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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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1VARCH. s. m. Nom d’homme. Ibarchus. C’est un cksSaints Martyrs du Japon qu’on honore le cinq deFévrier , Sc frere de B. Carasume, T un des plusillustres de ces Martyrs. Vyeç Bollandus au ij Fé-vrier.

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JUBA- f. m. Nom d’homme. Juba. Il y trois Juba ,Rois de Mauritanie. Minucius Félix dit , que lesMaures honorèrent Juba comme un dieu. Voísius ,de Idolol. L. I. c. 32. conjecture que ce nom n’é-toit peut-être pas un nom propre d’abord , mais unnom appellatis' ; ce qui lui a tait naître cette con-jecture , c’est la restèmblance de ce nom avec lenom propre de Dieu, Jéhova , que quelques peu-ples prononçoient Juabo , Jabo , Jabe , Jao. J’ai-merois mieux dire que J ab a est le mcme nom queJob, DPR.

$ 3 * JUBARTE. f. f. Nom d’une espece de baleinesqu’on trouve près des Bermudes. Elles n’ont pointde dents ; elles font plus longues, mais moins groí-fes que celles du Groënland.

JUBAYE. Ville Maritime de Sourie, à quatre lieuesde Patron.

JUBE. f. f. Juba. Crinière du Lion. Danet, un hom-me fans cheveux est comme un lion fans jubé , uncoq fans crête', Sc un paon lans queue.

ftT Le mot de crinière est plus usité que celui de ju-bé. On ne trouve point ce dernier dans le diction-naire del’Académie ; il est dans les autres Vocabu-laires.

JUBÉ. f. m. Lieu élevé dans les Églises, en forme degalerie , qui fait ordinairement la séparation duChœur Sc de la Nef, où l’on va dire l’Évangiledes Messes solennelles. Pulpitum. Ambo. Il y avoirdes Jubés dans les Églises dès fan 410. Tillemont.Les Reliques de S Etienne ayant été portées àUzala , elles surent placées au Jubé de l’Églife dela ville. Id. On y lut le recueil des miracles quis’étoient faits , Sc après qu’on avoir lu un miracle ,on faifoit monter au Jubé la personne dont on ve-noit de rapporter la guérison , lorsqu’elle se mou-voir présente , afin qu’çlle en rendît elle-mêine untémoignage authentique. Id.

Ce mot est Latin, & signifie commandes , Sc estvenu de ce que le Diacre , le Soudiacre , oule Lecteur avant que de commencer ce qu’il doitchanter ou reciter , demande au Célébrant fa béné-diction , en lui disant , Jubé , mot du Bréviaire ,Jubé , Domne , Benedicere. On chantoit autrefoisles leçons de Matines au jubé. F'oyeç la Disiertationde M. Thiers fur les Jubés.

On dit en proverbe, je l’ai fait venir à Jubé, je

I ai réduit à se soumettre, à en passer par où je vou-drai. C est comme si l’on disoit, je l’ai réduit à ve-nir prendre mes ordres , & me dire , commandezce qu’il vous plaira , Jubé, Scc.

JUBEL-HADRA. Montagne d’Afrique au Royaumede Maroc. On Rappelle communément la Monta-gne Verte.

JUBILAIRE, adj. m. Sc f. gssTQui concerne le Jubilé.Lés Juifs avoient trois fortes d’annces ; l’année or-dinaire , Tannée sabbatique , ou la septième annéequi arrivoit tous les sept ans ; 8c Tannée jubilaire,qui arrivoit après sept années sabbatiques, ou aprèsquarante-neuf ans; c’est à dire, tous les cinquante ans.Voye\ Jubilé.

On peut encore appeler année Jubilaire , celle oùnous avons le Jubilé.

Jubilaire. Dans quelques chapitres. Vy. Jubilé.

JUBILATE. Terme de Bréviaire que Ton a appliquéau troisième Dimanche après Pâques , parce queUntroït de la MelTê de ce jour commence par cemot, 8c que ce troisième Dimanche est ainsi mar-qué dans les Almanachs.

JUBILATION, f. m. Réjouissance. L&titia , jubìlatus.

II se dit en termes de plaisanterie en ces phrases :Enfuis de jubilation , visage de jubilation , maisonde jubilation, où Ton n’aime que la joie.

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Jubilation. Terme d’Eglife. Jubilatio. La jubilation ,dit S. Augustin, fur le Pieaume XCIX n. 3-. n’eítautre choie qu’un ion fans paroles. Le même Saintdit fur le Heaume XXXII. n. S. que la jubilation estun langage ineffable. Il faut louer Dieu : les parolesnous manquent, que nous reste-t-il , que de nouslaiílcr aller à la jubilation ? Le Brun.

