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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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o

si m. Un grand O, un petit o , un obienfait, ou bien formé. La quin-zième lettre de f alphabet, & la qua-trième des voyelles. Grégoire deTours, Hist. Liv. V. c. 44, dit, quec’est Chilpéric qui ajouta l’O à 1 al-phabet François avec trois autres let-tres , >v, X, G. Les GrammairiensRappellent une voyelle fermée , ou reíferrée , parcequ elle fe prononce en relferrant la bouche. Chez lesLatins l’o avoit tant d’affìnité avec Vu, qu’ils confon-doient aisément ces deux lettres. Ils écrivoient consol y8c prononçoient consul. Voye% les Inscriptions de G ru-rer ,p. LXVI 3 n. 7 , p. CII, lig. 248c p. D , lig. 2p.De même JEquom, p. .CDXCIX y n. 12. Aordíus ,pour Aurelius ,p. XCV , 6. Compascuos ager ,p. CCIV.Ded.eront3p.Lll3 12. XCVj 6. Duomvir,p. CDXLIV.S. Erodito, j p. DCLV3 13 <S ’c. Et encore vivos , salvos,Folcanus 3 &c. L’o par ses deux prononciations , longSc bref, représente l’« , & l’o des Grecs. L’oméga feprononçoit comme deux 0O3ÔC nous le marquons longpar {'addition d’une lettre , ou plutôt par un accentcirconflexe , comme hôte, côte. L’omicron sc pronon-çait furie bord des lèvres, 8c d un son plus clair &plus délié ; 8c nous le prononçons bref, comme dansobéir. Car quoique nous n’ayons qu’une lettre 0 , com-me les Latins, nous avons cependant dans la pronon-ciation deuxo différais , l’un long & l’autre bref; l’oest long dans hôte , poser ,8c-dans fes dérivés compo-ser 3 supposer j &cc. dos , dossier , endosser, manara-

C ore 3 Pandore 3 lods , los , More y rôtir , &c. Il estref dans poste 3 obélisque , riposte , compote 3 pot jsotjSc une inimité d’autres. L’d long fe prononce en alon-geant plus les lèvres, 8c faisant leur ouverture plusronde , qu’en prononçant l’o bref.

L 0 avec m ou n , a quelquefois une prononciationobtuse : 8c alors, s’il est précédé d’un a , il forme une■diphtongue. La ville de Laon, un paon ,un faon : pro-noncez Lan 3 pan ,san. Les mots où l’o est íuivi d’une seul, iie forment qu’unc íyllablc. Dans ceux où ïe estíuivi d’un u les trois voyelles ensemble ne s<i pronon-cent que comme ïe 8c Vu dans feu 8c dans jeu. Ainsice us, bœuf, &c. prononcez eus, beus Dans ceux où ilest íuivi d u ne comme œil , œillet, œillade , bien desgens prétendent qu’il faut les prononcer comme ei danssoleil 3 merveille , &c. Dans ceux où l’o 8c ïe ne fontsuivis d’aucune autre voyelle, le ion de l’o & de l e fefait entendre fous une feule prononciation : ou plutôtcomme vm p bref & un ê long, boète. Oi fe prononcecommununenrcominc ê dans être,senêtrc. Ainsi con-jioitre , paroitre , prononcez connétre , parêtre , â’c.-oiou oy à la tin des mots fe prononce comme une diph-tongue , en faiíant sentir deux fons; o bref & ê , pau-tois 3 minois 3 prononcez potocs , minoês. Quand iln’y a point de consonnes a fa fin après 1 i ou 1 y grec, leion de cet i prononce en z,est moins \ong,Roy,loy,foy,moi , chorroi 3 &c. ccs deux lettres fe prononcent tou-jours ainsi. i°. Lorsqrfelles terminent le mot, comme•emploi 3 envoi 3 convoy, jstppercoy, &c. z l \ Lorfqu’el-les ne font suivies que d un r ; 8c dans les monosylla-bes , de quelque consonne que ce soit qu’elles„ soientsuivies. Voir3 noir, soir,sois } coin, loin. ( J’en excep-terais pourtant l’s. Car on dit bois, mois 3 commebots j moês. Il ne faut pourtaritpas ouvrir trop la bou-che en prononçant ces lortes de terminaisons.) 3°.Dans

les mots où 0 8c i terminent la syllabe, mémoire , his-tqire3 gloire, droiture , Moine , Chanoine , poison , toi-Jòn 3 voile, étoile 3 &c. Regn. des Mar. Quelquefoisïo avec un y a le son d’un e , noyer y nétoyer y quel-ques-uns prononcent neyer, néteyer. Id.

