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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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le jaune de Naples, le massicot , 1 ’inde , le noir d’ivoire8c de fumée , la terred’ombre, le verd de mer, de vei-lle , d’iris de montagne , du blanc de céruíe , du bis-tre , &c.

§ 3 “ Le mot de miniature est souvent pris pour les ta-bleaux même peints en ce genre. Ainsi l’on dit uneminiature , pour dire un portrait en miniature. Ce motpeut être appliqué aux ouvrages d’efprit. Dans Ovide,l’âge d’or est une miniature ; dans Virgile, c’est untableau dans le goût de Raphaël.

Ce mot vient de minium , à cause que c’est unecouleur qu’on y emploie ordinairement.fsCP D’autres prétendentqu’il vient d emignaid, délicat ,parce que les miniatures font d’ordinaire plus petites& plus délicates ; & c’est pour cela que quelques-unsécrivent mignature.

MINIÈRE. í. f. Lieu d’où l’on tire les métaux 8c lesminéraux. Fodina , metallum. Tous les corps qui íetirent des minières , s’appellent généralement des mi-néraux .Il y a un Intendant des mines & minièresde tout le Royaume.

Z 3 " Quelques-uns ne veulent pas qu’on confonde laminière d’un métal avec le métal même, ou avec famine. La minière , disent-ils, n’est autre chose qu’uneretraite dans laquelle le métal ou la mine font reçus,qui sert à les conserver 8c à recueillir les matièresmétalliques 8c minéralisantes qui leur font portées parles vapeurs souterraines. C’est ainsi'qu’on dit que lefable est la minière de l’or , parce qu’on trouve sou-vent ce métal en paillettes répandues dans le fable.Des métaux 8c des mines déja formées, peuvent ser-vir de minière à d’autres métaux & à d’autres mines.Une même pierre peut servir de minière à plusieursmétaux 8c à plusieurs mines à la fois. C’est ainsi quel’on trouve des filons qui contiennent à la fois de lamine de cuivre , de la mine d’argent, de fer, 8c c.Minière , en terme de Médecine & d’Anatomie , se ditdes parties du corps où il s’amasse , & s’épaiílît desmatières qui forment des obstructions. Collectio , coa-cervatio , cumulus , acervus. L’eau de Bourbon parcou-rant avec activité les premières voies , entraîne & dií -fout les minières vitrioliques , qui formoient les obs- ■trustions. Mém. de Tr.

MINIHI. f. m. Vieux terme de Coutume 8c de Titresen Bretagne. Canton de terre affranchi servant d’asyle.Terra libera , AJylus.

Ar MINIMA ( Appel ). Voyt\ au mot Appfl.

MINIME, s. m. Est un Ordre Religieux institué par SaintFrançois de Paule , environ l’an 1440 , qui voulut en-chérir fur l’humilité des Frères mineurs, en s’appellantMinime , Minïmus. Les Minimes de Nigeon près deChai Ilot : on les appelle autrement Bonshommes , àcauíe que le Roi Louis XI avoir coutume d’appeler ceSaint le Bon homme.

Minime, estaulíï le nom d’une couleur très-sombre,telle que celle que portent ces Religieux. Ferrugineuscolor. C’est un gris fort obscur, en tirant sur le noir,ou tanné. Habit minime , de couleur minime. Drapminime.

Minime. Ancien terme de Musique, une note faite enlosange , qui a une queue , qui vaut la moitié d’unemesure. On l’appelle aujourd’hui Blanche. Notaminima.

MINIMUM, s. m. Terme de Mathématique. VoyepMaximum. C’est le plus petit degré auquel unegrandeur puisse être réduite.

MlNIO. Nom d’une ville de la haute Égypte. Minium.Elle est fur le bord oriental du Nil, entre Girgio &Said 3 Sc elle est capitale du Cassilif, ou Gouvernement de Minio , qui occupe la partie orientale de lavallée du NiL, depuis le Caíîìlif de Cherkeffi , jusqu’à la Nubie. On y remarque outre Minio , Alluana8c Ichmina. Matv.

