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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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bruyères ; Sc quand il est pris jeune, il fe rend auffidomestique que les poules. Quand on en veut avoirde la race, on les met dans de petits parcs, & l’ondonne pour l’ordinaire cinq poules à un coq ; parce-que cet oiseau est fort chaud. Ils ne manquent pas defaire des faisandeaux , qui Ion t tres-diffieiles à éleverd'abord. Il leur faut donner des œufs de fourmis, Scde la composition, & les élever comme l'on lait lesperdreaux. Lorsqu’ils font grands, ils fe nourrissent detout indifféremment : ils aiment extrêmement toutesfortes de grappes, & cherchent 1 avoine bien plusque toute autre semence. Le faisan est du même na-turel que la perdrix, Sc n’est pas plus rusé qu’elle.

L’on conncît facilement quand le faisan est enamour, parccque sa tête devient extrêmement rouge,aulsi-bien que ses yeux, qui font étineelans commedu feu.

Faisan Bruant , autrement Coq de Bois , ou deBruyère. Urogallus, Urogallina. Le faisan bruantfait fa demeure pour l’ordinaire dans les montagnesélevées & dans les grands pays de bois. L’on tientqu’ils ie plaiicnt fort cn Allemagne & dans les paysSeptentrionaux, Sc en France dans les montagnes duForez & celles du Dauphine, Sc en quelques autresProvinces.

Quant à fa figure, il a les plumes fort noires,mais néanmoins d une couleur changeante : fes sour-cils font rouges comme de l’écarlate : il est plus grosSc plus rempli de chair que le Jaifan : il a le dclîusdes yeux rouges, Sc non le d estons, comme le faisanSc la perdrix rouge : les plumes font doubles, Sc ilen fort deux d’un tuyau : son bec est gros & tranchant,

Sc d’une couleur plombée pâle : les plumes de son couSc de son dos font mouchetées de cendré ; mais lefond en est brun : fes jambes lont entièrement cou-vertes de plumes brunes. Quelques Auteurs rappor-tent qu’il a de trois sortes de goûts disterens ; lavoir,le premier de bœuf, huître de perdrix, Sc l’autre defaisan. Le coq de cette espèce jette Sc vomit le spermepar leiaec, lorfqu’il est en amour, Sc appelle les fe-melles avec grand cri, ainsi que le coq domestiquelorfqu’il trouve du grain : Sc lorfqu’ellcs fonr arri-vées , elles levent de terre avec leur bec le spermeque le coq a jette, Sc l'avalent; Sc c’est de cette ma-nière qu’elles conçoivent : le coq ne laisse pas ensuitede les couvrir Sc les cocher les unes après les autres ,cn fe jouant Sc les caressant, comme pour donner dela force à la semence qu’elles ont avalée, fans avoird’autres conjonctions avec elles. Il y en a d une autreespèce plus petite que celle-ci : nous allons en parlerà l’articlc suivant.

Faisan Bruant, ou Coq de bois de la petite espèce.Urogaíius minòr. Cette eípèce de faisan a les íourcilsbeaucoup plus grands que le précédent : ils font d’unepellicule rougeâtre , qui paroît quelquefois bleue :il a le sommet de la tete couvert de plumes noires :son bec est noir Sc long du travers du pouce : fou couest long de cinq ou six doigts, & revêtu de plumesbleuâtres : au bas du cou jufqu'au milieu du dos , Scfur les ailes, íes plumes font bleuâtres : la moitié deíes ailes a des plumes blanches, auíïï-bien que lex dedans : son ventre est couvert de plumes noires:âpres lc milieu du dos, que nous avons dit être noi-râtre , 1 on voir des plumes bleues, ainsi que cellesdu cou, non pas par tout, mais le long de leurs bordsSc à leur extrémité feulement, ainsi que font cellesdes paons : fa queue est noire, Sc composée de quan-tité de plumes courtes par le milieu, qui fe peuventétendre. Il y en a trois plus longues, qui se courbentde part Sc d’autre , s’ctendent davantage que les au-tres , & forment la figure d’un lis : il a quantité deplumes autour du^croupion & des cuisses, le longdes genoux, qui descendent jusques fur les doigts despieds, Sc les garantissent du froid : fes doigts Sc fesjambes font cóuvertes d’une elpèce d’ecaille, commela queue des cancres Sc des écrevisses : les plumes: de tes pieds lont noirâtres, Sc couvertes de petitestaches blanches.

