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deux lieues de la ville d’Hulst, vers le couchant.Maty.
M CERIS. ( le lac ) C est un des plus admirables ouvra-ges des Rois d’Égypte. Hérodote le préfère aux py-ramides & au labyrinthe même. Le Roi Maris lefit construire pour obvier aux irrégularités du Nil,trop inégal dans fes inondations. Ce lac avoir dou-ze ou quinze lieues communes de circuit, fur troiscens pieds de profondeur. Deux pyramides qui fou-tenoient chacune une statue coloilale , placée fur untrône, s’élevoient de trois cens pieds au milieu dulac, Sc occupoient fous les eaux un pareil espace. Celac communiquoit au Nil parle moyend’un granccanal qui avoir environ quatre lieues de longueur ,fur cinquante pas de large. De grandes écluses ou-vroienr le canal Sc le lac, ou les fermoient, selon lebesoin : pour les ouvrir ou pour les fermer, il encoutoit cinquante mille écus.
Quand le Nil étoit trop grand, & qu’on crai-gnoit qu il ne fit des ravages, on ouvroit les éclu-ses , Sc les eaux ayant leur retraite dans le lac, neféjournoient íur les terres qu’autant qu’il falloir pourles engraisser, Sc quand l’inondation étoit trop balle,on tiroir de ce même lac par des saignées, une quan-tité d’eau suffisante pour arroser les terres. Dicl.de Peinture & d 1 ArcKitecìnre.
MCESIE. Nom de contrée. On prononce Méfie. Ma-fia, dans Ptolomée Mysia. O étoit anciennementune grande région de l'Illyrie. Elle s’étendoit depuisle confinent de la Save dans le Danube , jusqu’auPonr-Euxin , ayant au couchant l’Illyrie propre, &au nord la Dace, dont le Danube la féparoit, aulevant le Pont-Euxin, Sc au midi la Thrace Sc laMacédoine. Ce pays étoit divisé en deux parties ;la Ma fie supérieure, qui renfermoit la Dardanie ,étoit au couchant, Sc au levant la Mœsie inférieurequi renfermoit le pays qu’on appeloit la ScythiePolitique, ou la Scythie de Thrace, ou 1a petiteScythie.
MÍESIEN , ENNE. Nom de peuple. Mcesius, a.isiT MÍESKIREK. Ville d’Allemagne, au cercle deSuabe, dans le Hegou, chef-lieu dune Baronniedemême nom.
MCETTE. f. f. Vieux mot. Passade.
MCEUF. f. m. Terme de Grammaire ; c’est la mêmechose que mode. Il fe dit des différentes manièresde conjuguer les verbes, selon qu’il faut agir, com-mander, souhaiter, Sec. Modus. Les verbes régu-liers ont plusieurs meeufs ; fçavoir, 1 Indicatif, 1 Im-pératif, l'Optatif, le Subjonctif, Sc l’Infinitif. Cha-que meeusi a plusieurs tems , le Présent, lTmparfait,le Parfait, &c. Ce mot n’est guère en uíage qu’auCollège, mais il y est plus que mode.
MŒURS. f. f. pi. Façon de vivre, ou d’agir, bonneou mauvaise ; habitudes naturelles, ou acquises ,pour le bien ou pour le mal , Sc suivant les-quelles les peuples, ou les particuliers , condui-lent les actions de leur vie. Mores ; boni vel malihabitus mentis. La Science des mœurs est plus né-cessaire que celle des controverses. D. G. P. La mo-rale traite des mœurs pour les rendre bonnes : ellene les souffre ni mauvaises, ni indifférentes. Le P.le B. Vos maximes ne font propres qu’à corrom-pre les mœurs. Pasc. Voulez-vous vous ériger enRéformateur des mœurs ? Moi. La licence de laguerre avoit perverti les mœurs. Fl. Les mauvaisesmœurs font contagieuses. Ross. On ne reçoit pointen justice d’action qui soit contre les bonnes mœurs.
Que maudit soit U jour oh cette vanité
Vint ici de nos moeurs souiller la pureté. Bon.
