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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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les conduire dans les lagunes de Venise, qui sont plei-nes de bancs de fable. Maty.

££? PARER. v. a. Orner quelque chose, Pembellir pardes ornemens, la rendre plus belle, plus riche , plusagréable à voir. Ornare , exornare , expolire 3 excole-re j concinnare , parare. On pare les Eglises dans lesfetes solennelles , de tapisseries , de tableaux, d’argen-terie. Ces chambres font parées de beaux meubles, debelles tapisseries, de tableaux. Si la beauté des femmesne faiíoit pas naître l’amour dans le cœur des hommes,que feroient-elles de tout le tems qu’elles emploient à(z parer? M. Scud. Presque tous ceux qui déclamentcontre les femmes qui se parent , iroient les prier dereprendre leurs ajustemens, si elles cessoient de s enservir. S. Evr. Lorsqu une femme est parée ; sisa paru-re ne plaît pas, elle choque toujours. Ch. de M. Separer de fa feule beauté. M. Scud.

Ce mot de parer vient de parare , de même que pa-rement vient de paramentum , & parure de paratura.

Parer , sc dit aussi de plusieurs choses naturelles. Laterre sc pare au printems de scs plus belles fleurs. L’Au-rore s’étoit parée ce jour-là pour allister à ce triom-phe ,à cette fête.

Parer , sc dit au figuré, & signifie aussi, Orner, embel-lir , enrichir. Ornare 3 decorare 3 ditare. Il faut savoir1 art de parer la vertu, & de nc la montrer pas commeune chose difficile à pratiquer. Pas c. Sénéque pare unepensée de toutes les couleurs qui la peuvent rendreagréable. Rouir.

Parer , signifie, faire parade, montrer avec osten-tation. OJlentare 3 jaclare 3 venditare. Les Stoïciens separoient d une patience fastueuse. Oise. d’Él. Se parerdu mérite d’autrui. Bon. Se parer d’unc vertu qu’onU a pas , c’est hypocrisie. Se parer de son libertinage ,Vouloir sc faire estimer par íes vices, c’est une dépra-vation de mœurs qui fait horreur ou pitié.

Se pare qui voudra du nom de ses aïeux ,

Moi 3 je ne veux porter que moi-même en tous lieux.

Corn.

It? Parer, se dit dans les Arts & Métiers, des pré-parations qui sc donnent à plusieurs choses pour lesrendre plus belles , ou plus commodes , plus propresau service. Les Bonnetiers parent leurs bas, les Mar-chands leurs marchandises, par des eaux qu’ils leurdonnent, par les manières de les presser,comme on faità certaines étoffes, aux satins, aux camelots, tabis ,6 c. On le dit racine des Fruitières, qui parent leursmarchandises, en mettant les plus beaux fruits au-des-sus du panier.

Parer , le dit aussi des choscs qui sc préparent & sc net-toient en les ratissant & raclant, comme les cuirs & lesparchemins. Pelles perficere. Les Corroyeurs & lesParcheminiers ont des fers & des couteaux à parer ,On dit en ce sens, un cuir paré , une vache parée.$ 3 “ Parer les Laines. Voye\ Lainage ÔC Laineur.Parer les Vignes. Terme usité dans quelques vi-gnobles : leur donner le parage, ou la première façon*ssP res la vendange.

Parer. Chez les Relieurs. C’est ôter, avec le cou-teau ï parer, les extrémités, & quelquefois le dos d’unmorceau de peau dont on veut couvrir un livre. Parer

une couverture.

1 arer j est aussi un terme de Rôtisseur, qui signifie, le-ver la graille qui est fur la panse d’un agneau, & le-tendre fur le quartier de derrière. Parer un agneau.tARER , en termes de Manège, signifie, couper lesongles, ou la corne d’un cheval avec un boutoir ,pour rendre la íole unie , & propre à être ferrée,trerle^f 1 cornuTe s ecar e. Parer le pied fans rencon-

1 discit autrefois de l’arrêt du cheval. Dansáir? r p n!rr n e 'n un substantif masculin.

t t e un arrêt relevé du cheval de Manège,

n emparer 3 c est-à-dire , un bel arrêt bien relevé,n t 01 au i parer fur scs hanches. Dans ce sens ile neutre. ^ o rêvai bien fur les hanches, pourdire, arrete bien fur les hanches. Depuis ce mot estdevenu de peu d uíage. En ce sc ûs , £ au siàm. ilTome VL

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vient de l’Espagnol ,parar 3 qui signifie arrêter.

fC?P arer une liqueur, du cidre , du poiré. C’est ôter àces liqueurs le goût douceâtre qu’elles ont naturelle-ment , & leur en donner un qui approche de celui duvin. On se sert ordinairement pour cela de l’eau-de-vie.

