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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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792. PIF

Piper, signifie figurément, tromper. Fallere 3 decipereffe-ducere. Quiconque a delfein de piperie monde,est astûréde trouver des personnes qui seront bien aises d’ctrepipées. Port-R. Le présent ne nous satisfaisant jamais,î espérance nous pipe , & dc malheur en malheurnous mène jufqu’à la mort, qui en est le comble éter-

nel. M. Pascal.

PirïR, signifie ausiï, avoir avantage sur les autres en quel-que choie, y rafiner, y exceller. Antecellere 3 vel na-sutius judicare. Il ne faut pas entreprendre légèrementun procès contre ce chicaneur ; il y pipe , il y rafine.Jc ne voudrois pas disputer contre lui íur la Physique,il y pipe. Vous pipe% en vers. ffT Corneille se sert ausside ce mot dans le Menteur ; en matière de fourbe, ilest maître , il y pipe. Cette expression ne seroit plusadmise aujourd’hui. Volt.

ffT Piper au jeu 3 piper la. bécasse , voilà tout ce qui estresté en usage. Dans la plupart des Dictionaires, ontrouve brider la bécaíïè, pour dire tromper quelqu’un.

A? Piper au jeu 3 c’est tromper. Ils Pont pipé 3 & lui ontgagné tout son argent.

jjjCP Piper les dés 3 les préparer asin de tromper ; les char-ger de mercure ou de plomb, ou les marquer de fauxpoints. Piper les cartes, c’est y faire quelque marquepou r les connoîrre.

Pipé , ée. part. Sc adj. Une carte pipée , est une cartefausse, marquée , cachée , ou eréamorcé. Des des pi-pés , font des dés faux, ou chargés de plomb. Lusoriacharta , vel tejfera adulterata.

PIPERIE. f. f. Fourberie , tromperie. Dolus fraus. Oníè peut dispenser de payer ce qu’on a perdu au jeu ,quand on reconnoîr qu’il y a eu de la piperie 3 de lafourbe.

§CT On le dit généralement de toute sorte de tromperie,de fourberie. Il n J y a que piperie dans le monde. Il estfamilier.

PIPERNO. Petite ville de la campagne de Rome en Italie.Pivernum. Cette ville, autrefois Capitale des Vof-ques, & ensuite Episcopale, est à quatre lieues deTerracine , du côté du nord. Son Evêché a été uni àcelui de Terracine. Maty.

ff? Piperno Vecchio. Petite ville d’Italíe, dans la cam-pagne de Rome , environ à deux milles de Piperno.

Piperno , ou PréPÉrigno. Espèce de pierre dont on bâtiten Italie. Félibien. Elle est ainsi nommée, parce qu’ellesc tire à Piperno.

PIPET, s. m. Noua d’oiseau, dont il y a plusieurs espèces.Spìpola. Le premier, qui est le plus grand de Cette ef-pece , a la tête de gris-cendré ; il a une tache fous lebec faite en manière de barbe ; fa poitrine est rougeâ-tre ; son ventre diversifié de blanc Sc de rouge ; sa queuerouge par dessus, Sc par-deífous blanchâtre ; le dos estgris-cendré ; les ailes font marquées de noir, de blanc& de roux ; ses jambes Sc ses pieds font jaunes, <Sc sesongles noirs ; son bec cíHonguet, grêle & brun.

Celui de la seconde espèce tire plus fur le cendré quecelui dont nous venons de parler. Il est diffèrent, en cequ’il n a pas la poitrine rouge ; mais il est marqué de ta-ches brunes qui descendent en bas. Il est d un gris pluscendré par devant que par le dessus du dos, & le ventreest presque tout blanchâtre. Il a une tache assez grande,qui tire sur la couleur de rouille ; les grandes pennesde ses ailes, & celles dontelles font revêtues, font noi-res & cendrées par les côtes & à leurs extrémités; í esjambes Sc ses pieds font bruns ; fa queue cendree.

Celui de la troisième eípèce s appelle Boarinus enLatin , à cause qu’il suit volontiers les bœufs. Il est demême grandeur que les premiers ; son pennage estpresque tout-à-fait d’un blanc jaunâtre ; les ailes fontde même couleur , mais elles paraissent plus couver-tes ; son bec Sc se s pieds font bruns.

PIPET. Nom de lieu. Pompeiacum. C’ctoit autrefois unchâteau fort,.situé tout auprès de la ville de VienneenDauphiné. Il a été démoli l an 1630. Maty.

PIPETTE, f. f. Diminutif de pipe, se dit aussi pour pipe.Je siamois ma pípetre.

