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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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Òli dit proverbialement, qu’on tirerck aussi-totde ì’huile d’an mur., pour dire qu’une chose est im-possible, comme de tirer de l’avgent d’un avare. Ort.dit auilì d’un affront sanglant qu’on a reçu, que c’eltune tache d 'huile 3 qu elle ne s’en va jamais. On ditqu’un ouvrage sent ì’huile , pour dire qu on voir bienqu’il a été fait avec beaucoup de peine* On dit auíììde celui qu’on voir mourir de vieilleffe, qu’il n’y aplus d ’ huile dans la lampe*

§3" HUILER, v. a. Oindre, frotter avec de l’huilc. Oleoinungere. On ne dit point huiler une salade, pour ymettre la quantité d’huile convenable pour l’allai-sonnement. L’usage ne l’a pas voulu. On huile uneferrure, des relions, du papier, é'c. U faut huiler lepapier pour le rendre transparent. On huile les ferru-res rouillées pour les faire aller. Les Athlètes se fai-soient huiler & frotter, aftn de donner moins de priseà leur ennemi. On les frottoir & on les huiloit dénouveau après le combat, & c’est ce qui s’appe-loit a 7 fo*&tgtt 7 ííí*, comme qui diroit pansement posté-rieur , ou qui succède aux exercices. Id.

|Huiler, v. n. Terme de Jardinage. On dit qu’uneplante huile > quand elle est affectée d’une maladiequi la fait paroïtre comme imbibée d’huile. Les plan-tes élevées fur couche font sujettes à huiler.

HUILÉ, ÉE. part. 8c adj. Oleo illinitus , illitus.HUILEUX, EUSE. adj. Qui rend beaucoup d’huile.Oleosus. L’olive est le plus huileux de tous les fruits.

Les noix font de difficile coction, à cause de leursubstance huileuse.

fj£F Ce mot se dit beaucoup mieux de ce qui est gras,

& tient de la nature de l’huile. Pinguis , cra(jus. Descheveux gras 8c huileux. Une peau huileuse. Urinéhuileuse. Deg. Principes huileux 8c balsamiques. LÉ-Eíery.Ou appelle sauce huileuse, une sauce mal liée,

8c qui est devenue graile en chauffant. Ac. Fr.HUILIER, s. m. Marchand qui vend de l'huile. Olea-rius. Il y a eu de gros procès entre les Marchands Hui-liers 8c les Chandeliers, pour les mesures & le débitdes huiles. H3' Dans ce sens on le dit peu. Aujour-d’hui ce font les Epiciers qui vendent l’huile. Le nomd ’Huilier est réservé aux ouvriers qui passent au mou-lin la navette , le chenevì & les autres graines donton tire de l’huile par expression, après qu’elles ontété broyées.

Huilier se dit aussi pour signifier un vase à mettre del’huile, pour s’en servir à table. Vas olearium. UnHuilier d’argent, de vermeil doré, de terre, de ver-ies pays ou ces animaux .un. uo., un «. uuu.- re , &c,

teilles pleines d 'huile de scorpions , dont on se sert HUILIÈRE, s. f. Terme de Marine. Petite cruche où l’on

contre les piquures de ces animaux , dont les fuites met l’huile dont on se sert sur un vaisseau.

r ..à- r " HUILLE. s. m. & f. Nom d’un peuple de l’Amérique

méridionale. Huillus , a. Ce peuple habite proche ledétroit de Magellan, plus au midi que les ChunesLes Huilles font plus barbares que ceux-ci. Us habi-tent prés du 40 degré de latitude Sud, dans un paystres-froid, & sont néanmoins tout nuds. Ils se fontdes cabanes decorces d’arbres, en forme de cone^Ils ne mangent rien de cuir. Toute leur nourritureconsiste en poissons 8c en coquillages crus. Ils fontpresque noirs. Us ont les cheveux s> rudes 8c si dres-sés , qu’il s ressemblent à du crin bien plus qu’à descheveux. Ils ne sont pas nombreux, soit que le cli-- mat qu’ils habitent en soit la cause, soit que leursvoisins les détruisent, ou plutôt pour l’une & l’autrede ces causes. Car les Cluines poursuivent & chassentles Huilles comme on chasse des bêtes fauves; lesprennent, en font des esclaves qu’ils gardent chezeux, ou qu’ils vendent aux îles de Chiloc.

HUINE ou HUlSNES, HUIGNE. Petite rivière de Fran-ìdonea. Elle a fa source dans le Perche près de

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Huile vierge est de ì’huile tirée de l’olive, ou des noixfraîches, &c. fans être chauffées ni pressurées. Oleummuseum , lixivium , prodromum. On appelle un boucd’huile , celle qui est envoyée dans la peau dtm bouc,où elle te conserve mieux,

Elu île prend aussi son 110 m des drogues qu’on y mélan-gé. De l ’huile rosat est celle où l’on mêle des roses.Huile de jasmin , qu’on parfume avec du jasmin ,

qu’on met sur les cheveux.

