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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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M O D

prototypum , archetypum. Cette Église a été bâtie sorle modèle du Panthéon.

Modale , est aullî un patron artificiel qu’on fait de bois,de pierre, de plâtre , ou autre matière , avec toutesses proportions, afin de faire connoître en petit fes-ser du bâtiment réel en grand, non-seulemcnt à ceuxqui le commandent, mais encore aux ouvriers quidoivent l’exécuter. Archetypum. Dans tous les grandsédifices le plus fur est d’en faire des modèles en re-lief, & ne pas se contenter d un simple dessein- Onsait auili des modèles pour la construction deá vais-seaux , qu on appele Gabarit 3 ferse , ou calibre. Voye £Gabarit.

Modèle , en termes de Peinture Sc de Sculpture, 'esttout ce qu’on sc propose à imiter. Exemplar , proto-typum. C’est pourquoi on appelle Modèle , un hommenu qu’on met en différentes postures , afin de le.fairedestiner par les écoliers, en différentes vues Sc atti-tudes. C’est le Professeur qui est en mois, qui pose lemodèle de l’Académie, mais on n’appelle pas modèlele premier dessein ou esquisse d’un tableau, on ditdestèin ; quoique les Peintres disent qu’ils ont pourmodèles tels Sc tels ouvrages. Fél. Les Sculpteursnomment encore modèles , les figures de terre ou decire qu’ils ne font qu’ébaucher pour leur servir dedessein , Sc en faire de plus grandes, soit de marbre,soit dune autre matière.

§ 3 " Modèle , chez les Teinturiers en foies, laines &fils. On appelle ainsi leséchevaux de foies Sc laines cra-moisies fur lesquels ils doivent faire les épreuves desteintures.

A3 " Modèle , chez les Fondeurs de cloches. C’est unecouche de ciment Sc de terre, de la forme de la clo-che qu’on veut fondre, & de la même épaisseur quelledoit avoir.

MODELES, f. m. pi. Terme de Monnoyage. Ce sont deslames de cuivre qui fervent à faire dans la terre ,dont font remplis les c hastis a couler les métaux fon-dus , les empreintes ou creux pour recevoir ces métaux.Cela étoit bon avant l’invention des planches gravéesde monnoyage.

Modèle , se dit figurément en choses morales & dansles ouvrages d’esprit pour I’exemplairc qu’il faut sui-vre. Exemplar j specimen. Il Ay a proprement queles personnes, ou les actions qu’on propose pourmodèle : car les paroles ou les conseils peuvent ser-vir de règles, Sc non pas de modèle : excepté dans cesens. Sa conversation doit être le modèle de la nôtre.Bouh. Lucrèce étoit un modèle de vertu & de chasteté.Réformer l’Église íur le modèle des premiers siècles.Bouh. Il faut se former sur le modèle des grandshommes. Les poèmes d’Homère font des chef-d’œu-vres ; mais non pas en tout des modèles. S. Évr.Quand on n’a que de bons & excellens modèles ilfaut comme par nécessité qu’on s’exprime d’une ma-nière noble Sc élevée. Nie. Il n’y a rien de plus trom-peur qu’un modèle qui a des défauts : plus il est ex-cellent, plus il est dangereux; on prend les vices dumodèle , Sc on n’cn prend pas les vertus. Dac.

Ensn Malherbe vint , & ce guide fidèle ,

Aux Auteurs de ce temssert encor de modèle. Bon..

Louis est sage & généreux _,

Dans ses desseins il est heureux AA ses amis il est: fidèle :

Les autres Monarques , jaloux ,

Voudraient le prendre pour modèle,

S’il n’alloit trop souvent aux coups.

Cette fille s’est formée fur le modèle de fa mère ; ç’aété un mauvais modèle. Il est inutile de se proposer ungrand modèle 3 si on ne l’iinite. Vie de Henri IV. En1 u alité de Chrétiens, nous avons Jesus-Christ pour8lalîc * m odèle. Port-R.

fkT Modìl e ç 0 p- ie ^ y 0 y C ^ au mot copie ce que cesdeux mots ont de commun Sc de particulier.

i ^ " V ' a ’ * a * le un modèle. Faire en petit, avec

de la cire, de la terre , ou autre matière, la représcn-

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ration des ouvrages réels. Typum effingere. Ce Sculp-teur modèle toutes ses figures en cire, ou en terre,avant que de les tailler en marbre. Il modèle le Lao-coon, c’est-à-dire, qu’il copie la statue de Laocoonen cire , ou en terre. Car on ne dit modeler que desouvrages, qu’on fait en cire ou en terre, & non pasde ceux qu’on fait en plâtre.

