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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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124 . F O N

FONCALDE. Abbaye du Languedoc en France. FonsCalidus. Elle est de l’Ordre des Prémontrés, dansle Diocèse de Sainr-Pons de Tomières, selon quel-ques-uns ; Sc dans celui de Narbonnc, selon d’au-tres. Corn.

FONCEAU. f. m. Le bouc d’une embouchure de che-val faite à canon. Pomey.

FONCÉE, f. f. Terme d’ouvriers qui tirent l’ardoisc.La foncée est un creux qu’on fait dans une pier-rière ou carrière , lorsqu’on en tire l'ardoise. Lafoncée a neuf ou dix pieds de profondeur. Faire desfoncées.

FONCER. V. a. P-ayef , foûrnit, débourser. Pr&beresumptum. Pomey Sc autres écrivent fonfer. Ce Tuteurn’a rien reçu ; cependant il a toujours foncé pourì’entretien de ses mineurs. Ce mot n’a guère d’usageque dans la phralc proverbiale qui fuit.

On dit proverbialement, Fb/zceràl’appointement;pour dire, fournir aux dépenses nécclfaires. C’est•une partie secrète qui a foncé à l’appointement dece procès. Cette femme fait grande dépense ; maisc’est son galant qui fonce à F appointement.

Foncer, v. a. Ce mot le dit au propre, Sc signifie met-tre un fond. Fundo munire. Foncer un tonneau,une cuve, <Xec. Terme de Tonnelier.

Les Boisseliers disent aul Ti foncer un sceau. Lc vraimot pour les uns Sc les autres est, enfoncer.

fCT Foncer , parmi les Pâtiílìers , c’est préparer un• morceau de pâte , pour faire le fond d une pièce depâtisserie.

Foncer la soie; Terme de fabrique de gaze. C’estfaire baisser la foie après qu’elle a été levée pour ylancer la navette. L’instrument qui sert à cet usages’appelle le Pas dur ; le bâton rond y sert aullì.

IJCFFoncer. v. n. Foncer lur l’ennemi, pour fondre ,donner sur l’ennemi, n’est pas François. C’est uneexpression populaire.

FONCÉ , ÉE. adj. Qui à un grand fonds d’argent.Nummosus , bene nummatus , pecuniosus. Ce Ban-\ quier, ce Marchand est bien foncé • il ne fera pas

banqueroute. On le dit au figuré , d’un homme pro-fond en quelque science. Il est difficile à déferrer surla controverse; car il est bien foncé. Expression dudiscours familier.

Foncé , se dit aussi des couleurs, quand elles font fortchargées. Un rouge foncé tirant fur le brun. Vertfoncé. Dans ces occasions, où foncé se. dit des cou-leurs, il est contraire à vif 3 clair , éclatant 3 on peutl’exprimer par ce mot, subobscurus 3 Sc peut-êtrepar celui de faturo colore infeclus , qui signifie aussice qu’on appelle gros , un gros rouge , Sc c.

FONCET. s. f.,C’est lc plus grand des bateaux qui fer-vent a naviger fur les rivières. Navigium majus fluvia-tile. Il en vient de Normandie Sc de Picardie fur laí > . eine ^ c 1 Oise, en remontant jusqu’aux ponts de Paris,v y a ~esfoncets qui ont jusqu'à r.7 toises entre chefSC quille ; c est-à-dire , plus de longueur que les plusgrands vaisseaux de l’Océan, qui n’enontque 2. z ou13. Ils coníomment jusques à z zoo pièces de boismises en œuvre , Sc réduites selon les usages de char-penterie.

Foncet , ouFond-sec , terme de Serrurier, est uneplaque de fer qui sert de couverture aux rateauxSc autres pieces de la serrure dans lesquelles tournela clef. v

FONCIER , ERE. adj. Terme de Jurisprudence,qui signifie inhérent à un fonds, qui concerne lefonds ; comme une charge ou une rente assignéefur un fonds, Sc qui n’est point achetable. Quodad fundum pertinet. Une charge ou rente foncière.Vecligal quotannis pendendum fundi domino. Lescens & rentes dus au Seigneur font des chargesyò/z-cieres. La rente foncière est celle qui est due par unbail a rente , provenant de ) aliénation d u fonds ;comme q lla nd l’héritage est vendu à la charge depayer une certaine rente annuelle.

