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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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P APICOLE, adj. & L Terme de mépris, dont quel-ques Protestons se tour servis en parlant des Catholi-ques Romains, pour leur reprocher le respect qu’ilsont pour le Pape. Du Latin Papa Sc colère. Papa.cultor.

PAPIER, f. m. Feuille mince , Sc artistement faite, furlaquelle on écrit. Charta,papyrus. On le fait en Franceavec du vieux linge. Il est blanchi Sc haché lì menuavec Laide des moulins , qu’il ne paroît que commede l’eaU trouble. On leve la superficie avec un moulefait ue fil de fer très-délié : on 1 egoutte , on le lailìcsécher, & on le colle, afin qu’il ne boive point. LesAnciens te servoient de l’écorce d’une plante qui croîten Egypte, qu on nommoit papyrus, d’où est venule nom du papier. On en fuioit aulìi des voiles, descordages, des habits, des couvertures , &c. commeenseignent Theophraste & Pline. Aux Maldives, il ya un arbre appelé macarequeau , dont la feuille estlongue d’une braise Sc demie > Sc large d’un pied,fur laquelle les habitans écrivent. Ils en font des livresqui durent autant que les nôtres. Les Turcs font íi su-perstitieux , à ce que dit Busbecq , qu’ils ne veulentprofaner aucun papier, mais le terrent fort propre-ment , parce qu on y peut trouver le nom de Dieu.Les Anciens donnoient divers noms au papier ; ilsl’appeloient Auguste, Livien 3 Claudien 3 Paunien ,Amphithéatrique suivant les diverses longueurs qu’il«voit j ou les divers usages où on lemployoit.

La papier se vend à la main , scapus ; & à la rame.< 'Chartarum scapi viceni. Il y a du papier fin, du papierréglé, lavé, doré, pour écrire des lettres ; du papierà châssis, Sc du papier pour les Imprimeries. Les livrescn grand papier font des livres qui ont de plus gran-des marges que ceux qui font en petit papier , quoi-.qu’ils soient de la même impression.

Les Imprimeurs appellent papier blanc, le premiercôté de la feuille qu’on couche fur la forme. Nouscommençons le papier blanc. Charta alba.

Le papier gris, ou brouillard, est du papier quiai’est point collé , du papier qui boit, Sc qui sert à fil-trer plusieurs liqueurs. On appelle aufii du papier.brouillard, celui qui ne íert,plus de rien, ou nonécrit. Corta bibula.

On appelle ausll vieux papiers , les papiers écrits,qui ne fervent plus de rien , des maculatures d’impri-merie qu’on vend aux Beurricres, aux Epiciers, pourfaire des cornets ou enveloppes.

Le papier bleu, est un. autre papier qui sert auxMarchands à envelopper quelques marchandises,cpmme les pains de sucre, les pièces dc toile, &c.De-là vient que, mettre en papier, signifie parmieux j envelopper des marchandises dans du papier.Du papier à carter, c’est celui qui est fans marque ,pour faire des cartes.

fsep Le papier marbré, est un papier fur lequel onimite le marbre , en appliquant plusieurs couleurs dé-trempées avec de l’huile ou du fiel de bœuf Chartavariis coloribus picta. Elle cn empeche le mélange, Scselon la disposition qu on lui donne avec un peigne,on fait les ondes Sc les panaches.

tE-*” Au Palais , on appelle papier timbre, du papier mar-que, ou formulé, le papier qui est marqué au coindu Prince , & dont on eit obligé de se servir pourtoutes les expéditions judiciaires, & pour les privi-lettres patentes,& autres actes. Papyrus signata.

IP* On appelle aussi un papier volant, celui qui ne fritpoint partie d’un ouvrage, d’un procès, d'unregistce;un écrit isolé , qui ne tient à rien. Charta rejeclaria.Ce n est qu’un papier volant, qui ne peut ctre consi-déré en Justice. Pat.

On appelle papier de compte, le grand papier soreque on écrit les grostes des comptes, les écritureses v °cars qu on appelle rôles doubles. Chartula ra-tione ia. On appelle des expéditions en papier , lesC °rchemin ^ locc ^ ures si 11 ' nc le delivrent point en

Papier a la Colberte , est ainsi nommé , parce que M.Colbert, Contrôleur General des Finances I" fit frirependant son ministère, & c’est pour cela qu'on voit ses

ârmeS à chaque feuille. On le nomme aussi papier decompte, parce qu’on s’en íert pour copier les comp-

. tes, & les mettre au net.

