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mier Juge , Chef de la Justice dans une Ville. Celase dit dans quelques Provinces méridionales deFrance. Judex major. C’est ainsi qu’on appelle àToulouse , le premier Juge ordinaire , tel que leLieutenant du Sénéchal.
££T Juge Pédanée. Fycq Pedanee.
%fT Chez les Augustins on appelle juges des causes,des Religieux qui dans les Chapitres Provinciauxexaminent le droit de ceux qui prétendent voix ,& jugent d ancres petites astaires qui leurs font en-voyées des couvens dont le Chapitres font com-posés.
On appeloit autrefois Juge botté, un Juge qui n’e-toit pas gradué. On le dit aujourd’hui par mépris deceux qui jugent fans lumièresJuge , íè dit dans l’Écriture de certains personnagesillustres que Dieu envoya depuis Joíue jusqu a 1 é-tabliíïèment des Rois, pour gouverner ion peuple.Ces Juges n’étoienr point des Magistrats ordinaires ;mais des Magistrats extraordinaires , que Dieu en-voyoit quand il lui plaisoit , à son peuple , pour ledélivrer de ses ennemis , commander les arméesSc le gouverner. Car Salien remarque qu’ils nepréíìdoient pas seulement dans les jugemens, maisencore quais croient les chefs des conseils , desarmées j 8 c dans tout ce qui concernoit le gouver-nement de l’État; quoiqu’ils ne pristent le nom nide Chefs, ni de Princes , ni de Gouverneurs. Lemême Salien remarque sept points en quoi ils diffé-roient des Rois. i°. Ils n’étoicnt point héréditaires.2°. Ils n’avoient point un droit absolu de vie Sc demort , comme les Rois , mais seulement selon lesloix,Se dépendamment des loix. j°.Ils n’entreprenoientpoint la guerre à leur gré , comme les Rois ; maisfeulement quand Dieu les envoyok pour la faire,ou que le peuple les appeloit. 4 0 . Ils n’exigeoientpoint de tribus. 5°. Ils ne se succédoient pas immé-diatement : quand un Juge étoit mort, il éroit libreau peuple de lui donner un successeur sur le champ,ou d’attendre ; Sc de fait, il y a souvent plusieursannées d’intervalle entre eux. 6 °. Ils ne portoientpoint les marques de la souveraineté , le sceptre, lediadème. 7 0 . Us n’avoient point d’autorité pour fairede nouvelles loix , mais feulement pour faire ob-server celles de Moïse. Ils étoient auilî en quelquechoie semblables aux Rois. i°. L’autorité leur a étédonnée ct vie ; & non pas feulement pour un temps.2 0 . Ils gouvernoient seuls 8 c fans dépendance > cepui fait que Joseph appelle leur condition uneEtat monarchique. Le peuple Hébreu a été gou-verné par quinze Juges depuis Othoniel , qui futle premier, jufqu’à Héli pendant l’espace de 340ans. Il y a dans la Chronologie des Juges des annéesde servitude, Sc les années des Juges. Le P. Pétau& quelques autres les distinguent, mais il faut lesjoindre.
Les Juges , ou le Livre des Juges. C’est un LivreCanonique de l’Écriture, qui contient l’Histoire desJuges , dont nous venons de parler. On ne fait quelen est l’Auteur. Il est probable qu’il n’est pas d unefeule main; que c’étoient d’abord différentes petiteshistoires ; qu’Esdras ou Samuel les rastémbla enun même volume , afin qu’elles se conservassent plusaisément, & qu’ils les tirèrent des anciens Jour -naux, ou Annales, & Mémoires que chaque Jugeavoir composés; Le sentiment des Hébreux est quece fut Samuel qui sit ce recueil. Foye^ Cornéliusà Lapiste, 8 c Bonfrérius dans ses Proloquia. On ditles Juges , ou le Livre des Juges. On lit dans lesJuges, aux ch. XX, & XXI, comment la Tribude Benjamin pensa être détruite. Il y a un Com-mentaire de Bonfrérius fur les Juges.
En JUGEANT , fe dit quand fur la plaidoirie contra-dictoire des Parties, le Juge ne fe trouve pas en étatde décider , parce que la décision de la cause dé-pend de l’examendes pièces produites dans l’astaireprincipale qui est appointée, ou que la Requête tendà faire juger à Taudience ce qui est appointé. Enl’un 8 c 1 autre cas le Juge prononce , joint la Re-
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quête à l’ Instance ou Procès, pour en jugeant y avoirtel égard que de raison.
