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en fait mention sous le nom de la marinette , oupierre marinière : ce qui fait voir qu’on la con-noissoit en France avant , le Vénitien Sc le Mel-phitain. La fleur-de-lis que toutes les nations met-tent sur la rose au point du nord, montre queíes François l’ont inventée, ou l’ont mise dans faperfection. Un Suédois, qui fit en 1699 une dis-sertation sur la boussole , de Pixide Magnetica , seu ,ut vocant, Compago Nautico , imprimée àUpfal,prétend que les anciens Suédois en ont eu quel-que connoissance.
L’àiguille de la boussole doit être faite d’une pla-tine fort mince de bon acier en forme de losange,
Sc vidée, enforte qu’il n’en reste que les extrémités,
Sc un diamètre au milieu, fur lequel la chapelle doitêtre appuyée. Pour Panimcr, il la faut faire roucherpar une pierre d’aimant fort généreuse ; & la partiequ’on veut faire tourner au nord , doit être tou-chée par le pôle sud de la pierre : Sc au con-traire , celle qu’on veut faire tourner au sud, doitêtre touchée du côté de Palmant, qu’on appelle lenord. Voyei au mot Aimant. On peut faire aussiune boussole fans aimant, par le moyen d’unepetite aiguille de fer délicatement posée sur Peau,ou suspendue en Pair ; car elle se tournera au midi.
De même une aiguille chauffée au feu, & qu’onlaisse refroidir sur une ligne du midi, acquiert lavertu de la boussole , Sc se tourne vers les poles.On fait aussi des cadrans, des graphométres avec*des boussoles , ou des aiguilles aimantées. L’aiguillede la boussole a beaucoup de variation vers le capde Bonne Espérance. Elle nordoueste de 18 degrésà la vue de Zocotora. Sur le grand Banc fa varia-tion est de r.r. degrés 30 minutes. II faut remar-•quér que l’aiguille , laquelle est en équilibre avantqu’elle soit aimantée , perd cette équilibre lorf-qu’elle est touchée de l’aimant. Au deçà de la ligne,la pointe qui regarde le pôle septentrional est in-clinée vers la terre, Sc le contraire arrive dès qu’onpasse la ligne. Mais fous la ligne, l’aiguille demeureen équilibre. Dal. Guillaume Denys , Professeurd’Hydrographie à Dieppe, a fait un Traité exprèsde la variation de l’aiguille aimantée, ou boussole.Les Chinois divisent la boussole en vingt-quatre par-ties seulement, au lieu que nous y en marquonstrente-deux. P. Le Comte, Voy, Aimant Sc décli-naison.
Ce mot vient du latin buxula , parce qu’elle ressem-ble à une boîte. Ménage. Pasquier dit qu’on l’ap-pelle cadran , à cause qu’elle est mise dans une boî-te carrée. On appelle boussole affolée , celle dontl’aiguille est défectueuse , à cause qu’elle a été frot-tée d’un aimant qui ne lui a point donné ía véri-table direction. La boussole nous donne la connois-sance du nouveau monde , Sc elle lie les peuplesde la terre par le commerce. Nicol.
On appelle boussole de cadran , une boite avecune aiguille au centre du cadran , pour montrerl’heure Sc les parties du monde.
II se dit aussi au figuré, pour Guide, Conduc-teur. Vous êtes ma boussole.
BOUSTANGI, BOUSTANGI-BACHI. Uoyei BOS-TANGI, BOSTANGI-BACHLBOUSTARIN. f. m. C’est le nom que l’on donne àun gros homme dans quelques Provinces de France.C’est un gros bouflarin. journ. des Sav. 1717.
ÊTT BOUSTROPHEDON. f. m. Mot emprunté du^ grec par les antiquaires, pour exprimer une manièred’écrire, particulière aux grecs, surtout dans lesinscriptions. C’est la manière d’écrire alternative-ment de droite à gauche, & de gauche à droite,fans discontinuer la ligne, à Limitation des filionsd’un champ que le bœuf forme, de façon qu’àla fin de l’un il passe à P autre par un demi-cercle.Les plus anciennes inscriptions grecques font enBouffrophedon. B*cs , bœuf, article , ligne,
Voyei Bustrophe.
