JUS,
je revienne. § 3 ” Jusqu'a ce que , dit,«Voltaire, est unmot rude, raboteux, désagréable à l’oreiiie, Sc dontne faut jamais se servir,fàut éviter de dire jusqu'k, lorsqu’il y a une répé-tition de la dernière syllabe qu à. Par exemple, je ne.dirois .pas jusqu'à quatre, mais jusques à quatre , nijusqu à ce quâpre s , ou jusqu à ce qu ayant , pouréviter la cacophonie. Je dirois auílî jusques à quand,Sc non pas jujquà quand.
Jusque, se dit auílî par manièred’exagération. Il a tiréjusqu k la dernière goutte de son sang.
II ri efi pas )usqu’aux Quin^e-vingts,
Qui de me voir n ayent envie, disoit l Étoile.
Jusque, marque auílî quelque excès, quelque chosequi va au delà de Pordinaire tant en bien qu’en mal.Il aime jufquk ses ennemis.' Ils ont tué jusqu 'auxenfuis. Il n'eil pas jusqu tain valets qui ne s’en mê-lent. Ac. Fr.
JUSQUIAME, f. f. Plante nommée autrement Hanne-bane , dont il y a plulîeurs espèces. Hyoscyamus , al-tercum. La jusquiame noire, ou commune, poussepluíìeurs tiges à la hauteur d’un pié Sc demi, gtoiles,rameuses, ses feuilles font larges, grandes, molles,découpées, lanugineuses, blanchâtres-, ses Heurs naií-sent entallees les unes proche des autres , de couleurmêlée jaune & purpurine. Chaque fleur est une cam-pane découpée ordinairement eii cinq parties : elleest suivie d’un fruit qui ne ressemble pas mal à unemarmite, 8c qui a son couvercle qui le ferme allezexactement. Ce fruit est divisé en la longueur endeux loges qui contiennent des semences menues,noires. Toute la plante a une odeur désagréable. EnLatin Hyoscyamus vulgaris , vel niger. C. Bauh.Pin. i 69. Il y a une jusquiame blanche qui diffère dela précédente en ce qu elle est moins rameuse & pluscouverte de laine blanche ; en ce que ses feuilles fontplus petites Sc plus molles, Sc en ce que sc-s Heurs Scles semences font blanches. En Latin Hyoscyamusalbus major. C. Bauh. Pin. 169. Ces deux espècesde jusquiame font alloupissantes & souvent mortellesaux animaux qui en mangent. On ne s’en sert qu’ex-térieurement dans des onguens, dans des emplâtres,dans des huiles. Hyoscyamus vient du Grec «»», co-chon , 8c x,;íuy.as , fève , comme qui diroit fève de co-chon. Le fruit de la jusquiame rellèmble en quelquemanière à une fève, ik. lorsque les sangliers en ontmangé, ils font attaqués, selon le rapport d’AHian,de mouvemens convulsifs si étranges, qu’ils mour-roient dans peu de temps, s’ils n’alloient se jetter dansnn ruilïèau pour y boire Sc s'y baigner. Ceux quiusent de jusquiame sont regardés comme des débau-chés parmi les Turcs, & leurs Docteurs les plus rigi-des en condamnent Lissage comme celui du vin.
JUSSANT, f. m. Terme de Marine. Le reilux de lamer. Salacia. Il y a jussant, c’est à-dire, la mer s’enretourne. On dit deux jufians contre un Hot, c’est-à -dire, avoir deux reflux contre un flux dans une navi-gation. V. ÉbE.
JUSSEY. Ville ancienne de la Franche-Comté , auxconfins de la Champagne Sc de la Lorraine.
JUSSION. 1. f. fCFCe terme signifie proprement ordre,commandement. Mandatum, jujjio. On entend par-U certaines lettres du Roi, portant commandementexprès aux Juges de faire une chose qu’ils avoient re-mse ffe faire, de procéder à l’enregistrement d’un^dit, d’une Déclaration ou autres Lettres-Patentes.On dit également jufiîon & lettres de jufiîon. Quand*cs premières n’ontpas un bon effet, le Roi en envoieautres qu’on appelle itérative jufiîon. Le Roi envoyad e s Lettres de jufiîon au Parlement. Cet Édit ne futenregistré qu’après trois jufiîons réitérées. Première,seconde, troisième jujswn.
