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Tome premier. [A - BOU.]
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9 6 z BON

le bonheur 3 ce qui ejldéjlrable pour soí-même . Port-Royal.

Ce mot vient à’heur, qui lìgnifioi t bonheur, d’oùvient le mot & heureux , peut-étre du latin hora. VoyezHeur ex Heureux.

Ménage a observé qu’on ne s’en sert au pluriel, quequand il est: opposé à malheur. Je ne ferois cependantpoint de difficulté de dire, il lui est arrive toutes sor-tes de bonheurs. Corn. U lui pourroit arriver tous lesbonheurs Sc tous les malheurs du monde , qu’il ne sehausseroit, ni íe bailseroit. Vaug. Rem. Cependantil est certain qu'excepté en certaines phrases sembla-bles à celles-là , le mot de bonheur ne se dit jamaisqu’au singulier. Ne parlez point de votre bonheurdevant les misérables ; la comparaison qu’ils font deleur état au vôtre, leur est odieuse. La Bru y.

Que votre bonheur ejl extrême !

Cruels lions , sauvages ours 3

Vrus qui n ave^ dans vos amours

V 3 'autre règle que V amour même. L A Su ze.

Il y a de la différence entre le bonheur & un bon-heur. Un bonheur est un événement heureux. On peutavoir un bonheur fans être heureux.

03 “ Le bonheur > pris indéfiniment, signifie une fuite d'é-vénemens heureux. Considéré comme sentiment, c’estune suite de plaisirs.

# 3 “ Quand on dit en morale, que l’homme recherchenécessairement son bonheur, qu’il agit toujours en vuede son bonheur 3 on entend par ce mot, cette satisfac-tion intérieure de l ame, qui naît de la possession dubien ; & par le bien , on entend tout ce qui convientà l’homme pour fa conservation, pour sa perfection,pour sa commodité ou son plaisir : tout plaisir ou sen-timent agréable est un bonheur , puisqu’il met l’amedans un état de joie Sc de satisfaction. Maleb.

Quand on dit que le bonheur est nécessaire auxgrands Capitaines , auísi-bien qu’aux Joueurs; qu’unhomme a joué de bonheur; que tel événement a étépour lui un bonheur singulier, le mot bonheur se prenddans le sens dont nous avons parlé pour un événe-ment favorable à quelqu’un, qui riest point une fuitede íes foins , & de fa prévoyance, & à quoi il n’apoint contribué par son adresse. On attache commu-nément une autre idée à ce qu’on appelle bonheur.On croit d’ordinaire qu’il y a un certain principe debonheur qui accompagne certaines personnes , & quiles fait réussir en des choies ou d’autres échoueroient,fans que l’on puisse attribuer ce bon succès à leur pru-dence. Mais â proprement parler, le terme de bonheurne signifie rien dans la bouche de bien des gens , ouds y joignent des idées très-obscures. Car si le bonheurest un effet du hasard , lequel se détermine sans règle,& par caprice, l’on ne peut pas dire, que le bonheurkst attaché Sc fixé à certaines personnes : autrementc’est fixer Sc déterminer une chose qui ne peut êtrefixée ni déterminée. Voye; Heureux.

Bonheur, m dit aussi. en termes de complimens parexagération. Depuis que j'ai eu le bonheur de vousécrire, de vous voir, de vous parler.

On dit adverbialement, par bonheur ; pour dire,Heureusement.

Bonheur. Autrefois ce mot fe séparoit en deux Bonheur 3 bonne fortune.

Rendra ton œuvre immortel de renom 3Qui te sera peut-être fi bonheur,

Que le profit sera joint à Vhonneur.

EONHOMMIE. s. s. Caractère d’un homme bon. Bonténaturelle, simplicité qui se fait remarquer dans lesaâions les plus indifférentes.

Je regrette la bonhommie ,

Vair loyal 3 R esprit non pointu 3Et le patois tout ingénuD u Curé de la Seigneurie,

BON

Qui «’usant point sa belle vieSur des Ecrits laborieux ,

Parle comme nos bons ay eux ,

Et donnerait 3 je le pane ,

VHistoire , les Héros , les Vieux 3Et toute la Mythologie ,

Pour un Cartaut de Condrieux.

