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BLÉ.
BLÉ, ou BLED. s. m. Plante qui produit dans ion épiun grain , dont on fait le pain, qui est la principalenourriture de l’homme; Sc le grain que cette plante pro-duit. Frumentum. Joseph enrichit les Rois d’Egypte ,en leur faisant faire des magasins de blé durant les an-nees fertiles. Des terres à blé. Frumentariumsolum , oufrumenti fepax ager. Blé mêlé. miscellum frumentum.Battre le blé. Terere. Scier les blés. Metere. On a vudans la Suille garder des ùtájusqu’à cent ans, en leslaissant dans f épi. Quelques Naturalistes ont comptéjufqu’à cent maladies , auxquelles les blés font sujets.
Ce mot vient àe bladus oa bladum, qui signifiefruit j ou. semence , d’où est venu imbladare ; pourdire , ensemencer y ou emblaver. Voisins & Somnerusle dérivent du Saxon hiai, oablada ^signifiant la mêmechose ; ou du grec /3 \*ris. qui signifie germe. Les Ita-liens appellent encore biade , tous les légumes, fruits& moissons, excepté le froment. Selon les premièresétymologies, il faut écrire bled /comme onfaisoit il y !a déjà quelques années, & comme font encore quelques IAuteurs. Cependant l’usage contraire semble avoir pré- jvalu, & l’on n’écrit plus guère le d , comme on ne le !proncjnce point, quanssmcme on l’écriroit, pas même !devant une voyelle ; ainsi il faut dire du blé Sc du vin,acheter du blé en épis, Sc non pas du blé-t Sc du vin,du blé-t en épis.
On appelle par excellence blé, celui qui est de purfroment. Frumentum , triticum. Bléméteil , celui quiest mêlé de seigle. Miscellum. Petit blé, ou blé maigre y c’est du seigle, ou du blé où il n’y a guère de fro-ment , ou dont le grain est ma l nourri ; en un mot leblé á u moindre prix. Trinca y Olyra.
On appelle aussi petits blés , les autres grains quel'on femeau mois de Mars , comme l’orge, l’avoine , j• les pois, les vessies; ce qu’on appelle aussi en général jles Mars, Sc en quelques lieux termois , de trimestris, jMiscellum.
Chôme!, dans son Diclion. économmique, au mot ,abondance, p. 6, & suiv. donne plusieurs secrets pourla multiplication des blés. J
®lé barbu, en latin melica. C’est Une espèce de milletdont les tiges s’élèvent à la hauteur de huit ou neufpieds. Ses graines font ovales ou preíques rondes, Scplus groiles de moitié que celles du millet commun.Cette plante croît aux pays chauds dans les terres grasses.BlÉ blanc. Espèce de froment commun en Dauphine,Chorierprétend que c’est celle que Pline appelle bran-ce, brance en gaulois ,sandelum en latin. Pline faitmention de deux espèces de froment, de l’arinque &du brance. Il dit que l’arinqúe est commun à la Gaule& à lltalie : & le Brance propre à la Gaule feulement.Le Dauphine les conserve encore toutes deux avec leurspremiers noms , corrompus néanmoins , en ceux deriguet, & de blé blanc. Chorier. i
Blé cornu. Terme de Laboureur. Ce font certains grains iqui viennent quelquefois dans les épis du seigle, &qui sont noirs 6c plus longs que les autres, sortant del’épi comme une espèce de corne noire ; ce qui faitqu’on les appelle en Gâtinois blé cornu, Sc en Sologneaulsi-bicn que dans le Berry, des ergots. Le blé cornucause de fâcheuses maladies à ceux qui en mangent.Quelques-uns disent que cela vient du terroir; mais cesentiment est peu probable, parce que celan’arrive quecertaines années, Sc dans les meilleures terres commedans les plus mauvaises. D’autres prétendent que celavient des chaleurs Sc des humidités de l’air. D’autrescomme M. Dernier dans son Hist. de Blois, disent quela cause de cette malignité sont certaines bruines quitombent en quelques années vers le mois de Mai. Ilsemble que l’expérience montre qu’il fautqu’elles soient- accompaghéeS ou'suivies de raies de soleil chaudes.
