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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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nir 3 il faut prendre des bouts des rameaux du ma-nioc , d’un pied de long Sc d'un doigt d epais , puis£lire des fosses avec une houe , Sc mettre trois deces bâtons en triangle dans la terre que l’on a tirée4e ces fosses, & dont on a fait un petit monceau re-levé. On appelle cela Planter à la fosse. Mais il y aune autre manière de planter le manioc , que l'onnomme Planter au piquet , qui est plus prompte Scplus aisée , mais qui ne produit pas du manioc siestimé , ni si beau ; elle ne conlìste qu’a faire un trouen terre avec un piquet, & à y planter tout le boisde manioc. Les Indiens n’y font point d’aucre façon.Il y a plusieurs sortes de ces arbrifieaux qui ne fontdistérens qu en la couleur de leur bois & de leurracine. Ceux qui ont l’écorce grise, ou blanche , ouverte , font un pain de bon goût, Sc ils croiílent enpeu de temps ; mais les racines qu’ils produisent nesont pas de si lionne garde, & elles ne foisonnent.point tant que celles du manioc rouge, ou violet,qui est le plus commun j le plus estimé, Sc le plusprofitable. Le suc de cette racine est un poison sipuissant, que les Indiens des grandes lies , persécutéspar les Espagnols qui mettoient tout à feu & à sang,voulant éviter une mort si cruelle, se íèrvoient de cevenin pour le faire mourir eux mêmes; mais au boutde vingt quatre heures que ce suc li venimeux pourtoutes fortes d’animaux, est tiré de fi racine, il perd faqualité maligne ;& n’a plus rien de mortel. (Quelques-uns appellent cette plante moniaque , ou mandioque.Quelques uns la nomment aussi Cajsave ; plulieurs In-sulaires de l’Amérique la nomment Yuca , Sc les Mé-xicains Quauhcamotli.

$sP C'est de la racine de cette planté qu’on fait une es-èce de pain dont usent la plupart des peuples quiabitent les pays chauds de 1 Amérique.Chaque planteproduit deux ou trois racines grosses comme la cuisse.Sc qui pesetit souvent jusqu’a soixante ou soixante dixlivres. On les separe des tiges , on les lave Sc on lesratisse pour en ôter toutes les malpropretés ; ensuiteon les grage , c’est à dire qu’on les râpe avec des ragesde cuivre courbées en demi cylindres , longues dedix huit à vingt pouces, un peu moins larges, à-peu-pres semblables à celles dont on se sert pour râ-per le sucre. On met certe rapure dans de grands secsde toile forte Sc claire , qu’on met les uns fur les au-tres , avec des bouts de planches entre deux , Sc onles fait passer fous une forte presse pour en’exprimet le suc , qui est un vrai poison. Après dix oudouze heures de preste, c’est à-dire quand la rapurede manioc est suffisamment dégagée de son suc, on]a paíse dans un gros crible , & on la porte dans lelieu destiné à la seire cuire , pour en faire de la cas-save, ou de la farine de manioc,sfj* Pour faire la cajsave _ , il faut avoir une grandeplatine de fer , élevée fur quatre pieds , entre les-quels on allume un feu modère. Quand se platinecommence à s’échausser , on la couvre egalement derapure de manioc bien etendue Sc un peu appsetie.On la laisse cuire sens 1a remuer. Il s en forme uneespèce de galette , qu’on retourne sinise platine, asindc se faire cuire également des deux cotes. C est cetterapure ai níi préparée & cuite, qu’on appelle cajsave.fjCP La farine de manioc , ne diffère de se cajjave ,qu’en ce que les parties de 1a rapure ne font pointliées les unes aux autres. On jette la rapure dans unepoêle de cuivre , quand elle est échauffée , on 1a re-mue en tout sens avec une espèce de rabot, pendantqu elle cuit. Ce mouvement empêche les parties des’attacher les unes aux autres , qui demeurent en petits grumeaux. Quand cette farine est cuite Sc re-froidie , on 1a met dans des barils pour s’en servirau besoin.

Les Sauvages font le pain de manioc de se même ,manière ,avec cette différence , qu’au lieu de râpe ,ils se servent dune elpèce de bois, d ms lequel ilsenchâssent de petites pierres dures Sc pointues. Au. lieu de sec de toile , ils usent d’écorce d’arbçe , dontils font un tiffu fort propre ; Sc pour des platines deset, ils en onc de terre qu’ils font eux mêmes.

