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BCrIE. T. f. Espèce de revêche qui se fabrique par lesSayetiers drap pans d 5 Amiens. Il y en a de trois lon-gueurs : les larges qui ont trois quartiers de large furvingt aunes & demie de long. Les moyennes qui ontmoins de trois quartiers fur la même longueur, & les
• petites que demi-aune fur vingt aunes de long.
BOÍEN, LNNL. f. m. Sc f. Prononcez Boy en. Ancienspeuples de la Gaule celtique. Boius . M. de Marca,dans son Hifl. de Bearn, les appelle aussi Boiates. Ontrouve dans César des Vocates , ou Votâtes parmi lespeuples de l’Aquitaine, ou Gascogne. LesBóiens occu-poient le pays deBuchs, où est le bourg appelé vulgai-rement Tète de Buchs. Ce bourg de Buchs étoit an-ciennement l’une des douze cités de la Novempopu-lanie, appelée dans les Notices la cité des Boiates,autrement Boïens. De Marca. Cordemoy fuit ce sen-timent, Tom. 1 , p. ç. Voyez encore le Marca IHfipan.L. I, c. 14, §. 3. Scaliger Sc Vinet estiment que lesBóiens a voient leur étendue depuis le pays de Buchsjusqu a Baronne, Sc que cette ville étoit leur cité, maisíe pays de la cité d’Acqs s’opposc à cetce conjecture;car une partie de ce pays est lìtuée entre Païenne Se lepays de Buchs. De Marca. D’autres prétendent queles Boiens habiroient la contrée que l'on appelle à pré-sent Médoc. Ce st le sentiment qu’ont embrassé MatySc M. Corneille. Quoiqu’il en soir, une partie de cesBoiens se joigniràSegovèse, passa le Rhin sous fa con-duite, &s'établit, partie en Bohème, comme nous avonsdit au mot Bohème,& partie en Italie. Dans 1 a fuite,ceux de Bohème, chastes à leur tour par les Marco-mans, se retircrent en Bavière. Ceux d’Italie, au com-mencement du gouvernement de César, se joignirentaux Helvétiens, c’est à dite, aux Suisses, pour entreren Gaule. César les défit, & obligea les Helvétiens deretourner chez eux. Pour les Boïens , les Héduens de-mandèrent au Général Romain, qu'il leur permît de semettre dans leur voisinage ; il y consentir, & leur assignaune partie du Bourbonnois d'aujourd’hui, & la partiede l’Auvergne qui est entre la Loire & l’Allier. V. Cé-sar, Comment. Lïv. I, c. z S , & M. de Valois dans saj Notice-des Gaules, aumot Boit, Sc p. 326, où il ditqu’on les nomme encore aujourd'hui Buics , & leurpays le pays de Buchs. De Vigenere a dit Boies au lieude Boiens. Favin étoit au contraire que ce font lesBourbonnois qui ont peuple le pays de Buchs, ouBa'ïonne, Hïfi. deNav.p. 63, mais lans fondement.
BOJITES. f. m. pi. Bojit&j Nom d une famille Períanne,sottie de Bojas , que l’on diíbrt descendre de DariusHistaípides, Sc des anciens Rois de Perse. Les Bojitesont délivré leur patrie de la domination des Caliphes.Alis, fils de Bojas, fut le premier Bojïte qui montafur le trône vers l’année 92.8 de J. C. Melecva suc ledernier Bojite qui occupa le trône. Les Selgiucides,turcs d’origine, leur succederent en 1055. Ainsi la do-mination des Bojites dura 127 ans. Voyez IJorn. Orb.Imp. Joachim Feller, dans ses Notes fur Hornius , ditque les Bojites Rappellent aussi Pujans , Pujani.
fp* BOINITZ. Ville de k haute Hongrie, au Comtéde Zoll. assez près de Priviez.
BOJOBI. s. -n. C’eft un serpent du Brésil, que les Por-tugais appellent Cotre verde. Il est long d environ uneaune, & gros comme le pouce, de couleur porracée,luisante. Sa gueule est grande Sc sa langue noire. Samorsure est tres-venimeuse. Les remèdes dont les Mé-decins Indiens se servent le plus contre sa morsure, estde faire avaler au malade, dans de l'eau, de k racinepilce d une herbe qu’ils appellent Coapïa. Dior. deJames.