Modeler , signifie aussi, tirer en creux, faire des mou-les fur les illustres ouvrages de l’Antiquité. Proplasmaformare , effingere. Le Roi a fait modeler la colonneTrajane , Sc on en a fait plusieurs copies en plâtredans des creux tirés fur l’original. Cependant ceuxqui parlent le mieux, ne disent pas modeler m ce sens,mais mouler. Le Roi a fait mouler la colonne Trajane.C’est ainsi que parlent les maîtres de Fart.

Modeler , est aussi quelquefois neutre. Ce Sculpteur apassé tout le jour à modeler.

Modelé , ée. part. Sc adj. Exprcsus , efficlus.

MODÉNATURE. s. f. Mot dont quelques-uns se fervent-peur signifier les membres ou moulures de l’Archi-tecture. Il vient de 1 Italien Modcnatura. Dict. desArts.

MODÈNE. Ville de la Lombardie, capitale du Du-ché de Modène , située près de la Séchia, à septlieues de Bologne, du côté du couchant. Mutina.Cette ville est une ancienne colonie des Romains.Long. a8. d. 43. m. lat. 44. d. 34. m.

MQDENOIS. Ou Duché de Modène. Mutinensis Du-catus. C’est un des Etats de la Basie-Lombardie , enItalie. Il est borné au levant par le Bolonois, au nordpar les Duchés de la Mirandole Sc de Mantoue, aucouchant par celui de Parme, Sc au midi par les terresdu Duc de Florence, Sc de la République de Lucques.On donne à cet État vingt lieues du nord au sud, Scquinze du couchant au levant.

Modénois , Oise. s. m. Sc f. Qui est de Modène , oudu Modénois. Mutinenfis. Les Modénois ont beaucoupd’aflection pour leur Prince.

MODÉRATEUR, f. m. Terme Dogmatique. Qui con-duit, qui gouverne. Moderator , gubernator. Dieu estle seul modérateur du monde. Expression propre austyle soutenu. U11 tel Docteur est le modérateur , lcPrésident de cette dispute , de cette assemblée. Cemot est plus Latin que François, pour signifier le Pré-sident d’une assemblée. Il étoit sur-tour en usage parmiles Réformés de France, pour signifier le Président deleurs Synodes. Ils élifoient leur modérateur à la plu-ralité des voix.

ifT MODÉRATION, f. f. en matière de Jurisprudence ,synonime d’adouciísement, de diminution. Tempora ~tio j moderatio. Modération d’une peine, d’une amende.On ne lui a fait aucune modération.

On le dit particulièrement de la diminution d’unprix ordinaire ou fixé, de la remise que le Roi accordeà une province ou à un particulier, sur une impossotion ou sur une autre taxe ordonnée au Conseil, lors-quelle sont trop fortes. Il poursuit au Conseil la mo-dération de sa taxe. Il a obtenu quelque modération daprix de sa charge.

§ 3 * Modération, en morale. Vertu qui gouverneurqui règle les passions ; qui retient dans de justes bornesnos sentimens, nos désirs & nos passions. Modus ,moderatio. Ce terme n’est point synonime de modestiequi se rapporte à un plus grand nombre d’objets ; nide retenue , qui dit quelque chose dc relatif aux pa-roles Sc aux actions. Voye £ ces deux mots. La modé-ration est une vertu qui gouverne, qui retient, quirègle toutes les passions ; qui borne, qui tempère lesjoies de l’esprit ; la modération est comme le frein deFaîne, qui empêche qu’çlle ne s’éleve, qu’clle nes’emporte, & qu’elle ne s’evapore lorfqu’clle est émûcSc agitée par une grande joie. M. Esp. La modérationn’est bien souvens qu’une sagesse habile. Id. La módé-' ration est la marqué d’un esprit sage Sc tranquille.FIerman. La modération dans la bonne fortune n’estque l’apprchension de la honte qui soit l’emporte-ment, Sc une crainte de tomber dans le mépris quçméritent ceux qui s’enivrent de leur bonheur. LaRoch. La modération des hommes est une vainc ostcu-

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