Band 
Tome sixieme. [MIT - PRO.]
Seite
809
JPEG-Download
 

P L A

TestàutSj soitau rez-de-chaussée ou aux autres étages dedeflìis. Daviler. Il y a dans cet hôtel un plain-piedadmirable j un plain-pied d’une étendue fort grande.Un plaín-pied fort commode. Il y a trois appartemensde Maître tout de plain-pied.

PLAINS. Petit canton du pays de Caux, situé entreles deux rivières de Dun & de Duredent. On y trouveles villages de Manneville es Plains 3 Oeuteville 'esPlains y S. Riquier es Plains , &c. Voye% la Descrip.Géogr. & Hijl. de la Haute N or m. Tom . I } p. S 2.

PLAINT, f. m. Vieux mot. Plainte } complainte. Borel,Querela 3 expoftulatio »

PLAINTE, f. f. Témoignage de douleur, de regret, oud’affliction ; expression des sujets de chagrin, ou demécontentement qu on prétend avoir. Dolor 3 lucius ,agritudò 3 lamentationes 3 gemitus . Ce peuple est: simalheureux , qu’on lui défend jusqu’aux plaintes Scaux soupirs. Dieu entend du ciel les plaintes Sc les gé-miísemens des affligés. Les Amans font leurs plaintesamoureuses aux échos Sc aux rochers. Qu’il me soit dumoins permis de me soulager par des plaintes Sc pardes gémiífemens. S. ÉvR.On admiroit la fermeté de soname, à qui les malheurs ne purent arracher une plainte.Corn. J’approuve un silence prudent qui étouffe lesplaintes 3 qumd on n’est pas dans une nécessité évidentede fe plaindre. Ntc. Une plainte sincère de ceux quicompatissent à notre déplaisir, vaut mieux que ces di 1-cours de morale qu’on trouve en tant de livres. M.Sc ud. Cette disgrâce tira de la bouche des plaintes plusconformes à son malheur, que bienséantes à la gran-deur de l'on courage. MÉz. Les plus justes sujets deplainte 3 Sc les plus sensibles, font ceux qui se disentle moins. S. Rbal. La douleur est toujours moins forteque la plainte. La Font.

AI" Plainte , regret. La douleur arrache nos plaintes.Le repentir excite nos regrets. Haye% Plaindre.

Ce mot vient du Latin planclus.

Plainte , se dit aussi dune action qu’on forme en Justicepour avoir réparation dun affront, d’un outrage. C’estune déclaration faite devant lé Juge préposé pour cela,par laquelle on défère à la Justice sinjure ou le dom-mage que l’on a souffert. C’est la première procédurequ’on fait en matière criminelle. Criminis delatio 3 ac-cusatio. Par l’Ordonnance de 1670 , les plaintes peu-vent être faites ou par requête au Juge, ou au Greffecn présence du Juge. A Paris les plaintes se font d’or-dinaire devant les Commiílaires du Châtelet, qui en-suite informent du fait, sans avoir besoin de permis-sion du Lieutenant Criminel. On appelle plainte 3 larequête qui contient les faits fur lesquels on demandequ’il soit informé. On informe & on décrété sur laplainte.

Plainte , étoit selon l’ancien usage de France, une re-quête présentée au Roi contre les Juges des provinces,Sc ensuite contre les Baillis & Sénéchaux qui dénioientk justice, ou rendoient des jugemens contre les Loixdu Royaume : car alors il n’y avoir point d’appel deleurs jugemens, & ils prononçoient en dernier reffort.Libellus supplex in judices provinciales Regi oblatus.Ainsi k plainte étoit dirigée , non contre k Partie,mais contre le Juge, lequel etoit ajourné pour voirdéclarer fa sentence nulle. C’étoituu remède subsi-diaire à k voie d’appel, laquelle étoit fermée. Cessortes de plaintes font appelées blafphemia dans lesCapitulasses de Charleraagne ; M. Pitou traduit cemoepar blâme de faux jugemens. Depuis que le Par-lement de Paris fut rendu sédentaire,ces plaintes furentconverties en appellations ordinaires. Voye% Appel.

1 lainte , se dit aussi à l’égard des peuples qui souffrentquelque oppression , Sc qui cn sont de très humblesre préíèncations au Roi. ífT C’est: une exposition,soit devive voix, foit par écrit, des sujets qu’on a de se plain-f e ‘Q. u f r uH libelli j de re aliqua ad Regem commone-JactLo. Les cahiers des États contiennent les plaintesdes peuples. La province a porté des plaintes au Roilur les vexations des Traitans. Il y a bien de k dirfé-reneeentre deslégitimes Sc respectueuses, &des reproches grossiers & rustiques. Wicq. Les plusjustes plaintes de k part des sujets pallent d’ordinaireTome VI,

P L A 8n

dans l’eíprit du Prince pour des mouvemesis de rébel-lion. Ablanc.

