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voir de belles choies à ceux qui ne s’y coimoilícntpoint , qui ne s’cn íoucient point. Ce proverbe estpris de l’Évangile. Match. Fil , 6. C’étoit un pro-verbe chez les Juifs. On dit aussi jetter de la pou-dre aux yeux de quelqu’un: pour dire, l’éblouir, luifaire paroître une chose plus belle qu elle n’est enester. On dit aussi d’un bon ménager, qu’il ne jettepas son bien par les fenêtres , qu il ne jette pas lesépaules de mouton toutes rôties. On dit jetter le man-che après la coignée, lorfqu’on désespère dîme af-faire , Sc qu’on abandonne tout. On dit aussi jetterde Phuise sur le feu ; pour dire, animer encore ceuxqui sont déja en colère. On dit d’une chose où l’ona quelques prétentions , qu’on n’en jetteroit pas íapart aux chiens. On dit, íè jetter ssir la friperie dequelqu’un ; pour dire, fourrager , ou de fait, ou deparoles. On dit aussi d’un misérable, d’un homme quin’a point de support , que tout le monde lui jettela pierre, l’accuse , le maltraite. On dit aussi , qu’ilfaut jetter un os à quelqu’un , quand on lui fait partde quelque profit dans une affaire à laquelle il peutfaire quelque obstacle. On dit , qu’on a jette soncoussinet sur une chose ; pour dire , qu’on a regardéqu’une choie convient & qu’on fait ses efforts pourl’obtenir. Je ne fuis pas de ces gens qui jettent leuramitié à la tête ; pour inutile que soit la mienne, j’ensuis avare. R.
«ÍETTÉ, ÉE. Part. Il a les significations du verbe.
Pas jettÉj ousimplement JETTE j f. m. Terme dedanse. Le pas jette se fait en sautant. Le demi y citése faiten sautant à demi. Rameau. Ce pas ne fait que lapatrie d’un autre pas, ainsi un jetté seul ne peut rem-plir une mesure , il en faut faire deux de suite pourfaire l’équivalent d’un autre pas; mais il se lie aisé-ment dans la construction des autres pas. Comme cen’est que par le plus ou le moins de force dans lecou du pied , qu’on s’éleve, ainsi ce pas dépend ducou de pied pour le faire avec légèreté. Pour le faireen avant, je suppose que vous ayez le pied gauchedevant Sc le corps posé destus, la jambe droite prêteà partir dans le moment que vous pliez fur la jambegauche , la droite s’approche auprès, & lorsque vousvous élevez , ce qui se fait par la force du pied gau-che, qui s’étendant avec force , vous rejette fur ladroite , parce qu’elle achève de fe passer devant ,lorque vous vous relevez en tombant fur la pointedu pied droit, il ne faut poíer ion talon qu’apres ;ce qui termine ce pas. Ils fe font en arrière & de côtéégalement. On les fait encore d’une autre manière,en ce qu’il faut prendre plus de force pour les sau-ter , ce qui se fait cn se relevant plus vite , Sc étendrefort les jambes en les battant fort l’une contre l’au-tre, en retombant fur le pied contraire à celui quia plié ; pour lors il change de nom , Sc on l’appelledemi cabriole . C’est un pas de ballet. Rameau.
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Ces lettresie/í, dans les mots Dieux , lieux , Cieux ,jnitux , ne font qu’une syllabe, on en trouve par-tout des exemples ; dans les autres mots , comme pré-cieux, ambitieux , &c. elles en font deux.
fiCT JEU. f. m. Du Latin. Jocus. Men. Du Cange dit quele mot de jeu de dés ne vient pas de Jocus , maisde Juis de Dieu , vieux mot François qui íìgnifioitJugement de Dieu, parce qu’on mettoit les jeux dehasard au nombre des Jugemens de Dieu.
fsT Le mot de jeu , Jocus , lusus , sc dit en général detout amusement , d’une occupation legere , 6t quiplaît, de tout pâlie temps, pour distraire 1 esprit deses fatigues, ou pour éviter l’ennui, de tout ce quife fait d’agreable ou de badin par esprit de gaiete,ou par amusement. Jeu innocent. Jeu d!enfant. S a-mufer à de petits jeux. On dit familièrement d’uneaffaire sérieuse , que ce n’est pas un jeu J enfant. Pren-dre une chose en jeu , en plaisanterie.
