Band 
Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
Seite
1018
JPEG-Download
 

ioi8 M I S

ticles légers qu’on n’en fait recette ni mise : ce quik dit aulliau figuré de toutes les choies qu’on veutmépriser.

Mise , lignine encore , ce qui a cours dans le com-merce. On le dit particulièrement du cours de lamonnoie. Usus. Les monnoies décriées j ne lont plusde mise. On dit au figuré , qu un homme est de mise ;pour dire j qu il a de la mine , de la capacité ; qu’ilpeut faire quelque ligure dans le monde. Expreliionfamilière.

Aller en Vautre manie ejl très grande sottise :

Tant que dans celui-ci on peut être de mile. Mol.

CKF Corneille a dit dans le Menteur , se faire de mise.Peut être cette expreliion pouvoit palier autrefois.

fp- On dit familièrement qu’une raison n est pas demise, pour dire quelle n’est pas recevable.

Mise j lignifie austì 3 Enchère. Licitatio. La dernière miseou enchère de cette terré est à tant. Il faut taire unenouvelle mise pour l’emporter. On dit auíìi mise àprix.

Mise. Terme de Jeu & de Commerce. C’est cequ’on met au Jeu, ou dans uneSociété de Commerce.Ma mise est de cinquante louis. Retirer la mise.

Mise , dans les Coutumes , signifie arbitrage. Conciliatioper arbitros. Soi mettre en mise. Beaum.

fp Mise-dehors j ou Mise hors. Terme de Marine.C’est proprement faction de lancer en mer un bâ-timent , de le mettre à flot, en état de naviger. L’ar-mement de la Frégate avec la mise-dehors 3 pourramonter à telle somme. La construction du navire,jusque & compris la mise dehors , reviendront envi-ron à soixante mille livres. Annonc. 1759.

MISENO. Nom d'un cap du Royaume de Naples. Mi-senum promontorium. Il est dans la terre de Labour,entre Phazzo & Cume. On y volt les ruines de f an-cienne Misenum , qui étoit une ville Épiscopale.Maty.

$pT MISÉRABLE, adj. de t. g. souvent employé substantivement. Ce mot signifie proprement celui quiest dans la misère. Miser, calamitosus 3 arumnofus 3infelix. Voyez Misere. Il a plusieurs acceptionsdifférentes. On a dit à-peu près dans le même sens,une vie m allie ure uje , & une vie msrable. Cependantces deux mots ont leurs nuances propres , qui nepermettent pas de les employer indifféremment l’unpour lautre dans tous les cas. On dit bien qu’unhomme est malheureux au jeu ; mais 011 ne diroitpas de même , qu’il y est misérable. Il devient- misé-rable par les pertes considérables qu’il y fait. On verradans les articles fuivans d’autres cas où ces deux motsne peuvent pas figurer l’un pour l autre.

AJ" L’homme malheureux , infortunatus 3 est celui dontla fortune maillante ou établie, est ruinée tout- à couppar un évènement fâcheux, L’homme misérable ,miser , miserandus , est celui qui est dans un état fâ-cheux j dans la douleur , dans la pauvreté , dansf affliction , dans l’oppression , soit qu’il y soit né ,soit qu’il y soit tombé. O11 plaint les malheureux ,on assisté les misérables. Les gens heureux fuientles misérables , ils craignent de le devenir par conta-gion. S. Evr. La mort est le port & l’afyle des mi-sérables : elle fait cesser tous leurs maux. M. Esp,Caton 3 famé pleine de dépit, fe jetta entre les brasde la mort , pour finir une vie misérable. Augustehaïssoit ces âmes fières, qui mettent la grandeur deleur pouvoir à faire , quand il leur plaît, des mi-sérables.

ífT Voyez f usage que fait l’élégant Racine de ces deuxmots dans les vers fuivans :

Haï 3 craint 3 envié , souvent plus misérable'

Que tous les malheureux que mon pouvoir accable.

Faire une sin misérable ; c’est mourir dans la mi-sere 3 après avoir vécu dans f abondance ; ou bien 3

M I S

faite une fin indigne d”un chrétien & d’un honnête-horame.

