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dare. On dit aussi, en plaisantant, endosser le harnais ,en parlant d’un homme d’Eglise, ou d’un homme 'dclobe, lorsqu’il met les habits de fa profession. Blan-chir fous le harnois y vieillir dans le métier de laguerre.
Sire , ain/z ces cheveux blanchis fous le harnois.
Corn.
On eodossoit effectivement alors lc siamois. LesChevaliers portoient cinquante livres de fer au moins.Cette mode ayant fini , endos er le harnois a cellé
* d’être en usage. Boileau a dit, dormir en plein chample harnais fur le dos; mais c’est dans une Satyre.
Borel, & quelques autres, dérivent ce mot duGrec «x»--ri-, qui lignifie la peau d’un agneau , parcequ’on couvroit les boucliers de peau. Du C ange ditque le mot harnefium s’est dit en Latin en la mêmesignification, & vient de l’Allemand harnas ou har-nisch. D’autres le dérivent de l’Italien arnese. Il vientplutôt du langage Celtique ou bas-Breton, o ùharnessignifie cuiraffe.
Harnois fe dit ausiì en riant, pour signifier un habit.
• Nestis. On ne vous connoît pas lous un tel harnois.On ne vous prendroit jamais pour ce que vous êtesavec un tel harnois.
Harnois signifie aussi les traits qu’on met aux chevauxpour tirer un carroíle. Loramentum, Le Sellier m’avendu une paire de harnois neufs. Des harnois dorés,de cuir de Russi ou Roulli. Des harnois de volée.Harnois fe dit aulsi des íelles, des colliers, brides,croupières & traits qui fervent aux chevaux, loir dcmonture , soit de tirage.
Harnois signifie aulsi la charrette Sc tout l’équipagepour la faire mouvoir. Carruca instruclus. U faut quece Laboureur ait du moins trois harnois pour fairevaloir cette Ferme.
Harnois signifie aulsi tous outils & instrumens proprés pour quelques ouvrages ou quelques métiers. Ilest défendu par les anciennes Ordonnances aux pas-sagers des bacs, de s’entremettre de passer l’eau, s’ilsn ont harnois luffiíans.
Harnois, en termes d Oiselier, signifie tout l’équi-page qui leur sert pour la chasse des petits oiseaux.Aucupatoria supellex.
Ce terme s‘entend aulsi des filets, ustensiles Sc ins-trumens qui fervent à pêcher le poisson d’eau douce.Instrumenta piscatoria.
On dit proveibialement qu’un homme suc dansson harnois , quand il est trop vêtu : Sc qu’un Ora-teur, ou un autre, s’échauffc dans l’on harnois , pourdire, qu il parle avec beaucoup de chaleur Sc devéhémence.
Ne sert de rien au métier qué vous faitesDc s J échauffer fi fort fous le harnois.
P. du Cerceau.
HARO. f. m. ( L ’h s’aspire. ) Terme de la Coutume deNormandie.' C’est un cri qu’on fait en Normandie,pour réclamer le secours de la Justice, lqrsqu’on estattaqué Sc insulté, ou lorsqsson trouve sa partie, Scqu’on veut la mener devant le Juge; car alors elleest obligée de suivre celui qui a crié haro sur elle ,Sc l’un & l’autre demeurent en prison, ou sont te-nus de bailler caution. Voye^ Clameur. Les Lettresde Chancellerie portent ordinairement, nonobstantclameur de haro , chartre Normande Sc autres Pri-vilèges à ce contraires. Le haro est interjetté, non-seulement pour crime, mais aussi pour l’introduc-tion de touc procès, même en matière bénéficiale,tant pour meuble que pour héritage; & les partiesfont tenues de donner respeéfivement caution, l’unede poursuivre, l’autre de défendre le haro; aprèsquoi la chose est séquestrée, Sc le jugement emportel’amende, comme il est porté dans la Coutume deNormandie, art. y 4 & ffiv. Le haro avoir autrefoisrant de pouvoir, qu’un pauvre homme de la ville deC aen, nommé Asselin, arrêta, dit-on, en vertu du
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haro y la pompe funèbre de Guillaume le Conque*r an t, julqu’à ce qu’Henri, son fils, lui eût payé lavaleur des héritages qui lui appartenóient, fur les-quels il avoir fait bâtir la Chapelle où il fut enterré, •comme on voit dans la vieille Chronique de Nor-mandie. Godefroi Sc Baronius en font aulsi mention :mais ce trait lent bien la fable.
