P L A
Plaidoirie , sc dit aussi du tems où l’on plaide. Toutesles plaidoiries celìent à la Saint Simon. Les plaidoi-ries recommencent à la Saint Martin.
Plaidoirie, signifie auffi, en général, le procès. Lis 3contejlatio. Ce Gentilhomme n aime point la plai-doirie j il abhorre la plaidoirie , le procès. ,
Je verrai par cette plaidoirie >
•Si les hommes auront affe\ d‘effronterie 3Pour me faire injustice aux y eux de l’Univers. Mol.
PLAIDOYABLE. adj. m. 6 c f. Terme de Palais. Jour où1 on plaide , où l’on tient les plaids. Dies fajlus 3 veldies legitimi fori. On donne des assignations au pre-mier jour plaidoyakle dàprèslaSaint-Martin. L’Alma-nach du Palais marque les jours plaidoyables.
PLAIDOYÉ , ou PLAIDOYER, f. m. Le dernier est leplus en usage. Discours fait au Bureau pour défendrela cause d'une Partie. Oratio ad Senatum 3 causa. CetAvocat a fait un beau plaidoyer ; il a bien composé ,étudié, récité son plaidoyer. On fait inférer dans lesArrêts les plaidoyers des Avocats. On appeloit autre-fois la Grand’Chambre du Plaidoyer 3 parce que c’é-toit la feule Chambre, où l’on plaidoit. Entre les An-ciens, Marion & Servin ont fait imprimer leurs plai-doyers. Entre les Modernes, Le Maître & Patru fontceux qui ont fait les plus beaux plaidoyers. fCT Nousavons eu depuis les Cochin, de Genes , &c. on peut ennommer quelques autres. L’Arrêt devroitêtreà la finde chaque plaidoyer. Mén. Les plaidoyers de Patrusons secs en comparaison de ceux de M. le Maître quisont fleuris. Id. Anciennement en France, non plusqu’à Athènes, il n'étoit pas permis de faire des plai-doyers préparés, ni d’amufer les Juges par de longuesharangues. Seulement, dans les matières importantes,c’étoitune coutume solennelle de commencer un plai-doyer par un passage de sÉcriture Sainte. Philippe deCugnières commença ses remontrances au Roi Phi-lippe de Valois fur les entreprises du Clergé , par cesparoles de l’Évangile : Rendes à César ce qui appar-tient à César. Ce ne fut que dans le dernier siécle qu’oncommença à prononcer des plaidoyers plus polis Scplus étudiés, & que l'éloquence rentra dans le Bar-reau. Pasq. Les jeunes Avocats qui cherchent à bril-ler , chargent leurs plaidoyers de lieux communs. LeP. Rap.
La Cour des Plaidoyer s communs est l’une des qua-tre principales d’Angleterre. Elle juge les différendsdes Parties, comme les Parlemens en France. Larrey.
On dit proverbialement à ceux qui allèguent quel-que chose de faux : Avocat, corrigez votre plaidoyer :ce qui vient d’une façon de prononcer les apointemensdans les Provinces, qui porte que les Avocats corri-geront Sc remettront, c’est-à-dire , que les Avocatspourront revoir Sc reformer kmplaidoyer 3 Sc le pro-duire pour écritures. Litem agitatam corrigere 3 emen-dare.
PLAIE. f. f. Blessure faite par quelque cause extérieure,Plaga , vulnus. La plaie est proprement une solutionde continuité, récente, sanguinolente & sans putré-faction, qui est faite principalement aux parties mollespar quelque coup , chute , ou morsure , ou autre acci-dent. On appelle plaie mortelle celle qui cause néces-sairement la mort. Le Corps de N. Seigneur fut toutcouvert de plaies le jour de la Passion. Les plaies de ceCavalier ne se font pas trouvées mortelles. Sa plaie étoitprofonde. La plaie était fermée, il a fallu rouvrir faplaie. C’est une erreur populaire de croire que la plaied un mort saigne en présence de son meurtrier.
» laie , se dit auffi des cicatrices qui demeurent aprèsque la blessure est guérie. Cicatrix. Ce vieil Officiermontre ses plaies. Ses plaies demandent justice Sc ré-compense. S. Thomas vouloir mettre font doigt danses p mes du Sauveur ressuscité.
i laie , ledit figurément en Morale des afflictions, desdouleurs de lame. Mœrores , tristitia. Un amant seplaint que fa plaie est mortelle, que sa blessure est aucoeur. Les remedes les plus doux, qui touchent à maplaie , irritent ma douleur. Théoph. Vos médisancesatroces ont fait une profonde plaie à ma réputation.Tome FI,
P L A 809
Si vous parlez à cet homme de la mort de sa femme ,vous r'ouvrirez fa plaie ; c’est renouvelles la plaie. Unecondamnation infamante est une plaie à l’honneur. Lesplaies de l’ame peuventdevenir mortelles, h on les en-venime. Nie.