Les Saintes Huiles sont celles qui fervent aux onc-tions sacrées dans les Sacremens de Baptême, de Con-firmation, des Ordres & Extrême Onction, aux Sa-cres des Princes 8c des Evêques. S&tâum oleum ,oleum Cathecumenorum , sanclum chripwa , oleum in-firmorum. O 11 les bénit le Jeudi-saint avec plusieursbelles cérémonies.

En termes du Grand Art, le mot d 'huile se dit dansles phrases suivantes. La vraie huile des Philosophes,c’est leur soufre, ou leur mercure, ou leur pierre aurouge parfait. Vhuile de talc des Philosophes, c’estleur élixir au blanc parfait Sc accompli. L’huile fixe& incombustible des Sages, c’est le mercure hermé-tique, duquel les Sages disent qu’au froid il se con-gèle comme de la glace, & qu’à la chaleur il se li-quéfie comme du beurre : cette huile se fait par Ven-tière extraction du fixe & du volatil, c’est-à-dire, parl’entière dissolution du corps d’où elle est tirée. L ’ huilede la nature, c’est le sel albrot, c’est le plus noble& le meilleur des sels ; il est fixe au régime, & ne fuitpoint le feu ; il est fondant, pénétrant, entrant com-me élixir complet. L ’huile essentielle, c’est l’âmedes métaux , ou le mercure des Sages, ou seauardente circulée. L’huile végétale, c’est ì’huile detartre.

Huile de colsa ou de colzat. Cette huile se saitavec la graine d’une espèce de chou rouge qu’on nomme colsa, dont on sème en Flandre des campagneentières. L’huile de colsa sert à brûler, & à faire dessavons gras, verts 8c noirs.

Huile grenue est celle qui est figée en petits grains.C’est la meilleure & la plus estimée, particulièrementdes huiles d’olive.

Huile dë rose. Oleum rhodium. Les Marchands Epi-ciers-Droguistes donnent ce nom à une huile hiaitche 8c odorante que l’on tire du bois de rose par la

distillation.

Huile de scorpion. C’est de Yhuile d’olive dans laquelle on a fait mourir plusieurs scorpions. Dansles pays où ces animaux font communs, on a des bou-

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font funestes fans cette précaution.,Ac. Fr.

L’invenrion de peindre à ì’huile est du quinzièmesiècle. Jean de Purges, Peintre Flamand, en est l’Au-teur. Les meilleures huiles qu’on puisse employer,font ì’huile de lin 8c celle de noix.

Huile s’emploie figurément pour peine, travail qu’onprend, ou qu’on a pris à faire quelque chose. Opus ,labor. On reprochoit à Démosthène que ses Ouvra-ges se n toi en t ì’huile. Ablanc. Il y a quelque chosede rude dans les Ouvrages trop travaillés-, ils sententl 'huile. Mont. Il se dit sur-tout du travail des gensde lettres, qui font obligés de travailler, non-feu-lement le jour, mais aussi la nuit à la lueur d’unelampe d ‘huile. C’est de-là qu’est venu le proverbeLatin, oleum & operam perdere perdre son huile 8cson travail. Juvénal a dir de l’Histoire, qu’eîle de-mandoit plus de temps 8c à'huile que tout autre tra-vail. Poscit plus temporis atcjue olei plus. Les Grecsont aussi employé îmih dans le même sens, & c’està cela que, le Poète Aristophane fair allusion quandil raille Euripide sus la cadence de ces vers tragi-ques AiDtéôio» aVdx*<m. Il y a des communautés de gensqui font profession d’étude, dans lesquelles on ap-celle mangeurs A’huile 8c dépensiers A’huile, ceux quipassent souvent la nuit à travailler, à étudier.

Huile de cotret. Expression tout-à-fait basse & po-pulaire , pour dire des coups de bâton. Donner deìhuile de,cotret à quelqu’un.

W* _ “ n e, 8c arrose Condé, Nogcnt-le-Rotrou , laF té Bernard, Montsort, & tombe dans la Sarte ,nrèsdu Mans. Dans les vieux titres elle est appeléelopunasognia, Hiogina, Eucania 8c Eucanìus. Théo-dutphe, dans son Poème à l’Evcque Modoin, rappelleIdonea , 8c Guillaume le Breton, qui vivoit 400 ansaprès, Hiena. On trouve aussi deux fois Odana dansdes lettres datées de la première année de Clotaire.