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Cette racine est aussi utile en Amérique , que leblé en Europe. On en tait une boiílon , qui vautbien notre bière. Cet arbrisseau ne vient point desemence comme les autres ; mais de bouture, qu ona foin de planter les nœuds en haut ; car autrementelles ne produiroient rien.

MAN IPUE AIRE. f. m. Terme de l’ancienne milice desRomains. Manipularius. C'étoit le chef d’une petitetroupe de gens de guerre , appelée Manipulus. LeManipule contenoit plus ou moins d hommes , I e 'Ion que la légion étoit plus ou moins forte*P ryqr Manipule. Le Manipulaire qui en étoit lechef, s’appela aussi Ordinaire. Le Manipulaire avoirdroit de porter des caliges. Voye\ ce mot.

Manipulaire. adj. m. & f. Qui appartient à un mani-pule. Manipularis. Manipularis Sc manipularius , &difoient aulli des soldats qui composoient 1a troupe,appelée Manipulus , & de ce qui y appartenoit. Unsoldat manipulaire. En habit manipulaire. Renseignemanipulaire , étoit une botte d’herbe Sc de foin, ÔCc'est de-se que venoient ces noms , pat ce qu’unebotte d’herbe Sc de foin s’appelle en Latin Manipu-lus. C’est Ovide, Fast. L. III. v. u s , irS j ScPlutarque dans se vie de Romulus , qui nous l'appren-nent. ifT Cet usage subsista jusqu’au temps où lesRomains substituèrent les aigles à 1a botte de foin.

MANIPULATION, f. f. Est un terme dont on se serten minières d’or & d’argent, pour expliquer le mé-canisme par lequel on tire l’or Sc largeur du mi-nerai ; c’est à dire de 1a terre & des pierres qu’ontire des mines, Sc qui renferment ces précieux mé-taux. Collectio glebarum aurearum & argentosarum ,terra aut gleba aurea & argentosa. M. Freziere, dansson Voyage à se mer du Sud , p. 140 & suivan-tes , décrit 1a manière de tirer l’or Sc l’argent desminières, ou se Manipulation du Minerai pour faireles pignes.

ftP Le terme de Manipulation est également en usageparmi les Chimistes , les Distillateurs Sc plusieursautres Artistes , pour désigner 1a manière d’opérer.C’est une facilité acquise par une longue habitude,préparée par une adrelíe naturelle à faire les diffé-rentes opérations de l’art. De là manipuler. Ce n’estpas assez de savoir les principes , il faut sevoir ma-nipuler.

MANIPULE, f. m. Ornement Ecclésiastique que lesOíficians , Prêtre , Diacre Sc Soudiacre portent aubras gauche. Manipulus. C’est une petite bande , largede trois à quarte pou:es,& faite en forme de pe-tite étole, Sc dc la même étoffe que les chasubles SCtuniques. Il signifie Sc représente un mouchoir queles Prêtres de la primitive Eglise portoient au bras,pour essuyer les larmes qu’ils verfoient continuelle-ment pour les péchés du peuple , dont il reste en-core une marque dans Toraiíon que disent ceux quis’en revêtent, Merear , Domine , portare manipulumfietíis & doloris. En beaucoup d’endroits on l’appellele fanon. Les Grecs Sc les Maronites portent deuxmanipules , un à chaque bras. Les Evêques , dan sl’Eglise Latine , ne prennent le manipule qu’au basde Laurel , après 1a confession des péchés ; alors I eSoudiacre le leur met au bras.

On Ta appelle auisi en Latin Sudarium Sc manuale*Sc mappula , qui signifie mouchoir.

Manipule , en terme de Médecine , est une mesui' cd’herbe , qui s’entend de ce que 1a main peut serrer,une poignée. Manipulum , ou manipulus , pugill uS •Les Médecins le designent dans leurs ordonnance 5par M. En quelques Provinces on dit encore mannec ,Sc dans la baffe Latinité on dit mannua bladi , P° urdire poignée de blé.

Manipule , signifioit encore chez les Romains , un ®petite troupe d’Infantede, laquelle étoit, du tcll ^ sde Romulus , de cent hommes ; Sc du temp s ^.^_Consuls Sc des premiers Césars , de deux cen5 > nr u-nus , manipulus. Le Manipule avoir deuxrions qui le commandoient , Sc dont 1 u ” ur j onscomme le Lieutenant de Tautre. Ces ^fss r£ p£ u j #croient ce que nos Capitaines font auj BtANCí