Band 
Tome sixieme. [MIT - PRO.]
Seite
98
JPEG-Download
 

98 M U I

pour le vertige, pour lepilepsie. On se sert ausii decette Heur ôc de la racine pour faire éternuer. Il y aune autre elpèce de muguet 3 qu on appelle grand mu-guet j dont les Heurs font plus grandes que celles de laprécédente, blanches, odorantes. Il y a aulsi un mu-guet rouge , ou incarnat, dont la Heur est rouge, blan-châtre ou incarnat, & moins odorante.

Ménage, après Saumaiíe, dérive ce mot de musca-tum , qu il dit avoir signifié chez les Anciens Aro-mate j ôc tout ce qui lent bon. Et ainsi il appelle lemuguet 3 Lilium muscatum : ôc la noix muscade , noixmuguette ; d’où vient qu on a auili appelé Muguets lesgens propres ôc parfumés.

On appelle aulsi Petit muguet 3 ou Caille-lait 3 uneplante d un autre genre, dont les tiges font menues,rondes, nouées. Il sort de chacun de leurs nœuds ordi-nairement neuf feuilles étroites, listes, fans velu, dis-posées en rayon. Ses Heurs font nombreuses, jaunes,ramassées à la cime des tiges, en forme de grappes deraisin ; chaque Heur est d/une feule pièce , découpée enquatre parties. Il leur succède à chacune deux grainesjointes ensemble. En Latin Gallium luteum. Le petitmuguet est vulnéraire ôc détersif ; on s’en sert en Ca-talogne pour Lépilepsie. Quelques-uns le font prendreà la manière du thé pour la goutte.

Muguet, f. m. Qui fait le galant auprès des Dames,qui affecte d ctre propre & bien mis pour leur plaire.Amajíus , adolescens cincinnatus , amatorculus. LeCours, lesTuilleries, font le rendez-vous des Muguets.Ce mot ne peut avoir d’ufage que dans le style fami-lier ôc badin. Je veux qu’aux discours des Muguetsclic ferme l’oreille. Mol. L’aflèmblage étoit ridiculed’un Muguet ôc d’un Philosophe. Abl.

MUGUETTER. v. a. Faire le galant, le muguet, tâcherde le rendre agréable à une Dame. Puella gratiamcaptare , aucupari 3 prensare 3 venari. Il y a long-temsque ce jeune nomme muguette cette fille pour l’épou-sor. Il n’y a Muguet qui m muguette. Vill. Ce motn’est pas du bel usage , ôc n’a lieu que dans le fa-milier.

Muguetter , se dit ausii figurément, pour dire épierl'occasion de se rendre maître d’une chose que l'onsouhaite , en parlant des desseins qu on a de le rendremaître de quelque autre chose. Insdiari 3 venari , ani-mo pr&cipere. Tous les Princes voisins de cette place lamuguettent depuis long-tems. Il y a longtems qu’il mu-guette cette maison qui est à fa bienséance. Il est vieux.

Muguetté , ée. part.

Du créancier sans cesse muguetté. Rousseau.

M U H.

MUHLDORFF. Ville d’Allemagne, au Cercle deBavière, dans l’Archevêché de Salzbourg, sot l’Inn.AI" MUHLAUiEN. Foyeç Mulhausen.

M U I.

MUI* Ville de la Chine dans la province de Xensi , audépartement de Funciang , íeconde métropole de laProvince.

MUJAC. Royaume d'Afrique dans la Nigritie : il a aunord les Royaumes de Courouva ôc de Gorham ; àl’orient les Etats du Roi de Gingiro.

MUICHEU. Ville de la Chine, dans la province de Su-chuen, où elle a le rang de seconde grande cité.

MUID. s. m. Le D ne se prononce point, ôc quelques-uns écrivent mui. Grande mesure des choses liquides.Modius j modium. Le muid de vin de Paris contientdeux cens quatre-vingt pintes, selon le Règlement deLouis XIII, ôc suivant les Ordonnances de Henri IV300 pintes. On jauge tous les vaillèaux pour payer ledroit d’entrée, ôc on les rapporte au muid , qui doitavoir 3 6 íetiers & 8 pintes par setier.

Ce mot vient de modius. Ailleurs on l’appelle di-versement ; en Champagne Queue ; en BourgogneFeuillette ; enTouraine Poinçon ; en Berri Tonneau jen Poitou Pipe ■ dans le Lyonnois A née ou Botte j à

MUL

Boiïrdeaux Barìque , dont les quatre font ce qu’ils ap-pellent ausii le Tonneau.