fseT Jeu fe prend plus particulièrement pour un exer-cice de récréation, assujetti à de certaines règles, &auquel on hasarde de l’argent. Dans cette acception
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générale , il comprend les jeux de hasard , commeles jeux de cartes ou de dés, où le hasard seul dé-cide presque toujours de la perte ou du gain , lesjeux d’adresie, comme la paume , la mail, où l’a-drelse a plus de part que le hasard ; Sc les jeux depur esprit, comme les échecs, les dames, dans les-quels l’habileté seule a part. C’est principalement desjeux de hasard qu’on dit aimer le jeu , être adonnéau jeu. La passion du jeu , à proprement parler , n’estpas une passion naturelle ; mais elle a été inventéepar l’esprit, Sc par l’industrie des hommes. Scud.La passion du jeu en particulier, est la passion du plai-sir en général, qui fe varie selon les divers génies &les divers tempéramens. Id. Un honnête homme nedoit s’engager au jeu que pour se délaíser : il ne doitpas jouer avec la même ardeur que ceux dont le jeuest la passion dominante. Bell. Le jeu est une maniedont il faut se corriger de bonne heure, de peur dene devenir sage que quand il n’est plus temps de hê-tre. La fureur du jeu a gâté les conversations. Le jeuest un amusement innocent , pourvu qu’on ne s’enfalse pas une passion , ni une occupation continuelle.Le jeu , dans mon sentiment , ne convient nulle-ment à un homme qui fait profession de piété ; ilne peut s’en faire un amusement , ni une affaire ^ni un plaisir, lans oublier ce qu’il est. Un Chrétien,mais particulièrement un Ecclésiastique & un Prê-tre , doit savoir qu’il n’a point de moment à per-dre , Sc qu’il n’y a rien qu’il faille ménager davan-tage que 1e temps, puisque c’est 1e prix avec lequelil doit acheter l’éternité. On alléguera beaucoup deraisons encore contre ma pensée ; on dira qu’il y aquelques règles de l’Églisc,qui parlent des jeux per-mis aux Ecclésiastiques ; mais cela n’a été accordéqu’à la dureté des cœurs, Sc on peut dire , Ab initionon fuit fie. On ne verra point que S. Polycarpe, S.Cyprien, S. Basile , S. Grégoire , S. Ambroise , S.Augustin, Sc une infinité d’autres aient accordé ouapprouvé ces fortes de récréations. Cependant c’estfur les sentimens de ces grands Saints que les Prê-tres de Jésus-Christ doivent former leur conduite.Ab. de la Tr. Il n’y a lien fur la terre qui puilseégaler ni le temps qu’on emploie inutilement m jeu ,ni l’eíprit de piété qui se dissipe entièrement danscette agitation véhémente des passions dont il est tou-jours accompagné, ni enfin le repos de la conscien-ce qui y est intéressée en tant de manières. P. Ver-jus. La seconde partie du sermon du P. Bourdaloue ,Jésuite, sur les divertissemens du monde , est uneexcellente instruction fur le jeu , Sc contre les défautsdu jeu.
II est bon de jouer un peu ,
Mais il faut feulement que le jeu nous amuse.
Des-H.
A la Chine le jeu est également défendu au peu-ple Sc aux Mandarins. Cela n’empêche pas qu’on nejoue, & qu’on ne perde souvent tout son bien, samaison, ses enfans , fa femme même , qu’on metquelquefois fur une carte ; car il n’est point d’excèsoù la passion de gagner Sc de s’enrichir ne porte unChinois. Mais outre que c’est un dérèglement où lesTartares les ont engagés , depuis qu’ils font les Maî-tres , il faut encore prendre beaucoup de mesurespour se cacher ; Sc par conséquent la loi qui le dé-fend , est toujours en fa vigueur , & ne laisse pasd’empêcher de grands désordres. P. le Comte. II ya un Traité du jeu par M. Du Tremblai.
Il y a plusieurs autres traités du jeu. Celtii de M.Barbcyrac, imprimé à Amsterdam en 1709 , où ilexamine les principales questions de droit naturel Scde morale , qui ont du rapport à cette matière , estcurieux & instructif.
Dans les mains du joueur nul bien qui ne chancelle.
On gagne en s’abstenant du jeu.
II est tout comme Vétincelle :
Aux plus riches palais il peut mettre le feu.