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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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Fleury , dans le Véxiil Normand, est à cinq lieuesde Rouen , vers l’orient.

Fleury , est encore un village proehe de Meudon,à une lieue à l’ouest de Paris»

FLEUVE, f» m. Amas considérable d’eaux provenantd une source qui coule dans un grand lit, & íc rendordinairement dans la mer» Flumen * Quand ces eauxfont en médiocre quantité, on les appelle rivières.Quand il y a plusieurs rivières jointes ensemble , on- les appelle fleuves. D’autres disent que cet amas d’eauxs’appelle/7e«ve, quand il conserve son même nomdepuis sa source jusqu’à Ion embouchure ; & rivière ,quand il perd son nom en entrant dans quelqu’autre.On appelle Fleuves, dit M. Corneille, dans sonDictionnaire Géographique, les grandes rivières, 6cíur-tout celles qui ont leur embouchure dans la merfans tomber dans une autre rivière. On donne ce nom,continue-t-il, aux rivières anciennes, comme àl'Ara-xe, à lister ; mais toutes les rivières font austì ancien-nes les unes que les autres, c’est-à-dire, auísi ancien-nes que le monde, ou pour le moins que le déluge.Il veut dire que quand on parle de l’Antiquité, &qu on íe sert du nom ancien d’unc rivière , on y•joint le mot fleuve , plutôt qite celui de rivière; &c . e ^ c ^ vra h On dit le fleuve Araxe , &c non pas larivière d’Araxe ; \è fleuve Ister , & non pas la rivièreIstep, le fleuve Indus, le fleuve du Gange, &c. on nedit point \e fleuve de l’Euphrate, mais simplementl’Euphrate. 11 est allez difficile de déterminer précisé-ment quand on doit se iervirdumot de fle uve : voicicc qui est plus établi par listage, i p » Fleuve ne sedit que des grandes rivières, 8c jamais des petites;on ne dit point le fleuve des Gobcíins', mais la rivièredes Gobelins. a°. En Poésie, fleuve se dit aussi des ri-vières , au moins de celles qui font médiocres, parce-que le mot de rivière n’est, ni noble, ni sonore.3 °. Il faut toujours dire fleuve , en parlant d’une Di-vinité qui préside aux rivières, soit'grandes, soitpetites.

La seigneurie & la souveraineté des fleuves ap-partient au Roi. Le Bret.

Les principaux//cuves de l’Estropesont le Danube,le Rhin , l’Elbe , l’Oder, l’Ems & le Wéser qui tra-verle l’Allemagne ; le Rhône, la Garonne, la Loire &la Seine, qui arrosent divertes Provinces de France;la Meuse & l’Escaut qui coulent dans les Pays-Bas ; laTamise en Ang!c‘erre ; l’Ebre , leTage, leGuadal-quivir & la Guadiane en Espagne; le Pô & l’Arno enItalie ; la Vistule en Pologne ; le Boristhène, ouNiéper, dans la Russie ; le Don, ou le Tanaïs quisépare l’Europe & l’Asie, & le Volga qui vient deMoscovie.

Les plus célèbres fleuves de l’Asie font l’Euphrate,le Tigre, le Gange , l’Indus ou l’Inde, l’Oby , le Tar-tar, qui a donné son nom à la Tartarie. Ceux d’Afri-que sont le Nil, le Niger. Ceux d’Amérique, la ri-vière de la Plata, celles des Amazones, la Paria, leMilllllìpi, le fleuve de Saint-Laurent.

Remarquez que les fleuves qui font du genre mas-culin, & qui commencent par une consonne, ontdu au génitif, 8c non pas de. Les rives du Danube,du lage. Men.

Un js/eave navigable , c’est lorsque son cours estuni, 8c qu il porte de grands bateaux fans obstacle.Le grand fleuve áe. Saint-Laurent n’est pas navigablepar-tout à cause des sauts qui s’y rencontrent. L’Eu-phrate est un neuve qu’on ne navige qu’avec des ra-deaux & des outres. Vn fleuve , avec ce mot cresciteundo , est la devile d un homme qui f a j t J es pro _grès en quelque matière que ce soit. V

$3* Sur l’origine des fleuves , Voyez Source 8c Fon-taines.

Fleuve, se dit figurément pour abondance. On appe-joit saint Grégoire de Nazianze, un fleuve de paro-is, à cause qu’il étoit fort abondant en paroles.

