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le vrai mérite qui donne de vrais avantages. Le Ch.de M. A la Cour , on n’est en garde que contrecelui qui a du mérite 8c de la vertu: on ne s’ avitepas de craindre celui qui n’en a point. Ab. de S. R.Un grand mérite éloigné de nous ne découvre pasnotre petiteíle , mais celui qui est auprès de nousla mesure 8c la montre. Bouh. Lc mérite de laguerre attire les yeux de tout le monde ; auprès decelui-là toute autre mérite est morne 8c languiílànt.S. Évr. La jalousie se soulève contre un mérite im-portun , qui efface & qui éteint celui des autres. Bell.Celui qui n’a point de mérite s’en fait un imaginaire,cette imagination lui en tient lieu. S. Evr. Le mé-rite attire d’ordinaire moins damis que d’envieux.Bouh. Le mérite fans bien est un mérite fans éclat.La Chet. Les gens n’ont point de peine à conve-nir de votre mérite , quand ils croient vous avoirpersuadé qu’ils en ont eux-mêmes. Id. Nous jugeonsd’ordinaire du mérite des autres par la manièredont ils vivent avec nous. La Roch. Il est rare devoir tous les genres de mérites rassembles dans unmême sujet. Le P. Bourd. On voit des hommesd’un mérite distingué; mais d’un mérite borné , 8crarement universel. Idem. A la Cour 3 rarement onhonore le mérite qui est seul, 8c dénué de grandsétablilícmens. L. Br. Les femmes doivent moins àleur mérite qu’à nos adulations, les louanges qu’onleur donne. S. Évr. L’honnête-homme n’est pointsujet aux préventions , & à plus d’égard au méritequ’à la fortune. Le Ch. de M. Un homme d’unmérite exquis est une espèce d’ennemi public, àqui tout le monde a intérêt de nuire ; il emportetoutes les admirations. S. Réal.
§3“ En parlant des choses , mérite se dit de ce qu’ellesont de bon 8c d’estimable. Le mérite d’une action,d’une ouvrage d’esprit. Ce qui relève le mérite decette action, de cet ouvrage ; c’est que , 8ce. C’estune preuve du mérite des ouvrages des Anciens,qu’ils se soient conservés jusqu’à nous. Abl.
|Cr Pris dans ce sens collectif , ce mot ne s’emploiequ’au singulier , comme on vient de le voir : maisdans un sens distributif, il a un pluriel. Ainsi l’on ditque César 8c Pompée avoient chacun leur mérite 3mais que c’étoient des mérites disterens. Il y a,fans mentir certains mérites qui ne font point faitspour aller ensemble. La Bru y.
On dit se faire un mérite de quelque chose, pourdire, Tirer gloire, tirer avantage d’avoir fait quel-que chose ; 8c se faire un mérite de quelque choieauprès de quelqu’un, pour dire , Faire valoir auprèsde quelqu’un ce qu’on a fait pour lui. Ac. Fr.Merite , íe dit austì du prix , de la valeur des actions ôcdes choses, en bonne & en mauvaise part, par rapporta ce qu elles ont de bon , ou de mauvais. Meritum..11 a été traité selon ses mérites. Pro meritis. C’estla qualité d’une action qui la rend digne de récom-pense ou de punition. Le Roi a récompense les servicesde cet Officier selon leur mérite.
|Kt Mérite , en morale. Il faut remarquer , dit Burla-maqui, que dès qu’on suppose que l’homme se trouvepar sa nature & par son état, assujetti à suivre cer-taines règles de conduite ; l’observation de ces règlesfait la perfection de la nature humaine & de sonétat, 8c leur violation produit au contraire la dé-gradation de l’un 8c de l’autre : or nous sommes faitsde telle manière, que la perfection 8c Tordre nousplaisent par eux-mêmes, 8c que Pimperfection, ledésordre , 8c tout ce qui y a rapport, nous déplaîtnaturellement. En conséquence nous reconnoistonsque ceux qui répondent à leur destination qui fontce qu’ils doivent, 8c contribuent ainsi au bien 8c àla perfection du système de l’humanité, sont dignesde notre approbation, de notre estime & de notrebienveillance-, qu’ils peuvent raisonnablement exigerde nous ces sentimens, & qu’ils ont quelque droitaqx effets avantageux qui en font les fuites naturelles.Nous ne saurions au contraire nous empêcher de con-damner ceux qui , par un mauvais usage de leursfacultés, dégradent leur propre nature ôc leur état;
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nous reconnoistons qu’ils font dignes de désapproba-tion , de blâme , & qu’il est conforme à la raison, queles mauvais effets de leur conduite retombent fureux. Tels sont les fondemens du mérite 8c du démé-rite.
