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profit, ne mérite point d’ctre appelé un biensaicîeuf,ion action est un commerce, Sc une négociation. L’an-tiquité a fait ses idoles de ses bienfaicieurs , ct n’aprispour objets de ses adorations religieuses, que ceux quile dévoient être de la reconnoissance publique. LeMait. Un homme enivré de la félicité du fièc/e Jouitdes bienfaits fans regarder le bienfaiteur. Flec h.
On appelle dans les Couvents biens acteurs & bien-factrices, (on doit dire bienfaiteurs ou bienfaicieurs )•ceux qui ont fait les fondations, ou qui y ont apportéde grands biens en y entrant, ou qui en ont fait fansy entrer. Autrefois les noms des bienfacleurs s’écri-voient dans le Missel. On les mettoit auffi dans le Ca-lendrier des Moines morts.
BIEN-FAIR.E. v. a. S’acquitter comme il faut de son de-voir. Officio reclè fungi, panes implere. Je fais bien,j’ai bien fait, je fis bien , je ferai bien. Il faut tâcherde bien faire ce que l'on nous ordonne. Il a bien faitfa. co m mission.
Bien faire. v. n. Obliger quelqu’un par quelque libé-ralité, par quelque íervice. Bene mereri de aliquo,prfil are officium alicui. On dit plus ordinairementfaire du bien.
BIENFAISANCE, f. f. Inclination à faire du bien. Be-nigne faciendi voluntas. Ce mot est nouveau, Sc a étéhasardé par M. l’Abbé de Saint Pierre dans cette phra-se : L’esprit de la vraie Religion & le principal but del'Evangile, c’est la bienfaisance, c’est-à-dire, la prati-que de la charité envers ìe prochain. Mém. de Trév.Mai 172 /.
Ils croient que Dieu se plaisoit davantage à entendrechanter ses louanges, qu’à voir pratiquer la justice &la bienfaisance. L’Ab. de S. Pierre. Pierre l’Hermitecroyoit que le Pèlerinage à Jérusalem étoit plus efficacepour le salut, que l’observation de la justice , & la pra-tique de la patience envers son prochain, ôc des autresœuvres de bienfaisance. Id.
M. l’Abbé Desfontaines dit, en parlant de M. Rollin,combien de choses ne nous auroit pas pu dire M. Crevier, au sujet de sa bienfaisance, de ía candeur, de íagénérosité, de ses aumônes 8c de fa piété tendre & sin-cère ? Les Journalistes de Trévoux ont employé ce motcn parlant de Madame Rouve. On en fait une dévoteparfaite, ct l’on donne de grands éloges à fa bienfaisanceSc à sa générosité ; vertus qui brillent le plus dans faconduite. Meilleurs Bouter pere ct fils faifoient huitcens livres de pension à M. Rousseau. Il est à proposque ce fait passe à la postérité, avec les honneurs dûs àla noble bienfaisance, exercée à l’égard des illustresmalheureux. Jugem en s fur quelques ouvrages nouveaux.Tom. 1, p. 6S. Ce mot lignine en ce dernier exemplelibéralité , munificence, générosité. Depuis que j’ai vuque parmi les chrétiens on abusoit du terme de charitédans la persécution que l’on faisoit à ses ennemis, &que les hérétiques disentqu’ils pratiquent la charitéchrétienne en persécutant d’autres hérétiques, ou lescatholiques memes. . . j’ai cherché un terme qui nousrappelât preciíement l’idée de faire du bien auxautres,& je n’en ai pas trouvé de plus propre pour me faire en-tendre, que le terme de bienfaisance. S’en servira quivoudra, mais enfin il me fait entendre, & iln’est paséquivoque. M. L’Abee de S. Pierre, dans le 2 e tom.de juillet 1726, p- S 7 ^es Mém. de Trév.
fjCF Ce termeparoít expressif & analogue. M. de Vol-taire s’en est servi dans son discours fur ce que c’est quela vertu. Voici ce qu’en dit cet illustre Auteur.
Certain Législateur, dont la plume fécondeFit tant de vains projets pour le bien de ce monde ,Ft qui depuis trente ans écrit pour des ingrats,fuient de créer un mot qui manque à Vaugelas,
Ce mot est bienfaisance : il me plaît, il rassemble,Si le cœur est en cru, bien des vertus ensemble.Petits Grammairiens , grands Précepteurs dessots ,Qui pess la parole, & mesure% les mots,
Pareille expression vous paroít hasardée,
Mais l’ Univers entier doit en chérir l’idée.
