FOI
FOI A. Nom d’ancietmcs villes de l’Asie mineure. iíya deux Foia dans l’Anatolie ; Foia nuova , la nou-velle Foia y que , selon Maty , on appeile auffi Fo-glia ou Fochia nova : & Foia Vecchia ou Foia lavieille.
Foia nuova y eri Latin Foia nova, Sc ancienne-ment Cum&ou. Cy me , est une ancienne ville de l’Eoli-de , qui étoit autrefois Episcopale de la Provinced’Ephèfe. Elle est aujourd’hui dans la Natolie propre,lur le golfe de Smyrne, à douze lieues au nord de laville de ce nom. Foia nuova est encore considérablepar la bonté de son port, Sc d’une citadelle qui ladéfend.
Foia Vecchia , ou Phocéc , Vhoc&a , Phocis ,ville autrefois de l’Eolide , qui avoir un Evêché fousla Métropole de Smyrne , n est plus qu’un village,qui a pourtant un bon port, situé íur le golre deSmyrne, entre Foia nuova & cette ville. Sanson,dans fa Carte de la Méditerranée , écrit Fochia. Ber-thelot , Professeur d’Hydrographic à Marseille , dansfa Carte marine de la Méditerranée, nomme cesvilles Fogia ; mais les Grecs modernes prononcentle g somme nous faisons l’i voyelle ; Caloger , Ca-loyer. Michelot & Utérin, Pilotes fur les Galè-res du Roi, dans leurs Cartes marines de la Médi-terranée, appellent ces villes Fotìe.
FOIBLAGE. f. m.Terme de Monnoies, quife dit quandchaque espèce n est pas précisément du poids portépar l’Ordonnance. Levitas , diminutio . Le foiblagede poids est de deux fortes : l’un dans le remède,c’est-à-dire, qui est dans l’étcnduc du remède ac-cordé aux Monnoyeurs : l’autre hors de remède,quand il est plus grand que le remède permis.
Il y a aullì un foiblage d’aloi, quand la ntonnoicn’estpas au titre requis. Mixtio , temperatio adulte-rina , impuritas .
3£Cr FOIBLE. f. m. Debilitas , infirmatas. ( On pro-nonce faible.) C’est le contraire de fort. Ce terme estd’un usage très-étendu , tant au propre , qu’au figuré.Il désigne généralement le principal défaut d’une per-sonne ou dune chose , f endroit par où elle peut flé-chir , manquer plus aisément. Le foible J’une place ,le foible d’une poutre , le faible d’une cuiraíìe , &c.Les Généraux vont reconnoître une Place, pouren découvrir le foible .
IJCPOn dit 1 1 foible d’une boule , pour dire le côté leplus léger. Dans la balance Romaine on appelle lefoible , le côté où le soutien est le plus éloigné dupoids qu’on veut peser, qui est attaché au crochet.En termes d’Efcrime , on dit le foible d’une épée ,la partie qui est depuis le milieu jufqu’à la pointe.On dit* communément , du fort au foible , le fortportant 1 1 foible , c’est-à-dire, toutes choses com-enfées , ce qui manque à l une étant suppléé parautre. Ainsi vendre une marchandise le fort por-tant 1 c foible, c’est vendre tout fur le même pied ,fans faire distinction de ce qui est de bonne qua-lité d’avec ce qui est d’une qualité inférieure.
§-3 Foible , dans un sens moral & figuré, s’applique àplusieurs choses, & reçoit des significations diffé-rentes suivant les occasions où il est employé.
$3 Ce qu’on appelle subie dans lés hommes, design?un penchaiit, une passion dominante , d’où dérivece qu on appelle foiblesses. Chacun a son foible.Suus cuique attributus efi error. Le foible des jeunesgens, c’est le plaisir. Le foible des vieillards, c’estl’avarice. Le foible des Princes, c’est la flatterie. Lefoible des grands, c’est la vanité. Le foible du peu-ple , c’est la médisance. Le foible des femmes, c’est lacoquetterie. L’araour de la louange est le foible detous les hommes. Il faut connoître le fort Sc lefoible d’une personne avant que de lui donner ciel’emploi. On ne doit pas faire sentit aux gens qu’onconnoît leur foible ; c’est une incivilité. S. Evr,.Navus , error 3 vitium.