BOIRE. v. act. Avaler quelque liqueur pour étancher fasoif, pour se rafraîchir, pour se purger, ou pour le sim-ple plaisir. Bibere. Ainsi on dit, boire à sa fois; ne boireque quand on en a effectivement besoin. Boire frais,bobe à k glace, boire pour se raffraîchir. Boire , ava-ler une médecine. Boire à l'allemande. Boire à tire la-rigot. Poye\ Larigot. Boire d’autant. Boire copieu-sement. Boire tout pur. Boire comme un trou. Boireà longs traits, des rasades, des rouges bords; pourdire , boire en débauché, & pour s’enivrer. Il y a desanimaux qui sont long-temps fans boire , comme le
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chameau. L’Auteur de 1 ’ Histoire des Antilles , assureque les cochons des Caraïbes boivent peu, ou point dutout ; que les chèvres ne boivent qu’une fois 1a íemai-ne ; les civettes qu’une fois le mois ; Sc que les vachessont six mois fans boire. Montagne dit dans íes Essais,Liv. III j ch. 13 , qu’un Gentilhomme de fa connois-sance avoir fait le trajet de Madrid à Lisbonne en été,fans boire. Les Chinois tiennent pour un grand régal deboire chaud: Sc leur boillon qui est le the, & le vinde ris, est toujours fur le feu dans quelque vaisseauproche k table.
On dit absolument dans ce sens, qu’un homme estsujet à boire, ou qu’il bois, pour dire, qu’il est sujet às’enivrer: & qu’il boit bien, pour dire,qu’il porte bienson vin : qu’il boit sec, qu’il boit jufqu’à k dernièregoutte. Charlemagne, Liv. III, ch. 3 3 de ses Ordonn.fait défense aux soldats de boire les uns aux autres, àcause des querelles qui naissent de k débauche. Boireà k santé, est une cérémonie de buveur, qui se fait ensaluant quelqu’un, lorsqu’on veut boire pour lui fairehonneur : & porter une santé, inviter un autre d’en faireautant. Propinare alicui. On trouve dans une gazette;les santés de leurs Majestés furent bues Sc répondues.Boire à la ronde, c’est boire k santé de toute la com-pagnie l’un après Faune. Boire les inclinations, c’estrecommencer à boire les santés des mêmes personnes.Crier le Roi boit, cérémonie qui est en usage danstoute l’Europe, fF? cri de réjouissance parmi ceux quimangent ensemble le jour des Rois, après avoir faitun Roi de k fève. On crie le Roi boit, la Reine boit,toutes les fois que le Roi ou 1 a Reine de k fève boivent.
Boire ensemble, est aussi un témoignage d’amitié, quise sait en se donnant l’un à Faune quelque repas. Com-potare. 11 lest aussi de réconciliation : car quand 011veut raccommoder des gens brouillés, on dit qu’on lesfera boire ensemble. Dès le dixième siècle boire ensem-ble , étoit en Bretagne une clause des contrats & destraités entre particuliers. Lobineau.
Boire le vin du marché, est aussi une coutume prati-quée parmi le peuple, & sur tout à k campagne, dene faire aucun marché sans aller boire ensuite en signede bonne foi & de réjouissance : & on dit aussi dés pe-tits présens qu’on donne aux valets & aux artisans quiont rendu quelque service, que c’est pour boire , pourse réjouir. Boire bouteille, ou vider bouteille. p r oye%Bouteille.
Boire à la régalade ou au galet, c’est verser une liqueurdans k bouche, k tête étant renversée. Voye% M. Pe-tit , Mem de l’Acad. des Sc. /7//. Les Indiens.boivent à la régalade.
On dit aussi, principalement en Poésie, ceux quiboivent le Gange, le Thermodon; pour dire, les peu-ples qui habitent fur les rives de ces fleuves.
On dit de même que k terre boit, que j c papierbon -8c de toutes les autres matières scches Sc spon-gieuses, qu’eiles boivent, quand elles sont pénétréesde quelque liqueur. Anacreon dit plaisamment, dansa dix-neuviorne ode k terre boit, les plantes boiventla terre, c eít-a-dire, k sucent, la mer boit l’air, le So-leil boit k mer, k lune boit le soleil ; pourquoi, com-pagnons, voulez-vous donc m’empêcher de boireî Ondit en Chimie, que les alcalis boivent les acides; pourdire , qu’ils s’en imbibent, & qu’ils entrent l’un dans1 autre pour faire un corps nouveau.
Boire l e calice , se dit aussi figurément, pour dire, sous-. fà' avec patience quelque infortune qu’on ne peureviter; faire quelque chose par une force majeuresHaurire calicem. En ce même sens on dit, boire un af-front , une injure. 11 fallut boire k raillerie, de peur del’accroître en k défendant. Ablanc. Malheureux queje fuis, faut-il que je boive cet affront; Mol. Le sup-porter, sans marquer de ressentimenr.
for On dit poétiquement, boire le nectar,être assis à ktable des Dieux. Boire le Styx, le Cocyte, être mort.Ce verbe est aussi employé dans un sens moral, maisen poésie seulement.
O toi, qui libre enfin dé une pénible course,Possédés du vrai bien l’ inépuisable source ,