Parer , en termes d’Escrime, signifie , se défendrede quelques coups qu’un autre porte ; éviter un coupen détournant avec son épée celle de l’ennemi. Decli-nare j vitare , avertere. Il faut parer du fort de l’épée.Les bons Escrimeurs portent & parent en même tems.

O11 appelle parer du corps , quand par son agilité& souplesse, on ote le corps hors de la ligne par où lecoup doit passer. Idoneâ declinatione effugere. On pa-re aussi du corps en lâchant le pié gauche en arrière, &attirant le droit a fa place ; ce qui s’appelle, rompre lamesure du corps & des pies. On pare aussi du corps ,en lâchant le pié droit, tenant le bras & l’épée fortavancés , pour parer en prenant le deíTous, en baissant

' le corps à gauche, ou en faisant un íaut en arrière d unscul tems.

fCT Parer , sc dit aussi en termes ordinaires des coupsqu’on évite. En les détournant ou en opposant quel-que chose qui les arrête. Il a paré de la main le souf-flet qu’on lui vouloir donner. Il a paré avec sa raquet-te ce coup de balle. Il eût été bleflé de cette char-rette , s’il n’eut paré le coup en sc retirant prompte-ment.

On dit aussi figurément, parer un coup, parer unebotte , parer une estocade ; pour dire, sc défendred’un mauvais office, d’une demande fâcheuse, impor-tune , & qui est à charge. Iclum effugere , avertere. Ceverbe , qui d’ordinaire régit l’accusatif, s’emploiequelquefois élégamment avec le datif. En voici unexemple. On a vû une Nation entière chassée de sonpays, traverser les mers pour s’établiren France , n’em-portant avec elle pour parer aux nécessités de la vie ,qu’un redoutable talent pour la dispute. XXXIV. Let-tre Perfianne 3 a lafin du T. I. p. m. 144. On dit, on nepeut pas parer a tout; pour dire,qu’on ne peut pas toutprévoir, qu’on ne peut pas remédier à tout. Ac. Fr.Dans ce sens il est neutre.

ftss” Parer 3 joint aux prépositions de ou contre signifiemettre à couvert, défendre contre les attaques. Le pa-rasol pare de la pluie, du soleil. On porte un manteaupour se parer du froid, contre les incommodités de lasaison.

fCT Et dans un sens figuré, sc parer d’un ennemi. Je sau-rai bien me parer de cela, du procès qu’on veut m’in-tenter.

Parer , en termes de Mer, signifie , doubler un cap 3passer au-delà , & le laisser à côté. Promontoriumprœtervehi. On dit aussi, parer un écueil, un banc defable ; pour dire, l’éviter. On appelle aussi, Pare à vi-rer , le commandement qu’on fait à la manœuvre poursc préparer au revirement du vaisseau. Ce Pilote s’estparé adroitement de cet écueil. Parer, signifie aussi furla mer, mettre une chose en état de s’en servir, la dé-barrasser. Expedire , parare. Parer le cabestan, parerune barrique de vin pour faire du breuvage. Aubin.P arer u.n cable. Id. Parer une ancre. Id. Les mettre enétat de s’en servir.

'fCT Se parer 3 c’est agir pour se tenir prêt & en état. Dis-ponere 3 pr&parare , accingere se. Nous appeiçumesdeux navires au vent à nous, qui avoient le cap furnous, ce qui fit que nous virâmes pour nous parer. Au-

Parer un vaisseau , c’est orner un vaisseau de tous scspavillons, faire la parade. Voye\ Parade.

Parer , en termes de Pecheur, signifie tenir la seine aufond del’eau. ssbye? Pareaux.

Parer , le dit proverbialement en ces phrases. On dit,qu’un e femme est parée comme un autel, comme uneépousée, quand elle affecte de porter trop d’ornemens,ou trop extraordinaires. On dit aussi , de celui qui pa-roît souvent en public avec une personne de grandebeauté ; ou de grand mérite, qu’il s’en pare comme defa belle robe. On dit, qu’un homme se pare du biend autrui; pour dire, qu’il est vêtu d’habits empruntés ;

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