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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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P A

Les deux mots pi-écédens viennent de Trapju } addo,composé de & â?a>.

£G” PARAGON. s. m. Vieux mot qu’on a dit pour pa-rangon qui n’est plus lui-même en usage.

PARAGONNER. v. a. Comparer. Voye\ Parangon-ner j ainiì que 1 écrit l’Académie. AJJim.ila.re , com-parare j conferre alterum cum altero.

Se Paragonner , est un terme de Fleuriste. Il se dit destulipes , & lignifie , revenir tous les ans avec un pana-che beau & net. Variegare. Quand les plaques demeu-rent bien distinctes des couleurs Sc du panache , ondoit espérer que la tulipe se paragonnera tous les ans.Cult. des Fleurs.

f£?PARAGOUANTE. Voye^VAMcAcvAmi.

PARAGOYA, CALAMIANES, PULOAM. Nomsd’uneîle de l’Océan Indien. Paragonia , Calamiana , Pu-loamum. Elle est entre File de Bornéo Sc les Philip-pines. Elle a environ cent lieues de longueur, Sc vingtdans fa largeur médiocre. Elle est peu fertile Sc malpeuplée ; & elle a son Roi particulier, que l’on dit êtretributaire de celui de Bornéo. On dit auffi que les habi-tans y distillent du riz, pour en tirer du vin , qui estmeilleur que celui de palme. On dit enfin qu’il y croîtdes figues dune énorme grosseur , épaisses comme lebras, Sc longues comme la moitié du bras. Maty.

PARAGRAPHE, f. m. Terme de Jurisconsulte. Il vientdu Grec, Sc signifie une section ou division qui sefait des textes des loix ; ce qui s’appelle ailleurs unArticle. Paragraphus articulus. Une telle loi est divi-sée en trois paragraphes. Il en a cité le premier para-graphe j qui est le second article.

ífT Paragraphe, se prend austï pour la marque qu’onappose à cette section. Mettre un paragraphe. La mar-que d un paragraphe cité, est faite ainsi §. Les Grecsíe servoient auílì de paragraphes pour marquer lescouplets ou strophes, ou autres divisions des odes, &des ouvrages poétiques. Qu’un homme à paragrapheest un joli galant ! Mol. C’est-à-dire, un Etudiant,ou un Régent en Droit.

£CT PARAGUANTE. f. f. On prononce Paragouante.Terme emprunté des Espagnols qui 1 emploient poursignifier une gratification ou petit présent que 1 on faità quelqu’un qui vient apporter de bonnes nouvelles ,ou en reconnoisstnce de quelque service qu’il a rendu:mais on le prend ordinairement en mauvaise part,pour désigner un présent que l’on fait à quelqu’un, oupour tenter sa fidélité, ou pour se le rendre favora-ble dans quelque affaire qui nous procure de l’avan-tage , & dans laquelle on a besoin de son crédit. LesIntendans, les Gens d’Affaires des grands Seigneursfont soupçonnés de recevoir de ces Paraguantes desMarchands dont ils arrêtent les Mémoires , ou dontils procurent le payement.

Ce mot qui n’est que du discours familier , est pu-rement Espagnol, Sc vient de para , pour, & guan-tes, des gants, parce qu’on ne donnoit d abord pour unprésent honnête qu’une paire de gants.

PARAGUAY , PARGUAíR. Il n’y a que le premierqui soit en usage dans notre langue. C’est une grandere gìon de l’Amérique méridionale. Paraguaìa, Para-guaria. Elle est bornée au nord par le Brésil, & parles Terres des Amazones, au couchant par le Pérou &par le Chili, au sud par les Terres Magellanìques,& au levant par la mer Magellanique. Ce pays jouitd’un air tempéré,& fournit toutes les choses nécessairesa la vie. Il y croît en particulier da coton, du sacre, de|a cochenille, & une plante nommée Coparibas, dontJe suc est un baume excellent. Les Espagnols ont plu-sieurs colonies en ce pays, que l’on divise en sept gran-es provinces. Ces quatre font le long de la rivière dejraguay. Paraguay particulier, Chaco, Rio de larivU-’ ? CJrvaìg. Le Técumon est au couchant de laM o Par ?8 ua y> le Parana Sc le Guay ra au levant.

« ‘ a dans le XIII e Recueil des Lettres édifian-tes curieuses, une Relation du P. Florentin deBour-

du $ Paraguay ’ ^ COnt * ent beaucoup de particularités

Paraguay propre. C est une des deux provinces septen-trionales du Paraguay - i a rivière de ce nom la sépareTome VI. r

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du Chaco, qu’elle laisse au couchant, Sc le Brésil laborne au levant. Ce pays est habité par plusieurs peu-ples j traitables Sc laborieux. Paraguaia propria. LesEspagnols n’y ont aucune colonie considérable; il y anéanmoins un Evêque qui fait fa résidence à l’AlIbm-ption, en la province de Plata.