§3 L’efprit, le cœur & l’ame, ont leurs f cibles , toutfles uns des autres. Voye\ Foible, adj.
On dit de même, loisir le foible d’une caute , con-
FOI ítf
sioxtre le fort & le foible d’une affaire. Voye ç Fot-ble. adj.
fìCT Foible. adj. iíl. 6c f, Terme d’un service très-étendu , 6c qui s’applique en général à tout ce quimanque de force ; a routes les choses qui n’ontpasles conditions & les qualités qu’clles devroient avoir;
Í jui n’ont pas allez de force d’action, affez de ref-ort pour produire l’effet auquel elles lont destinées.
|ÍCT On le dit au propre , du corps des animaux & detoutes fes parties, par opposition à fort. Alors ildésigne un défaut de force. Viribus carens , debi-lis. Ce convalescent est encor cfoibld On dit qu’unhomme ales jambes foibles , les reins fables , qu’uncheval est foible , qli’il a les reins foiblesi$3" On dit figurément & familièrement , avoir les reinsfaibles , n’avoir pas aflez de crédit pour venir à boucd’une entreprise. On dit l’âge foible , en parlantde l’enfance , temps où les fibres n’ont pas encoreacquis la force, la fermeté, le reflort qu’elles ontdans l’âge parfait.
fj3“ Foible , fe dit encore áu propre des choses quin’ont pas allez de force pour l’ufage aUquel on lesdestine , Sc de tout ce qui n’a pas les qualités re-quises. Un bâton est foible , lorlqu’il ne peut passoutenir celui qui s’appuie deífus. Une poutre foiblefléchit bientôt. Un mur foible ne peut (cutenir unevoûte. Un arbre foible a besoin d’être étayé, En ter-mes de guerre , on dit qu’une Armée est foible , 6cqu’elle est foible de Cavalerie. Un remède foible *des armes foibles.
§3 Une monnoic foible 3 qui n a pás le poids requis.Un poids foible , qui pcfc moins qu’il ne doit. Unelumière foible , qui ne luflàt pas pouf éclairer.
A peine un foible jour vous éclaire & me guide*
Rac.-
{ÏCFFoible, transporté au figuré , se dit des person-nes par rapport a l’efpnt, & de tout ce qui regardeles facultés de l ame. Alors ce terme est modifié parles substantifs auxquels il est joint.ftCT L’homme foible est celui qui n’a aucune fermcté'de'résolution, qui manque de lumières pour le décider ,ou qui ne fe donne pas la peine d’examiner la veritedes principes qui le déterminent , pour s'y fixer. Soname nonchalante craint la fatigue, languit dansUne espèce d’inertie , hors des atteintes que don-nent les fortes passions, Sc n’est ordinairement mileen action,- que par des impressions étrangères. Etacmalheureux où l’homme devient le jouet Sc la vic-time des passions de ceux qui l’entourent. Cereusin vitium flecli.
ÇfiF L’cCptit foible, est celui qui reçoit facilement tou-tes les impressions qu’on veut lui donner , fans sedonner la peine de rien examiner. On farrête, onle tourne , on l’intimide, on le fait changer aisément ,•fans qu’il oppose la moindre résistance.
A3 Ee cœur foible , est celui qui change facilementd’inclinations, qui n’a pas la force de résister auxattaques qu’on lui porte , ni à la séduction. Un cœurfoible y dit M. de Voltaire, peut subsister avec unesprit fort; Caton peut penser fortement 6e agirfoiblcment.
D3 On dit , un courage foible , en parlant d’unhomme qu’on intimide aisément. Une mémoire foi-ble , qui ne retient pas les idées qu’on lui a im-primées.
A3 L’homme est foible Sc vain. Nie. Ne confiez pasvotre secret à des gens f oibles Sc qui n’ont pas la.force de le retenir, M. Es p. Qu’y a-t-il de plus foiblequ’un céeur amoureux ? S. EVr. .
IfiT On dit, le sexe faille (Sexus nequior , infirmior )en parlant du sexe féminin. On dit encore que lachair est foible, pour dire , quelle succombe faci-lement aux tentations. Caro autem infirma.
’-ff Foible , fe dit aussi des passions qui ne remuent pasfortement l’ame. Toutes les pallions font foibles Sclanguissantes , en comparai! on de l’atnour. M. Es p,gCT Foible , fe dit quelquefois des affections louablesSc honnêtes.