Mœurs , signifieauisi , Coutume, usage, façon , ma-nière de vivre, inclinations des particuliers, ainsique les loix particulières , les usages de chaque na-tion. Mos , ujus, agendi ratio. Nous prenons d’or-dinaire les mœurs de ceux que nous fréquentons.Port-Royal. L’amour fans dérèglement, adoucitles mœurs les plus sauvages. M. Sc. Les mœurs d’au-
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jourd’hui civilisées Sc adoucies, ne peuvent souffrirce qu’elles avoient de farouche autrefois. S. Evr.U faut avoir des mœurs accommodantes. M. Es p.Platon adoucit Sc polit les mœurs des Grecs. Dac.Admirez cette diversité de mœurs Sc de coutumes,qui ne divise pas moins les Nations, que la différencede leur langage. S. Evr. Chaque nation a fes mœurs .Mœurs civilisées. Mœurs barbares. Selon nos mœurs ,veut dire selon nos usages, nos coutumes.
fKF On donne aussi quelquefois le nom de mœurs auxactions libres, en tant que l’efprit les considèrecomme susceptibles de règles.
De là vient qu’on appelle morale, l’art qui nousenseigne ces règles de conduite, Sc les moyens d’yconformer nos actions.
Mœurs. Terme de Poétique. Ce mot à legard de PÉ-popée, de la Tragédie , ou de la Comédie, signifieles inclinations bonnes, ou mauvaises , le caractère »le génie, l’humeur des personnages qu’on intro-duit fur la scène. Indoles , mentis habitus , vel dispositio ; virtutes , vel vitia. Les mœurs lont ce quidécouvre l’inclination de celui qu’on fiait parler, Scà quoi il fe résoudra avant qu’il s’y porte. Dac.C’est-là ce qu’on appelle mœurs poétiques. Aristotedit qu’il faut que les mœurs soient bien marquées ,Sc bien exprimées. Il y a beaucoup d’artàbien pein-dre les mœurs , eníorte qu’elle conviennent à cha-que âge Sc à chaque condition. Dac. La Comédiene peut fe soutenir fans les mœurs, Sc la Tragédiefans faction. Id. Le Pocte qui n’a pas bien étudiéles mœurs, ne íauroit bien réussir. Le P. •Ra. Lesmœurs font bonnes à legard du Poète, quand ilmarque bien le vice, ou la vertu de celui qui par-le ou qui agit, Sc qu’il le représente bien au natu-rel. Le P. le B. Il faut que les mœurs soient conve-nables ; c’est-à-dire, conformes au rang, à l’état, Scau génie de celui qu’on fait monter íur la scène : ilfaut aussi qu’elles soient lemblables Sc égales ; c’est-à-dire , que le personnage soit toujours le même ,Sc tel à la fin qu’il a été au commencement. Id. Lavertu, ni la bonté morale n ont pas plus de parcaux mœurs Sc aux caractères des divinités poétiques,qu’aux moeurs Sc aux caractères des hommes. Id. Lesgrands Poètes, quand ils manquent de feu Sc de vi-gueur pour le pathétique, s’amufent ordinairementà peindre les mœurs. Boit.
On dit aussi en Peinture, que les mœurs fontbien gardées dans un tableau ; pour dire que les fi-gures y font représentées de la manière qui convientau tems de l’histoire qui en est le sujet. Et dans unsens contraire, on dit qu’elle n’y font pas gardées.
Au Palais on dit, faire une information de vieSc mœurs, quand on fait une enquête pour savoirsi un Récipiendaire est de bonnes, ou de mauvaisesmœurs, s’il n’y a point de dérèglement dans fes mœurs.
Suivant une formule reçue, on dit dans lc mc-me sens, un Certificat de vie & mœurs. Alors mœursest fynonime de conduite.
On dit qu’un homme a des mœurs , pour dire qu’ila de bonnes mœurs , Sc qu’il n’a point de mœurspour dire qu’il en a de mauvaises.
Mœurs , fe dit aussi des animaux , Sc alors il signifieNaturel j les inclinations des différentes eípéces d’a-nimaux. Indoles , natura. Aldrovandus dans Ion His-toire Naturelle, fait toujours un chapitre des mœursde l’animal qu’il décrit, comme en parlant du ti-gre , de fa cruauté , de fa jalousie, be. Nos Fau-conniers disent manière de faire, Sc jamais mœurs.
On dit proverbialement, que les honneurs chan-gent les mœurs ; pour dire, qu’un homme élevé enfortune fè méconnoir, Sc négligé íes amis qui fontdemeures dans la pauvreté. Honores mutant mores.On dit aussi, qàne fille fuit les mœurs de fa mère ;pour dire, que l’exemple de fa mère la rend sage,ou dissipée.
Et sequitur leviter filia matris iter.
On dit aussi que les mauvaises compagnies con