Gresset.'

03“BONI. Petite ville de France, fur la Loire, entreNevers Sc Orléans, dans le petit pays de Puyíaye, enBeauce.

BONIFACE. f. m. est un nom d’homme, qui fe dit aussipopulairement de ceux qui font doux, simples & in-capables de malice. Cet homme est un vrai Boniface.

Le peuple appelle aussi boniface , un homme quia un visage gros , gras.

03“ BONIFACIO, ou BONIFACE. Bonifacium. Villed’Italie , dans la partie méridionale de 1 Ile de Corse,aux Génois , bien fortifiée, avec un bon Port.

BONIFIER, v. a. Rendre meilleur. Meliorem redderè.Ce jus d’éclanche bonifiera notre sauce. La Marnebonfieìes terres labourables.

§3“ On ne le dit guère que des terres. On bonifie lesterres par labours fréquens , par les engrais.

Bonifier, en termes de Marine, signifie, dépecer unebaleine, en tirer ce qu’il y a de bon, en fondre lelard fur la grève. On tire quelquefois d’une baleinequ’on bonifie jusqu’à sept ou huit cens livres de seshuiles & de ses barbes.

BONIFIÉ, EÉ. part.

BONJON. f. m. Terme de Manufacture de toiles. Voy*Laize de Bonjon.

BONJOUR. E"oye\ Bon.

BONITE, f. f. Poisson qui est fort commun fur la meîatlantique , qui est d’un goût & d’une couleur appro-chant de celle de nos maqueraux, mais bien plusgrand. Ce poisson se pêche plus fréquemment en hautemer que le long des côtes : c’est un des ennemis despoissons volans. Il est gros, rond, Sc a environ deuxpieds en ovale, y compris la tête, auprès de laquelleil a deux grand ailerons pointus comme ceux du mar-souin ; & depuis ces ailerons une ligne d’écaille tiréejussiu’à la queue, qui est fourchue, Sc deux autres au-dessous ; une au bas-ventre , Sc une inégalement gran-de depuis le milieu du dos jusqu’à la queue. ÏÏ estcouvert d’un cuir comme le marsouin : il est demi-chair Sc demi-poisson. Ce qui est proche de la grossearrête, qui est la seule qu’il ait, est une chair sem-blable à celle du marsouin, mais plus tendre, Sc d’usgoût incomparablement meilleur, Sc qui approche dscelui du canard. Elle est sèche, ferme & fort nourris-sante. Quelquefois la mer en est presque toute cou-verte. On les voir sauter dix ou douze pieds de haut »Sc alors on les prend avec des foines, des tridens Scdes harpons; on les prend aussi avec des hameçons g r ^ scomme le petit doigt, où l’on met deux plumes,pigeons blancs, enveloppées de petits linges ; * onattache la ligne à une vergue, en forte que l’hame-çon, qui semble être un petit poisson volant, neque sautiller dans l’eau ; & la bonite ne manque P aSde se jeter dessus, & de se prendre. P. Du TERtu^»Hfi. des Ant. Tr. IV 3 Ch. /, §. 12 .

BONLIEU. Abbaye de France, Ordre de GiteaUX,dans la Marche, diocèse de Limoges.

03“ II y a une autre Abbaye du même Ordre , eGuienne, entre la Garonne & la Dordogne.

§3“ Et trois Abbayes de filles, aussi du même Or r »l’une dans le Forez, au diocèse de Lyon.

|CT L’autre dans le Dauphiné, diocèse de Valence. ^

03“ Et la troisième dans le diocèse du Mans, P rcSchâteau du Loir. , j c

03“ BONN AIGUE. Bona aqua. Abbaye de l’Ordie u

Cîteaux, au diocèse de Limoges. E

BONNARET, ou BONNAREZ. Vayet Concombr •

BONNE. f. f. Bona. Nom de femme- Bonne défivoye, Duchelïè de Milan ; Bonne d’Artois, Oomde Nevers, Sc depuis Ducheíle de Bourgogne ;