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-est remplie d’eau, Sc l’autre moitié (fondent ún airextraordinairement comprimé. Lorsque l’on ouvre lerobinet de ccttc fontaine, l’on voit 1 eau en sortiravec impétuosité, Sc s’élevcr très-haut, pareeque l’aircomprimé preste la íúrface de l’eau avec toute laforce que lui donne son ressort, & l’oblige à s’échap-per en forme de jet d’eau par le tuyau qui íe trouveau milieu de la.fontaine , Sc qui descend preíque jus-qu’au fond.
La Fontaine de Héron ,fons Heronis, ainst nom-mée parcequ’elle fut inventée par Héron, Mathéma-ticien d’Alexandrie, est composée de deux ballìns quifont exactement fermés, Sc qui communiquent en-semble par un tuyau de trois à quatre pieds de hau-teur. L’on remplir d’abord» presque entièrement devin le bailìn supérieur de la fontaine : Ion met en-suite de seau dans le bailìn inférieur : cette eau chassel’air du dernier bassin, Sc l’oblige à monter par le ca-nal de communication dans k canal supérieur. Cenouvel air gravite sur la surface du vin, Sc le faitsortir en forme de jet. C’cst pour cela que quelquesCharlatans ont défini la fontaine de Héron, une]on-taine qui donne du vin quand on lui donne de seau.
ffT Fontaine domestique. On appelle aussi fontaine ,un vaisseau de cuivre ou d’autre matière, dans lequelon conserve l’eau destinée aux usages d’une maison.Fontaine àe cuivre, sablée pour clarifier l’eau. Fon-taine de plomb , à sable Sc à éponge , pour obvierau danger du cuivre Sc de l’étain»
On le dit aussi du robinet & du canal par où coulel’eau d’un e fontaine, le vin d’un tonneau, ou de quel-que autre liqueur que ce soit. Tourner la fontaine.La fontaine d’un muid. Voye\ Robinet.
Fontaine de la tete ou Fontanelle , terme d’Ana-tomie, est 1 endroit où aboutissent la suture coronale& la suture sagittale. Cet endroit est très-mou dansles enfans, & on y sent battre la partie antérieuredu cerveau. Il ne s’ossifie ou ne se durcit que vers ladeuxième ou troisième année. Pour en trouver juste-ment sendroit, il faut appliquer le poignet furie boutdu nez , Sc l’cxtrêmité du plus grand des doigts abou-tira à la fontaine de la tète.
Entérines de Philosophie hermétique , fontaine deFlamel, c’cst la retorte ; fontaine des métaux ou fon-taine du Comte T révisa n , c’est le mercure -, fontainede Jouvence, c’est l’élixir parfait : on lui a donné lenom de fontaine de Jouvence , pareequon dit qu ilrajeunit ceux qui en usent. Fontaine du torrent , c estla fontaine des Philosophes. , A
On dit proverbialement qu un homme déja d’ageest allé à la fontaine de Jouvence , loríqu’il se portebien , Sc qu il semble qu’il rajeunit. Il est fait men-tion de orne. fontaine fabuleuse dans les anciens Ro-mans , Sc entr’autres en celui de Huon de Bordeaux.
Fontaine. Ce mot est snuvent un nom de lieu, ou en-tre dans la composition des noms de lieu, & s’estdonne à des villes ou bourgs, villages, Abbayes, &c.bâties proche de quelque fontaine , comme on va levoir dans les noms suivans.
FONTAINE ARDENTE ou BRULANTE. Nom d’unefontaine de Dauphine. Fons ardens. Elle est à deuxlieues Sc demie ou trois lieues de Grenoble, près de larivière de Grèce , & à un petit quart de lieue au dessusdu village de Vif. Elle fort d’un rocher plein de crevas-ses d’où il fort aussi quelquefois des flammes, commele disent plusieurs personnes qui assurent l’avoir vu, Sccomme on peut en juger par les noirceurs fuligineu-ses qui paroiísent autour de ces trous. Les eaux ni-treuses & sulfureuses de cette fontaine surhaussentquelquefois fi fort, qu on pourroity cuite des œufs.Hors delà elles font presque toujours froides, & nediffèrent en rien de l’eau commune. Corn. Du Mont.Voyage de France. On appelle aussi cette fontaine lafontaine qui brûle. Bellesorcr la regarde comme l’é-cucil de la Philosophie, & le désespoir des espritsles plus pénétrans. On prétend que cette fontaine al-lume les flambeaux éteints, Sc éteint ceux qni fontallumes. Voyez-en la vraie explication dans le P. leBrun, p. jojj de l’Histoire critique des pratiques
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superstitieuses. Cette fontaine brûlante est fameuse.S. Augustin en a parlé, Sc paroît l’avoir traitée demerveille surnaturelle, de Civitate Dei, L. XXI,c. j & c. j. Cette fontaine brûlante n'est point unefontaine ; c’est un petit terrein de 6 pieds de long fur3 ou 4 de large, où l’on voit une flamme légère, er-rante ,Sc telle qu’une flamme d’eau-de-vie, attachéeà un rocher mort, d’une espèce d ardoise pourrie , Scqui te ruse à l’air. Ce terrein est sur une pente assezroide : environ à douze pieds au-dessous Sc autant àcôté , il tombe des montagnes voisines un petit ruis-seau ou torrent, qui peut-être a coulé autrefois plushaut, Sc auprès du terrein brûlant; ce qui aura donnélieu de croire que ces eaux bruloient.