On appelle aussi, Seigneur foncier , le Seigneurou propriétaire du fonds , celui à qui la rente estdue. Seigneurie/orcciére. Cependant unhabilehomme

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prétend que ce mot ne peut signifier propriétaire defonds, comme en tirant Ion origine. Car il n’est pointaccoutumé qu’un nom dérivé d’un positif ( il veut dired’un substantif) loit pris en signification de propriétairede la choie signifiée par ce positif, comme Che-valier qui est dit de cheval , n’a onc signifié proprié-taire d’un cheval , ni bouvier d’un bœuf , ni mule-tier A'\m mulet 3 \û for esier d’une forêt 3 ni charretierd’une charrette , ni libraire d’un Uvre : mais commede donatarius est appelé celui à qui on donne ; man-datarius , celui à qui on mande ; commodatanus ,celui à qui on prête ; soudoyer anciennement poursoldat, à caule qu’on lui paie soude ; cenfier à quion paie cens ; ainsi foncier est appelé celui auquelon fait quelque prestation, laquelle est dite funclioen la loi Si prudentes ,jf. de ufufr. Sc chez les an-ciens Auteurs , Sc.fufio en la loi 17 , au même titre.

. A quoi le rapporte la loi dernière du Code Théodo-sien , De Indulgent, débit. De l’un oul’autrcdcíquelsnoms, ou des verbes d’où ils procèdent, est venu lcnom de foncier , Sc celui de fons tant fréquenté èsmatières de finances , où l’on dit coutumièrement,qu’il y a fons , ou au contraire, pour signifier paie,ou de quoi payer. E t fonfer, ( aujourd’hui foncer )signifie payer. Christ. Berault , des droits de tiers& danger, grurie &g’airie.

Il y a aussi une Justice foncière , qui est une Juri-diction qui appartient au Seigneur bailleur de fonds.Elle est la moindre de toutes , Sc c’est la même choseque Bajje-Jujiice. Nicot l’appelle jurisdiclio inermis.

On appelle Seigneur très-foncier , ou , commeécrit Nicot, tréfoncier , le propriétaire du fonds ,quoiqu’il 11’ait pas la Justice. Nicot ajoute que cemot a lieu en cas de roture. De dire que ce mot soitcomposé de trois ou de ter , & de foncier pourinduire propriété , il n’y auroit pas de raison. Carsi on le déduit de trois, comme en trepied Sc tremois ,elle ne peut s’y rapporter. Si de ter , comme en très-puijfant Sc très-riche , non plus, pareeque cettediction est prise en signification de moult ( beaucoup )comme les Grecs disoient rgiítt<r««í , telle significa-tion de ter ne peut convenir au mot foncier , poursignifier propriétaire de fonds, quasi maxime funda-rium dicas comme a estimé Du Moulin ;ni à celuide fons aussi , pareequ’on ne peut être propriétaireplus ou moins, ni d’un fonds plus ou moins fondsqu’un autre. Le même Auteur croit encore qu’onpeut déduire tréfoncier de pressé fundarius • chosedifficile à comprendre.

• Nous disons donc que le mot tréfons a été cor-rompu Sc abrégé de tributum ; Sc de tréfons est venucelui de tréfoncier : lei, comme il se fait soilvent,changé cne, & le b prononcé comme l’v con son-nant changé en /, lettre ayant presque même son,comme £a~/ 3 goí , safre , de Jibilare , siffler, de blan-diri j flatter, l’u prononcé par ou , un n muet ajoutécomme de fuus , son, & une s muette au bout, pourdénoter que le son de cette dernière syllabe étoitlong. Ainsi tréfoncier est celui auquel est dû tribut, outréfons , comme nous avons dit de fonsier. Lequel-nom de tréfons est commun à toùs cens , rentes ,ou prestations, étant dit à tribuendo. Pourquoi tousceux auxquels est dû tribut ou redevance fur aucunheritage, font nommés tréfonciers en plusieurs Cou-tumes de France, jaçoit que l’héritage ait passé patplusieurs mains , chaque cédant ayant stipulé cens.Et ce même nom de tréfons est communiquéà l’he-ritage qui y est affecté. Bérault, des droits de tiers& dangers , &c.

Foncier, signifie aussi, qui a de l’habilcté , de lascience dans son métier. Vous trouverez des Avo-cats plus éloquens; mais vous n’en trouverez pas unplus foncier. Expression peu usitée.

FONCIERE, f. f. Terme des Ouvriers qui tirent l’f'doife; c’est la couche, le lit de l’ardoise , ce qu onappelle banc dans les carrières de pierres de taillaStratum. Il est ordonné que l’ardoise sera tirée dela troisième foncière de chaque mine.FONCIÈREMENT, adv. Il signifie à fond , & est op-pose

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