On trouve aulsi hareu Sc harou dans les titres Scdans nos vieux livres.
Haro s’est dit aulsi autrefois pour toute forte de cri quife fait dans un tumulte.
La voix dc nul n y est oïe ,
Fors des Héraux qui harou crient yFt par le champ fe crucifient ,
Harou, difent-iIs , &c. Guil. Guiart.
Ailleurs il dit que lorsque Philippe Auguste entraen Normandie, les femmes crioient H..rou à grantalaines.
Ce mot vient de ha Sc Paoul; comme étant uneinvocation du nom du Prince pour défendre le foi*ble contre le puissant, à cause de Raoul, premierDuc de Normandie, qui fe rendit vénérable à ses su-jets par fa sévérité à rendre la justice , vers l’an 911,du temps de Charles le Simple; enforte qu’on le ré-clament après fa mort, quand on souffrait quelqueoppression, Et tristes querulo clamore lac fftmus am-bras. L’épitaphe de ce Duc, enterré dans la Cathé-drale de Rouen, semble prouver que les Normandsl’invoquoient comme un Saint.
Dux Normanorum eundorum Norma honorumFolio ferus y sortis y quem gens Normanica mordsInvocat articulo y hoc jacet in tumulo.
Guillaume Guiart fait entendre que ha Pous , c’est-à-dire, ha Rouly étoit une espèce de cri de guerredes Normands, qui vinrent en Neustrie fous lacon*duite de Raoul, quand il dit,
Cis Rois iert Rous y pourse crioient,
Normans qui en son temps fuioientDroit vers Chartres comme garous ,
De toutes parts y hà Rous, hà Rous.
D*autres disent que dès son vivant on crioit à Rá-houl; pour dire, je t’alsigne à comparoir devantRaoul y pareequil jugeoit lui même les affaires dcses íujets. M. de Caseneuve prétend que cette ori-gine est fauíle, Sc que le mot haro íìgnifioit cri Sc cla-meur y long temps avant le Duc Raoul. D’autrescroient que ce mot vient de harouennay vieux motFrançois, qui íìgnifioit le lieu où fe tenoitla JusticeBores dit que d’autres dérivent ce mot de Harola 'Roi de Danemaick, qui l’an 8r6 fut fait à Mayenccle grand Conservateur de la JnJHce; d’autres d’unmot Danois \ aa rau , qui signifie aide-moi , qui étoitun cri qué firent les Normands en s’enfuvant devantun Roi de Danemarck, nommé Roux y lorsqu’il se fitDuc de Normandie , se plaignant à lui d’être mal me-nes, comme témoigné Guiart. Icquez fait venir lemot de haro d un mot de la langue qu’on parloir dansla bane Allemagne ; c’est hior , qui veut dire glaive,epeey comme ti, en criant haro y on vouloir direqu’il faut réprimer par les armes ceux qui font dumal. Enfin, on trouve encore une autrej^tymologiede ce mot dans le Tome IX du nouveau (Tallia Chris-tiana , à l’article de Henri II, Archevêque de Rheims.
Haro. Henri Etienne, comme beaucoup d’autres, apris ce mot pour une corruption de Fia Paoul ; maisc’est une erreur. Haro vient de l’Allemand Heer, ar-mée : Sc crier haro y c’est appeler à son aide tout lcPeuple dune ville... Apol. pour Hérodote , c. 3 ç , t.3 y p. 3 r Q. Voyez Harelle.
Haro , est aussi un droit qui. appartient au Seigneurhaut-Justicier, de faire payer 1 amende à ceux qui nese saisissent pas de la personne du malfaiteur fur le-quel on a crié le haro, auquel cri tous les voisins doi-
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