Muid , est ausii une grande mesure de grains 3 qui n’estpas un vaiileau qui serve de mesure, mais une estima-tion de plusieurs íëtiers ôc minots, différente selonles lieux. Modius. Le muid de blé à Paris est de douzeíetiers, ôc chaque setier de quatre minots. Il doit pe-ser , suivant l’Ordonnance, 1640 livres en blé. Lemuid de plâtre est de 3 6 sacs de quatre boisieaux cha-cun , ôc le sac pèse à peu près 172 livres. Le muid decharbon de bois est de vingt mines ôc d un tiers plusgrand que celui d’avoine ; il se mesure comble, & onne le râle pas. Le muid de blé en Berri n’est que de 21boisseaux, dont il y en a 1 6 au setier. Le muid de selest de 12 setiers.

Muid , est ausii une mesure de terre qui contient la se-maille d’un muid de grain. Ager modii seminati capax.Chaque setier de terre se rapporte environ à l’arpentde Paris. On a dit en Latin Modiata terra, 3 aut prati.Voyez sor ce mot le Pere Monet , qui a fait une cu-rieuse recherche de tout ce qui concerne la mesure d umuid.

Muid, signifie ausii la futaille de meme mesore, qui con-tient le vin ou autre liqueur. Dolium. J’ai deux dou-zaines de muids vuides ôc défoncés. Il a percé un muidde vin à notre arrivée. Ce muid est aviné. Le mot demuid pris dans ce sens ne signifie pas toujours unemesore certaine ôc déterminée, car il y a des muidsplus grands les uns que les autres.

On dit proverbialement d’un hydropiqueou d’unhomme fort replet, qu’il est gros comme un muid. Ondit ausii à un homme qui s’en va : il vaut mieux quevous vous en alliez qu’un muid de vin.

MUIRE ou MURE. f. f. Terme des Salines de Salins enFranche-Comté. C’est l’eau salée qu’on tire des puits,ou fontaines salantes, pour en faire le sel. Muria 3 aquasalsa. Les muires ne peuvent servir grandement lansêtre cuites, ôc tellement réduites, que le potable ôcdoux étant évaporé ôc consommé, le íel tout seul ré-side. Gollut. Puits à muire ; c’est un puits d’où l’ontire la muire. Voyeç Gollut dans ses Annales desBourguignons , L. II. c. 2j 3 28 3 2p 3 30 3 31 3 32 3où il décrit les muires , les puits à muire 3 &c.

Ce mot vient du Latin muria 3 qui veut dire sau-mure.

M U K. •

MUKEN. s. m. Mesore dont on lé sort à Anvers pour lesgrains. Il faut quatre mukens pour faire le viertel, ôc37 viertcls ôc demi pour le last.

MUL.

MULAT , ou MULATRE, ou MULATE. adj. m. ôc f.souvent employé substanrivement.Termede Relation.C’est un nom qu’on donne aux Indes à ceux qui sontfils d’un Nègre ôc d’un Indienne, ou d’un Indien ôcd’une Négresse. Hybris 3 hybrida. A l’égard de ceuxqui sont nés d’un Indien ôc d’une Espagnole, on lesappelle Métis : ôc on appelle J ambos, ceux qui sontnés d’un Sauvage ôc d’une Métice. Ils sont tous diffe-rens en couleur ôc en poil. Les Espagnols appellentaulsi Mulates 3 les enfans nés de pere ôc de mere dedifférente Religion, comme d’un Maure ôc d’une Es-pagnole , ou au contraire.

Ce mot est une grande injure en Espagne, ôc est dé-rivé de mulet , animal engendré de deux différentesespèces.

MULATESSE. f. f. M. Frezier dit Mulatejse au fémininde Mulatc. Voyez son Voyage à la mer du Sud, p.230. Les Mulatesses sont souvent reconnoistables ence quelles sont d un plus grand propre, que les autres.Fréz. Mais cet Auteur n’est point d’une autorité aisozgrande pour nous faire recevoir ce mot, & il vautmieux s’en tenir à l’uíàge, qui fait ce mot masculin ôcféminin.

ffJT MULCTE. f. f.T erme de la Langue barbare du Palais,synonime de peine, amende. Mulcla. Il nous a donnéMulcler 3 qui n’est pas moins barbare.