Band 
Tome sixieme. [MIT - PRO.]
Seite
129
JPEG-Download
 

N A I

conserve avec ordre, des représentations si naïves detant d objets, dont nous avons été frappés depuisque nous sommes au monde, n’est-elle pas le pro-dige le plus étonnant 3 FÉnel. Il est: sur-tout en usage ,dans la Poësie , lorsqu il se prend pour naturel & íansfard. Une beauté naïve. Les grâces naïves. L,es couleursnaïves de son teint. Perrault fait dire a l’amitié :

J’ ai le visage lonv , & la mine naïve ,

Je suis fans finesse &sans art. Perr.

ìsT Ce mot se prend quelquefois substantivement. Lagaieté des sujets, l’agrément du coloris , un certainnaïf , dans les figures de l’école Flamande plaisentuniversellement. Gersaint. Le naïf emporte de soi-meme je ne sçais quoi dc petit, ou de moins éle-vé. Bouh. La Cour désabusée

Distingua le naïf du plat & du bouffon.

Ce mot s’est formé du Latin nativus , qui signi-fie naturel.

§3* Toute pensée naïve, dit Bouhours, est naturelle;mais toute pensée naturelle n’est pas naïve. Le na-turel est opposé au recherché , & au forcé. Le naïf estopposé au réstéchì. C’est l’expreísion la plus simpledîme idée dont le fonds est fin & délicat.

Le grand & le sublime n’est point naïf , Sc ne le

' peut être. Le naïf emporte de soi-mcme je ne sçaisquoi de simple, ou de moins élevé. Voye^ Naïveté.

fCT Sincère, franc, naïf, ingénu, synonimes. L’hommesincère ne peut parler autrement qu’il ne pense ; c’estune vertu. L’homme franc ne sçauroit dissimuler ; c’estun effet du naturel. L’homme naïf dit librement cequ’il peníe; cela vient quelquefois d’un défaut deréflexion, de la vivacité, de l’imprudence. L’homme in-génu ne sçait rien cacher ; c’est souvent une bêtiseVoye tç ces mots.

NAILE. f. m. Nom d’homme. Natalis. S. Naile étoitAbbé de Ki lnamanach, dans l’Osiorie en Irlande. ÊnFrançois nous disons Noël, en Irlandois on dit Nail.C’est de-là que vient le nom de ce Saint. ChastelMartyr. 2 j Fév.p. 432.

NAÏM ou TAIMI. Nom d’un bourg du Royaume deTripoli ,en Barbarie. Naïma. Il est fur le golfe de Si-dra, vis-à-vis de i’île de ce nom, Sc au couchant del’Árcudia. Maty.

Naïm. C’étoit anciennement une ville de la Tribu d’is-sachar , en Galilée. Nàim. Elle étoit à une lieue Sc de-mie de Nazareth, vers le midi. Cette ville où Jésus-Christ ressuscita un jeune homme qu’on portoit autombeau, Luc , VII. est maintenant ruinée. Naïmétoit aux confins de la Tribu de Zabulon, à deux lieuesau midi' du mont Thabor , & près d’Endor , c’est-à-dire , de la fontaine de Dor. P. Lubin. On appelle laveuve de Naïm, la mere de ce jeune homme que J. Cressuscita.

NAIN, AINE. s. m. Qui est de taille excessivement cour-te , beaucoup plus petite que la taille ordinaire. Pumi-lus , pumilio , nanus. Les nains Sc les muets font fortune à la Cour du Grand-Seigneur. On dit aulìì , deschevaux nains.

Le mot de nain, vient de nanus , Sc de mi>oç, quisignifient la même chose , l’un en Grec, l’autre en La-tin. Quelques Auteurs croient que ravoç s est forme de** ded ’âm , non fuprò., parce que les nains ne s’élé-vent pas beaucoup au-deílus dc terre.

Les Arabes appellent nafnas , Sc au pluriel neffanes,Sc naiffaïs , une espèce de petits hommes, que nousappelerions despygmées, Sc c’est peut-être d’ou lenom de nanus , qui signifie un nain, a ete forme.Li Herbelot. Le mot François vient du Latin nanus.Le nom Latin , selon Festus , vient du Grec > quisignifie un vase petit & bas. Voisins croit qu il se rrom-? e , -c C í* dérive le Latin, nanus , du Grec woc., quilignine la même chose , & le Grec, vávoi , de 1 He-breu , nïn , qui signifie fobolefcit ; state innova-

tue 0tT T o xrLV.*.' r\ -" V - -C à

C11

N A I 129

Nain , est aussi le nom d’un vase dont les Grecs se ser-voient ; il étoit bas, peu élevé , ce qui lui fit donnerle nom de nain. Voye? l’article précédent.fjtêF En Jardinage on appelle arbres nains, arbores pumi-la , des arbres fruitiers taillés en buissons, auxquelson ne forme une tige que de huit à dix pouces de hau-teur. Du Hamel. Les arbres nains ne durent pas silong-tems que les arbres en plein vent.