Papier à la Telliere . Il est plus petit que celui à laColberte, & fut fabriqué par ordre de M. le Tellier,dans le tems qu’il étoit Ministre. Il est pareillement àles armes. On le nomme aussi papier d’état, parcequ’il sert à copier les états.

Papier ; se dit aussi de ce qui est écrit, pir opposition àun discours prononcé, ou à ce qui est réel & effectif.Cette oraison funebre a paru belle dans la chaire >mais fur le papier , on y a bien trouvé à redire. Cettemachine paroît fort belle fur le papier ,• mais je doutequ elle réutilise en grand étant mise en œuvre.

fse? Papier j se dit aussi des livres-journaux des Mar-chands ; diarium , calendaria , tabuU • des registres,& autres, où l’on écrit ta recette Sc ta dépense", & cnce sens, on dit qu’un Marchand a un grand ordredans tes papiers.

fjseF Parmi les Banquiers, Agens de change , & autresqui se mêlent d u commerce d’agent, le mot de pa -pier s entend quelquefois des lettres & billets dechange. Ainsi, un Marchand dit : je n’ai point d'ar-gent a vous donner: je n’ai que du papier. Et l’on ditde bon papier , pour dire des effets qui feront bienpayés, où il n’y a rien à perdre; & mauvais papier ,quand il n’y a pas d’apparence qu’on en recevra faci-lement & exactement le payement.

ifT On dit dans le même sens, papiers royaux, papierspublics.

fseF Papiers ,en pluriel, sc dit de tous les titres Sc cr>íeignemens d’une maison, quoique la plupart soienten parchemin. Tabula. Tous les papiers qui justifientcette dixme font au trésor d’une telle Abbaye. On ascellé tous les papiers de cette succession. En me ven-dant fa terre , il m’a livré tous les papiers »

Papiers. Ce mot, au pluriel, signifie aussi quelquefoisdes manuscrits. Manujcripta. Après la mort de M. Paí-Ca ^d °s t s °uva quelques papiers, qu’on fit imprimeraussitôt.

Papier fur table. Cette expression signifie, à la lettre ,cn exhibant des actes ou autres pièces justificatives dece qu’on soutient, Sc dans un sens allégorique au pre-mier, preuve en main, ou démonstrativement. Com-bien d’opinions licencieuses ont été vérifiées papier íuttable ? Le P. de Laubrussel. Je vous le ferai voir,quand vous voudrez ,papier íur table.

Papier à taille. Rôle de tous les taillassiez d’une ParoisseSc de leur imposition, que les Collecteurs appellentabsolument papier. Je n’ai presque encore rien reçusur mon papier. Il m’est bien dû sur mon papier. Jesuis en avance fur mon papier, pour dire qu’on aplus payé en recette, qu’on a reçu. Les Taillables quisoupçonnent un Collecteur de détourner les deniersde la taille, l’obligent de représenter son papier, pourvoir s’il a acquitté cn recette toutes les sommes qu’ila reçues.

£seT Papier terrier. Registre qui contient les aveux & dé-nombremens, les reconnoillances faites par les vasefaux & tenanciers des droits Sc redevances qu’ils uoi-vent au Seigneur.

gO" Papier. Terme d’Eventaiilistes. Ils désignent p_ar cemot, tout ce qui est étendu fur le bois, & q 11 * * C1 5 aagiter 1 air. C’est souvent une cspèc càepapiei qu onappelle à la serpente. Quelquefois aussi , à la. p ace dupapier , on se sert de canepin , dc vélin , de taffetas,de gaze , &c. qu’on nomme wu)o\itspapter.

Papier , en général parmi le peuple , íe dit de toute sor-te de procédure & de papier écrit. Un paysan du a sonProcureur, on m’a donne hier ce papier : voyez ce

Papier , le dit encore d une plante qui croît en Egypte,sor le bord du Nil, & qui poulie quantité de tigestriangulaires hautes dc iixou íept coudées ; ses feuillessont longues comme celles du roseau. Ses Heurs toutà pluíieiu'séramines, difpoíces cn bouqutts ferres raixsommités des branches. Ses racines sont ligneuses,grosses, nouées œipme celles des roseaux, d’uneodeur Sc d’un goût semblables à l’odeur & au goût