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des Infideles. Les Turcs la nomment aujourd’hui El-kods , ou Elkodes , c’est-à-dire, la Ville-Sainte. Elleest aujourd’hui de médiocre grandeur , liège d'unSangiac Sc d’un Cadiz. Elle est habitée par des Turcs,des Arabes , des Juifs , & des Chrétiens Grecs-Schiímatiques. L’Ordre de Saint François y tient leSaint Sépulchrc , & l’Église de Saint Sauveur.
Jérusalem n’a pas toujours été de même grandeur. Lors-que Tire la prit elle avoir trenre-trois stades de tour,à ce que dit Joíephe, de Bello 3 Lib 3 VI 3 c. 6. Celane fait que deux lieues moins un quart. Queíques-uns veulent que Jóséphe n’ait point parlé de toutel’enceinte de la ville. M. Réland les a réfutés. Il yavoir quatre montagnes renfermées dans Jérusalem ,Sion , Acra , Moria Sc Bézétha. Réland, T. II 3 p.Sjo &suìv. On y en ajoute une cinquième nomméeOphel ; M. Réland doute si l’on a raison, Sc son doute est fondé fur ce qu’Ophel ne signifie pas toujoursune colline.
Quelques-uns , comme Eusèbe , ont tiré ce nomdu Grec Up'ot , íàcré, Sc , Salomon, de sorte
que Hierusalem soit la même chose que np»vTemple de Salomon ; mais elle s’appeíoit Jérusalemavant que Salomon fut au monde. Dans Jofué X, i ,il est fàit mention d’Adonifedek Roi de Jérusalem.On trouve encore ce nom plusieurs autres fois , auísibien que dans le Livre des Juges ôc dans les deuxpremiers Livres des Rois. Quand ce feroit des pro-lepses , il est toujours certain que fous David Sc avantle temple de Salomon , elle n’avoit que le nom deJérusalem. D’ailleurs les Hébreux ont-ils pû donnerun nom Grec à cette ville ; D’autres le tirent denen j raah , voir , Sc , schalem , paix, Sc veu-lent qu’il signifie vison de paix. D’autres de sm ,j ara , craindre, Jérusalem , craignez Salem : c’étoitune place si forte qu’elle devoir faire craindre ses en-nemis ; ou bien si sainte , qu’elle devoir imprimerune crainte respectueuse en la voyant; car X i, sig-nifie une crainte respectueuse. D’autres prennentschalem dans le sens de parfait , Sc Jérusalem pourvson parfaite , ou crainte parfaite.
M. Réland rejette toutes ces étymologies, Sc pré-tend que ce mot vient de wm , Jarasch , qui veut«dire poséder à titre d’héritage, ou par succession , Scde n c-, paix. Ainsi Jérusalem est la même chose queVoffejson héritage de paix 3 héréditaire de paix.Nom, dit-il, qui lui convient parfaitement 3 puis-que David l’ayant prise sur les Jébuíéens , Salomony ayant ensuite bâti le temple , Sc la paix généraleayant été donnée non-íèulement aux habitans de cetteville, mais encore à toute la Terre-Sainte 3 Sc Jéru-salem étant devenue le siège des Rois 3 elle fut véri-tablement une poífeilîon, un héritage de paix. Mais«st il bien fur qu’elle n’eût point dès auparavant lenom de Jérusalem ?
En Hébreu , elle s’appelle Jérusalem , Sc Jéruscha-laim. On dit communément, comme Sextinus Ama-ma, Hottinger, & beaucoup d’autres , que le secondest la forme du duel , Sc qu’on la prit parce quecette ville étoit divisée en deux parties , la ville hauteSc la ville balle. M. Réland réfute solidement ce sen-timent , parce qu’on ne peut trouver que cette di-vision de deux villes soit auísi ancienne que le nomJéruschalaim ; mais siir-tout parce qu’une terminaisonde duel n’est pas toujours la marque de division dansla chose signifiée ; Sc que , schalaìm , n’est point
le duel de aVtn 3 schalem.se P. Souciet, Jésuite, dansfa Dissertation fur les Médailles Hébraïques ( car cesdeux noms se trouvent auísi sur ces médailles ) avoitdéja rejette cette distinction. Il aime beaucoup mieuxdire avec Gousset, que c’est une ponctuation nouvelleSc défectueuse, que cnVe/vu, ne dissére de nnn/pqque comme une diction pleine, d’une qui est dé-fectueuse j que le i ne signifie autre chose qu’untséré , que les Septante 3 les Apôtres 3 Sc l’Auteur dela Vulgate ont toujours lu Jérusalem -, Sc qu’il paroîtpar là que la prononciation nouvelle n’étoit point en-core introduite de leur temps. V ayeç cette Disert,pag. 40.
