616 CI V
Elle a les yeux enfermés dans deux tâches noires ; &on dit qu’ils éclairent la nuit comme ceux deschats. Le dessus de la tête , jusqu’aux oreilles, estgris. Elle a fur le cou quatre bandes noires fur usifond fort blanc. Elle a aussi quelques taches , quePline appelle des yeux dans la panthère, mais quine font point isolées. Ses dents font canines , 8csouvent rompues , car c’est un animal farouche quiles rompt en mordant les barreaux de fer de facage , quand il est renfermé. La poche, ou le sac ,où est le parfum qu’on appele civette , est au des-sous de l’anus. Elle a deux pouces & demi de large ,8c trois de long. Sa capacité peut contenir un pe-tit œuf de poule. On en fait sortir la liqueur odo-rante d’un grand nombre de glandes qui sont en-tre les deux tuniques de fes poches. Scaliger Lc Mat-thiole croient que le parfum de la civette , çibettceodoramentum , n’est autre chose que fa sueur : maiscela est faux, aussi-bien que ce qu’ils disent qu’elleíe perfectionne avec le temps , 8c que le reste ducorps sent bon.
Barbe, dans son Parfumeur fr angois, a suivi l’o-pinion de Scaliger & de Matthiole , 8c dit quel’on tient cet animal enfermé dans une cage defer , que les personnes qui gouvernent ces animauxsavent connoître le temps qu’il faut prendre pourles faire suer , qu’ils mettent alors plusieurs ré-chauds plein de feu autour de leurs cages ; quecela aide au naturel de l’animal, & que comme lasueur en est fort épaisse, on ramasse avec uncouteau d’ivoire toute la sueur qui se trouve fous fesécailles ou entre ses cuisses, 8c que c'ést ce quetrous appelons la civette. Tout cela est faux, &«Tailleurs cet animal n’a point d’écailles.
Plusieurs croient, avec Bélon , que notre ci-vette n’est autre chose que l’hyène dont parle Aris-tote , ou que c’en est une espèce. Mais Scaliger,Ruel, Matthiole, Léon Africain , Busbec , Al-drovandus, 8c autres modernes, veulent que lacivette ait été inconnue aux Anciens, 8c que ce soitune espèce de chat. Les civettes font fort com-munes au Royaume d’Issmy en Guinée. Les Nè-gres les suivent à la piste pour recueillir le sucqu’elles laissent fur les herbes. P. Loyer.
Ce mot vient de T Arabe %ibet ou ^ebed , qui si-gnifie écume ; car en esset cette liqueur est écu-meuse en sortant, 8c fort blanche ; & elle perd sa• blancheur, quand elle est reposée. Cela est tirédes mémoires de M. Perrault. Le Pere Ange de S.Joseph dit qu’il a vû plusieurs fois à Bassora 1 egattofí,betto, 8C que c’est une fouine qu’on frappe avecun petit bâtoq jufqu’à tant qu’elle sue le musc. Onenferme ces civettes fort étroitement, pour en tirerla sueur qui coule entre leurs aînés , Lc cela unefois par jour. Elles sont d’un grand revenu ; maiselles dépensent beaucoup. Toutes les fois qu’on enveut ramaífèr la sueur , on leur met le cou dansune fourche , afin de s’en rendre maître ; parcequ’elles sont fort méchantes, 8c ne s’apprivoifentpoint,
On appelle aussi civette , la liqueur épaisse 8codoriférante qu’on tire de la civette.
La Civette, lorfqu’elle est nouvelle, est blanche,elle n’est pas encore en état d’être employée,8c lorfqu’elle est trop vieille , elle est toute brune,elle n’est pas bonne non plus ; mais il faut qu’ellesoit d’un jaune doré , & d’une très - forte odeur ,qui soit pourtant agréable , 8c fur-tout qu’elle nefile pas , car il y auroit danger qu’elle ne fût mê-lée de miel. Barbe.
IR faut préférer la civette du mâle à celle dela femelle, laquelle est souvent mêlée avec l’urinede la bete , qui haltère beaucoup. Hijioire desvoyages.
Civette est auss un oiseau nommé plus commu-nément Chouette, Voyez ce mot. Un des Errantide Bresse , qui avoir pris le surnom d’// Notturno,s’étoit donné pour devise Une civette , avec cethémystiche, Per amica silentia Luna,
C I V
Civette est aussi une petite plante potager .tire cive. Cepula minor. Elle fe coupe tnen 3’ í rs’emploie dans les salades 8c ragoûts, " JCive. . .