O 3 s est souvent changé en ni dans noue langue. Dctot

s’est fait faitjComme de coclus, cuit ; de nocle, nuit ; deostium 3 huis ; de post , puis. Tuit est le nom de quel-ques lieux, 8c fait la terminaison de quelques autres,comme Braquetuir, Pontis tosta. Huet, Orig. de Caën 3c. 21. De même de potens , s’est fait puissant, dePodium 3 Puy ; de nocere y nuire ; de modius y muid \de Boii 3 les Buies, &c.

O, est quelquefois article, & la marque du vocatif. OMuse, je t’invoque. Une jolie fable du Rossignol vain-cu , dit, que

Honteux , exclus de tous fes droits 3II se retira dans les bois ySes plus agréables refuges :

O à depuis il a dit cent fois jO Nature , ôteymoi la voix 3Ou donnepmoi de meilleurs juges.

O, est souvent une interjection, & on s’en sert pour in-voquer à son secours, pour admirer , pour fe plaindre,pour fe moquer, invectiver, 8c faire toutes fortes dé-clamations. O Dieu immortel ! O que cela est beau !O qu’il est ridicule ! O que j’ai mal à la tête ! &c. O monPere, lui dis-je tout effrayé, ces gens-là étoient-ils Chré-tiens 1 Pas c.

On fe sert souvent de ce terme fur mer pour appe-ler ceux à qui on veut parler : la raison est que le for»de ce mot est fort, 8c fe fait entendre de loin ; il rendattentifs ceux à qui on adresse la parole. O du navire ,fe dit lorfqu’étant en route, on veut parler à ceux d’unnavire dont on ne fait pas le nom. O du Neptune »hola, &c. pour parler à ceux du vaiílèau appelé Nep-tune. O d’cn-haut, disent ceux qui font fur le pont,pour parler à ceux qui font fur les mats, & les ver-gues , &c. O hâle , ô hisse, &c. fe dit pour avertir dchâler, de hisser, &c.

O, est aussi un vieux adverbe, qui signifioir maintenant xdésormais.

Plus n en ferai ò mention. Jaquemars Gieeée.

Il fe trouve aussi souvent dans la signification d’avec»

De vous mettre en prison o ly yQui ave\ le cœur fi joli.

Les Paysans le disent encore dans quelques pro-vinces.

O, fe dit aussi à l’Optatif. O que plût à Dieu ! O que n’ai-je encore la force !

O, en termes ecclésiastiques, fe dit des Antiennes, quel’Églife chante neuf jours avant Noël. Sonner ÏO. Al-ler à l’O. Chanter l’O. On appelle ces Antiennes lesO de Noël, parce quelles fe chantent avant Noël, 8cquelles commencent toutes par des O. Les O, selonl’ufage de Paris 8 c de Rome, ont été traduits en Fran-çois. Nicolas Fontaine fit imprimer à Paris, in~n, lesOde l’Avent, avec des réflexions.

O, si m. s’est dit en quelques endroits pour signifier une.large ouverture faite à la voûte de la Nef d’une Église,en forme circulaire, pour élever les cloches 8c les ma-tériaux nécessaires aux réparations de l’entablementde la charpente, & de la couverture. C’est ainsi quel’on explique dans la Descript. Géogr. & Hift. de UtHaute Normandie, Tom. I. p. p & 10. l’épitaphe del’archirecte qui a achevé, dir-on, l’O, la Nef, 8c lesfous ailes de l’Églife de Caudcbec. Mais ce mot paraîtsignifier plutôt la Rose de l’Églife. Dans la Table Chro-nologique de l’Histoirc Ecclésiastique de Reims parPierre Cocquault,p. s <j6,on dit qu’un grand vent rui-na le jour de Pâques ij 8 o plusieurs grands bârimens