MINISTÈRE, f. m. Profeísion, charge ou emploi quel’on exerce. Officium , munus 3 opera. Ces Prélatsrendront compte à Dieu de leur ministère. Il saur ho-norer les Ministres sacrés , pour donner plus de poids& de crédit a leur miniflère. Fl. La nécessité de leurministère les dispense des charges de ville. Pat. On

ne sautoir trop louer un Officier , un Avocat , &c.qui remplissent bien tous les devoirs de leur ministère.fCT On le dit auílì de l’entremiíe de quelqu’un dansune affaire, du service qu’il rend. Opera. Si vousavez besoin de mon ministère , vous n avez qu a par-ler. 11 n’apas fait cette proposition lui-même, il s’estservi du ministère de son ami. Il lui a prêté son mi-nistère pour faire cet enlèvement.

Ministère , se dit aussi du gouvernement de siÉtàtsous l’autorité souveraine. Ministerium , administratio.L’histoire du Ministère du Cardinal de Richelieu, estl'histoire du Gouvernement de son temps. Il se faitbien des brigues & des cabales dans les minorités,pour entrer dans le Ministère , pour chaisier un favoridu Ministère.

Ministère ,est aussi quelquefois un nom collectif, donton se sert pour signifier les Ministres d’État. liegniadministrorum collegium. Le Ministère étoit entière-ment opposé à cela ; pour dire, les Ministres y éroiententièrement opposés. L’Acad.

|K? Ministère public , proprement service public,

. fonction publique. On désigne par ce terme , ceux quiremplissent la fonction de Partie publique. Les Avo-cats & Procureurs Généraux dans les Cours Supé-rieures , & leurs Substituts ; les Avocats & Procureursdu Roi dans les Jiuifdiótions Royales ; le Procurcur-Fiícal dans les Justices Seigneuriales ; le Promoteurdans les Officialités.

Le Ministère public , est le vengeur des Loix ; c’està lui seul qu’il appartient de les faire respecter , 8cde punir ceux qui les méprisent. Voye^ AvocatGénéral , Procureur Général , &c.MINISTÉRIAT. f. m. Ministère , Charge , Office,Place d’un Ministre d’État. On dit plus ordinaire-ment 8c plus élégamment Ministère. Administratio.L’élection du Cardinal Mazarin au Ministériat.Mascur.

Ministériat. f. m. Nom d’Office en quelques OrdresReligieux , où l’un des Supérieurs est appelé Mi-nistre. Charge de Ministre dans ces Ordres. Ministriofficium. Le Ministériat d’un tel Pere a duré quatreans. Il a quitté le Ministériat. Il a renoncé au Mi-nistériat. ‘

MINISTÉRIEL , ELLE. adj. m. & f. Terme dontquelques Théologiens se servent pour distinguer l’at-tribut du Pape de celui de J. C. en tant qu'ils fonttous deux chefs de l’Eglil'e. Ils disent que J. C. en estle Chef essentiel ; & le Pape , 1 e Chef/ 7 zi«i/?me/. M.Arnaud , dans fa Réponse aux positions ultérieuresde M. Steyaert, fur la prééminence des Conciles,dit que le Pape n’est pas le chef essentiel de l’Egliíe,qu’il en est seulement le chef ministériel. Philippe leBel soutenoit avec fermeté que les Papes n’avoientqu’une autorité spirituelle, même que cette autoritén’étoit que ministérielle , & qu’ils dévoient gouver-ner FEglife de J. C. suivant les Canons des Concilesgénéraux. Ainsi c’est une impiété 8c un blasphèmede dire que quand l’Église est sans Pape , elle est fanstete , le Pape n’étanr qu’un chef ministériel. Espritde Gersòn. Il suppléera par sa miséricorde au défautde ceux qui n’oublient rien pour mettre obstacle auxsentimens de bonté du chef ministériel de l’Église.Soanen.

MINISTRE, f. m. Qui sert Dieu , le public , ou uaparticulier. Minister. Celui dont on se sert pour l’exc-cution d’une chose ; & dans cette acception ce motn’est guère d’uíage qu’en morale. Les Ministres del’aute,l, sont ceux qui servent le Prélat, ou le Curé,quand il officie. Le Diacre & le Soudiacre, font destitres qui signifient Miniílres ; minister. Les

Rois font les Ministres de Dieu fur la terre. Les Offi-ciers , font les Ministres des Rois , qui rendent lajustice pour eux. Il ne faut point être le ministre despassions d’autrui. On appelle auílì les Sergens 8c au-tres menus Officiers, Ministres de Justice, qui ferventà exécuter les jugemens.

On dit figurément, que les foudres , les pestes, I esdésolations , font les ministres de la vengeance àDieu. La colère est comme le ministre de la raison ,

dont;