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Les noms délrmenfeul 8c à’Hermensewl viennent,selon quelques uns, Carmen , qui veut dire pauvres ,8c de feule , qui lignifie colonne ; deíorte que le dieuque les Germains adoraient, s appelait en leur langue la colonne, l’appui le soutien , le protecteurdes pauvres. D’autres diient qu Hsrmenfeul lignifieíimpement statue , image de Mercure, 8c ils déri-vent ce nom de ceux de Hermes & seul. Pour Hermonfial , on le fait venir de heer, qui lignifie . Sei-gneur, de mon, qui veut dire lune , 8c de fiai, quiveut dire lieu, place : ainíi Hermonfial est la mêmechoie en François, que place, ou temple du dieuLune, ou Lunus, qui est le Seigneur.
Quoiqu’il en soit de ces étymologies, Irmìn etoitun dieu des Germains , 8c en particulier des Sa-xons. C’étoit celui que les Germains appeloiemVola , ou Goda. Chariemagne fit abattre un temple8c une colonne ou statue de ce dieu Irmìn. La statueàllrmin s’appeloit Irmin Saul , mot qui dans lafuite se changea en Hermenfaul , comme on le voitdans Réginon. Quelques-uns croient que c'est lenom Grec de Mercure £ , Hermes. De ce nom
de Mercure furent formés dans les peuples du Nordles noms propres d’honnnes îrmingarde , Irmin-gaïre , Irminfroy , Irmìngild , &c. (Test le senti-ment de Gobelinus, qui dit, qu ’lrminful étoit Mer-cure. Aventin a écrit que c’étoit une statue d’Hermi-nion. Plulìeurs Auteurs veulent qu’elle eût été éri-gée à rhonneur d’Harminius, ou Arminius , ce fa-meux Roi des Chérusques, qui fit tant de peineaux Romains. Goropius Becanus dit que c’étoit unestatue Hiéroglyphe : mais il est plus vraisemblablequ ‘írmensul étoit le Mars des Germains. Tacite ,Hifi. Liv. IV, dit que le principal dieu des Tenc-tères 8c des Uíìpétes étoit Mars. Il est croyable queles Saxons, nation non moins guerrière, honoraientauffi Mars. Munster & Crantzius ont décrit forten détail la forme fous laquelle on dépeignait cedieu. Elle ne paraît avoir aucun des attributs deMercure. C’est ce qui frit juger à Spelman 8c àbeaucoup d’autres, qu Irmin est plutôt Mats que Mer-cure , que ce nom est composé de Ir ou Er, qui vientd’Gy-, Mars, 8c de man, qui signifie protection,refuge. Pour fui, il lignifie colonne, statue. Ersber-gue etoit la montagne où ce dieu avoir un temple.Crantzius Saxonia , L. III. c. p , croît que Ifmenfulsignifie une statue publique, 8c que ce mot s’est ditpour Idermanful ; c’est à dire , asile public & com-mun , comme si les peuples du Nord euífent regardéMars, comme basile commun de tous les hommes.On le représentait fous la figure d’un homme arméde pied en cap , qui tenoit de fa main droite pourétendard une rose. Cette fleur qui paflè bien vire,marquait que l'événement des combats dépend d’unmoment. A la main gauche il avoir une balance,pour marquer l’incertitude des combats & de la vic-toire , qui pour la moindre chose penche de côtéou d’autre. Il avoir sur la poitrine une ourle, quimarquait l’intrépidité des guerriers ; sur son bou-clier un lion, symbole de la valeur. On le plaçoitsur un terrain semé de fleurs , pour marquer le plai-sir que la guerre fait aux braves. Tout ceci est tiréde Crantzius. Aventin, dans'ses Annales Boiorum ,L. J IV, l’appelle Herman 8c Hermion. U dit que cefut le cinquième Roi de la Germanie ; qu il étoitarrière petit fils de Man; ÔC fils de Thuifeon. Sesfigures étoient colossales ; c’est apparemment pourcela qu’on les appelait Sul, ou, comme dit Aven-tin , sala 3 qui vouloir dire , colonne. Voyeç Spelman ,Voisins, de Idol. L. II, c. j2. Les MonumentaPaderbornenfia , pag. iio , &m.
