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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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FOU

FOURCHURE. f. f. L’endroit où une chose commenceà se fourcher, à se séparer en deux. Dijcrìmcn, bi-furcatio. La fourchurc des doigts. La fourchure descheveux. Ce terme n’est pas usité.

FOURÉE. s. f. Espèce de soude que Ion fait en Espa-gne avec des herbes brûlées. Elle entre dans la fabri-que des savons ; mais elle n’y est pas st bonne que lescendres du Levant.

FOURER. v. a. Voye^ Fourrer.

FOURG. f. m. Terme de Marine. Les sourds font despièces de bois en triangle qui posent íur lps tiers dela quille, vers barrière, a u lieu de varangue. On lesappelle autrement Sanglons.

FOURGAGNEMENT. f.'m. Vieux terme de Coutu-mes. Confiscation d’un héritage , reprise d’un fiefpar le Seigneur de la rente, auquel elle n’a pas étépayée.

FOURGAGNER. v. a. Voye% Forgagner ; c’cst lamême choie.

FOURGON, f. m. Espèce de charrette dont on se sertpour porter du bagage & des munitions, soit à lacampagne , soit à Farinée. Carruca. Elle est d’ordi-naire à quatre roues, & chargée d’un costre couvertde planches en dos d’âne.

Fourgon , est austì une pièce de fer emmanchée , quisert à remuer le bois pour chauffer le four. Contusfurnarius. On l’appelle autrement lìable.

On dit proverbialement que la pelle sc moque dufourgon , en parlant de deux personnes également ri-dicules, qui te moquent l’une de l’autre.

f$ 3 = ’ Les Chaudronniers appellent austì fourgon , un ferlong d’environ deux pieds, applati par le bout, dontils te íervent pour attiler le charbon de leur forge.Diction, du Comm.

' FOURGONNER, v. n. Remuer le bois Sc la braise d’unfour avec le fourgon. Furnarium lignum conto versare.

Il signifie austì en termes bas Sc populaires , tiíon-ner, gâter, déranger le feu en voulant l’accommo-der, en se servant de la pelle , des pincettes , ou dequelque autre ferrement. Ce st proprement remuerle bois mal adroitement fans besoin. Ne fourgonnespas tant dans ce feu.

Fourgonner , signifie figurément, brouiller, renversertout dans un costre, dans un cabinet, fous prétexted’y chercher quelque chose. 11 est populaire.

TOURILLON. Voye\ dans l’Îi.e du Cap Breton.

FOURMI, f. f. Formica. Petit infeste qui subit diver-tes transformations, & qui vit en íociété commel’abeille. La fourmi vient d'un œuf qui se change enver. Elle a douze petites incisions, ou petits anneauxdont son corps est composé. Elle a deux yeux, deuxcornes, & des dents dans la tête, Sc six jambes quisortent dc sa poitrine. La première peau de la four-mi est parfaitement unie , ensuite on y remarque desrides Sc des espèces d’incilìons ; & enfin elle lé di- ]vile en plusieurs parties. Elle sc dépouille de diver- jses peaux dans des temps différens. Cette dernièrepeau devient dure comme de la corne , ou de l’os,jusques-là qu il n’est pas postîble de la percer avecune lancette fort aiguë, non plus que celle des eícar-bots nalìcomes, Sc de quelques autres insectes. Sonbec est compose de deux dents qui s’étendent au-dehors, fur chacune dcíquelles on voit encore íeptincisions qui paroiffent comme autant de petitesdents. Ses yeux font tout-à-fait noirs. Ses cornesqui font au-dessus des yeux, font d’un châtin un peubrun, Sc lont composées chacune de douze petitespairies revêtues de poils. Les jointures de la poitrinese divisent chacune en six parties aiguës qui s’avan-cent dehors. Ses reins font composés de trois bou-tons , dont la figure approche un peu de celle desvertèbres, & qui lont par-tout revêtus de poils allezroides. Ses jambes font fortes Sc velues, composéesde six parties, dont celle qui est à l’extrémité est ar-mée dc deux ongles, ou de deux pinces. Le ventreest un peu plus roux que le reste du corps. Il est lui-sant comme un miroir, Sc parsemé de petits poils.On n’y découvre aucune partie qui puissê marquerstu elle soit mâle ou femelle ; en quoi clic convient