§ 3 “ JUBILÉ, f. m. C’étoit chez les Juifs dans la loi deMoyíe, une solennité publique qui se faifoit après larévolution de sept semaines d’années, de cinquanteans en cinquante ans, lors de laquelle tous les escla-ves devenoient libres, toutes fortes de dettes étoientremises, & tous les héritages retournoient en la pos-session de leurs anciens maîtres. JubiUum, Jubilaitempus. Au vingt-cinquième chapitre du Lévitique,il est ordonné aux Juifs de compter sept semainesd’années, c’est-à-dire, sept fois sept, qui font qua-rante-neuf, & de sanctifier la cinquantième année.Les Juifs ne vendoient pas leurs biens & leurs terresà perpétuité, mais seulement jusqu’à Tannée du Ju-bilé.

Le Jubilé, chez les Chrétiens, est une cérémonie,une solennité éccléíîastique qu’on fait pour gagnerune indulgence plénière que le Pape accorde extraor-dinairement en certains temps Sc en certaines occa-sions. Les Papes donnent, accordent ordinairementun Jubilé extraordinaire à leur avènement. Recevoir,publier, ouvrir le Jubilé. Faire son Jubilé. Le Jubiléfut établi par Bonifiée VII, en Tan 1 zoo, en faveurde ceux qui iroient ai limina Apofiolorum , & il vou-lut qu il ne fe célébrât que de cent ans en cent ans.L’année de cette célébration apporta tant de richessesà Rome, que les AllemandsTappeloient Tannée dor.Clément VI réduisit la période cìu Jubilé à cinquanteans. Urbain VI voulut qu’on le célébrât tous lestrente cinq ans , & Sixte IV tous les vingt-cinq ans,8c il ne fit que publier la Bulle de Paul II qui l’avoitainsi réglé. Il y a une histoire des Jubilés en Italien,faite par un Dominicain Italien. Boniface IX en ac-corda en divers lieux à plusieurs Princes & Monastè-res. Depuis 011 les a rendus plus fréquens, & le Papeen accorde selon les besoins de TÉgîiíe. Chaque Papedonne présentement un Jubilé, Tannée de sa consé-cration. Port R. Pour gagner le Jubilé, la bulleoblige à des jeûnes, aumônes, prières, 8c à visiter lesÉglises où font des stations du Jubilé. Elle donne pou-

1 voir aux Prêtres d’abfoudre des cas réservés, même deceux contenus en la bulle in Ccend Domini , de fairedes commutations de vœux , &c. Ce qui fait fa diffé-rence d’avec Tindulgence plénière. Au temps du Ju-bilé toutes les indulgences font suspendues. Le Jubiléautrefois s’appeloit le grand Pardon.

Ce mot vient de l’Hébreu j obéi, qui signifie cin-quante , à cause que le Jubilé se faifoit chaque cin-quantième année. Mais ceux qui disent ceci fe trom-pent; car le mot Hébreu bllP ne signifie point cin-quante, ni ses lettres prises pour des chiffres, ou se-lon leur puissance numérale, ne font point 50, maisio, 6, z Sc 30, c’est-à-dire, 48. D’autres disent que/oiWíignifioit un helier , Ôc qu on annonçoít le JuhiUavec un cor fait d’une corne de belier, en mémoired u belier qui apparut à Abraham mans le buisson,loríqu’il voulut sacrifier son fils. Masius croit que cenom vient de Jubal, qui fut le premier inventeur desinstrumensde Musique, auxquels, pour cette raison,on donna son nom. Gen. IV. 21. De-là ensuite lesnoms de J obéi 8c de Jubilé, pour signifier Tannée dedélivrance Sc de rémission , parce qu’on Tannonçohavec un de ces instrumens qui ne furent d’abord q uedes cornes de belier Sc fort imparfaits.

Il y a plusieurs médailles des Papes pour les Jubi-lés, où la Porte Sainte est diversement figurée avecplusieurs inscriptions différentes : en celle de Clément

VII. Porca Caeli aperta .funt. En celle de Paul IU eniyyo. Jujìi intrabunt per eam. En celle d’Urbain

VIII. Aperuit & claufit. Au Jubilé de 1700, k Car-dinal de Bouillon, en qualité de Doyen du sacre Col-lège , ouvrit la porte Sainte avec un marteau d’or, 8con frappa des médailles.