La rivière de Paraguay , ou de la Plata. P araguaius,ou Argenteus fluvius. C’est un des grands fleuves del’Amérique. Il prend fa source vers les confins du paysdes Amazones, dans le lac de Xarijès , coule fur lesconfins des provinces de Paraguay & de Chaco 3traverse celle de Rio de la Plata, côtoie celle d’Ur-vaig, Sc íe déchargé dans la mer Magellanique par unefeule embouchure de cinquante lieues de large, enayant déja dix ou douze à cent cinquante lieues au-deffus ; mais font lit n est pas profond à propor-tion , étant en plusieurs endroits embarrassé par desrochers, & par des bancs de fable, qui en rendent lanavigation dangereuse. Elle baigne plusieurs coloniesdes Espagnols, dont les principales, après Santa Eé, &:Buénos-Ayres, font l’Assomption, Sette, Corientes ScSpiritu-Santo , ou Torre de Gabolo. Les plus considé-rables rivières qu’elle reçoit, font vers Porient, le Pa-rana & l’Urvaig, & vers le couchant, le Picolmayo ,ou la rivière de la Plata , qui lui fait quelquefois por-ter son nom, le Salado & le Carcaranna. Maty .flCP Herbe du Paraguay. Herba Paraguarienfis. C’estune plante qui croît au Paraguay ; ou plutôt c’est lafeuille d’un arbre de médiocre grandeur, qui se trouvedans ce pays,à laquelle on attribue des propriétés singu-lières. Les Naturels du pays la nomment Ca ou Caa :& c’est peut-être ce nom qui a fait croire à quelques-uns que c’étoit le Cha ou le Thé des Chinois. On enprend l’infusion , comme on fait celle du thé. Pendantla journée ; les Espagnols du Pérou usent beaucoup de1 "herbe du Paraguay } que quelques-uns appellentherbe de S. Barthilemi , qu’ils prétendent être venudans ces provinces, où il la rendit salutaire Sc bien-faisante , de venimeuse qu’elle étoit autrefois. On ne1 apporte que sechee , & presque en poussière. Au liend en boire la teinture íeparement, comme nous buvonscelle du thé , ils mettent l’herbe dans une coupe fai-te dune calebasse , armée d argent , qu’ils appel-lent Mate ; ils y ajoutent du sucre. Sc versent dessusl’eau chaude , qu’ils boivent auffi-tôt, fans lui donnerle terns d’infuler, parce qu’elle noircit, comme del’encre. Pour ne pas boire l’herbe qui surnage , on sesert d’un chalumeau d’argent, au bôut duquel est une•ampoulle percée de plusieurs petits trous ; ainsi la li-queur qu’on fuce par 1 autre bout, se dégage entière-ment de l’herbe. L’on boit à la ronde avec le mêmechalumeau , en remettant de l’eau chaude sur la mêmeherbe à mesure que l’on boit. Au lieu de chalumeau,ou bonbilla 3 quelques-uns écartent l’herbe avec uneséparation d’argent, percée de plusieurs betits trous.On commence à se servir de petits chalumeaux de ver-re. Cette liqueur, à mon goût, est meilleure que lethé; elle a une odeur d’herbe assez agréable. Les gensdu pays y font tellement accoutumés, qu’il n’est pasjusques aux plus pauvres, qui n’en usent au moins unefois le jour en se levant. Frézier ,p. 21p. L’usage decette herbe est nécessaire dans le pays des Mines, de-dans les montagnes du Pérou, où les Blancs croient I ra-sage du vin pernicieux. Frézier , p. 22g Sc 230 .11 ya de cette herbe à Paris, mais elle n’y fait P as v fortune*peut-être parce qu’on ne fait pas la maniéré e laprendre , que nous venons d’expliquer.

Le commerce de l’herbe du Paraguay se fart à SantaFé , où elle vient par la rivière de la 1 lata, Sc par char-rettes. Il y en a de deux sortes ; 1 une qu on appelleHierba de Palos , Sc l’autre plus fine & de meilleurequalité, Hierba de Caminu La grande consommations’en fait depuis la Paz jusqu au Cuíco, ou elle vaut lamoitié plus que l’autre, qui fedebire depuis le Potosijusqu’à ía Paz. Il sort tous les ans du Paraguay pour lePérou plus de yoooo aroves, c’est-à-dire, nyoooopelant de l une & de 1 autre herbe, dont il y a au moins,, le tiers de Camini , fans compter environ 1 5000 arôvesde celle de Palos pour le Chili. On paye par paquet »

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