Band 
Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
Seite
385
JPEG-Download
 

LAI

penser a chacun ce qu’il lui plaira. Il saur laffera er les choses comme elles vonc. Ce Criti-que ne laffe rien passer. On laffe crier le peuplequand on laijje vivre les soldats à discrétion. Ilfr-tç ^ ai -0' e enfîia persuader.

Laisser dire une chose. Je me suis laffé<Lre telle nouvelle : manière de s’exprimer aisezordinaire , mais mauvaise , pour laite entendrequ'on a oui dire une chose , à laquelle on n‘ajoutepas grande foi. Il faut dire tout simplement, onm‘a dit telle nouvelle, j’ai entendu dire telle chose.

II íemble que l’autre expression annonce qu’il saillesouffrir quelque violence qui contraigne à se lafferdire : comme quand on dit, il s’est: laffé battre.

K? Quand laffer s’emploie avec la négative , il a lalignification de celîer, discontinuer , s’abstenir.Maigre ce qu’on peut lui dire , il ne laiffe pasde faire tout ce qu’il s’étoit proposé. On dit quel-quefois absolument , Laiffe\ , laffe\ , pour dire,oà assez. Il est familier.

On dit aussi , Il est pauvre , mais il ne laffe pasd etre honnête homme. Nihilominus vif probus ejl.Malgré le peu de vraisemblance , ce fait ne laffepas d etre, ou que d’être vrai ; pour dire , ce taitost vrai j quoique peu vraisemblable.

Laisser , signifie aussi, Communiquer , donner,fairerester. Ce vin laffe un mauvais goût. L’encens brûlélaffe une bonne odeur dans la chambre. Le gibierlaffe quelques vestiges par où il passe.

Laisser , s e à aussi en parlant de ce qui n’est pas ferme,robuste , vigoureux. Ce jeune homme se laffe allerdansant, n’est pas ferme fur ses jambes. Ce ma-a de laffe tout aller fous lui. Enfin il s’est laffemourir. Ce cheval bronche , & íe laffe tombertl "°P souvent. Il s’est laffé aller & entraîner au

^ooiirant.

On dit familièrement qu’une fille s’est laffé aller ,

„ Pour dire , qu’elle s’est laffé séduire.

En termes de Chaise , on dit laffer Courre leschiens, pour dire, les lâcher après la bête , 8c mêmele lieu destiné à les lâcher , s’appelle le Laffer courre.vT Laisser aller son cheval, en termes de Manè-ge , c’est le laffer marcher à ía fantaisie, ne le pasretenir de la bride , ou bien lui rendre toute lamain, 8c le faire aller de toute ía vitesse.

Laisser , se dit aussi en choses morales. Je laffecela à votre prudence , à votre conduite. Pruden-tii, tus.' relinquo , permitto. Pour dire , Je m’cn rap-porte à vous. Le Prince laffe le soin à ses Ministresdu gouvernement des affûtes. Il sc laffe aller à latristeíle , au désespoir. Il a laffé une bonne opi-nion de son mérite, de fa valeur. Il laffe à fafamille beaucoup cThonneur 5 un grand exemplede vertu. L’Évangile dit que deux personnes étantsous un même toit , une scia prise, l’autre seralaffée. Dieu ne laff'c jamais ses Élus fans secours,sons consolation. Un Orateur dit aussi , Je laffe àPart mille autres bonnes qualités , par une figureqwi s’appelle Préténtion. Cette parole qu’il a lâsosoe, laffe beaucoup à penser , donne occasion deraire plusieurs réflexions.

On dit figurément , Laffer quelqu’un dans la” al so , pour dire , Le laffer dans un embarras ,ans nue méchante affaire où on la engagé, & dontso tire íoi-même.

^ O? dit qu’une marchandise est à prendre ou àle iCT 5 four dire qu’il en faut donner le prix quearc hand en demande , ou qu’on ne l'aura pas.o dit encore en parlant de quelque chose , qu’ildu ^ P len d rc 8c à laffer , pour' dire , qu’il y adu mauvais, & qu’il faut savoir choisir.^ 1 mt d’un enfant, ou d’une personne infirme ,

„ -.,1^ N a pas la force de retenir ses excrémens,Lais s 1 a ' l ^ e tout aller sous lui.

re/^sek dit proverbialement en^ ces phrases. On. ’ , ai JT e pas de semer pour les pigeons ; c’est à dire,1 i un petit inconvénient ne doit pas empêcher^Os^pnse d’une bonne affaire. On dit qu’il faut* m al er so monde comme il est , pour dire , qu’il estTome V.