On ne remarque point que la flamme forte d’untrou ou d’une fente du rocher, par où l’on pourroitsoupçonner qu’elle auroit communication avec quel-que caverne inférieure qui seroit enflammée. On nevoit point de matière qui puiste servir d aliment à laflamme; on s’apperçoit feulement qu’elle sent beau-coup le soufre; elle ne laisse point de cendres; U y aune espèce de salpêtre blanc fort acre aux environs dePcndroit où est le feu. On assure que ce feu est plusardent en hiver & dans les temps humides , qu’il di-minue peu à peu dans les grandes chaleurs, & mêmds’éteint souvent sur la fin de l’été, après quoi il se ral-lume de lui-même. Il est fort aisé aussi de le rallumeravec d’autre feu; ce qui se fait promptement & aveubruit. Enfin aux environs de ce feu, le tenein se fendSc s’aftailse. Ac. des Sc. Nous avons parlé de ce feuau mot Grenoble. Il faut joindre ceci à ce que nousavons dit la. Ces fortes de feux font communs enItalie, à ce cjue l’on a oui raconter à des gens qui yont demeure. J’ai oui dire à une personne qui l’avoiréprouvé, qu’il suffit souvent de remuer la terre aveule bout d’un bâton, pour en faire sortir du feu.
FONTAINEBLEAU. Bourg de France dans le Gâtinois,ainsi appelé à cause de ses belles eaux. Forts Bella-queus , sons Bliaudi, Cajlrum de Blaudiaco, sonsBleaudi, fons Blaaudi ffons B laudi. Fontainebleauest situé dans une forêt, à une lieue de la Seine, àquatre de Melun, à sept de Corbeil Sc à quatorzede Paris, du côté du midi, tirant au sud-est. Le Roiy a un château des plus magnifiques. Quoique quel-ques-uns disent que Louis VII en jetta les fondemensen 1137, on ne 1 lisse pas d’en attribuer le commen-cement à François I, qui fit le Château, qu’on«ap-pelle la Cour d u donjon, comme en font foi les Sa-lamandres qu’on y voit, Sc qui, comme l’on fait ,fuioient ía devise. Quelques FI couronnées donnentlieu de croire qu’Henri IV a embelli ce Château.Louis le Grand y fit faite un nouveau bâtiment qu’ostappelle l’Appartemcnt des Princes. La Cour y va pas-ser une partie de l’auromne ; ce qui s’appclle le voya-ge de Fontainebleau. O11 dit être du voyage de Fon-tainebleau , aller à Fontainebleau. La forêt de Fon-tainebleau se nommoit anciennement Bieria Silvd-La Conférence de Fontainebleau est une Conférencetenue à Fontainebleau par permission d’Henri IV,entre Jacques Davy du Perron, Evêque d’Evreux SCdepuis Cardinal, Sc duPÍeíîîs Mornay, dans laquellelEvêque montra plusieurs falsifications essentiellesdans les passages des Pères cités par du Plessis dansson Ouvrage contre la Messe.
Henri Etienne dppclle en Latin Fontainebleau yCallirhoe , mot Grec, qui signifie belle fontaine. Ph 1 'lander fur Vitruve, Fons Blerius , Fons Bellus o UCallirhoé. M. de Thon, Sc Ramus , ou de la Ramee ,Fons Bellaqueus ou Bellaquenfis ; Géncbrard, F° n 'tenableum ; Poflevin, Fons Bellus ou Belleau, &d’autres Fontanobella ; mais tout cela ne vausrien , dit Hadr. de Valois, Nott Gall. p.- 1Q S , P u ss'qu’on trouve les noms que nous rapportons ci-dei'sus dans les Actes ou Auteurs Latins qui en parlent,quoique dans le moyen âge ott la basse Latinité.qui prétendent que Fontainebleau a été ainsi nomm eà cause de ses belles eaux, l’appellent en Latin BonsBellaqueus , & écrivent quelquefois Fontaincbellcau,qui est un mot composé de ces trois unis ensemble,
fontaines