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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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plus belles nappes font les plus garnies : mais elles nedoivent pas tomber d une grande hauteur, parce qu’el-les fe déchirent, c’est-à-dire , que les eaux se divisant& ne faisant plus qu’une chute frangée & irrégulière,chaque ligne d’eau tombe séparément.

Nappe de Blé, fe dit des blés fur pied , quand ils fontbeaux , Sc qu’ils couvrent également la campagne.Triticea mappa. Voilà une belle nappe de blés , ou sim-plement , voilà une belle nappe. '

Nappe , fe dit aullì chez les Pêcheurs, de la partie la plusdéliée d’un filet. Mappa reticularia. Dans un tramailla nappe est la toile au milieu qui a de petites maillesde fil délié, qui entre dans les graiidcs mailles, 8c quisert à y engager le poisson qui donne dedans.

C’est encore un terme d’Oiíeleur, qui signifie un fi-let fait de bon fil, qui sert à prendre des Cailles, desallouettes, des ortolans.

fCT Les Bouchers appellent nappe 3 un grand morceaude toile attaché à la tringle où ils lufpendent avec desalonges la viande qu’ils dépècent.

N A Q.

NAQUE-MOUCHE , f. m. C’est le nom d’un petit ani-mal fort joli qu’on voit dans l’íle Mévis. Il est fort pe-tit 8c a quatre jambes. Il leiublc couvert dc brocardd’or & d’argent avec un mélange de vert & dautresbelles couleurs. Il est si familier, qu’il va dans les mai-sons à l’hcure du dîner y prendre les mouches fut latable, fur les mains & fur les habits de ceux qui man-gent. Il fait cela avec tant de promptitude, qu’il semblequ’il vole. Il pond ses œufs gros comme un pois fur lefable où il les laisse éclorre au soleil. Il prend la couleurde la place où il fe repose, comme le caméléon , étantvert sur les palmiers, jaune fur les orangers, &c.

NAQUERE. f. m. Sorte d’instrument ancien , que Borelcroit avoir ressemblé aux cymbales dont les Allemandsfe fervent dans les armées.

NAQUET. Foyer; Nacquet.

NAQUETER. Foye% Nacqueter.

NAQUETTE. f. f. Autrement Naguette. Marchandelingère qui vend en détail les dentelles & la toile qu’ellcprend dans les magasins des gros Marchands.

On dit plus communément Noguette.

N A R.

NAR. Nom d’une petite ville du Royaume de Pologne.Nara. Elle a une Châtellenie , 8c elle est située dans lePalatinas de Czerko,en Mazovie, fur la rivière de Bug,à 16 lieues de la ville dc Bielsko, vers le couchant.Maty.

§CT NARA. Ville du Japon , dans la grande île Niphon,dans la province de Jamatfyro.

NARANGIA. Ville d’Afrique, au Royaume de Fez,dans la province de Habad , à trois milles d’Ezagan.

NARBATÈNE. Canton de la Palestine auquel la villede Narbata donne ion nom. Ce canton, félon Jofephe,étoit voisin de Céfarée de Palestine.

NARBONNE. Ville France , dans le Languedoc , fur1 Aude, a deux lieues du golfe de Lyon & à vingt deMontpellier , vers le couchant. Narbo , Narbona ,Narbo Martius. Cette ville n’est pas des plus grandes ;mais elle est fort peuplee, & considérable par la quan-tité des beaux draps qu’on y fabrique. Elle est fortifiée,& a un Archevêché, dont 1 Archevêque prend le titrede Primat du Languedoc, 8c est Presidcnt-ne des Étatsde cette province. Narbonne fit porter son nom a unepartie des Gaules, qu’on appela Gaule Narbonnoife.Cette ville fut si estimée des Romains, qu ils Rappe-lèrent la sœur de Rome. On y voit les restes d un Ca-pitole , d’un Amphithéâtre, 8c de plusieurs autres édi-fices, dont les Romains l’avoient ornee. Maty. FoyeyValois, Not. Gall.p. 370. Polybe dit que Narbonnefut bâtie par les Romains dans la CLX- Olympiade,l an de Rome 63 6 , fous le Consulat de Porcius 8c deMarcius. Licinius Crassus y conduisit une colonie Ro-maine , qui fut la première des Gaules , & la secondequi fut conduite hors d’Italie. Carthage qui fut la pre-

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mière, n’est que de trois ans auparavant. Narbonne està 43 d. 1 j m. de latitude , & à 20 d. 2 j m. de longi-tude. Acad. des Sc. M. Harris ne la met qu’à 20 d.1 m. de longitude. Il faut s’en tenir à Messieurs del’Académie.