$ 3 * BOUT. f, m. Extrema pars. La dernière des par-ties qui çoostitueot M corps étendu en longueur. |
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Le mot de bout représente cette dernière partie Com-me celle julqu’où la chose s’étend. Le bout répondà un autre bout. Ainsi on parcourt une chose d’unbout à l’autre. On dit le bout de l’allée. Le motextrémité répond au centre. U extrémité du Royau-me. Le mot fin répond au commencement. La finde la vie. M, l’abbé Girard. Syn. Voye^ Extrémité
SC FIN.
Ménage dérive ce mot de bod, qui est un motceltique, signifiant le fond , l' extrémité. Du Gangetient que bout Sc bouton sont venus de botones Scbototinos : c’est ainsi que les Anciens appeloientces mottes , Sc élévations de terre, dont les Arpen-teurs se servoient pour marquer les bornes Sc lesextrémités des héritages. Chorier prétend qu’il nousvient de bod , ancien mot allobrogique, c’est-à-di-re , celtique. Bodincum , dit-il, signifie ce qui est fansfond, Sc le mot de bout en est venu ; inc signifieitfans , Sc bod , bout , ce qui étoit appliqué autantà ce qui n’avoit point de fond , qu’à ce qui n’avoitpoint de bout.
Bout, signifie aussi la fin, l’extrémité d’une chose.Finis. La chicane a tant de longueurs , qu’on nevoit jamais le bout , la fin d’un procès. Le sermona été si long , que je n’en croyois jamais voir lebout. Je veux voir jusqu’au bout , si vous aurez lahardiesse de me trahir. Mol. Un esprit pénétrantvoit d’abord le bout de toutes choses. S. Evr. Aubout de soixante jours, ils se rendirent, Vaug. Jevous prie de croire que je poursuivrai mon droitjusqu’au bout. Port-R. Cet homme auroit-il unmillion d’or, il en trouveroit le bout. Je vous pried’écouter mes raisons jusqu’au bout.
Bout , signifie encore un sens , un côté. Ce Juge eninterrogeant ce criminel l’a pris par tous les bouts ,par tous les côtés, il n’en a pû tirer aucun éclair-cissement. Undique.
Bout , fe dit aussi d’une petite partie , ou d’un restede quelque chose, Sc qui approche de ses extrémi-tés. Particula. J’aibesoin d’un bout de corde, d’unbout de fil. Un bout de chandelle. fJCT On le ditaussi d’une partie, d’une chose qui ne doit pas êtredivisée. II n’a pû entendre qu’un bout de messe,
On appelle par dérision, bout d’homme , un pe-tit bout d’homme, un homme extrêmement petit.
On appelle le haut bout , princeps , summus lo-cus ; le bas bout , pofiremus , imus locus , dans lesséances Sc cérémonies, où les rangs sont distingués ,les plus ou les moins honorables. Faire le bas boutà une table , c’est , selon Mézerai, y être assis ledernier. Les ambitieux veulent toujours tenir le hautbout par-tout. L’Evangiie apprend aux humbles àprendre toujours le bas bout. Ronsard introduit dansla Franciade le géant Phovère faisant cette promesseà Kiíse sa cavalle.
Je doublerai pour telle récompenseEn tes vieux ans ton foin & ta dépense jSeul au haut bout j c te serai logerDe mon étable .
Sarrasin, dans la Préface de son Ode fur la ba-taille de Lens, a blâmé avec raison Ronsard d’a-voir imité en cela les Anciens. Nos mœurs & notregoût ne souffrent plus ces sortes de discours dansdes pièces sérieuses.
On nomme figurément le bout du monde , unendroit-éloigné. Extrema pars. II s’est allé logerau bout du monde , à l’autre bout de la ville. IUstau bout du monde ; pour dire, il est allé faire unvoyage de long cours en un pays fort éloigné.§CF On dit aussi , en parlant du plus haut oûl’on puisse porter une choie dont on fait une es-pèce d’estimation, c’est tout le bout du monde sielle peut valoir tant. A d summum.
En termes de Marine, on dit, Avoir vent debout ; pour dire, Avoir vent contraire, ou le ventpar proue ; adversum ventum experiri , Sc Allerde bout au vent ; poux dire, Aller contre levent,
Adverso