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nìlles, les vers à foie, les fourmis en naissent auffi. !Quelques Philosophes ont cru que les infectes nais-jent de la corruption. Dans le nouveau système toutanimal naît d’un œuf.
f CT Naître, se dit auffi de ce qui pousse,de ce qui fort deterre, des herbes, des Heurs , & de toutes sortes d’ar-bres & de plantes. Pullulare , erumpere , enasci . Cesoeillets naissent de graines, ces autres de marcotte. Ondiroit beaucoup mieux que les œillets , les plantes ,
<S'c. viennent de graine, de semence, fe multiplient parle moyen des semences, des graines. Un chêne naîtd’un gland, un saule de bouture, il faut que le grain ger-me & pourrisse, avant que d’en faire naître d’autre.
En ce sens on dit que les arbres naissent ou ne nais-sent pas, en telle contrée. Les palmiers naissent dansles pays chauds. Tous les aromates naissent en Orient.
Les sapins naissent dans les pays froids, pour direqu ils y font produits.
Naître , précédé du verbe faire , signifie, causer , pro-duire. Afferre generare , producere. Les navets, lesmarrons, font naître des vents dans le corps. La crapulelui a fait naître des boutons fur le nez.
Naître. Se dit figurément des choses qui commencent àparoître tout-à-coup par quelque événement extraor-dinaire. Le tremblement de terre fit naître des îles endes lieux où il n’y en avoit jamais eu. Acad. Franç.$s? On dit en ce sens qu’on a vu naître la fortune dequelqu’un, qu on en a vu le commencement ; & abso-lument , qu’on l’a vu naître. Il ne fait que de naître j safortune ne sait encore que de commencer.ts? Naître se dit encore au figuré de certaines choses,pour dire prendre son origine, être produit. La Répu-blique Romaine ne faisoit que de naître , quelle étoitdéja redoutable à ses ennemis. Ce ruisseau naît à unelieue d’icì.
fìCT On le dit en ce sens dans les choses morales , pourcn marquer l’origine.Les passions naìstent les unes desautres. La haine naît quelquefois de l’amour. La véritable complaisance est celle qui naît dc l’amitié, &qui est conduite par la raison. S. Evr.
ÇCr On s’en sert auffi pour en marquer le commencementJ’ai vu naître cet amour. On ne s apperçoit pas d unepaillon iorsqu’clle ne fait que de naître. Bouh.
On l’emploie de même en parlant des a flaires. Unprocès naît d’un autre. Cela a fait naître une nouvelledifficulté dans mon affaire.
Naître, fe dit encore en parlant de l’orìgine de l’homme,eu égard à la qualité de fes parens. Procreari , nasci.
C est un avantage que de naître Gentilhomme,de naîtrePrince. C’estune grâce que Dieu nous a faite, de nous |faire naître Chrétiens. Quand on a le malheur de naîtrepauvre & de bas lieu, on a bien de la peine à s’élever.
Non facile emergunt , quorum virtutibus obstat
Res angusta domi. Juv.
ís? On le dit encore en parlant des dispositions naturel-les , du génie & des talens. Naître Poète , naître Pein-tre. On naît Poète, on devient Orateur. NascunturPoëta 3 fiunt Oratores. Être ne' pour une chose, pour laguerre, pour les lettres, &c. c est avoir une heureusedilpoiition.de la nature pour ces choses.
Naître se dit proverbialement en ces phrases. Je fuisauffi innocent de ce crime, que l’enfantqui est à naître.
On dit populairement, il est à naître que, pour dire,
1 n est jamais arrivé que. Il est à naître qu’un jaloux
oime en repos. Cette phrase est un pur galimathias.
On dit auffi poétiquement, que les Heurs naissentlous les pas d’une personne ; pour dire j quelle mar-ia C £ Ç ait toutes choses avec beaucoup de grâce.
n dit de mente d’un Auteur qui écrit avec beaucoup
^ â’élégance , que les Heurs , que lesro-les "«FE lotis fa plume.
