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Tome second. [BOU - CRA.]
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Courier Apostolique. Curjor Aposlolicus. ViatorApojtolicus. Les anciens Romains avoient des Of-ficiers qu’ils appeloient Viatores , qui faisoientleurs commissions ,&qu’ils envoyoient par-tout oùils avoient des ordres, des lettres, des avis , desnouvelles à porter ou à quérir. Les Empereurs eneurent aussi , & dans l’Empire de Constantino-ple on les appela Cursores. II y eut aussi dans lespremiers temps des Couriers dans l’Eglise. Curso-res. Ils ctoient chargés, dans le temps de la persé-cution, de porter les lettres des Evêques, 8c diver-tir les Fidèles du temps & du lieu où se dévoientfaire les assemblées pour célébrer les saints Mystè-res. C’est à ces Couriers de la primitive Eglisequ’ont succédé les Couriers Apostoliques. Leur de-voir est d’avertir les Cardinaux , les Ambassadeurs& les Princes du Trône , de se trouver aux Con-sistoires, aux Cavalcades & aux Chapelles que tientle Pape. Leur habit d’ordonnance est une robe vio-lette , & ils portent un bâton d’épine en main.Chaque Cardinal est obligé de leur donner audien-ce fur le champ , en quelque é tat qu’il foi»; & illes écoute debout & à découvert. Le Courier luiparle un genouil en terre. Aux Ambassadeurs 5caux Princes du Trône, ils ne mettent point de ge-nouil en terre. Ils convoquent encore le sacré Col-lège & les quatre Ordres Mendians aux obsèquesd’un Cardinal. Ils assistent aux Cavalcades où lePape se trouve, 6c entourent sa litière montée surdes mules, vêtus de leurs robes violettes, ôc por-tant en main une masse d’argent. C’est pux aussi quiont foin d’afficher les Bulles , les Décréts , les Cons-titutions du Pape aux portes de S. Jean deLarian,de S. Pierre de Rome, du Palais de l’InquiïìtionSc de la Chancellerie Apostolique, 6c au champ deFlore. Us font dix-neuf. II y en a un qui, pendanttrois mois , exerce l’office de Maître, comme au-trefois dans l’Empire parmi les Couriers Palatins,Cursores Palatini , il y avoir le Prévôt des Couriers ,Prcepofuus Cursorum , comme cn le voir fur d’an-ciennes inscriptions. C’est au Maître seul des' Cou-riers que sont adressées les commissions signées parle Pape, ou parle Cardinal Préfet de la signature deJustice. Voye^ Piazza , Eujcbolog. Rom, Tracl, II.chap. 1 6 .

Au reste il faut dire en notre langue, CourierApostolique, 6c non pas Curseur Apoflolique , com-me 'font les Auteurs du Morery. T otites les tra-ductions françoifes que j’ai vues des Bulles ou Constitutions des Papes disent Courier , à la réserved’une, qui dit Curseur,

II y en a aussi qui signent Cornier de N.S. P. lePape, & de la sainte Inquisition ; en latin , Santiss.D. N. Papa, &sancliss. Inquisitionis Cursor ; ce quela traduction de la Censure du Catéchisme de laGrâce appelle Huissier de N. T. S. P. & de la sainteInquisition. Cela ne se trouve qu’aux Décréts de l’ín-quisition.

ÇOURI&RE se dit poétiquement de l’aurore qui vientannoncer le jour. Lucis prœnuncia. Et de la lune,qu’on a appelée, la couri'ere des mois , l’inégaleCouriere des nuits.

Déjà des sombres nuits la changeante CourièreTrois fois avoit fourni son obscure carrière. P. Le

Moine.

COURIR L- courre. V. n. quelquefois actif. Allerde vitesse pour avancer chemin. II se conjugue de lamanière suivante. Je cours , tu cours , il court. Jecourois, J’ttt couru , j e courus , je courrai. Je cou-rois. Cours , q u d coure , que je courusse. Currere.

fjCF II ne faut pas se servir indifféremment de courir6c de courre. Ce dernier n’a lieu que dans quelquesfaçons de parler que l’usage a autorisées, commequand on dit courir ou courre le lièvre ; courir oucourre la bague, & dans quelques autres occasionsdont nous parlerons plus bas.

|Courre j dit M. l’Abbé Girard , est un verbe

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actif. C est poursuivre quelqu’un pour l’attraprr.Courir est un verbe neutre. C’est aller fort vîte pouravancer chemin.

