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Piler le chanvre, c’est le battre avec de gros maillets.
0 CT Piler le poivre, dans l’Art Militaire. Lorsque dansune marche lé mouvement des derniers bataillons estretardé par les premiers, enforte qu ils n’avancentqu’inseníîblement, ils appellent cela piler du poivre,parce qu'alors ils ne font que piétiner au lieu d’avancer.
PILETTE. s. f. Les pilettes servent à pilonner ou foulerla laine.
$CF PILEUR , EUSE. f. Ce mot ne fe dit point au pro-pre. Au figuré on dit populairement un bon pileur 3un Zrand pileur , un homme qui mange beaucoup.Helluo. Vorax.
PILHAÏ.f. m. Terme de Relation. C’est ainsi qu’on ap-pelle aux Indes l’obstruction de la rate. Hepatis objlruc-tio. Le Pilhaï 3 oul’obstruction de la rate, n’a point deremède spécifique, si ce n J est celui des Joghis. Ils fontune petite incision fur la rate, ensuite ils insèrent unelongue aiguille entre la chair & la peau ; c’est par cetteincision , qu’en fusant avec un bout de corne ils tirentune certaine graille qui ressemble à du pus. Let. Ëdif.T. IX , p. 42 j.
PILIER, f. m. C’est une forte de colonne ronde, ou car-rée , ôc fans proportion , forte de massif, qui ferraétayer, à soutenir un plancher, une voûte, un édifice.Columna Jlruclilis. Les planchers qui menacent ruines’étaient avec des piliers , des pièces de bois. Les piliersbutans, ou contreforts, font nécessaires pour appuyerles murs qui soutiennent des terrasses, ou des voûtes.Les grandes Eglises font soutenues par plusieurs rangsde piliers. Les dômes ne portent que fur quatre gros pi-liers. Un pilier de moulin à vent est un massif de ma-çonnerie terminé en cône, qui soutient íà cage.
Pilier de dôme. On appelle ainsi dans une Eglise à dôme,chacun des quatre corps de maçonnerie isolés, quiont un pan coupé à une de leurs encoignures , ôc qui,étant proportionnés à la grandeur de l’Eglise, portentun dôme sur leur croisée. Ceux du dôme de S. Pierrede Rome occupent chacun plus de cent toises de su-perficie.
Pilier carré. C’est un massif appelé aussi jambage, qui sert-jpour porter les arcades, les platebandes, Sc les retom-bées des voûtes. Daviler.
Pilier butant. C’est un corps de Maçonnerie élevé, pourcontretenir la poussée d’une voûte, ou d’un arc. Il yena de disserens profils, comme en adoucissement ou enenroulement, & quelquefois avec des arcades, com-me à la plupart des nouvelles Eglises.
Pilier butant en console. C’est une espèce de pilastreAttique , dont la partie inférieure forme un enroule-ment par son profil, comme une console renversée, cequi sert autant pour buter contre un arc, ou une voûte,que pour accorder deux plans ronds l’un fur l’autre ,disterens de diamètre, par une large retraite , commeil s’en voir à l’Attique du dôme des Invalides à Paris.
Pilier de moulin à vent. C’est le massif de Maçonnerieqtri fe rermine cn cône, ôc porte la cage d’un moulin àvent, laquelle tourne verticalement fur un pivot, pouren exposer les volans , ou ailes au vent.
Pilier de carrière C’est une masse de pierre qu’on laissed’eípace en espace, pour soutenir le ciel d’une carrière.Moles saxea.
Piliers de bitte. Terme de Marine. Ce sont deux grossespièces de bois posées debout, & entretenues par untraversin ; comme ce font les principales pièces detoute la machine des bittes, on leur donne souvent lenom de bittes. Les piliers de bittes font ordinairementun tiers plus épais que l’étrave.
Pilier de Chase. Descript. Ge'og. & Hift. de la Haute-Normandie , T. II 3 p. 38. Piliers en faisceau. Histoirede l’Eglise de Meaux , T. 1 3 p. 30 0.
Ce mot vient du Grec nvX», qui signifie porte.
Pilier , f e dit aussi dans plusieurs moindres ouvrages. Co-lumella. Le pilier d’une table, d’une efcabelle. On ditaussi, une couche à hauts piliers.
fsT En termes d’Horlogerie,pi/ierest une petite colonnequi dans les montres ôc dans les pendules tient les pla-tines éloignées l’une de l’autre à la distance nécessaire.
Pilier , fe dit aussi en termes de Vaxûer. C’est le bâton dumilieu du verrier, Columella.
