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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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ne pouvoit insulter cn la moindre chose, sans bleflèrle drcit des gens. C’étoient des Hérauts charmes,ou Rois d’armes , leíqucis , comme dit Varron ,lorsque les Romains avoient quelque différend avecleurs voisins, alloient d’abord redemander la choieque l'on prétendoit avoir été uíurpée, ou demanderjustice du tort qu’on croyoit avoir reçu; lì Ion ncfatisfaifoit pas íe Sénat & le peuple , ils alloientpat leur ordre déclarer la guerre; Sc de meme quandon faisoit la paix, c’étoient eux qui faisoient le traite.Plutarquc dans la vie de Numa & Denys d’Halicar-nasse, L. II, disent que ce fut ce Prince qui lesinstitua. Celui-ci ajoute qu’on les chcihííoit desmeilleures familles; que leur charge, qu’il nommeSacerdoce, ne siniffoit qu’avec la vie; qu’ils dévoientavoir foin que la République ne déclarât point deguerre injuste; que c’étoit à eux à recevoir les plain-tes des peuples qui. prétendoient avoir reçu quelqueinjure des Romains, Sc qu’ils dévoient, h les plain-tes étoient justes, se íaisir des coupables, & les livrerà ceux qui avoient été léíés; qu’ils cdnnoiiloientencore du droit des Ambastadeurs & des Envoyés;qu’ils faiíoient les Traités de paix Sc d’alliance ;qu’ils avoient foin qu’on les observât; qu’enfin ilsles caííbient s’ils n'étoient pas équitables. Varron ditque de ion temps ces fonctions des Fécialiens étoientabolies, comme celles des hérauts d’armes le fontchez nous. Plutarquc dit néanmoins qu’ils avoientencore quelque autorité de son temps. Ils íe cou-ronnoient de verveine quand ils alloient déclarerla guerre, Virgile, Enéide XII. v. 120. & íe cou-vroienx la tête d’un voile, la couronne par-deífus;En cet équipage ils s’avançoient fur la frontière ,Sc lançoient un dard enlanglanté fur les terres deceux auxqucls ils dénonçoienr la guerre. On trouvedans les anciens Auteurs, íur-rout dans Tite Live&c dans les nouveaux Critiques & Grammairiens,les formules dont on fe fervoit pour ces fortes dedéclarations; Foytq Diodore de Sicile, I. VII, C.2. Amm.Marceïlin, L. XIX. C. t. Rolìnus, Antiq.Rom. L. III. C. 21i avec les Paralipoménes deDempster; Struvius, Antiq. Rom-. Synt. C. 12. p.63 p.

festus tire ce nom de Ferio ; parce qu e ferire fœdus,signifie, faire un Traité; de íorte qu il faut, scionlui, qu'on ait dit Fetiales pour Feriales. D’autres ledérivent d z fœdus, qui s’écrivoit ahcicnncment/eciWjou de fides , foi, d’où l’on auta fait fetialis , en chan-geant le d en r; C’est l’opinion de Varron, D’autresveulent qu’il vienne de jacio , feci , faire, d’où s’estfait jecialis, parce qu’ils faisoient la guerre Sc lapaix. Volîìus aime mieux le faire descendre de fatu,du verbe sari, parler, enferre que feciales íoit lamême chose afi Oratores ; ce qu’il confirme par l’au-torité de Varron, qui dit qu’on les appcloìt égale-ment Feciales & Oratores, De Vita populi, Rom.I. II.

fjCF FÉCOND, ONDE. adj. qui vient du Latin fecundus,de fétus, áefero, íelon ce vors d’Ovide.

Forda ferens bos est , fœcundaque diela ferendo :

IP” Ce mot signifie proprement, qui produit beau-coup par voie de génération. 11 s applique aux fem-mes, Sc généralement à toutes les femelles des ani-maux. Ainsi Tondit que les femmes de certains pays(ont secondes, que les poissons font féconds, Lee.

