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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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blanchâtre sous le ventre, couverte de petites écaillesminces & transparentes. Ce poisson mangé frais estexcellent : bien apprêté & salé comme il faut, il segarde long-tems lans se corrompre. La morue saléefait la plus grande partie du négoce de la Saline qui estconsidérable. Il y a deux sortes de morue salée ; l'unequi s appelle morue verte ou blanche, 8c l’autre qu’onnomme morue sèche ou parée, quelquefois merlucheSc merlu. Les morues mâles valent bien mieux que lesfemelles. Elles se vendent en détail & à la pièce ; aulieu que les autres se vendent au cent. Il y a une espècede morue qui donne à la côte de Chili vers les moisd’Octobre, Novembre, Décembre. FrÉzier , p- 1 1 o.La morue se divise en queue , Hanchet, entre-deux,8c crêtes de morue.

r;fT On appelle une poignée de morues 3 deux moruesjointes ensemble.

La meilleure morue est la morue nouvelle deTerre-neuve, qui vient d un grand banc vers le Canada,qui a cent lieues de long, qu’on appelle le grand bancdes morues. On croit que ce font les Basques qui enpoursuivant les baleines, ont découvert le grand 8c lepetit banc des morues 3 cent ans avant la navigationde Christophe Colomb ; auiïi-bien que le Canada 8c laTerre-ncuve de Baccalaos , qui lignifie morue , parceque ces terres abondent auíh en baleines, dont ilsfont fort friands , 8c que ce fut un Basque, Terre-neuvicr, qui en porta la première nouvelle à Christo-phe Colomb, comme témoignent plusieurs Cosmo-graphes ; entr’aurres , Antoine Magin , CorneilleWythler flamand, 8c Antoine Saint-Romain Espa-gnol , dans l’histoire des Indes. D’autres prétendentque la gloire, ou le bonheur d’avoir trouvé le grandbtnc de Terre-ncuve, est dû à unMalouin, nomméJacques Cartier. Quoiqu’il en toit, depuis cette dé-couverte , toutes les nations de l’Europe qui se mêlentde trafiquer fur mer , ont regardé le trafic de la moruecomme un des plus commodes, des plus furs 8c desplus lucratifs.

'fCT MORVE. f. f. Terme vulgaire dont on se sert pourdésigner cette humeur aqueuse & visqueuse qui s*filtre dans la membrane pituitaire, qui fort par lesnarines , & que les Médecins appellent mucositédu nez. Mucus najìum.

Morve , est austì une maladie dangereuse des chevaux,une humeur glaireuse , maligne & sanguinolente, quise décharge par les naíeaux. Equi morbus mucosus. Exmorve est un des cas rédhibitoires en la vente des che-vaux dans les neuf jours, aussi-bien que la poulie &la courbature.

Morve , se dit austì dune substance glaireuse qui setrouve dans certains fruits qui n’ont pas encore la du-reté & la consistance qu’ils doivent avoir. Mucosusfruclus. Les cerneaux, avant la Fête de la Madelaine,ne font que de la morve. Les pois & fèves avant lasaison ne sont que de la morve. En fait de laitues, dechicorée, 8cc. morve est une pourriture qui se meten ces fortes de plantes & les fait périr. Cette laitue ala morve.

MORVE AU. f m . Morve épaisse Sc recuite. Ondoit eviter de se íervir de ce mot, qui présente l’idéed une chose désagréable.

MORVEDRO. Muri veteres. Ancienne ville d’Espagne,au royaume de Valence , bâtie des restes de l’ancienneSagunre.

MORVER. v. n. Terme de Jardinier. Il sc dit de la lai-tue 8c de la chicorée. C est avoir la morve. Mucumcontrahere. Notre chicorée morve. Nos laitues morvent.La Quintinie.

îfcF MORVEUX , EUSE. adj. Qui a de la morve. Mu-cosus. Enfant morveux. Nez morveux.

|£T En Maréchallerie. Cheval morveux , qui a la mala-die appelée morve. Voye £ ce mot.