Le golfe de Narbonne. Narbonensis finus. Ce golfeest une partie de celui de Lyon. Il est entre le bourg deSigean, 8c la ville de Narbonne. Il reçoit la branchede l’Aude qui passe dans cette ville ; & on y voit versle fond, sept écueils qu’on appelle les iles de Narbonne,anciennement Pepla infula.

Narbonne. f. f. Nom d’une espèce de pêche, ainsi nom-mée apparemment, parce qu elle est venue de Nar-bonne. Malum Persicum Narbonense. Les pêches dePau, les blanches d’Andilly & les Narbonnes , ont unegrande beauté ; mais une beauté fardée. La Quint.Tom. 1 . p. 4.18. Les Narbonnes font du nombre despêches qui ont l’eau fade 8c insipide, avec un peu devert & d’amer. Id. p. 42 y.

NARBONNOIS, OISE. f. m. & f. & adj. Qui est'deNarbonne, qui appartient à Narbonne. Narbonensis.Les anciens Narbonnois étoient une colonie de la di-xième légion. La Gaule Narbonnoife. Foye\ Gaule.Les troupes Narbonnoifes.

NARCAPHTE. f. m. Narcaphtum. Diofcoride dit quele narcaphte vient des Indes, 8c qu’il a l’écorce grosse8c semblable à celle du sycomore, ou figuier s auva-ge. On le brûle en parfums pour faire sentir bon,8c on le mêle aullì parmi les parfums. Celui-ci estbon contre les oppilations de la matrice. Matthioleajoute que Theophraste ni Pline n’ayant point parlé dunarcaphte , il leroit bien malaisé de déterminer quellechose on peut aujourd’hui apporter des Indes qui soitsemblable au vrai narcaphte , si ce n’est ce que les Épi-ciers nomment tignamé, mdt corrompu de thymiama ,qui veut dire parfum. Il y a peu de compositions odo-rantes , où le tignamé ne soit mêlé, outre qu’il peut ser-vir lui seul de parfum, ce qui fe rapporte entièrementà ce que Diofcoride rapporte du narcaphte ; de fortequ’il ne faut pas s’étonner, silaisiànt le nom propre dcl’arbre où il croît, il a pris celiai de tignamé , venu dumot Grec éjyíapa , parfum.

NARCISSE, f. m. Plante qui poulie de fa racine desfeuilles presque semblables à celles de poireau, decouleur verte-pâle. Narcissus . Il s’élève d’entr’ellesune tige plus ou moins haute, cannelée, creuse &succulente , au sommet de laquelle est une membraned où sort une grande fleur à une feule feuille blanche ,8c entouree de six feuilles pâles 8c purpurines, atta-chées si fortement à cette Heur , que le tout ensembleparoit être une feule pièce : elle est d’une odeur sortagréable. Lorsque la Heur est passée , il lui succède unfruit assez gros, triangulaire, divisé en trois loges,remplies de semences noires ,p>refqUe rondes. Sa ra-cine est bulbeuse. En Latin, Narcissus albus m as noodore, flore cceruleo pallido. C. Bauh. Pin. 40. La Heurdu narcisse est un peu narcotique; fa rácine est déter-sive , adoucissante. Fleur chérie des Divinités infer-nales , dit Sophocle , à cause du malheur arrivé aujeune Narciss e. On offróit aux Furies des couronnes 8cdes guirlandes de narcisse , parce que, selon le Com-mentateur d’Homère, les Furies engourdissaient lesscélérats, selon l’étymológie du mot narcissé.

Ce mot vient, à ce que l’on dit, de Narciss é , qui ; se-lon la Fable,fut changé en cette fleur.Qbelques Auteursle tirent du Grec : ápxn , assoupissement ; car on prétendque le narcisse a la propriété d’aílouplr. Clément Alex.L. II- Pedag. Pline, L. XXI. c. p. Plutarque , Symp.L. III- Prob. I. Voísius.

Il y a plusieurs efpeces de narcisses. Les plus communsfour le Constantinopolitain , le Boncorc, celui de Ra-gufe, le Crenelé, le Jaune, le Sauvage étoilé , le pe-tit & le grand Rofal, le Montagnard tardif , celui deNarbonne, 1 Anglois, le Tiers dé Mathiolc, l’Hémé-rocale de Valence.

L Angiois a la Heur un peu plus grande que celui deNarbonne ; il a aussi le godet jaune , mais égal par-tout.

Le Boncore ne diffère du Constantinopolitain qtj’esl