CIVIDAL , CIVIDALE. Mot Italien, qui ne wque d’une ville d’Italie, nommée par les . aPorum Julii ,8c capitale duFrioul, auque c .fr cdonné son nom ; on la nomme Cividale, y lV ^del Frioul , comme on le voit dans 1 HfrsFrioul de Palladio , L. II,p. 58 . Elle s’appel ^Cividale d’Aujlria, parce que fur la fin du'ttcjzsiècle elle fut soumise à Ottocare, Roi de d° ^8c Prince d’Autriche , dit ie même Auteur ’ u jFI, p. 153 , 154 . Ainsi Maty & les Géographe ^disent, soit dans leurs Cartes, soit ailleurs, ciou Ciudad, fe trompent. Cette terminaison epagnole , 8c ne convient ni à la langue ^çoife , ni à l’italienne ; il faut dire Cividal 0vidale , avec l’Atlas , Thomas Corneille, ClCIVIÈRE, f. f. Sorte de petit brancard , à <l“ at / e s 0 uIssF fur lequel deux hommes portent a bipar Íe moyen de bricoiles ou bretelles, s 3fardeaux. Brachiata crates. Dans les atelie ^appelle bar, des civières à bras ,8c dans 1 E§ ''§5appele des civières à cou celles fur lefq ueporte des Reliques, des pains béni s. ^ cefl t
On dit en proverbe , cent ans bannière, y ^ans civière ; AI° pour marquer les révoluue ^les chan gemens de fortune qui arrivent damaisons. ,
CIVIL, ILE. adj. ce qui regarde la police, p fl -public , le repos des Citoyens. Civilis . B ^ frnir sévèrement tous les crimes qui biesiènt ,j eS ,ciété civile. Les guerres civiles font les psss c frLc les plus dangereuses de toutes. II n’est S ^ jeceflaire de fe détacher de la vie civile , ^atrompre tout commerce avec les hom° 1 . eSs’unir à Dieu. S. Evr. Un mineur est 10des moindres actes de la vie civile. C. B- ^dui^§ 3 “ Civile fe dit aussi , en parlant des états ^ ^tfe,par le fait des hommes ; état civil , P° cìC i a \is fgouvernement civil. De tous les états p i° ^ plusle fait des hommes, il n’y en a pointconsidérable que l’état civil ou celui de iacivile 8c du gouvernement. Le caractère frde cette société, qui la distingue de . ,-^ 0 ^ciété de nature ; ( Foyeç Société. ) c’est & * <j Pnation à une autorité souveraine q ul °
F
place de Légalité 8c de.l’indépendance, j t(issF Originairement le genre humain ntingué qu’en familles 8c non en peupleS‘V eS j„
f je c \
vivoient fous le gouvernement paternes
qui en étoit le chef, comme le pere
ou
s’u-
. „ fi 3 r
Mais ensuite étant venues à s’accroitre,^
nir pour leur défènss commune, elles c0í ^ 0 nzé ^un corps de nation , gouverné par l a V ,> aU tod [C / 'celui, ou de ceux à qui l’on remettoitDe-là vient ce qu’on appelle le gouverner 11 yctj l Ì8c la distinction de Souverain 8c de fnj e
ces mots, 8c Loi naturelle.
iéte
§3* Ainsi pour fe faire une juste ideecivile, il faut dire que c’est la societ^, ^ ^ z 0elle-même, modifiée de telle forte, ff^oiiteSouverain qui y commande, 8c de l a ^ eUt à £ ^quel tout ce qui peut intéresser le ^ u e ysociété dépend en dernier ressort , a e5sa protection 8c par fes foins , lesfe procurer d’une manière plus fû^j, ' $obauquel ils aspirent naturellement. t
rAin, fondemens de la Souverainete. ^. g0 s
L’Etat civil 8c la propriétés iaeS ' ofi^°?r.frdonné lieu à plusieurs autres établiss £n ss l t e , g5beauté & l’ornement de la société, c ib Ilttent tout autant d’états accessoires : c0 ae \quedifférentes charges de ceux qui on ^ 5 Tug e ?’ 0 íi,au gouvernement, des Magistrats, d e ukbPfrOfficiers des Princes, des Ministre? ^oute 1 l ,des Docteurs, &c. à quoi l’on doit ^ aV jgad ^les arts , les métiers , l’agriculture ,