ÇCF On dit courre le cerf; courir à toute bride; 6cil me semble que ce ne se roi t pas mal de dire, quepour courre les bénéfices 6c les emplois , il faut cou-rir aux ruelles ôc audiences.

Excepté ces cas, 6c ceux dont nous parlerons,on doit toujours dire courir , 6c l’on peut mêmes’en servir par tout où l’on a le moindre doute.En disant courre, on peut faire une faute ; en di-sant courir, on n’en fait jamais. C’est un homme quicourt bien , il court comme un Basque. Ii court àtoutes jambes, à bride abattue. On y court commeau feu , comme à la noce. Concurritur. La mortétant la dernière de toutes les choses, c’est bien as-sez qu’on aille à elle d’un pas assuré, fans que l’ony coure. Vaug.

Oui toujours un amiscaitplaire quand il aime ;

Áusecours d’un ami , toujours prêt à courir,

Il ne garde ses biens que pour le secourir.

Qite dit-il , quand il voit avec la mort en trousse

Courir cheq un malade , un assassin en housse ?

Boileau.

Quand les Officiers de la Porte vont prendre séance au Divan, ils n’en approchent qu’en courant ,y ayant des Capidgis qui crient à ceux qui mar-chent d’un pas trop lent : j'eghyrt , qui signifie cours ,voulant faire entendre par cette précipita ion aveclaquelle tous valets en Turquie approchent leursMaîtres quand ils sont appelés , la prompte obéis-sance qu’on doit aux eommandemens de la j astice.du Loir ,p.j%.

Courir pris activement signifie, poursuì re avec des-sein d’attaquer. Insequi, persequi. Courir quelqu’unpour le prendre. Courir quelqu’un l’épée dans lesreins.

Courir se dit, en ce sens, des incursions , hostilités 8Cravages qui se font à main armée. Prtzdari. Cettegarnison vient de courir jusqu’à nos portes. LesCorsaires vont courir les Mers. Les troupes ont cou-ru cette Province.

Courir se dit aussi des courses qui se fopt par jeu 8cpar exercice. Decurrere , fladium currere. Alexan-dre ne voulut pas courir aux jeux Olympiques : àmoins que des Rois n’y courussent. Dans les Acadé-mies on court la bague , les tetes, le faquin. Eques-tri ad annulum trajiciendum decursone ajltre. En Es-pagne on court les taureaux. Courir une lance.

Courir ou Courre, en termes de Chasse , signifie,poursuivre le cerf, le lièvre , le chevreuil. Persequi ,secíari. Lai fier courre les chiens , c’est les découpleraprès la bête ; 8c l’on appelle le laisser courre lelieu où l’on découplé les chiens, en faisant un siabí-tantif des deux infinitifson dit encore d’un payscommode pour la chasse , que c’est un beau courre .

Courre un cheval dans les manèges, signifie, fairegalopper un cheval de toute fa force, le faire courreà bride abattue, étant monté dessus. Effusis habe-nis agitare, concitare. Vous avez trop couru çecheval, c’est-à-dire, vous Pavez outré, fai z courirtrop vîte 6 c trop long tems.

Courir signifie encore, voyager, aller çà 8c là , par-courir. Peregrinari , errare , vagari. Cet hommea bien couru par mer 8c par terre. II a couru se squatre coins du monde. On dit en ce sens qu’unhomme a bien couru le monde , ou simplement. qu’il a bien couru: pour dire, qu’il a beaucoup voya-ge. On dit des srens inouiêts, qu’ils courent de touscôtés, & cependant qu’ils ne viennent d’aucun en-droit, 8c ne vont nulle part. La Bruv.

L’insensé qu’il ètoit .

S’en alla follement , & croyant être un Dieu ,

Courir comme un bandit qui n a ni feu ni lieu.

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