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Tome second. [BOU - CRA.]
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liques se fervent souvent de cette épithète, les con-tres tranchans .

Coutre est aussi un nom que l’on donne en plusieursEglises à celui qui a foin de sonner les cloches, & degarder ies clés de l'Eglise. Templi foribus, ceriquecampano prœpojïtus,

M, Chaílelain remarque fort bien que coîttre est la•même chose que cufter , ou plutôt Kujter en alle-mand ; mais ce qu’il ajoute n’estpas vrai, que ce nomvient de custode ablatif de cujios , gardien , Sc quecoîttre est à peu près comme Trclòrier ; car Kujterest un mot purement teutonique & franc , Sc peuterre auííl celtique, qui signifie celui qui orne , quipare, comme il paroît par nos anciens mots ac-coujlrer Sc accoutrement. Ainsi coîttre est propre-ment celui qui a foin d’orner , de parer TEglise, leSacristain. Voye^ encore AccousTRER.Ménage dansson Hijì. de Sablé , Liv. 11, c. 3 , p. 1 .6, remarqueque dans l’original de la fondation du prieuré deSoulefmes on lit cujloris , & que dans la liste desChanoines de la Métropolitaine de Mayence, il y ade même cujtor pour cujios’, Sc que c'est de là ques’est fait le mot de coîttre pour cujios Ecclejîcc dansl’Eglise de Reims ; Sc dans celle de S. Quentin, pourconservator Ecclejice. II ajoute, L. IX, c. 8 , p. z 51 ,que cujtor s’est dit pour cujios , comme arbor pourarbos ; mais on n’a point terminé en or les noms enos dans la basse latinité , l’étymologie allemandeparoît plus convenable.

COUTREMINE. f. f. C’est la même chose que Ca-semate .

COUTUMAT, que queíques-uns prononcent Con-tumat. f. m. II se dit en Guienne, particulièrement àRayonne, des lieux où se paye le droit de Coutume.

COUTUME, s. f. train de vie, ou suite d’actions or-dinaires , qui étant plusieurs fois répétées donnentune habitude, ou facilité deles faire quand on veut.Consuetudo , mos , ufus. La coutume adoucit les cho-ses les plus rudes, &c apprivoise jusqu’aux maux.Ablanc. Le péché s’établit par des coutumes qui de-viennent des nécessités, 8c par des complaisancesdont on se fait de misérables devoirs. Fléch. Lesfemmes aiment mieux pleurer par coutume , que seconsoler par raison. Malh. Les impressions de lacoutume Sc de l’éducation entraînent la plupart deshommes, qui ne dogmatisent que sur ces vains fon-demens. Nous nous endurcissons à tout par la cou-tume ; elle endort notre sentiment à la souffrance.Mont. Combien voit-on de Chrétiens courir à l’E-glife, moins par dévotion Sc par devoir, que parcoutume Sc par bienséance.? ifc». La coutume formenotre train de vie, Sc diversifie notre nature commeíl lui plaît. Mont. La coutume nous entraîne, Sc nous^mettons au rang des vérités les erreurs qui font 'de-venues publiques. Charp.

Coutume Sc habitude dans une signification fy-nonime. La coutume a rapport à l’objet ; elle le rendfamilier. L ’habitude a rapport à faction ; elle larend facile. La coutume ou l’accoutumance naît del’uniformité. L'habitude de la répétition.

Ce mot est dérivé à consuetudine, par contraction.Du Cange dit, qu’en la basse latinité on a dit cus-tuma, cusumarius , Sccujlumare.

Coutume sc dit aussi figurément de ce qui ar-rivé ordinairement aux choses inanimées. Les pierresnouvellement tirées de la carrière, ont coutume defendre a la gelce.Cette cheminée a coutume de fumer.Les arbres ont coutume de pousser au printemps. LesRossignols ont coutume de chanter au mois de Mai.Le mot de coutume, quand il se trouve joint au verbeauxiliaire, comme il l’est dans les exemples de cetarticle, s’exptime en latin pat le verbe solere.

On dit absolument, il en use comme de coutume.Ï1 est plus gai que de coutume. Solita latior.

