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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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t*. Les animaux marchent à quatre patres , les écre-viííes marchent à reculons. On dit qu’on marche àfaux, quand on marche fur quelque chose qui man-que fous les pieds. On dic aussi, qu’uac personnemarche bien, quand elle a bonne grâce à marcher.On le dit aulîi des personnes qui marchent avecaffectation. On dit qu’une homme marche toujoursbien accompagné , pour dire , qu’il mène toujoursavec lui des gens capables de le défendre.

M. l’Abbé Le Gendre., p. p 3. des Mœurs ôc Cou-tumes des François, in-12. Paris 1712. a péché contrela Grammaire, en disant : Le Roi prit cette excusepour un reproche qu’on lui fàisoit de n’être pas mar-ché en personne. Il falloir dire , de n avoir pas mar-ché. M. Restaut dans fa Grammaire Françoise, faità ce sujet une bonne observation , qui autorise macritique. Les verbes neutres , dit il, dont les par-ticipes passifs font adjectifs déclinables , c’est-à-dire,peuvent être joints à des substantifs masculins ouféminins, avec des terminaisons différentes pour legenre & pour le nombre , se conjuguent avec l’auxi-liaire être ■ au lieu que les verbes neutres, dont lesparticipes passifs font indéclinables, & ne peuventêtre joints à aucun nom substantif , le conjuguentavec l’auxiliaire avoir. Ainíì les verbes tomber arri-ver , se conjuguent avec l’auxiliaire être , parce qu’onpeur dire, un homme tombé , une femme tombée , unhomme arrivé } une femme arrivée , & en conséquen-ce , me voilà tombé y me voilà arrivé. Regner & dor-mir , au contraire, se conjuguent avec l’auxiliaireavoir , parce qu’on ne peut pas dire , un homme ré-gné , une femme regnée , un homme dormi , une fem-me dormie , ni conséquemment, me voilà régné ,me voilà dormi.

Ce mot vient du Latin varicare , qui signifie enjam-ber , passer un pied devant Vautre. Ménage.

Marcher. , fe dit aussi des voitures. Iter facere. Lescochfcs Ôc carostes marchent les fêtes aussi bien queles autres jours; 'As marchent autant de nuit que dejour en hiver ; en été ils marchent à la fraîcheur.On dit qu’un homme marche 3 quoiqu’il soit àcheval.

Marcher , signifie aussi, Aller bien du pied. Ce va-let marche bien, il fait 1 j ou 10 lieues par jour ; ilmarche comme un Basque , comme un chat maigre.

Marcher , fe dit aussi des Armées & des Corps quimarchent en rang. Ingredi , incedere , procedere.L’Armée marchoit en ordre de bataille , elle mar-choit fur trois colonnes. II y avoir tant d’escadrons,de bataillons qui marchoient de front. Cette Proces-sion marchoit en belle ordonnance. Tous les Corpsmarchoient en ordre à cette cérémonie.

En ce sens on le dit des préséances. C’est tenirun certain rang dans les cérémonies. LaChambredes Comptes marche à côté du Parlement. CesCompagnies marchent devant tous les autres Corps.II veut avoir lepas devant, marcher devant lui. Ilfaut marcher dans 1 ordre de réception. On dit aussique le Conseil marche , que la Chancellerie marche ,quand ils sont commandés pour aller à la fuite duRoi en quelque voyage.

ífT On dit marcher fur quelque chose, mettre le pieddeiíùs en marchant. Pedibus obterere. Marcher furle pied de quelqu’un, fur íà rob e. Marcher à terre.

fpj" On dit figurément, mais familièrement, de quel-qu’un , qu’il est dangereux de choquer, Qu’il n’estpas homme à se laiífer marcher sur le pied.

Marcher , se dit aussi en parlant du mouvement deschoses inanimées. Incedere , progredi. Saturne mar-che le plus lentement de toutes les planètes. Consi-dérons les astres qui marchent fur nos têtes avec tantd’ordre & de régularité. Jacp Cette horloge nemarche pas toujours, elle s’arrece. Le Rhône mar-fort rapidement.

CP'Ce verbe reçoit plusieurs acceptions au figuré.Marcher droit, c’est faire bien son devoir. Faire mar-cher droit, c’est obliger quelqu’un à le faire. CeMaître est'févcrc, il faut marcher droit devant lui.Cette affaire marche bien , est bien conduite. BeileTome V.