On dit proverbialement, qu’il vaut mieux laisserson enfant morveux, que de lui arracher le nez ; pourdire , qu’il vaut mieux souffrir un petit mal, que deVaugmentcr par le remède. On dit, qui se sent mor-veux sc mouche ; c’est-à-dire, que celui qui le lentcoupable des choses qu’on blâme en général, doit

MO S

Rappliquer la censure 8c la prendre pour lui.

fC? Quand le mot de morveux est employé substantive-ment , il devient un terme de mépris , dont on lesert dans le style familier , en parlant d’un jeune gar-çon ou d’une jeune fille. C’est un morveux , une mor-veuse. Vous êtes un plaisant morveux 3 pour tenir unpareil propos 1

MORVIS. f. m. Nom d’une monnoie d’Eípagne. Mor-vifius. C’étoit une monnoie d’or que le Roi Alfonsele Sage fit battre. Voye^ Covarruvias, Collât, vet.numism. c. 6. 8c Du Cange dans son Glossaire.

On croit que ce mot pourroit s’ctre dit par corrup-tion pour maravédis.

MORUNGEN. Petite ville d’Allemagne, au cercle de laBastè-Saxe, dans le Duché de Brunswick.

MORXI. s. m. C’est le nom d une maladie pestilencielle,très-commune dans le Malabar 8c dans pluíìçurs autrescontrées des Indes orientales.

M O S.

MOSA. f. f. Sorte d’aliment très-commun parmi lesPaysans d’Allemagne. Il est fait avec de la farine defroment ou d’épeautre, 8c du lait, 8c pareil à ce que

. nous appelions Lait épaissi, ou Bouillie. Sa trop grandequantité nuit aux enfans.

MOSAICKS. Ville de l’Empire Russien , fur la rivièrede Mosca.

MOSAÏQUE, si f. On disoit autrefois Musai que. Opusmusivum j vermiculatum. Ouvrage composé de plu-sieurs petites pièces de rapport, 8c diversifié dc cou-leurs 8c de figures, taillées carrément 8c mastiquéessor un fond de stuc : on en fait de petits morceauxde verre de diverses couleurs, avec lesquels l’on imited’après un carton peint , les teintes & les dégrada-tions de la Peinture. Cette matière est très-durable.Ces différons morceaux doivent être très - artiste-ment rejoints, pour représenter ou un paysage , ouquelque autre dessein imité de la Peinture. Il fautque cela soit travaillé avec beaucoup d art , & quel’imagination de l’ouvrier soit riche pour produirel’agréabie diversité, qui en fait la beauté 8c la richesse.Beaucoup d’Egliíes font encore ornées de ces sortesd’ouvrages. M. Ciampini a fait graver ceux d’Italicqui lui ont paru les plus beaux. On fait aussi de lamosaïque avec de petites pièces de rapport de toutessortes de marbres pour former des compartimens delambris & de pavé, comme il y en a dans lEglisc deS. Marc de Venise. Vitruve appelle le pavé qui en estfait ) pavimentum seciile. Le mot Latin mufivum ligni-fie en général un ouvrage délicat, ingénieux, bien tra-vaillé.

Pline parle d’un oiseau fait de différentes pièces demarbre, 8c représenté sor le pavé d’un lieu qu’il dé-crit. Le plus grand morceau de mosaïque antique quenous ayons, est celui du temple de la Fortune à Pré-neste, aujourd’hui Palestrine , qui représente une carteou géographie de l’Egyptc. On a entrepris avec suc-cès à Rome de copier en mosaïque les tableaux desplus habiles Maîtres. Ces ouvrages coûtent des som-mes immenses ; mais aussi ils sont d’un prix inesti-mable.

A? Dans ces peintures de mosaïque , ou en mosaïque , lepinceau n’a aucune part, & tout se fait avec de petitsmorceaux de pierres colorées , ou des morceaux deverre , dont la disposition faite avec art, produit l’efset d’un tableau.

On attribue aux Maures l’invention de la mosaïque ;mais , selon quelques-uns, ils n’en font pas les in-venteurs. Certains peuples d’Amérique ont inventéune maniéré de mosaïque , composée de plumes d’oi-scaux , assemblées par filets. C’est un ouvrage d’uneadresse infinie, 8c d une patience encore plus grande.J ai vu a Paris un homme qui faisoit de ces sortes detableaux. On volt dans le trésor de la Santa Casa qua-tre portraits de mosaïque de plumes. Dicl. de Pein-ture & d’Architecture.

Quelques-uns mettent de la différence entre un ou-vrage à la mosaïque 8c un ouvrage de marqueterie.