On appelle aussi buis nain , une forte de buis quine devient jamais si grand que le buis ordinaire. Il y aaulsi de petites fèves qu’on appelle naines, Sc qui fontfort bonnes.

Le petit œuf, ou Yœuf nain , que les Ornithologis-tes nomment communément ovum centerávum, est ledernier que la poule pond dans la saison ; cet œuf,pourl’ordinaire, ne contient point dc jaune, mais uneespèce de glaire, ou de blanc. Morton, dans son his-toire natuttllc de Northampton assure qu’il a vu despoules qui ne pondoìent que des œufs nains. Ces œufsfont stériles. Malpighi en explique fort au long laraison.

IJCT Nain. Nom dune idole. Voye% au mot NAMUR,ville.

NAIN-LONDRINS. f. m. pi. Ce font les draps finsd’Angleterre, tous fabriqués de laine d’Espagne, quisont destinés pour le négoce du Levant.

NAIOTH. Nom d’un lieu de la Terre-Sainte. Naïoth.

Il étoit dans une contrée de la Tribu de Benjamin,nommée Ramath, ou Ramatha, à deux lieues au nordde Jérusalem, en tirant à Béthel. P. Lubin.

NAÏPE. s. m. Terme de Relation. Juge de village, Bail-li de village chez les Turcs. Judex in vico apud Turcas.Les Naïpes font au-dellous des Cadis.

NAÏQUE. f. m. C’est le nom qu’on donne au Princeou Roi de Gingi.

NAIRANGIE. f. f. Espèce de divination que l’on tireparmi les Arabes , des divers phénomènes du soleil Scde la lune. Naïrangia. Photomantia.

Naïran, en Arabe est le pluriel de Naïïr, Sc signifieles lumières. Naïrani , au duel, signifie particulière-ment le soleil & la liine, que l’Ecriture appelle les deuxgrands luminaires ; & c’est de ce mot que celui de Naï-rangia a été formé. D’Herbelot.

NAÏRES. Terme de Relation. Voye% Nahers.

NAIRN. Ville d’Ecoffc , dans un Comté de mêmenom, situé dans la partie occidentale de la province deMurrai. Ce Comté Sc la ville, prennent leur nom dela rivière de Nairn, qui se jette dans la mer auprès deNairn.

NAIS. Vieux mot qu’on trouve pour dire, né, de mê-me qu’on trouve nais ement , pour dire naissance.NAÏS. f. f. Mere du Centaure Chiron , selon Pline.NAIS AGE. s. m.Terme de Coutumes.Droitde faire rouirion chanvre dans un étang. Jus macerandi , on subigen-di in aquâ cannabim.

NAISER. Voye% Rouir.

NAISOIR. Voye? Routoir.

NAISSANCE, f. f. Il se dit premiercment de l’homme,& signifie, commencement dette, le moment où l’onnaît Sc où l’on jouit de la vie ; sortie de Pensant horsdu ventre de la mere. Ortus , exortus. Les Païenscroyoient que Lucine présidoit à la naissance des en-fuis. La naissance des enfuis est un des premiers fruitsdu mariage. Les enfans persuadés que la naissance n estpas la plus grande obligation qu’ils puiflent avoir àleurs peres, murmurent même de la vie qu ils leuront donnée, lorsqu’ils ne la leur rendent pas agréa-ble. M. Sc.

Un pur hasard,sans nous , règle notre naissance.

Corn.

On fait de grandes réjoui fiances a la naissance d’unDauphin. On a toujours inclination de revenir au lieude ía naissance. On célébroit autrefois le jour de fanaissance.

n -T f . s — "S"*"*" J y ih-m-ww _ -,

tus ejt. r.a vente est que pi , en Hébreu, signifie Naissance, en Astrologie, signifie le point auquelnaîtJuins, Sc qtion trouve pi, dans les Plcaumes en ni- un enfant, eu égard a la disposition du ciel Sc des as-pnnlj pou x fobolefcit. tres. Genefis , thema genethliacum , horoscopus. Les

Tome VI, * R