Fécond, dit M. de Voltaire, est le synonyme defertile, quand il s’agit de la culture des terres. On peutdire également un terrain fécond & fertile, fertiliserSc féconder un champ. La maxime qu’il n’y a pointde synonymes, veut dire seulement qu’on ne peutse servir dans routes les occasions des mêmes mots.(fj° Il feroit plus court de croire fur la parole d'unJuge aussi éclairé, il est vrai qu’on n’apperçoit guèrela nuance qui distingue ces deux mots : mais s’il n’ya point de vrais synonymes, dans toute la rigueurdune parfaite ressemblance , enfortc que deux syno-nymes ne puissent pas, dans certaines occasions,

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figurer Tun pour l’autre ; la différence qui fe trouveentre ces deux-ci, quelque délicate, quelque imper-ceptible qu’clle soit, n’en est pas moins réelle. Ilest question de la íaiiìr.

fTT Fécond paroît avoir Un rapport particulier au sujetqui est fécondé, qui devient capable de produire.Fertile a plus de rapport à la variété des productions.Fécond est relatif à la puissance de produire. Fertileaux productions mêmes. Nous diíons que la terreest féconde , quand nous voyons quelle a toutes lesqualités nécessaires, toutes les conditions requisespoUr le développement de fes productions , ou dessemences qui íont renfermées dans son sein. Nousdisons quelle est fertile , quand elle étale à nos yeuxíes richeiles.

(fj' Un œuf de poule devient fécond par le . minis-tère du coq : une femme, par l’csprit séminal de1 homme. Les embrions des graines, qui font ren-fermées dans le pistil des fleurs, comme dans uneeípèce d’ovairc, íont fécondés par ìa poussière dessommets des étamines qui est lancée de tous côtés,loríque ces sommets viennent à s’ouvrir. C’est decerte espèce de semence qu’ils reçoivent la fécon-dation. Voyef Pistil, Étamine, Sommets. La na-ture est féconde j elle renferme tous les principes fé-condaux.

fp'F écond fe dir aussi de ce qui concourt au déve-loppement de ces productions. Ainsi l’on dit unechaleur féconde, une pluie douce Sc féconde , la cha-leur féconde du soleil. Dans tous ces exemples ils’agit de génération & des choses qui y ont uapporr:C’est pour cela qu’on ne peut employer le mot defertile , qui a plus de rapport aux productions mê-mes.

"ífiT II en est de même dans le sens figure. Un Orateurelí second, il n’est pas fertile. Leíprit, le génie estfécond. C’est lui qui conçoit & qui enfante. Un su-jet fécond, un principe fécond, c’est-à-dire, d’ounaissent plusieurs idées, plusieurs vérités enchaînéesles unes aux autres, que l’on peut regarder commeautaht d’êtres successivement enfantés : ce qui est en-core analogue à la génération. C’est pour cela que lemor fertile ne convient pas encore.

Quand Boileau a dit :

Bien heureux Scuderi , dont la fertile plume

Peut tous les mois ,fanspeine, enfanteruhvolume.

CCP Lc mot de fertile paroît employé dans lc sens quenous lui donnons, c’est-à-dire, pour désigner la va-riété des productions, parce que la plume de Scuderis’cxérçoít íur toutes fortes de sujets.

Il y a des siècles féconds en crimes. Fertile ici neconviendroit pas. Boileau a pourtant dit, notre siècleest fertile çn sots admirateurs. Peut-être auroit-ilmicuy fait dé dire second. Au reste consultons & sui-vons 1 usage.

FÉCONDANT , ANTE. adj. qui féconde, qui rendsecond. Esprit fécondant, matière fécondante , quiporte la fécondation. Fecundans ; Voyez Fécond ,Fécondation Sc Fécondité.fP“ FÉCONDATION, f. f. Action par laquelle unechose est rendue féconde. Fecundatio. (.z féconda-tion d’un œuf fe fait par íe mélange de Tefprit le-minal. Les embrions des graines, renfermées dans Iepistil des fleurs, font fécondées par la pouisieie dessommets. Ces sommets venant à souvnr, ?oní-sière qui y est contenue, est lancée de tous cotes ,Sc elle porte ainsi la fécondation. Voyez UtUF, Fleur,Étamine, Graine, Sc les articles relatifs.

§3*11 n’est pas néceilâire d’obferver ici nue féconda-tion Sc fécondité font deux choies abíolumént diffé-rentes. Le mot de fécondation eit relatif aux germesqui reçoivent ce principe de ye qui les rend capa-bles de produire leurs semblables. Celui d e féconditédésigne la qualité par laquelle une chose est féconde,produit beaucoup. Les œufs qui n’ont pas reçu lafécondation par íe ministère du coq; font inféconds ,ne produisent rien. La flatterie alla si loin à legari