Coutume se dit aussi àes mœurs, des cérémonies, desfaçons de vivre des peuples qui ont passé en usage ,ou en force de loi. Injlitutum , consuetudo. Les rela-tions des Voyageurs nous apprennent d’étrangescoutumes des peuples éloignes. IL sont préoccupés •

COU

de la honte de leurs coutumes, comme nous desnôtres. Philon Juif, dit que Dieu n’a permis la con-fusion des langues, Sc la diversité des coutumes, quepour la punition du genre humain. S. Chryíòstomecompare la coutume aux successions : elle transfère àla postérité un usage héréditaire.

Coutume, prelqu’en ce sens, lé dit des choses quiétoient d’abord volontaires, Sc qui sont devenuesnécessaires par l’usage. Mos , usus , consuetudo. Lesétrennes sont passées en coutume. Les préiéns qu’onfait aux nouveaux mariés, que senties Officiers àleur réception en des charges, font dûs, parçe qu’ilsont passé en coutume.

Ce que la plus grande partie des gens pratique,dit M. P Abbé Girard , est un usage. Ce qui s’est pra-tiqué depuis long temps est une coutume. L’usageparoît être plus universel ; la coutume plus ancienne.|pyL’usage s’introduit Scs’ctend.La coutumes éxdoXit Scacquiert de l’autorité. Le premier fait la mode , la se-conde forme f habitude. L’un Sc l’autre font des es-pèces de loix , entièrement indépendantes de la rai-son dans ce qui regarde l’extérieur de la conduite.

II est quelquefois plus à propos de se conformerà un mauvais usage, que de se distinguer, même parquelque chose de bon. Bien des gens suivent la cou-tume dans la façon de penser, comme dans le céré-monial ; ils s’en tiennent à Ce que leurs meres Sc leursnourrices ont pensé avant eux.gssF Coutume, dans le droit Romain, est un droit nonécrit, introduit par l’usage, du tacite consentementde ceux qui s’y font volontairement soumis ■ Sc cetusage,après avoir été observé pendant un temps con-sidérable a force Sc autorité de loi . Nam diuturni mo-res tonfìnju utentium comprobati legem imitantur.

La coutume imite la loi, en ce qu’il lui arrive sou-vent d’introduire un droit nouveau. Elle interprètela loi, lorsqu’elle lui donne des extensions ou desmodifications convenables pour la conserver autantqu’il est possible. Optima legum interpres consue-tudo. Elle abroge quelquefois la loi par un non-usagede la loi ; Sc par un usage contraire qui lui succède:non qu’elle soit supérieure à la loi, qui prévaut tou-jours fur elle dans les jngemens : mais la loi cessantd’êtte en vigueur Sc s’anéantissant d’elle-même parun non usage, la coutume qui est reçue en sa place,paroît avoir détruit Sc abrogé la loi.

A 3 " Voilà ce que les loix Romaines ont entendu parcoutume , Sc l’autorité qu’elles mi ont donnée. Ceque nous pouvons appliquera ce que nous appelonsusage. î r oyei ce mot.

£CF Suivant notre droit François, la coutume est uneloi écrite, à laquelle le Roi donne la forme Sc lecaractère de la loi, dont les dispositions font déter-minées Sc arrêtées par la reconnoissance Sc le con-sentement des habitans d’une province.

§3* Ce concours , du consentement du peuple avecl’autorité du Roi pour fixer Sc déterminer lescoutumes 8c leur donner le caractère de loi, neporte aucune atteinte à la puissance législative quiréside dans la personne du Souverain, puisque c’estle Prince qui fait la loi, qui nomme les Commissai-res , auxquels il donne pouvoir de çédiger par écritles coutumes,Sc que les députés des États n’y assistentque pour raison des usages de la province, dans les-quels ces députés demandent au nom des trois or-dres d’être maintenus. Çff Ainsi ce mot coutume si-gnifie proprement le droit particulier ou municipalétabli par l’usage en certaines provinces, qui a forcede loi depuis qu’il a été rédigé par écrit. Jus muni-cipale , moribus conjlitutum. Jus antiqui moris. Lescoutumes sont souveraines dans leur ressort. LeMait. Les coutumes sont réelles, & sont renferméesdans les limites de leur territoire. II y a aussi des cou-tumes locales , qui sont en usage dans des lieux o aSeigneuries particulières.

La coutume de Normandie est appelée la sage cou-tume. La coutume de Paris sert de règle pour routesles autres coutumes quand elles n’ont point df dis-positions contraires. Du Moulin , &c. »»t com-