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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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Pour réuíïìr dans ce genre, c’est aflez d’avoir un es-prit superficiel, capable de saisir les ridicules. C’est unhomme qui ne se fâche jamais ; il tourne tout en plaisan-terie. Vous avez pris sérieusement une chose qui ne-toit qu’une plaisanterie. Cette femme jette sur le restedu genre humain des plaisanteries amères. Le Ch. d’H.Tout ce qui intéresse la réputation ne doit pointpasser pour plaisanterie. Cail. Il ne faut jamais hasar-der une plaisanterie 3 même la plus adoucie & la pluspermise, qu avec des gens polis , ou qui ont de l’es-prit. La Bru y. On a vû les amitiés les mieux cimentéess altérer par d’innocentes plaisanteries ; le plus sûr estde s’en abstenir : cette manière de se divertir est troppérilleuse. S. Evr. Rien ne plaît moins qu’une plai-santerie continuelle. Amelot. Le sérieux des Philoso-phes corrige moins qu’une plaisanterie fine & ingé-nieuse. S. Evr. On dit proverbialement, plaisante -rie à part , pour dire, parlant sérieusement. Acad.Franc.

PLAISANTIN. Duché de Plaisance. Placentinus Duca-tus. C’est la partie occidentale des Etats du Duc deParme. Ce pays s’étend depuis le Pô jusqu’à l’Apennin,ayant au nord & au couchant le Duché de Milan, & aumidi l’Etat de Gènes. Il est fort peuplé & bien fertile.On y trouve des mines d’airain & de fer , & des fon-taines salées , dont on fait du sel fort blanc. Ses princi-pales rivières font la Trebia &laNura; & ses princi-paux lieux, Plaisance capitale, Nebbio & S. StephanoMarquisat.

PLAISANTIN, s. m. C’est le nom d’un des Acteurs quijouent la farce dans les troupes d’Opérateurs & de Ba-ladins. Ces sortes de Charlatans qui courent de villeen ville pour attraper le peuple, élèvent des théâtresoù ils représentent toutes fortes de pièces grotesquesqui attirent le peuple. Lorsqu’il y est une fois assemblé,ils profitent de ce tems pour distribuer leur galbanum.Entre les Acteurs de ces Troupes , il y en a toujoursun dont de rôle est de faire rire les affistans, c est celuilà qui dans certaines Troupes s’appelle Plaisantin 3dans d’autres on le nomme Divertissant 3 quelquefoisFagotin , Trìvelin 3 8c plus communément Arlequin.Aux Cours plénières denos anciens Rois, il y avoirl’après-dìnée Jeu, Chaste, Danseurs de corde, Plai-santins 3 Jongleurs, Pantomimes. Les Plaisantins fai-soient des contes , les Jongleurs jouoient de la vielle.C’étoit dans ces premiers tems l’instrument le plus es-timé. Mœurs & Coût. des Fr. par M. le Gendre 3

ífjt PLAISIR, s. m. Oblectatio 3 oblectamentum 3 volup-tas. Terme générique qui s’applicpie à toute situationprécieuse de lame. Ce n’est pas précisément le conten-tement qui regarde proprement l’intérieur du cœur ;ni la joie qui regarde particulièrement la démonstra-tion extérieure ; ni la satisfaction qui regarde directe-ment les passions ; ni la volupté' qui est toute sensuelle.Foyei tous ces mots ; Foye% aussi Délice , l’idée duplaisir est dune bien plus vaste étendue, parce que cemot a rapport à un plus grand nombre d’objets, à toutce qui concerne l’eíprit, le cœur, les sens, la fortune.Le plaisr est donc la manière d’être & la meilleure, &la plus agréable à lame, parce que c’est par le plaisircp'elle goûte son bien. f

vT Le plaisir est un sentiment agréable 8c passager : lebonheur 3 considéré comme un sentiment, est une sui-te de plasrs.