PIPEUR. L m. Filou qui trompe au jeu, qui joue dc mau-vaise foi. Dolosus deceptor 3 fallax 3 fraudulentusaleator. La ville est pleine de pipeurs 3 qui ne subsistent

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que des tricheries qu’ils font au jeu. En matière d ami-tié , il est moins honteux d’être la dupe, que le pipeur •mais il ne faut être ni 1 un ni l’autre. Le Ch. de M.

PIPI. f. m. Oiseau d’Abyffinie , ainsi nommé à cause deson cri. Pipio.

Pipi. Terme d ensuis. Faire pipi , pour dire pisser.

fCF PIPIPI. Mot qui exprime le cri des pigeonneaux, despoussins , &c. Faire pjpipi 3 piolet, erier comme les pi-geonneaux , les poussins, &c. Pipire , popilare.

PIPOLÉ , ÉE. adj. m. & f. Vieux mot. Enjolivé. Borel.

Terre pipolée de fleurs. R. de la Rose.

C’est-à-dire, émaillée. Variegata. Borel.

PI P OT. f. m. On nomme ainsi à Bordeaux certaines fu-tailles ou barils dans lesquels on met les miels ; c’estce qu’on nomme ailleurs un tierçon.

PIPRIS. f. f. C’est une espèce de pyrogue dont se serventles Nègres du Cap-vert & de Guinée.

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PIQUANT, ANTE. adj. Qui pique. On le dit aupropre de ce qmi blesse, offense par une pointe aiguë.Pungens 3 aculeatus acuminatus. Les épines font pi-quantes. Les chardons ont des pointes piquantes. Lesfeuilles de houx font piquantes. Mordax folium.

fét On le dit de même de ce qui fait une impression vivefur l’organedu goût, comme le lel, le vinaigré. Pun-gens 3 mordicans 3 mordicativus. Et encore des sucsdes fruits qui ne font pas mûrs. Acerbus. Une faussepiquante , qui est d’un goût relevé. Un vin piquant ,qui pique agréablement Ja langue Sc le palais, quandon le boit.

fCP Tranfporté au figuré,ce mot s’applique tantôt à ce quioffense , ou peut offenser , tantôt à ce qui plaît à fef-prit. Diícours piquant. Raillerie, réponse piquante.Mordax 3 offensionis plenus. Les traits les plus piquansfont ceux qui nous reprochent nos défauts. Les person-nes dune complexion froide & humide , ne lai lientpas, avec toute leur froideur, de dire des chosestrès-piquantes à ceux qui les offensent. M. Es?. Bien loind’adoucir le Sénat par des excuses, il l’aigrissoit pafdes mots piquans Sc par des railleries hautaines. LeCh. de M. Dicterium.

ífT Dans une acception tout-à-fait différente , le mot depiquant s’applique à ce qui touche extrêmement, à cequi fait une impression vive Sc agréable. On dit qu’unefemme est piquante , loríque les grâces Sc les agre-in ens répandus dans fa personne attirent l’attention C j cceux qui la regardent. Cette femme à l’air piquant 3 ^physionomie piquante. Les agrémens qui rendent unefemme piquante 3 Sc qui viennent d’un assemblage d etraits fins que l’humeur Sc l’efprit animent,l’emportentsouvent sur ce qui est plus régulièrement beau.

if? On le dit dans ce sens des productions de l’esprir H t"plaisent par quelque chose de vif Sc de fin. On ditqu’il n’y a rien de piquant dans un ouvrage, dans unepièce de vers. La raillerie est un sel qui rend la con-versation plus piquante. On le dit de même des Pe-sions, des affections de faîne. Les premiers plaisirs dÇchaque engagement ont je ne sai quoi de piquant 3 st 111excite le désir de s’engager davantage.

J? En Peinture , on appelle piquant 3 ce qui excite u»sentiment d’approbation plus vif qu’à fordinaire*Ac. Fr.

Piquant, f. m. Il sedit des pointes qui viennént à cer

taines plantes, à certains arbrilleaux. Ces chardon

font pleins de piquans. Les piquans des feuilleshoux. Ac. Fr. .

K? PIQUE, si f. Arme d’hast offensive,fait d’un long » 01 *ferré par un bout d’un fer plat & pointu. Oblonga J 1cea. Les piques ont été en usage dans l’infanterieçoife jusqu à la fin du dix septième siècle,que les ^ a ^ o{Cnettes leur ont été substituées. Cependant c c q, C s. a y CjLarme des Officiers d’infantcric. Les piques de B 1 ‘font les plus estimées. L arme des Officiers à ssila pique ; ils combattent la pique à la main, }ls ^avec la pique. Les Maîtres des hautes Annes ^