IRMONZ. f. m. Nom d’homme. Ir mondas. A Mondau Duché de Juliers, Saint irmon\ berger , fous lenom dttquel 1 ancienne Églile cémétériaìe de ce lieuétoit dédiée. Chast. Martyrol. T. I, p. 434. Onne fait de ce saint Berger que le nom 8c le culte quiest immémorial. Il y a à Mond au Duché de Ju-liers , le Puits de saint limons qui est fort célèbre. Id-
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IROI S, OISE, s. m. 8 c f. Nom de peuple. Dans lesUs & Coutumes de la mer, les Irlandais font ap-pellés Iroìs. Hibernus.
Ce nom à’Irois , signifie occidental : il a été donnéaux peuples d’Hibernie, parce qu’ils font les plusoccidentaux de 1 'Europe , ou parce qu ils font à 1 oc-cident des Anglais , ou des Écossais leurs voisins,qui les ont ainsi nommées du mot hïère ou ire ,lequel , dans l’ancien langage du pays , signifieOccident.
IRONIE, f. f. Figure dont se sert V Orateur pour faireentendre le contraire de ce qu’il dit. Ironia. Vousexcellez dans Yironie ; 8c personne ne vous peutdisputer l’honneur de cette figure. S. Évr. Vironieétoit la figure favorite de Socrate. Cost. Hypéridea une facilité merveilleuse à manier finement l 'iro-nie. Bon. Ces ironies ingénieuses , dont on nousjoue , même en notre présence , marquent uneprévention aveugle en notre saveur. Bell. L’hon-neur que vous me rendez en apparence, n’est qu unemalicieuse ironie. Herman. L ‘ironie consiste bienplus dans le ton , que dans les paroles. Voici unexemple de ces fortes à’ironie.
Hé bon jour, Monsieur du Corbeau ,
Que vous êtes joli, que vous me semble^ beau ?
La Font.
Les contre vérités font les plus fortes ironies.
Quinaut est un Virgile :Bourfaut, comme un soleil, en nos ans a paru ,Pelletier écrit mieux qu Ablancourt ni Patru.Cotin à ses sermons traînant toute la terre ,
Fend les flots d’auditeurs pour aller à fa chaire.
Boil.
HsT La figure de Yironie , dit M. de Voltaire , tientpresque toujours du comique ; car Yironie n’est au-tre chose qu’une raillerie. L’éloquence souffre cettefigure en prose. Démosthène 8 c Cicéron l’employentquelquefois. Homère Sc Virgile n'ont pas dédaignémême de s’en servir dans l’Epopée : mais dans latragédie il faut l’employer sobrement ; il faut qu’ellesoit nécessaire; il faut que le personnage se trouvedans des circonstances où il ne puilïè s’expliquer au-trement , où il fort obligé de cacher fi douleur,Sc de feindre d’applaudir à ce qu’il déteste. Racinefait parler ironiquement Axione à Taxile , quandelle lui dit :
Approche , puisant Roi ,
Grand monarque de l’Inde , on parle ici de toi.
ífP II met aufli quelques ironies dans la bouche d’Her-mione ; mais dans ses autres tragédies il ne se sertplus de cette figure.
§ 3 “ Remarquez en général qui Yironie ne convientpoint aux pallions : elle ne peut aller au cœur, ellesèche les larmes.
fflT II y a une autre espèce d 'ironie, qui est un re-tour sut soi-même , & qui exprime parfaitementl’excès du malheur. C’est ainsi qu’Orelte dit dansl’Andromaque.
Oui , je te loue , ô ciel l de ta persévérance.
C est ainsi que Gatimozin disoit au milieu é cSflammes , Et moi fuis je Jur un Ut dc roses ? Cettefigure est très-noble & très-tragique dans Oreste 38 c dans Gatimosin. Elle est sublime.
Ce mot vient du Grec , dissimulation , fein-ts e, du verbe , dissimulo , je dissimule.
IRONIQUE, adj. m. & f. Qui contient quelque iro-nie. Ironicus. Les termes ironiques conviennent torta la satyre. Ton ironique. Diícours ironique.IRONIQUEMENT, adv. Dune manière ironique.