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procedit. Il y a des affaires qui marchent toutes feu-les , qui n’ont besoin ni de foins, ni de sollicita-tions pour aller leur train. Les peuples marchoientchacun en íà voie , ôc oublioient celui qui les avoirfrits. Boss. Tout marche par ordre en cette maison ;elle est bien réglée. Ce discours , ce raisonnement,certe tragédie, marchent bien, pour dire , ont unebelle suite , un bel ordre , ££T une distribution juste.On le dit de même des vers qui ont une belle ca-dence , ôc d’une période qui est bien nombreuse.Il faut marcher dans le monde comme dans un paysennemi. S. Evr. La raison est un guide pour mar-cher avec plus de sûreté dans les diverses routes dela vie , où il est si aisé de s’égarer. La Pe. Je ne faissi le terrain de la Cour est^bien solide,- mais j’aivu de nouveaux débarqués y marcher avec confiance ,& de vieux routiers n’y marcher qu’en tremblant.Amus. Sér. ôc Com. On ne sauroit astez s’éton-ner de l'imprudence avec laquelle les hommes mar-chent vers la mort, qui les fait entrer dans l’abymede l’éternité. La Pl.

On dit aussi , qu’un homme marche à tâtons dansune affaire, quand elle est obscure ôc difficile, &quand on en lai Ile conduire une partie au hasard.

§ 3 “ C’est manquer des lumières nécessaires pour s’ybien conduire. Marcher fur des épines , c’est íetrouver dans une conjoncture délicate. Marcher en-tre des précipices, c est fe trouver engagé dans desconjonctures périlleuses.

Marcher , fe dit aussi de 1 ordre , du rang que leschoses doivent garder. Procedere.il faut que l’aînéemarche devant fa cadette. On le dit aussi de la mort.Un vieillard doit marcher devant un jeune homme.Les hommes marchent incessamment vers la mort ;la loi de la nature les preste, & ne leur permet pasde s’arrêter. Nie. On dit aussi, que deux choses mar-chent ensemble , quand elles ne vont guère l unefans l’autre. La vaillance & la justice font deux ver-tus quine marchent guère ensemble. Voix. On ditaussi de deux choies, qu’clles marchent du memepied , quand elles font également du progrès. On ditqu’un homme marche à grands pae à f Evêché, auxcharges, aux dignités; pour dire, que son mérite,la faveur ou la fortune le mettent en état d’y parvenir :qu’il marche à fimmortalité, à la gloire ; pour dire qu’ilse rend illustre par ses actions , par íes ouvrages.II marche fur les pas de ses Ancêtres, fur les pas dcCésar & d’Alexandre, d’Homère & de Virgile ,c'est-à-dire , il les imite , il fuit leurs traces.

IfT Marcher après quelqu’un , le suivre de prè*Insequi. On dit d’une fille dejà grande, qu’elle mar-che fur les talons de fa mère , pour dire, que fa mèredoit songer à 1 établir : qu’une cadette marche surles talons de son aînée , qu’elle la suit de fort près,quant à l’âge. Cela est familier.

Marcher , se dit proverbialement en ces phrases. Ilsmarchoient deux à deux comme Frères Mineurs,pour dire, en ordre. On dit aussi d’un homme quiest bien obligé à un autre , qu’d devroit baiíer tousles pas par où il marche. On dit aussi, Quand1 argent marche , tout va bien , pour dire, quand onveut bien employer de Largeur en une affaire, elleréussit. On dit aussi, qu’un homme marche fur desépines, sor des précipices , qu’il marche fur desceufs , pour dire , qu’il va lentement ôc avec cir-conspection en des affaires délicates ôc dangereuses.On dit aussi à un homme de mauvaise humeur, Surquelle herbe avez-vous marché aujourd’hui?

Marcher l’ctoífe d’un chapeau. Terme de Chapelle-rie. C’est manier avec les mains , soit à froid sur laclaie, soit à chaud sur le bassin , l’étoffe, c’est-à.»dire, le poil dont on a dresié les quarte capadesd’un chapeau avec l’arçon ou le tamis. Dans ce sensil est actif.

|Cr Marcher , Chez les Potiers de terre , c’est foulerla terre avec les pieds, après qu’elle a trempé pen-dant quelques jours dans Peau. L’Ouvrier qui pétritainfi la tetre , s’appelle Marcheur.

Marcher, f. m. Action d’un homme qui marche. In-

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