fCF Le mérite est donc une qualité qui nous donnedroit de prétendre à Tapprobation , à l’estime & à labienveillance de nos supérieurs ou de nos égaux, ôcaux avantages qui en sont une fuite. Le démérite estune qualité opposée, qui nous rendant dignes de ladésapprobation 8c du blâme de ceux avec lesquelsnous vivons , nous force, pour ainsi dire, de recon-noître que c’est avec raison qu’ils ont pour nous cessentimens, 8c que nous sommes dans la triste obli-gation de souffrir les mauvais effets qui en sont lesconséquences.
%fT Ces notions du mérite & du démérite , fondées dansla nature même des choses, sont parfaitement con-formes au sentiment commun , ôc aux idées géné-ralement reçues. La louange 8c le blâme , à en jugerraisonnablement, suivent toujours la qualité des ac-tions , suivant qu’elles sont moralement bonnes oumauvaises. 'Cela est clair à l’égard du Législateur. Ilfe démenriroit lui même, s’il n’approuvoit pas ce quiest conforme à ses loix, & s’il ne condamnoit pasce qui y est contraire : 8c par rapport à ceux quidépendent de lui, ils sont par cela même obligés dcrégler là-deíïus leurs jugemens.
Comme il y a de meilleures actions les unes queles autres, ôc que les mauvaises peuvent austì l’êtreplus ou moins , suivant les diverses circonstances quiles accompagnent, ôc les dispositions de celui qui lesfait, le mérite 8c le démérite ont austì leurs degrés.C’est pourquoi, quand il s’agit de déterminer préci-
■ sèment jusqu’à quel point on doit imputer une action,à quelqu’un , il faut avoir égard à ces différences, 8cla louange ou le blâme, la récompense ou la peine 3doivent austì avoir leurs degrés, proportionnellementau mérite ou au démérite.
ífT Ainsi suivant que le bien ou le mal qui provientd’une action, est plus ou moins considérable ; selonqu’il y avoir plus ou moins de facilité ou de diffi -cul té à faire cette action, ou à s’en abstenir; selonqu’elle a été faite avec plus ou moins de réflexion8c de liberté ; selon que les raisons qui dévoient nousy déterminer, ou nous en détourner , croient plusou moins fortes, 8c que Tintention ôc les motifs ensont plus ou moins nobles 8c généreux ; l’imputations’en fait austì d’une manière plus ou moins efficace ,ôc les effets en sont plus avantageux ou plus fâcheux.
Mérite , dans le même sens fe dit en Théologie de labonté morale des actions des hommes, ôc de la ré-compense qui leur est due. Méritum , bonitas. LesScholastiques distinguent deux sortes de mérite desbonnes œuvres envers Dieu. L’un de congruité, oude bienséance , 8c l’autre de condignité. Le méritede congruité est lorsqu’il n’y a pas une juste pro-portion entre Faction, ôc la récompense; ensorreque celui qui donne supplée par sa libéralité, ou parsa bonté à ce qui manque à Faction. Tel est le mérited’un fils à l’égard de son père : ôc ce mérite ne portele nom de mérite qu’improprement. Le mérite decondignité est lorsqu’il se trouve une entière égalité >ôc une juste estimation entre Faction ôc la récom-pense : tel est le salaire d’un Ouvrier.
Tes jeûnes , tes aujiérités,
Ne peuvent devant Dieu te faire un vrai mérite.
L’ab. TÊTU.'
De peur que Forgueil humain ne soit flatté par Fopi-nion d’un mérite présomptueux, le Concile de Trenteenseigne que tout le prix ôc la valeur des œuvresChrétiennes proviennent de la grâce sanctifiante quinous est donnée gratuitement au nom de J. C. 8cque c’est un effet de l’influence continuelle de cedivin Chef sor sos membres. Expos, de M. de M-Merites , au plur. ne fe dit guère que lorsqu’il s’agit desmatières de Religion. Les mérites de J. C. sont