Misérable , signifie auisi, méchant. Nequam , perdi-tus. Il faut être bien misérable , pour âlFastìner sonpère 3 son Prince. Un pécheur est bien misérable 3 des’attaquer à son Créateur.

Misérable 3 signifie auisi ce qui est très-mauvais dansson genre , vil, méprisable. Miser , infimus 3 vilis 3nullius pretii , ou momenti. Un misérable Auteur, unmisérable Grammairien. Un misérable faiseur de vers 3une misérable pièce. Une excute misérable. Les rai-sons que vous alléguez font misérables.

Dans cette acception , ce terme sert à exagérer lemépris. Il n’a qu’un misérable cheval dans son écu-rie. Quoi ! s’égorger pour un misérable point-d’hon-neur í S. Evr. Nc m enviez point les misérables res-tes de ma fortune. Pourquoi vous trouver en concur-rence avec un misérable bourgeois ; On le dit mêmedes faisons. Un misérable temps.

On dit 3 vous me traitez comme un misérable ;pour dire 3 vous n’avez nulle considération 3 nul égardpour moi. On dit encore ; c’est un misérable 3 en par-lant d’un homme qui a fame baise , & qui n’a aucunmérite. Bouh.

Aristote dit que le vrai sujet de la Tragédie, c’estf horrible, & le misérable , , c’est-à-dire»

ce qui donne de f horreur & qui attire de la compas-sion. C’est tout ce qu’on peur faire que de souffrir leterme de misérable en cette phrase , où il est commeconsacré. Hors de-là , misérable ne doit pas se pren-dre indifféremment pour le miserabilis des Latins. Mi-sérable j en François marque plutôt ce qui est dignede mépris j que ce qui attire la compassion.MISÉRABLEMENT, adv. D’une manière misérable.:Miserè j calamitose , arumnosè. Le Fils de Dieu avoulu naître mjsétablement dans une étable , pournous apprendre f humilité. Ce pauvre Auteur passemisérablement ses jours dans le travail 3 & dans la di-sette; finir misérablement. Ecrire misérablement. Mi-serè. Miserum in modum.

MISÉRABLETÉ. Vieux mot. Misère.fCT MISÈRE , i. f. État de l’homme misérable. Voyer^ce mot. Ce terme désigne ordinairement un état d in-digence j une situation de fortune dans laquelle onmanque des choses nécessaires. Dans le style noble &csoutenu 3 il signifie calamité, foiblelse & imperfec-tion de f homme. Miseria 3 calamitas 3 meeror. C’eítun artifice pour consoler un affligé , que de com-parer ía misère à une plus grande. L. b’Éloïse a Ab.Neque se majori pauperiorum turba comparet. Horat.La misère étouffe f esprit. S. Évr. Celui qui tombedans la misère par une vaine dissipation , s’attire plusde mépris que de pitié : c’est une sottise. S. Evr.A la Coux , on est moins sensible aux misères d au-trui , parce qu’on n’en ressent aucune. Fl. Les dou-leurs ct la m'isè.re suivent ordinairement le luxe & ladébauche. S. Évr. La vie de l’homme n est qu’unesuite de misères. Ceux qui sont à couvert des mi-seres humaines, ont moins de pitié que ceux qui lessouffrent. FlÉch. Le plus malheureux préfère encorefa misère à la mort. M-Esp. Il vint à la Cour char-gé de ía seule misère. Boil. La misère ne donne ja-mais que de mauvais conseils. S. Évr. La misère s’ex-pnme fans affectation & fans étude : les grands motsne partent point d’un cœur que la misère touche.Boil. ìÇT Tout ce qui paroít dans le monde de plusbrillant, n’est que misère. C’est une étrange misère ,que de se laisser emporter à ses passions.

£CT Misère , en Poésie, est un terme noble qui signifiecalamité, & non pas indigence. On l’emploie égale-ment au singulier & au pluriel.

Hécube près d’Ulifse achève sa misère.

P eut être je devrois plus humble en ma misère.

Rac.

Et savoir d’eux encor la fin. de nos misères.

Corn,