JUGEMENT, f. m. Faculté, puissance de l’ame pourconnoítre & discerner le bon d’avec le mauvais,le vrai d’avec le faux. Judicium , mens , intellectus ,vis animi. Le jugement n’est que la grandeur de lalumière de l’efprit. La Rochef. Quand on a lamémoire heureuse , 011 a d ordinaire moins de ju-gement. Le tempérament qui rend 1 imaginationvive est contraire à celui qui fait le jugement. For-mer le jugement , c’est donner à un esprit le goût8c le discernement du vrai ; c’est le rendre déli-cat à reconnoitre les faux raifonnemens , 8c à nefe pas laisser éblouir par de faux principes. Nie.Avoir un jugement éclairé & incapable a’être sur-pris. Fléc. Le jugement est préférable au savoir:le premier fe peut palier du second ; mais le se-cond ne fe peut palier du premier. Mont. Lejugement peut être loué d’être solide ,’ profond,délicat à discerner, juste à définir , mais on ne luidonna jamais la qualité de vaste_S. Évr. Le j u se-
mait tout kul paroit fade Sc ennuyeux : on aime mieuxla vivacité fans le jugement, que le jugement fansvivacité. Beel. Le jugement n’est pas fi sévère qu’onne puillè quelquefois mêler d’agréables folies auxchoies les plus sérieuses. M. Scun. Le jugement estle partage des personnes qui font obligées d’êtresérieuses, ou par leur âge, ou par leur profeiîîon-Bell. Quand l’imagination est en fa force, le ju-gement n’est qu à demi formé, 8c il n'arrive guèreen fa perfection que les autres puiilances de l’amene soient fur leur déclin , 8c fur leur retour»Costar.
Jugement, fe dit aussi de Faction par laquelle cettepui (lance exerce fa fonction. Cette action a été con-duite avec ptudence , avec jugement : c’est un actede grand jugement. Voilà une faute de jugement.Il ne faut point hasarder l’honneur de son jugement ,en décidant trop vîte. Le Ce. Le jugement des hom-mes est bien souvent faux 8c trompeur. O 11 aban-donne tous les jours le jugement pour ne pas man-quer d’efprit 8c de vivacité. Bell.
Jugement, Discernement. Le discernement re-garde non- feulement la chose , mais encore ses ap-parences , pour ne la pas confondre avec d’autres.C est une connoiílance, qui distingue, * Le jugementregarde la choie considérée en elle-même, pour enpénétrer le vrai ; c’est une connoillànce qui pro-nonce. Il s’attache à ce qu’il y a faire, Sc poulieses lumières jusque dans l’avenir ; il sent le rapport& la conséquence des choies, en prévoir les fuites8c les effets. Il est sage, il rend la conduite pru-°dente , 8c empêche qu’on ne s’égare en donnantdans le travers ou dans le ridicule. Syn. Fr.
Lorsqu il s agit de faire quelque démarche , oude fe déterminer à. prendre un parti, il faut suivrele conseil des personnes qui ont du jugement.
Le jugement est plus ou moins sûr , selon la forcede la raison 8c l’habitude de l’expérience. Qui n’apoint de discernement est une bête. Qui manquétout-à fait de jugement est un étourdi. Foy. encore
Discernement.
Jugement , Esprit, raison, bon sens, entendement»conception , intelligence, génie, considérés dans u» esignification synonyme relative.
Le jugement est solide & clair-voyant ; ií ban-nit l’air imbécile Sc nigaud ; met aisément au &i£des choses ; parle Sc agit en conséquence de cequ’on dit Sc de ce qu’on propose.
L etourderie est l’opposé du jugement. FoyCj ^ esautres mots.
Jugement, enfermes de Logique, est la seconde opé-ration de lame. C est celle par laquelle elle asfitm®ou elle nie quelque chose d’un objet ; par laq&elleelle joint ou elle sépare deux idées , Sc en astù' meou en nie la convenance. Dieu est bon : c’est unJugement affinnatih Dieu n’est pas injuste : c est unJugement négatif. Le premier joint 1 idec de bonavec celle de Dieu ; Sc le second sépare 1 idée d in*