1 Pai 'V Natus , ortus. Son fils, lequel lui est né
d Tl dc Da T id íclon la àh. P. Bouh. Rom. 1 J
j. mt quelquefois avec des épithètes : comme
mor ne , aveug bien-né, mA-né 3 pour expliquer de bonnes, de mauvaises inclinations, ou dis-positions-
NAI IZI
Aux âmes bien nees ,
La vertu n’attend pas le nombre des années.
Corn.
Le petit peuple joint le mot de natif a celui de né }
8c dit, il est né natif d’un tel lieu.
Premier-né. adj. Terme de l’Écriture-Sainte. C’est le pre-mier enfant mâle. Primogenitus. Et quand le tems futaccompli, la Vierge enfanta son fils premier-né. Il n’a-voit point eu de commerce avec elfe , lorlqu’clle mitau monde ion Fils premier-né ; 8c il lui donna le nomde Jésus. P. Bouh. Matth.l, 2g.
Il est auffi subst. L’Ange destructeur extermina lespremiers-nés d’Égypte.
Nouveau-né } adj. 8c í. m. Qui est né depuis peu de tems,qui vient de naître. C’est un enfant nouveau-né. C’estun nouveau-né.
Il fe dit auffi au figuré, & en badinant, des produc- ,rions de l’eíprit.
Hélas ! c’est un enfant tout nouveau-né, MadameEt c est dans votre cœur que f en viens d’accoucher.
Moi.
On dit aussi, qu’un homme est né pour quelquechose; pour dire, qu’il a de grandes dispositions natu-relles à la bien faire. Natus } à natur á faclus , com-paratus ai aliquid, il est né pour la peinture, pour 1 it-loquence, pour les armes, pour l’étude.
Boilcau nous dit dans son écrit ,
Qu’il n est pas né pour l’éloquence •
Je ne fais pas ce qu’il en pense ,
Mais je pense ce qu’il en dit.
fs? On appelle un Conseillcr-ne , celui à la dignité du-quel est attaché le droit de séance au Parlement. L’Ar-chevêque de Paris est Conseiller d’Honncur né du Par-lement de Paris. C’est-à-dire , que tous les Archevê-ques de Paris ont droit de séance au Parlement. Untel Prélat est Légat né du S. Siège. L’Archevêque deNarbonne est Président né des États de Languedoc :c’est-à-dire, que le droit dc présider les États, est atta-ché à ce Siège.
■fsl' Et familièrement, on dit qu’un homme est né priédans une maison, pour dire, qu’il n’a pas besoin dette,invité.
On dit proverbialement qu’un homme est né-coctfc ,quand toutes choses lui réussissent. On le dit au proprede ceux qui ont en naissant une coéffe ou membranefur leur tête.
NAÏVEMENT, adv. Avec naïveté. Voye j ce mot. Can-dide j ingénue. Ce Peintre a tiré ce viíage fort naïve-ment. Cet Auteur écrit fort naïvement , a un style fortnaïf. il a fort naïvement confessé fa faute. C’est êtreincivil, que de dire naïvement la vérité. Bell. Quel-quefois nous pensons exprimer naïvement les grâcesdu naturel, lorlquc nous tombons dans une simplicitébasse & honteuse. S. Evr.
NAÏVETÉ, s. f. Sinceritas , ingenuitas , animi candor.La naïveté fait dire librement ce qu’on pense. C estlïngénuité même caractérisée par des traits qu on au-roir loi même intérêt à déguiser, & qui nous donnentquelquefois avantage fur celui auquel ils échappent.La naïveté d’un enfant. La naïveté d un paylan. Cethomme , si secret dans le fond, paroit e oigne de ladissimulation , juíqu’à approcher de la naivete. Dansla conduite, auffi bien que dans le style , cette naïvetéest le triomphe de 1 art dans ceux a qui elle n est pas
naturelle. , . ,
SC? Une naïveté, ou une ingénuité naïve est un trait,une pensée qui n’a rien de réfléchi, 8c qui souvent mê-me n’échappe que par un défaut de réHexion. Auffi clicsait souvent tort à celui a qui elle échappe , 8c offenseles autres.
KC? Souvent ce mot est employé pour marquer cettesimplicité naturelle , qui n’a rien d’étudié ni de réflé-chi, arec laquelle une chose est exprimée ou reprí-
Rij