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M. l’Abbé Desfontaines , O Issu r les Ecrits mod.tomi XXX, pag. T 2q. , I2j.
BIENFAISANT, ANTE. adj Beneficus. Qui a l’inclina-tion à obliger, à faire du bien aux autres. Il faut qu’unseigneur soit bienfaisant , s’il veut gagner l’amitié dupeuple.
H a un comparatif : n’avois-je pas raison de trou-ver étrange, que vous, le meilleur, & le mieux faisantde tous les hommes , me refusalsiez cinq ou six lignes?Voit. Je ne crois pas que d’autres aient hasardé cemot.
BIEN FAIT, AITE. ad. Qui a de la beauté, de l’agre-menr, de la grâce, qui est bien tourné. Egregius , ele-gans , venustus, ad unguem factus. Voila un ouvragebien fait , une commiffion bien faite. Cet homme esttùs-bienfait. C’est un elprit bienfait, un cœur biens ait-On dit auffi, c’est l’homme 1 e mieux fait que j’aie vU :c’est la fille la mieux faite de France.
BIENFAIT,s. m.fKTSynonymedegrâcc, lorsque ce in° rsignifie un bien que l’on fait à quelqu’un sans y ctlCobligé. Foye% grâce, faveur office, service*Beneficium , gratia. Les bienfaits s’oublient plus ailé'ment que les injures. Sénèque a écrit un beau Traitedes Bienfaits , qui a été traduit par Malherbe. P° urconserver de la reconnoistance, il faut s’arrêter au bien-fait, fans en rechercher la source, qui est d’ordinait®fort corrompue. Nicol. Ceux que la fortune aveup e& sans choix a comme accablés de ses bienfaits , eI1jouissent avec orgueil & fans modération. La Bru t*Les bienfaits même veulent être assaisonnés de manièresobligeantes. Beel. Un bienfait reproché tient tcujcurSlieu d’otfensc. Racin. C’est un crime, dit Sénèque,que de rendre le bienfait auisitôt qu’il est reçu, ct d’ 0 "bliger celui qui le fait à le reprendre. Rcchef.
$3“ Le plus statteur & le plus solide de tous les plaisirs »c’est d'avoir fait des grâces au-desius de toute recost'noissance. Ne comptons point nos bienfaits ; ne sié-geons qu’à les multiplier ; mais nos bienfaits ne parle'ront pour nous qu’autant que nous saurons les taire*Oblgeons promptement : la lenteur diminue le pf J *des biens qu’on attend de nous, ou fait du moins qu oj*les paye de trop d’impatience. Si nous recevons qiiefque grâce , ne pénétrons pas jusqu’à l’intention de ce‘ alqui nous l’a faite : nous y pourrions découvrir desmotifs qui diminueroient notre reconnoistance, ^rien ne doit jamais 1a diminuer.
03“ On dit proverbialement qu’un bienfait n est jaiu alSperdu, pour dire que les moindres personnes à quil° stfait du bien , peuvent trouver occasion de le rccoUnoître. On dit proverbialement & figurément qu’d 1 *des gens qui écrivent les injures fur le cuivre, St f £bienfaits íur le fable ; pour dire qu’ils n’oublient F 0 f,les injures, & qu’ils perdent bientôt le souvenir debienfaits.
03“ On dit bienfait du temps , en parlant d’événeinens,d’occasions favorables, qui peuvent faire réuffir lì °_projets. Ilattendoit tout An bienfait du temps: iltoit íà ressource dans le bienfait du temps. Le Carnal Mazatin attendoit des occasions favorables > udivision dans le Parlement, une mutation danspeuples, la majorité du Roi, bref le bienfait An relT V 'qui ne peut manquer à celui qui dispose de l’autoRoyale. Mém. de la Rockefoucault.
Bienfaits, f. m. pi. Bonnes actions, actions tnerirnh^Dieu tiendra compte à ses élus de leurs bienfaits- U ace sens il n’est pas usité. ^
Bienfait, en termes de Coutumes, fe dit auffi ^troisième patrie des biens successifs du pere ct ;mere, dont la jouissance par usufruit étoit donneepuînés, ct entr’autres en la Coutume d’Anjou.
Bienfait. |KF Divinité du Paganisme. Beneficium •honte de l’humanité, c’est de tous les Dieux ce n ^le culte est le plus négligé. L’Égoïíme a p nS p]j n£ ,C’est Democrite qui fit un Dieu du bienfait- • ^
Liv. XI, ch. 7, Budé furies Pandectes, /î 40 ,Cyraldus, Syn,. Decr. png. s 3 - L.
noissoit que les deux Divinités, k Peine &.le B f