La femelle de cette espèce, Urogallina minor 3

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est semblable au mâle ; mais elle est plus brune , Scne tire pas tant néanmoins fur le noir. Olaiis Magnusrapporte qu’au Septentrion Sc aux extrémités de laNorvège, il fe rencontre de ces fortes d’oiíeaux quivivent des trois mois entiers fous les neiges : on lesprend à la manière des faisans , avec le lacet.

Le Francolin est encore une espèce de faisan.Foye% Francolin.

Outre ces différentes espèces, il y a un oiseauapprochant du faisan -, qu’oir appelle en Latin Gri-gallus major , qui est de deux espèces. L’un est grand ,

Sc l’autre petit. Quant au grand, un Poète nomméNémésien, a décrit la figure de cet ciseau envers,

Sc il le nomme Tetrax. Il est très-beau, Sc approchede la grandeur de l’oie : son pennage est fort íem-blable à celui de l’épcrvier : ion bec est un peucourbé, élevé & noirâtre : fa tête est plate par lescôtés, depuis lc bec juiqu’aux oreilles : elle est d’ungris cendré, couverte de taches noires : le cou, lapoitrine, le ventre Sc les ensiles , font de couleurrouílè, avec des taches noires Sc blanches mises al-ternativement : au bas du cou par devant, il n’y aaucune tache : son dos & fes ailes lont cendrés, avecdes taches de même couleur, qui font très-grandes :quelques plumes des aîles fonr blanchâtres à leursextrémités : les grandes pennes íonr noires Sc cen-drées dc part Sc d’autre : fa queue est rouíle ; maiselle tire plus fur le châtain que lc reste du corps, Scest couverte de grandes taches noires : les jambeslont ornées de plumes cendrées Sc de tablettes noi-res : fes doigts Ionr cendrés Sc dénués : les sourcils defes yeux font environnés dîme couleur dc pourpre.Cet oiseau rellcmblcroit entièrement à un oiseau deproie, s’il avoir le bec Sc les ongles crochus.

Pour la perire eípèce , l’Autcur Allemand , qu’Al-drovand cite souvent dans le Traité qu’il a fait desoiseaux, l’appelle Grigallus minor , à cause dc lagrande^ressemblance qu’il a avec celui duquel nousvenons de parler, donc il n’est différent qu’cn gros-seur. On cn trouve abondamment dans les mon-tagnes des Suiíles. U a plus de roulleur que la perdrix.Aux environs de Cologne on lui donne le nom dePoule de Betulie j mais ce fonr autant de différentesespèces dc faisans 3 pareequ’ils ont les mêmes façonsde faire, s’époudrcnt comme eux, Sc fréquentent lesmêmes pays de bois & de montagnes.

Les safaris de la Cafrérie en Afrique font unpeu plus gros que les hirondelles, & ont le plumageblanc, moucheté dc gris. Dapper , p. 38 u Ces fai-sans, dit le même Auteur, font de ceux qui ne s’é-loignent guère de la côte ; ce qui fait qu’il les appellefaisans aquatiques : mais il y a beaucoup d’apparcncecu’ils ne lont point dc l’efpcce des faisans 3 Sc queDapper n’a pas dû les y mettre.

Tous íes faisans font un très-bon manger : leurchair a un goût exquis Sc délicieux : elle est courteSc sèche elle abonde cn sel volatil, Sc en partieshuileuses Sc balsamiques ; ce qui la rend très-nour-riffante, Sc très-aiféc à digérer. La graisse de faisanappliquée extérieurement, fortifie les nerfs, résoutles tumeurs, Sc dissipe les humeurs du rhumatisme.On estime la chair dc faisan plus délicate que cellede la perdrix. Nous en avons en plusieurs endroitsde la France.

L’Ile des Faisans. Phasianorum infula. Petite île for-mée par la rivière de Bidailoa, ou d’Andaye, à unelieue dc Fontarabie & de la mer de Byícaye. Cetteîle est très-petite. Elle est entre les Royaumes dcFrance Sc d’Efpagne ; & c’est dans certe île qu’en1659 les Plénipotentiaires des deux Couronnes tin-rent les Conférences pour la paix des Pyrénées, Scque les Rois de France & d’Efpagne eurent une en-trevue. On construisit pour cela deux ponts; l’un ducôté de la France, Sc l’autre du côté dEípagne, Scun Palais dc bois dans 1 Ile.

Faisan d’Hermès. Terme de Philosophie hermétique.Phasianus Hermeticus. C’est le Mercure des Philo-sophes : il est ainfi appelé, dilcnt les Sages, pareequecomme l’oifeau appelle Faisan a communément son