient

Bibliothèque Rabbinique. C’est un livre qui c °[ a g eSjune liste des Rabbins qui ont écrit, de leurs °^ cU j esdes éditions de ces ouvrages, du temps ° n ieucs ou-Auteurs, des lieux ôc des années auxquelles .. ^

vrages ont été imprimés. Il y a plusieurs ^as,

rabbiniques. Manaffé BenIfraèl, B- Jean-B a P Jeux

Juif converti au Christianisme, en ont commene ^que la mort les empêcha de finir. R. ^chabtai