. Commandement, ordre , précepte, injonction,Jufiîon, considérés comme synonymes. Le mot àc juss°n, dit M. l’Abbé Girard, marque plus positivementU puistance arbitraire qui gêne la liberté Sc force le•Magistrat à se conformer à la volonté du Prince. U
JUS ;i7
semble que les Cours de Justice ne íàuroieht tropprévenir les Lettres de 'jufii.cn, 8c que le Ministre nedoit en user que très sobrement. P'oycq aúx articlesparticuliers les nuances qui distinguent les ' autresmots.
Ce mot sc dit aussi en parlant des Papes, & signifietout de même commandemdlit, ordre. Le Pape aprèsavoir répété íes longues bulles, jufiîons , citations.Maug.
JUS 1 . í. m. Nom propre d homme. Jufius. Saint Jufi,que l’on prononce Saint Jût, étoit 1 un des grands
• ornemens de l’Eglise des Gaules au quatrième siécle»Il gouverna l'Église de Lyon après Saint Vériílìme,ious les Empereurs Valentinìcn I. Sc Gratien son hls,Sc se trouva l an 374 au Concile de Valence. Baileet,au 2. Sept. II y a aussi un S. Jufi martyr en Bauvalsisau cinquième siècle, que Bailler, au 18 Oclob. soup-çonneroit être le même que S. Justin, si Lssuaid neles distinguoit nettement. .
S. JUST. Nom d’un Monastère des Jéronymites, situédans l’Estramadure d’Espagne, à huit ou neuf lieuesde Plazencia. Sancti Jufi Monasterium. La retraitede Charles-Quint, Empereur & Roi d’Efpagne, arendu ce lieu mémorable. Ce grand Prince , aprèsavoir renoncé en 1 y y6 à l’Empire en faveur de DomFerdinand son frere, & à tous fes autres États en fa-veur de son fils Dom Philippe, repassa l’année sui-vante par mer en Espagne, Sc se retira dans l’Estra-madure au monastère de S. Jufi, pour y faire péni-tence, Sc pour y penser uniquement à son salut lereste de fes jours. Il y vécut environ deux ans & ymourut l’an iyy8, âgé de y8 ans. Il fàut dire S. JufiSc non pas Juste. Voyez le P. Verjus, vie de S. Fran-çois de Borgia. L. II. p. 242 & suiv.
JUSTAUCORPS. I. m. C’est ainsi que l’écrit l’Acadé-mie Françoise en un seul mot. fCr’ Plusieurs écriventjufie-au-corps. C’est ce que nous appelions plus com-munément habit. C’est un vêtement à manches quiva jtssqu’aux genoux, qui ferre le corps, montre lataille, & qui a des poches, tantôt plus hautes, tantôtplus balles, selon que la mode change. Vfiisiyinlis.justaucorps de drap, de velours, brodé.
On trouve dans la balle Latinité juftavestis,, poursignifier un habit qui est juste au corps, qui n’est nitrop large, ni trop étranglé.
On apelle burlesquement une bière justaucorps.On le dit aussi de la croûte d’un pâté qui enfermeun lièvre.
Justaucorps a brevet. 'C’est un justaucorps de cer-taine couleur, Sc brodé d’une certaine manière parti-culière , que le Roi permet de porter à quelques Sei-gneurs qui font de les plaisirs : ce justaucorps est lamarque qui distingue ces Seigneurs & les fait connoî-tre , ann qu’on leur accorde Leurrée chez le Roi,dans des temps où 011 la refuse à d’autres Seigneursqui n’ont pas le justaucorps à brevet. Il y a eu un.temps où le justaucorps à brevet étoit bleu, brodéd’or.
03 " JUSTE, f m. Par opposition a injuste, se dit géné-ralement de tout ce qui est conforme à la loi, à lavolonté d’un Supérieur, plus particulièrement de cequi est conforme aux loix civiles. Dans ce sens ,quelques-uns le prennent par opposition à équitable ,dont ils se servent pour désigner ce qui est conformeaux loix naturelles. Voye\ plus bas le mot Justice.
Juste. adj. de t. g. Jujïus. Qui est absolument íànspéché. Qualification qui ne convient qu’à Dieu seul,qui est ia source de toute justice. J. C. est appelé leSaint Sc le Juste par excellence.
Juste , se dit auiîi des gens de bien , qui observentexactement les devoirs de la Religion, qui viventsaintement, qui craignent Dieu, qui obéissent àses loix, autant que l’infirmité humaine le permet.Integer viu , sederisque purus. En ce sens il estsouvent substantif. L’Écriture dit que Job étoit unhomme juste & craignant Dieu. Saint Joseph estauflì appelé le juste. Jésus-Ciirist n’est pas venuappeler les justes ; mais les pécheurs. On se ré-jouit plus au Ciel de la conversion d’un pécheur