^uve, dans le systomede la Fable , c’est un Dieu qui

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préside à cìiaque rivière» Ce Dieu est représenté fou-la figure d’un vénérable vieillard, pour marquer queles rivières font aussi anciennes que le monde : c’estpour cette raison que les Poètes Latins appellent lesFleuves du nom de Père. ( Da nunc Tybri Pater±Virg. En. L» X. ) Les Poe tes & les Peintres peignentles fleuves en vieillards, qui ont la barbe 8c la che-velure longues & traînantes, parce qu’on les supposemouillées. Ils font couronnés de joncs, couchés àterre, appuyés fur une urne d’où fort l’eau , qui for-me la rivière à laquelle préside ce Dieu. On les re-prélcnte encore ainsi dans les ballets où il y a entréesd efleuves.

Les Fleuves fur les médailles font représentés cou-chés & appuyés fur une urne , couronnés de roseaux,8c tenant à la main un roseau. Quelquefois un fleuveest représenté par une figure qui nage dans l’eau. M.Vaillant a prétendu que les fleuves qui font représentéscouchés, font ceux qui en reçoivent d’autres qui lesgrossissent, 8c que \z fleuve qui porte ses eaux dansun autre , est représenté débout, & que ceux qui sontreprésentés fans barbe , ne t on t que de petites riviè-res qui ne font point navigables» L’Auteur de laScience des médailles a démontré le contraire de cessentimens, I» II, p. s & 6. On attribue à ces Dieuxles sentimens 8c les passions qu’on attribue aux au-tres Dieux & aux hommes» Les Anciens ont donnédes cornes aux fleuves , 8c les ont peints en forme detaureaux. Les uns ditent que c’est pareeque le bruitde leurs eaux ressemble au mugissement du taureau;les autres , pareeque les branches d’un fleuve qui sédivise, ressemblent aux cornes d’un taureau»

FLEXIBILITÉ, t. f. Qualité de ce qui est flexible tantau propre qu’au figuré. Flexibilitas. La flexibilité del’osier. La flexibilité de la voix. La. flexibilité de l’cs-prit. Viye% Flexible. Hypéride a une flexibilité ad-mirable pour les digressions» Il se détourne, 8c reprendhaleine où il veut. Bon.»

fCF FLEXIBLE, adj. m. & f. Qui se dit en Physique descorps qui peuvent se plier , & en général de tousceux auxquelson peut faire changer de figure, dontles parties élémentaires font tellement combinées &cohérentes,qu’ellespeuvent prendre toutes fortes défigures, fans qu’il s’y faste aucune séparation cn-tr’elles. Les corps font flexibles avec plus ou moinsd'cffort. Les bois qui croissent près dés eaUx, commél’osier, le saule, lë peuplier sont plus flexibles queles autres. Les corps élastiques font flexibles avecplus d’essort. Les molécules dont ces sortes de corpsíont composés, doivent erre flexibles• fans cetteflexibilité, ils ne se com^rimeroient jamais. Commeles fibres font plus déliés & plus flexibles dans lesfemmes, elles ont plus de finesse & de délicatessed’eíprir. Flexilis, lentus.

ífT Au figuré ce mot présente la meme idée; un cœurflexible , qui cède facilement aux efforts qu’on faitpour le toucher. Un esprit flexible, qui se plie , quise tourne facilement à toutes sortes de choses.- Unevoix flexible est celle qui passe facilement d’un tonà un autré. L’Eglise par une prudence flexible, se-lon l’occurrence des évènemens, a cru pou voir quel-quefois s’abstenir de la dernière rigueur de la disci-pline. Herman. On a tes intérêts à ménager ; 8cc’est pour cela qu’on se rend si souple & si flexible,& que, passant même les bornes d’une dépendanceraisonnable , on vajulqu’à la flatterie 8c la servitude*Bourd. Exhort * T. I, p. 2 S s.fp* FLEXION, s. f. Etat de ce qui est fléchi. Flexio,flexus. On le dit principalement en Anatomie dumouvement opéré par les muscles fléchit!ans dans lesos dont les extrémités opposées, peuvent te rappro-cher en formant un angle. C’est.ainsique la flexiondu bras se fait, lorsque le radius & 1 humérus serapprochent en formant un angle aû coude. Flexionest l’oppoíé d’exténsion, mouvement par lequel lesmêmes extrémités s éloignent le plus qu’il est possi-ble, en formant Une ligne droite. Voyey Fléchis-seur 8c Extenseur. Les flexions qui rapprochentdifférentes parties , font appelées adductions, opé-