Plaie , se dit auffi des désolations de l’Etat, des grande?pertes, des peines qu’il a souffertes, des fléaux ou de.châtimens du ciel. Detrimentum 3 jaclura 3 fortunaadversa. La perte d’une bataille est une grande plaieà l’État. L’Écrjture nous fait mention de plusieursplaies d’Égypte, de plusieurs désolations qu’elle souf-frit par l’opiniâtreté de Pharaon, fs? On entend par-la les fléaux dont Dieu punit, par le ministère deMoïse Sc d’Aaron, l’endurciísement de Pharaon, quine vouloir pas permettre le retour des Israélites. Ceschâtimens font détaillés dans l’Histoire Sainte.
On dit proverbialement, il est comme le Chirur-gien , il ne demande que plaie Sc bosse , pour dire,qu’il cherche à faire son profit dans les malheurs 6 cafflictions d’autrui. Fulnus amat Medicus.
tfT Plaie, se dit auffi en Agriculture, ou Jardinage , enparlant des arbres. Appliquer de la cire verte fur uneplaie. On le dit de même des entailles qu’on fait auxarbres pour les greffer, pour les enter, Sc des mar-ques qui en restent. Les arbres en espalier doiventavoir la tête penchée vers la muraille, de manièrepourtant que l’extrémité de la tête en soit éloignée detrois à quatre pouces, Sc que la plaie n’en paroisse pas.
PAIGE. f. f. Vieux mot. Caution. Poésies du Roi de Nav.
PLAIGNANT, ANTE. Terme de Palais, adj.souventemployé substantivement. Celui qui a rendu la plaintedevant un Juge. Le Plaignant ayant rendu sa plaintedevant un Juge, ne peut demander son renvoi devantun autre. Les Plaignons ne seront point réputés partiecivile, s ils ne le déclarent formellement, ou par laplainte, ou par un acte subséquent. Ordonnance dej 7 1 ? s Tu. III j art. j. Le Plaignant peut se désisterdans les 24 heuies, Sc non âpres, de l’acte par lequelil se rend partie civile , & le désistement se fera parun acte. Ib. ffT On dit auffi la Partie plaignante Scsubstantivement ladite plaignante.
On dit auffi plaintif pour plaignant. En cas de dé-sistement , le plaintif ne fera tenu des frais faits depuisqu’il aura été signifié , sans préjudice des dommagesSc intérêts des Parties.
| fr. PLAIN, PLEIN, & PELIN. si m. Terme de Tanne-rie. Le vrai mot est Pelin; mais comme on ne prononcepasl’e dans ce mot , non plus que dans pelotté 3 Scque l’on fait sonner in en François, comme s’il y avoirain j la voix semble dire plain ou plein 3 quand elleprononce pelin. C’est une grande cuve , profondede pierre ou de bois, mastiquée en terre , pour met-tre les cuirs ou peaux dont on veut faire tomber lepoil par le moyen de la chaux détrempée dans l’cau,{ce qu’on appelle plamer ) pour les mettre ensuitedans la fosse au tan.
O11 appelle ces cuves pelins 3 parce qu’on y fait pe-ler les cuirs dans la chaux. A l’égard du tan dont 011 íesert pour les cuirs, c’est une autre péparation qu’onleur fait dans la fuite. Quand ils ont séjourné un cer-tain tems dans les pelins , on les mer fur le chevaletpour les écharner, quioílèr, laver., & vider de chaux ;ensuite on les étend fur des couches carrées qui sontde bois ou de pierres, en les saupoudrant de tan poul-ies raffermir & leur donner la consistance convenable.Ces fortes de cuves qui font ordinairement en terre,ne Rappellent pas pelins ni plains , on les appelle desfosses ou des nous. U y a quarante cuirs de Brésil dansun tel nau. Il y a des cuirs qu on laiíle un an ou dix-huir mois dans le plain. On appelle cuir cru 3 celui qui11’est ni tanne, ni conoye, nimis en plain, ïCJs Pancerun plain 3 c est tirer les cuirs de la cuve pour y mettrede la chaux nouvelle.
Plain se dit auffi de l’eau de chaux qui est dans la cuve.Ainsi l’on dit plain mort , ou mort plain ; plainvieux, ou vieux plain ; pour dire un plain qui a déjàservi. Plain neuf, ou plain vif; nouveau plain ouplain nouveau; pour dire un plain qui n’a point en-core servi.
K kkkk