Bayle dans k remarque K de l’article Badius , s’a-kmbique l’esprit pour l’explication d’une phrase , quin’est rien moins qu’obscure, dans l’Art de lìmprime-rie du sieur k Caille. Le mot de plaintes qui fait lesujet de l’embarras de notre Censeur , ne signifie làautre chose que regrets ou lamentations en vers fur lamort de Badius, ou fur k décadence de l’Imprimerie :

Sc c’est un terme usité parmi les Poètes, pour marquerune pièce de Poésie, où l’on déplore quelque malheur ,quelque accident fâcheux. On difoit autrefois com-plainte 3 comme le remarque Richelet fur ce derniermot, qu’il explique par ceux de plainte Sc T élégie.

Plainte , est aussi une pièce de Symphonie lugubre. Ma-rais a fait une Plainte 3 dont l’cxccution est charmantefur la viole. M. V. L. J. M-,

PLAINTIF, IVE. adj. Terme relatif à 1 expressionde k douleur. Querulus 3 queribundus. On le dit dece qui al’accent de k plainte. Une voi v. plaintive \des sons tristes Sc plaintifs. Ton plaintif.

ífF On dit un homme plaintif, qui fatigue les autres parses plaintes. Queritans. C’est Phomme le plus plaintifque je connoisse,

îfT Poétiquement , mânes plaintifs 3 ombre plaintive »La plaintive tourterelle.

La plaintive Progné de douleur en gémit. Ëoil.

On appelle quelquefois en Pratique le plaintif 3 ce -lui qui est complaignant, qui a formé fa plainte au cri-minel, V jyeç Plaignant.

PLAINTIVEMENT, adv. D’un ton plaintif, d’une voixplaintive. Récites, chanter plaintivement , Il est peuusité.

PLAIRE, v. n. Avoir des qualités agréables à l’eíprit, ailcœur ou aux sens. Placere 3 complacere. Il ne faut pasíe starter de rencontrer des personnes qui plaisent entoutes choses ; c est assez pour le commerce, qu’ilsaient quelques agrémens, Bell. La Musique plaît auxoreilles. Les beaux tableaux, les beaux paysages plai-sent à la vue. La beauté a des agrémens Sc des charmesqui plaisent à tout le monde. Lâ vérité plaît aux es-prits bien faits. Séncque ne persuade que parce qu’ilplaît. Maleb. Il sert peu d’avoirdu mérite, fans le se-cret de plaire. Bell. Ces femmes artificieuses qui em-ploient le fard , plairoient davantage , si elles avoientmoins d’envie de plaire. Bouh. Il faut laitier aiix jeu-nes gens le mérite de plaire; c’est un privilège qu’on ncpeut leur contester impunément. Bell. Il semble, parun caprice de k Nature, que les beautés achevées quiont de quoi sc faire admirer, aient rarement le secretde plaire. S. Évr. Les femmes font les choses plus fi-nement, parce que l’avantage de plaire leur est naturel.Le Ch. de M. L’envie de plaire répand fur toutes leursactions Un certain feu qui les rend plus vives Sc plusagréables. S. Evr. Il y a des gens qui avec un vrai mé-rite , Sc tous les talens dont le ciel les a enrichis, neplaisent point. LeP.BouRD. Ceux qui veulent plaireà tout le monde, ne plaisent guère aux honnêtes gens.S. Pavin. Ce n’est pas rajustement qu’on censure dansles femmes , c’est l’intention de plaire 3 Sc l’ambitionde faire des conquêtes. S. Évr. Vous avez tout cequ’il faut pour plaire à l’esprit & à k raison. Le P,Rap.

Il y a un Traité de l’àrt de plaire dans k conversa-tion. M. de k Casa Archevêque de Bènévent, a com-posé un art déplaire.

Ce mot vient du Latin placere.

££? Plaire s’emploie aussi avec le pronom personnel,8 c signifie prendre plaifir à quelque chose , y trouverson contentement. Deléclari. Il y a des gens qui feplaisent à k campagne , au jardinage, a l’agriculmre.Les mélancoliques íe plaisent dans k solitude. Les gensdissipés, plus occupés de leurs plaisirs que de leursdevoirs , sc plaisent dans le tourbillon du monde. Unhonnête homme sc plaît à faire du bien. Un méchantse plaît à mal faire. Les dévots sc plaisent à prier Dieu.Le plus à plaindre de tous les hommes est celui qui

KkkkJti;