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avec les abeilles. Mais il y a une autre fourmi mâlequi a quatre ailes Sc des yeux beaucoup plus grands,ayant fur fa tête trois petites écailles semblables àdes perles, qui la rendent différente des autres four-mis. Sa structure & tes jointures t on t austì toutesdifférentes. Ses deux ailes de devant font deux soirplus grandes &: plus fortes que celles de derrière ,

Sc tout ion corps est plus grand Sc d’une couleur plusnoire. Les mâles des fourmis ne fervent qu’à la pro-pagation ; Sc cette prétendue supériorité qu’on leurattribue, aulìì-bien qu’aux Rois des abeilles, ne pro-cede que des mouvemens puiffàns qui les portent àla génération. La fourmi mère est encore plus grosseque le mâle , qui a austì íur la tête ces trois petitesécailles qui sont fur la tête du mâle ; & en cela ellediffère des fourmis ordinaires.

Ces petits insectes founissoient matière d’obferva-tion à ceux qui prenoient les augures. Un Sacrifica-teur prédit à Cimon F Athénien fa mort prochaine ,paixequ’une troupe de fourmis éroient venues boireîe sang des victimes. Elfes donnèrent un meilleur au-gure en faveur de Midas, Roi de Phrygie, dont onrapporte que des fourmis s’étant rail emblées en grandnombre autour de lui, remplirent fa bouche de blé :cc qui sit prédire aux Devins que ce Prince auroitun jour des richeffes immenses.

Daniel Lindwal publia à Upfal en 1719, une Dis-sertation latine de la nature des fourmis , dails la-quelle il recherche les causes mécaniques des phé-nomènes que l’on remarque dans cet intecte. La. four-mi des Indes nous prépare la laque. Il y a dans lescontrées qu'arrose le Parana , des fourmis plus grof-íes que le petit doigt. Les naturels du pays & lesElpagnols les font rôtir au leu, Sc les mangent com-me un mets délicieux. Hist. Parag. L. V > C y.

Les Thessaliens honoroieut ces iníectes, dont ilscroyoient tirer leur origine ; Sc tous les Grecs engénéral ne faifoienc pas difficulté de rapporter leurorigine aux fourmis de la forêt d’Egine, plutôt quede reconnoître qu’ils étoient des colonies de peuplesétrangers.

On dit qu’il y a des fourmis blanches qu’on voiefur le haut du petit écueil de Pecno , proche d’A-thènes, dont le sommet est plein d’un table duneblancheur extraordinaire. Voye\ íur les fourmis Vos-sius, De Idol. L. IV. C. 73. 77-La fourmi a un zèle Sc un amour si extraordinairepour les petits, qu’elle les conduit dans les lieux oùils peuvent trouver leur nourriture convenable ; Scquand ils font coupés en deux, elle en rapporte lespièces entre ses bras.

O11 envoie les prodigues à 1’'école de la fourmi, qui. fait des provisions pendant l’été pour l’hivcr.

La fourmi tous les ans traversant les guérets %profit ses magasins des trésors de Cércs ;

Et des que l Aquilon , ramenant la froidure ,

Vient de j es noirs f rimât s attrflcr la nature ,

Cet animal tapi dans son obscurité ,

Jouit Vhiver des biens acquis durant Vété :

Mais on ne la voit point d’une humeur inconstante ,Paresseuse au printemps , en hiver diligente ,Affronter cn plein champ les fureurs de Janvier ,Qu demeurer oisive au retour du Beher. Bon..

On dit que la fourmi ronge le germe du ble , asmqu’il ne germe point dans la terre où elle le garde.Cedrenus dit, p. 1 y y. D. qu’il te trouve dans l’Indedes fourmis de la grandeur d’une palme. Voye 7 auifiLudolfe, Comm. in hifl. Athiop. 1- N. XCVII.On dit aufli qu’il y a des fourmis dinde qui íont ai-lées , cornues Sc grosses comme un loup, qui tirentFor des mines. Mais cela est fabuleux. Il y a dansAngola un si grand nombre de foui mis Sc si grosses ,qu’on a trouvé des squelettes de vaches qui en ontété mangées en une nuit. II y a des fourmis dans laChine & dans le Tonquin, qui volent en troupes furdes arbres, Sc y font une efpece de gomme, ou decire, dont on compose la laque si connue par los

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