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Pilier , dans les Coutumes, fe dit pour pilori. Stipes &pila ad quam reus ligatur 3 fuftigatur 3 pleclitur tt tun-ditur ielibus 3 vel ejus auricula scinditur, vel nota inu-ritur. On dit aussi les piliers d’une Justice, les poteaux.
Pilier , fe dit figurément en Morale , de ce qui soutientun corps métaphorique. Ce Prélat est un des fermes pi-liers de l’Eglise, de la Foi. Columna. Ce Ministre estun pilier de l’Etat. Columen. On l’emploie aussi d’unemanière comique.il fit banqueroute au plaisir, ôc de-vint un pilier de Collège. Ablanc. On ditau contraire,en mauvaise part, c’est un pilier de cabaret, de jeu depaume, &c. pour dire, qu’il hante perpétuellement ences lieux-là.
On dit figurément ôc populairement, se froter aupilier 3 pour dire , prendre les mauvaises habitudes deceux que l’on hante. Ce laquais servoit bien au com-mencement , mais il s’est frotté au pilier 3 ôc ne faitplus rien qui vaille. Ac. Fr.
|sT On appelle à Paris les piliers du Palais, les piliersqui servent à soutenir la voûte de la grande Salle duPalais, ôc le pilier des Consultations, celui autour du-quel se trouvent ordinairement les Avocats consul-tans , & qui est auprès de la Chambre des Consulta-tions.
0CF Les piliers des Halles font les piliers qui soutiennentles maisons qui font le long des Halles.
Pilier. Nom que l’on donne dans l’Ordre de Malte auxChefs des huit Langues qui composent cet Ordre. LePilier préside aux Assemblées de la Langue, dont il estle Chef. Antesgnanus.
Pilier , en termes de Manège, fe dit du centre de la volteautour de laquelle on fait tourner le cheval, soit qu’ily ait un pilier de bois, ou non ; ôc cela s’appelle, -tra-vailler autour du pilier. Pila. On dit aussi , travaillerentre deux piliers 3 quand on monte un cheval entredeux piliers de bois, ôc quand on le fait sauter, cabrerôc ruer, lever le devant ôc le derrière.
IsT En termes de Maréchallerieon appelle encore pilier >les poteaux qu’on met dans les écuries pour séparer lesplaces des chevaux les unes des autres.
fsT On dit populairement d’un homme qui a de grossesjambes, qu’il a de bons gros piliers.
PILLAGE, f. m. ( Dans ce mot, ainsi que dans le verbeôc ses dérivés, mouillez les U ) dégât, ravage, en-lèvement qui fe fait dans la confusion, dans le désor-dre , dans la licence de la guerre. Devastatio 3 depopu-latio. Dans le sac d’une ville prise d’assaut tout est aupillage. Les vaincus sont revenus fur leurs ennemis,tandis qu’ils s’amusoient au pillage du camp. Dan Sune sédition les riches sont exposés au pillage des co-quins. On dit qu’une maison est au pillage 3 quandchacun des Officiers pille de son côté.
On dit d’un homme qui est extrêmement en désor-dre par ses habits, par ses cheveux , qu’il semble qu ifrevient du pillage , qu’il est fait comme un diable q ulsort ou qui vient du pillage. Dilaceratus 3 consp urcatis
Voiture a dit d’une jolie fille qui charme tout 1 emonde, que
Sa bouche 3 son ris & ses yeux ,
Mettent tous les cœurs au pillage. Voit.
§3“ Corneille dit en mauvais style, qu’il s’est un peu enri»chi du pillage de Lucain.
Pillage , en termes de Mer, fe dit de la dépouille f e9coffres, bardes & habits de l’ennemi pris, ôc de 1 argent qu’il a fur lui jufqu’à trente livres. Dereptio sspilatio. Le surplus s’appelle butin , qui est le gros de Hprise. Ces mots fe confondent quelquefois. ,
PILLARD, ARDE. adj. Du style familier. Qui aime apiller. P r udator 3 sur 3 latro 3 grassator. Ilestd’huitieupillarde. Ce mot est aussi substantif. C’est un grands^lard 3 c’est une grande pillarde. Mais il se dit pa rtlC ,lièrement d’un soldat qui pille. On a couru sor 1 GS P Ulards , ôc on a repris leur butin.
Pillard, f. m. C’est un chien querelleur. . ^ .
Pillards, ou Piliers, f. m. pi. C’est ainsi que les ^Iqqs-qui ont pour empreinte deux colonnes, sont st uC "fois appelées en Hollande.