Blé Locular. Froment rouge , froment locar, fpéautreen latin Zea. Cette plante est commune en Egypte*en Si c il e & e n Grèce. Ses épis font assez semblables àq UX Forge. Sa graine est menue Sc d’un rouge-kun.o•” *?- fait à pain qui est noir & rude au goût: onert Four faire de la bière’
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BlÉ Noir, oU Blé Sarrasin. Frumentum Sarrac.enicum ,ou Fagopyrum , Fegopyrum , ou Fago triticum. Me-lampyrum. On le nomme Blé-noir, par rapport à lacouleur noire de l’écorcc de son grain; & blé-sarrasin,parce qu’il a été d’abord apporté d’Afrique. II se nom-me en latin Fago triticum , Sc Fagopyrum , à causequ’il ressemble au fruit du hêtre. Cette plante ne res-semble point au blé, quoi qu’on lui en donne le nom.sa racine est fibrée Sc chevelue, 6c pousse une tige hau-te de deux pieds, mince , liste , verte & quelquefoisrougeâtre, branchue, chaque branche sortant alternati-vement des aisselles des feuilles. Elles font tailléescomme un cœur, soutenues pat des queues qui ontjufqu’à deux pouces de long, sur-tout dans les feuillesdu bas de la tige, qui font plus amples, Vertes, lisses,alternes & d’un goût fade -, leur grandeur domine à me-sure qu’elles approchent de l’extrémité des branches ;Sc en cet endroit, & des aisselles de ses feuilles, nais-sent des brins minces & longs d’un pouce environ, quiportent des bouquets de sieurs purpurines : chaque sieurest composée de cinq étamines soutenues par un caliceblanc & lavé de pourpre, divisé en cinq parties jufqu’àfa base. La pistil qui fe trouve au milieu de ces éta-mines, devient une graine relevée le plus souvent detrois coins, enfermée dans l’enveloppe qui a íervi decalice à 1a sieur. Le blé-noir est une manne pour lepayían qui n’a pas eu une bonne récolte en seigle &en froment. Dans les temps de disette,on íeme beau-coup de champs de blé-noir , parce qu’il vient bien par-tout & qu’il est bientôt mûr. On fait avec la farine deses femeneçs, des gâteaux, de la bouillie Sc du pain,faute d’autre grain. On en engraisse aussi la volaille.
II y a une autre forte de blé-noir, qu’on nommeautrement blé de vache , ou rouge herbe. C’est uneplante dont la tige est carrée , velue , purpurine , ra-meuse, haute d’cnviron un pied. Ses feuilles lont atta-chées à l’opposite l’ime de 1 autre par intervalles, lesunes étroites comme celles du Linaria, les autres lar-ges Sç déíoupées profondément, rudes ali toucher,d’un vert-brun. Ses sommités font garnies d’un amasde feuilles courtes, allez larges, de couleur purpurinegaie. Ses fleurs sortent des aisselles de çes feuilles : cefont des tuyaux terminés en haut par une manière degueule dont les deux lèvres paroi fient ordinairementcollées l une contre l’autre, de couleur variée, purpu-rine ou rouge, ou jaune-rougeâtre. Il succède à sessieurs des fruits oblongs qui s’ouvrent de la pointe àla base en deux coques, chacune des quelles est parta-gée en deux loges qui renferment des semences oblon-gues, plus petites que des grains de blé, Sc noires. Saracine est petite- ligneuse, garnie de quelques fibres.Cette plante croît entre les blés , principalement enterre grasse. Les bœufs Sc les vaches en mangent.
Blé dé T*urquie , qu’on appelle autrement May s , ou bléd Inde. Triticum Indicum, frumentum Indicum , tra-gus , tragum. Ses racines font chevelues, longues,nombreuses, blanches, Sc elles donnent une tige bran-chue dès le bas , haute de cinq pieds,ronde, épaissied’un pouce, droite, noueuse par intervalles, remplied une moelle blanche, douce Sc Cactée. Plusieurs seuil-!es qui partent de cës nœuds, l’enveloppent Sc s éten-dent enfui te de lá longueur d’un pied environ, fur deuxa trois pouces de largeur, pointues a leur extrémité,rudes fur leurs bords, & relevées de plusieurs nervuresdroites qui parcourent toute leur longueur cn maniéréde pli s . L’extrémité de la tige est terminée par un pa-nicule ou amas d’épis, composes de plusieurs fleurs àetamines Sc stériles. Les fruits naissent dans des en-droits séparés 8c au-dessous de ces panicules : ce sontautant d’epis enveloppés de feuilles roulées en gaine,d’où s’échappent plusieu^ longs filets. Chaque filetaboutit à un embryon qui devient une graine presqueronde, grosse comme un pois, mais ordinairement an-guleuse , Sc un peu plate d’un côte par où elle tient al’épi, couverte d'tìne peau ou écorce ferme, le plussouvent rousse ou jaunâtre, quelquefois grise, rouge,brune, qui renferme une substance tanneuse. L íutkde cet épi à fruit est un poinçon tout cou-vert d>