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Le Royaume de Jérusalem. Hierosolymitanum Regnum.C’est un Royaume que les Chrétiens occidentaux for-mèrent dans l’Asie, au temps des Croisades. II fut son-; dé Fan 1099 , par Godelfoy de Bouillon , qui pritla ville de Jérusalem , & qui en fut le premier Roi.Il renfermoit le Royaume propre de Jérusalem , qu’onappela la Terre-Sainte , Sc qui comprenoit la Pales-tine Sc la Phénicie , avec les Comtés de Tripoli &d’Edesse, & la Principauté d’Antioche , qui en étoientdes fiefs. Ce Royaume fut ruiné l’an 1187 , par Sa-ladin, qui prit la ville de Jérusalem. Les Chrétiensd’Occident conservèrent encore quelques places dansla Palestine, Sc le titre de Roi de Jérusalem, pendantquelque temps. Voye\ l’histoire des Croisades parMaimbourg. Le Royaume de Jérusalem commençoitau fleuve Adonis, aujourd’hui Thamiras ; Sc il éten-dit bientôt ses frontières jusqu’au désert qui séparela Palestine de l’Égypte. Vertot, Hist. de Malt. L.1 3 p. 64.
Jérusalem. Ce mot pris figurément signifie quelque-fois l’Église. On dira de Jérusalem , mille Sc milleserviteurs de Dieu y sont nés Port-R.
Il signifie aussi quelquefois le Ciel, le Paradis. LaJérusalem d’enhaut, la sainte Jérusalem..
La Jérusalem Céleste , ou la Céleste Jérusalem. Cette ex-pression en ce sens vient de Saint Jean , qui dans sonApocalypse, c. XXI , fait la description du Paradisfous l’idée d’une ville qu’il appelle la Nouvelle Jéru-salem.
JÉRUSALEM, en termes de spiritualité, est opposée aumonde & aux mondains signifiés par l’Égypte , Scse prend pour l’Assemblée , le parti des gens de bienSc des spirituels. Le Pere ( François de Borgia ) re-grettent extrêmement le temps que ces sortes de genslui faisoient perdre ( dans leurs visites ) Sc il avoitcoutume de dire avec beaucoup de douleur : Ah íqu’il y a peu de gens entre ceux qui nous recherchent,qui viennent de Jérusalem , mais qu’il y en a au con-traire qui viennent d’Égypte ! En quoi il faisoit al-lusion à ce que Palladius rapporte de Saint Antoine,qui demandoit ordinairement au sortir de ses longuesoraisons, à son disciple Macaire, lorsque quelquespersonnes étoient venues pour lui parler , si c etoientdes gens venus de Jérusalem , ou d’E’gypte ; marquantpar les uns ceux qui n’avoient, dans leurs visites quedes intérêts humains Sc des prétentions temporelles ;ôc par les autres, ceux qui comme des citoyens dela Jérusalem céleste , n’avoient en vue que des bienssolides & éternels. P. Verjus.
I Jérusalem, f. f. Nom d’une espèce de pomme bonneà manger, soit crue, soit cuite, mais qui n’est pasdes meilleures. Pomum. Jerosolymitanum , ou diciumJérusalem. Les Jérusalem sont presque rouges partout ,ont la chair ferme Sc de peu de goût quoiqu’assez su-crée, Sc n’ayant rien de la mauvaise odeur qui suitla plupart des pommes, elles se gardent longtemps.La Quint.
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JÉSANA. Nom d’une ville de la Terre-Sainte. Jesana.Elle étoit du Royaume d’Isracl, soumise à Jéroboam.II 3 Parai. XIII 3 1 st. C’est tout ce qu’on en sait.Le P. Lubin croît qu’elle étoit dans la Tribu d’É-phraïm. M. Réland croit très-vraisemblablement quec’est la Jéthaba de Saint Jérôme , Sc qu’il faut cor-riger Jésana ; parce qu’il l’interprète ville ancienne,Sc qu’en effet Jésana signifie vieille , ancienne. José-psie dit Isana.
JESCH'JA , OU J esta. s. m. Jeschua 3 Jesua 3 Jésus. C’estle nom de Jésus prononcé à la manière des Hé-breux. On le dit ainsi des Rabbins qui portent ce nom.R. Jésua , le Lévite, Juif Espagnol qui vivpit dans leXV e siècle, est l’Auteur du Livre intitulé , HalichotOlam , Les Chemins de l’Éternité, ou éternels ; c’estune clef du Thalmud : Constantin l’Empereur l’im-prima en 16)4 , avec une Dissertation préliminaireSc une traduction Latine. On l’a depuis imprimé àHanovre avec d’autres Traités semblables , sous lcj titre de C lavis Thalmudica Maxima.