LAI $8 $

dangereux de troubler Lordre qui est déja établi.On dit qu’une fille a laffé aller le chat au froma-ge ; pour dire qu’elle a ra,it faux bond à son hon-neur. On dit qu’un homme a fait comme les bellesfilles, qu’il s’est laffé aller ; pour dire, qu’il n’apu résister aux prières , aux importunités de quel-qu’un. On dit qu’un homme a laffé ses bottes enquelque endroit ; pour dire , qu’il y a laffé la vie.On dit à ceux à qui on a laffé la dernière part, encorey a t-il à choisir, vous avez à prendre, ou à laffer.On dic qu on a donné à quelqu’un un tiri-Laffe ;pour dire, qu’on lui a fait espérer quelque profit,dont on 1 a ensuite rrustre. On dit, se laijjer tondrela laine fur le dos, se laffer mener par se nez com-me un buffle ; pour dire, souffrir l’empire ou sesvolontés d’autrui. Il vaut mieux laffer son enfantmorveux, que de lui arracher le nez , souffrir un'périr mal pour en éviter un plus grand. On dit qu’unhomme a laffé de ses plumes en quelque endroit ;pour dire qu’il y a fait quelque perte. On dit aussi,qu’on a beau être las, on ne laffe pas d’aller ; pourdire , qu’il se faut évertuer dans la nécessité.

LAISSES, f. f. pi. On appelle laffes , ou relais , lesterres que la mer a laiílées fur le rivage.

Laisses, entérines de Vénerie. Voye\ Laissées.

LAIT. f. m. Liqueur blanche que la nature préparedans les mamelles des femmes pour nourrir leursenfans, ou dans ses femelles des animaux viviparespour nourrir leurs petits. Lac. Le lait , selon lesentiment des Anciens , est fait du sang ; mais laplupart des Modernes soutiennent que ce n’est quedu chile tout pur qui est porté par les artères auxmamelles, & qui fans autre coction, est criblé pal-les glandes donc elles sent composées , de ia mêmemanière que l’urine dans ses reins est criblée autravers des glandes rénales , sons y recevoir presqued’altération. Le lait est un composé de globulesqui nagent dans une liqueur claire & transparente ,qu’on appelle petit lait , 8c qui font de différentegrosseur, comme observe M. Lemvenhoek. Lelait est compose de trois fortes de parties, de bu-tireuses, de caféeuses & de séreuses. Les bitureusesfont la crème, & ce qu’il y a d’onctueux qui s’é-leve au-deísiis du lait , c’est une graille subtile.Les caféeuses font les plus grossières 8c celles quise coagulent , & dont on soit les fromages, c’estune substance muqueuse : & les séreuses font pro-prement la lymphe , 8c ce qu’il y a de plus liquide,que nous appelions le lait clair, ou le petit lait ,fKF ou Lait de beurre. C’est une liqueur- aqueuse,chargée d’une matière saline & muqueuse; & certedernière , séparée du petit lait , est ce qu’on ap-pelle Sel ou Sucre de lait.

ffP On appelle lait coupé , du lait dans lequel ona mis une portion d eau.

Dans l’analysc du lait de vache & de chèvre, laliqueur aqueuse a une odeur agréable, 8c même laliqueur touffe ne sent pas mauvais, mais comme ungâteau frais 8c un peu grillé; au lieu que le lait d’â-nefíe dès le commencement de la distillation , rendune odeur fade 8c désagréable qui augmente de plusen plus , 8c devient semblable à celle de la vieillegraisse , ou du vieux oing. Cette différence semblevenir de ce que le lait de vache Sc de chèvre con-tient à peu-près autant de matière butireuse que decaféeuse , ou de crème que de fromage , & que lelait d’câneíso contient trois ou quatre fois plus defromage que de crème. Mem. de l Acad. Iji2.

Le lait vient aux mamelles des femmes , quandelles font grofles de quatre mois. Leur lait se perd,si on ne les tire. La fermentation du lait qui se faitaux premiers jours qu une femme est accouchée , -lui donne une fievre qu’on appelle Fièvre de lait.Aristote dit que quelques hommes ont du lait auxmamelles. Cardan dit en avoir vu un qui en avoirassez pour nourrir un enfant ; 8c ses Relations del’Amérique disent , que les hommes y en ont engrande quantité. En suçant 1e bout du sein d’unhomme, ou d’une fille/on soit enfin venir du lait.