Nous sommes intérieurement convaincus que le plai-sr est bon ; 8c cette conviction intérieure n’est pointLuisse. Nous sommes naturellement convaincus que leplaisr l e caractère du bien ; & cette conviction naturelle est très-vraie : car ce qui cause le plaisr est cerminclnent très-bon 8c très-aimable. Voilà pourquoin ,° Us avons une inclination si forte pour \tplaisir ■ in-clination q u i ueut nous jerter dans plusieurs erreurs ,U elle est déréglée ; parce qu’alors elle dissipe l’esprit,oc le rend incapable d’attention. La raison ne doit êtreappelee que p our modérer les plaisirs 3 & non pour en

étouffer le sentiment.

* L elprit de l e cœU r ont leurs plaisirs 3 comme le corpsa les siens. Les plasrs des sens font mépriser ceux de

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l’eíprit, comme trop subtils & trop nuds ; & les plai-sirs des esprits délicats 8c raffinés font mépriser, à leurtour , les plasrs des sens comme trop grossiers. Lesplasrs du cœur font plus touchans 8c plus vifs queceux de 1 esprit. Le cœur est fou des plasrs. Les fem-mes font incapables des plasrs qui ne font que dans laraison. Ce que M. de Fontenelle dit ici des femmesen général, peut également bien Rappliquer à la plû-part des hommes. Les vrais Philosophes cherchent leplaisr dans toutes leurs occupations , 8c s’en font unde remplir leur devoir. Montagne dit qu’on ne doitamasser que pour acheter du plaisr.fJCF Le mot de plaisr est aussi employé comme synony-me de paffè-tems, divertissement. Le plaisr du jeu ,de la chasse, de la musique , de la comédie , &c. L’ondit un homme de plaisr 3 adonné à (onplaisr 3 quidonne tout à son plaisr. Faire son plaisr dune chose.Jouer pour son plaisr 3 ou pour le plaisir 3 quand onjoue simplement pour se divertir , pour passer le tems,fans jouer d’argent.ísF Dans cette acception il est souvent employé au plu-riel , & a de même rapport aux pratiques personnelles,aux usages, aux passe-tems, tels que la table , le jeu ,les spectacles & les galanteries. Oblectamenta vita.Les mots de délices 8c de voluptés ont leurs différences8c leurs nuances particulières. Foye^ Délice. C’estainsi qu’on dit qu’un homme se livre entièrement auxplasrs 3 qu’il vit, qu’il est continuellement dans lesplasrs j que la jeunelse aime les plasrs. Les Magis-trats Romains avoient foin des plaisirs du peuple ; ilsleur donnoient des spectacles.

!£/* On dit poétiquement les ris, les jeux & les plasrs ,pour dire les amusemens , les passe-tems, les diver-tistemens de la vie. On en fait des personnages allégo-riques, comme on en fait des grâces & des amours.íf-J M ennsplasrs 3 petites dépenses qu’on fait pour sondivertissement. Menus plasrs 3 chez le Roi, ou sim-plement les menus. Foyer au mot Menu.

IP* Plaisir se dit quelquefois en vieux style pour volon-té. Je ferai cela, si c’est votre plaisr.

|Cf On dit faire une chose, terminer une affaire sous lebon plaisr de quelqu’un, c’est-à-dire, de telle fortequ’il n’y ait rien de fait s’il n’y consent.

Car tel est notre plaisr. Formule de lettres de Chan-cellerie par laquelle le Roi marque fa volonté dans lesEdits, Déclarations, 6>c.

Ce mot vient de Placitum.

Plaisir , signifie aussi, bienfait, grâce, faveur, bon of-fice rendu, ou reçu. Benescium 3 gratia 3 favor. Il nefaut point faire un plaisir à demi. Cet homme est offi-cieux 8c prompt à faire plaisr. Je hais ces humeursvaines qui ne font jamais plaisir que pour avoir l’hon-neur de le dire. S. Eyr.

s ai pris ma récompense en vous faisant plaisir. Corn.

Si Charles , parson crédit 3M* a fait un plaisir extrême ;

J’en suis quitte , il l’a tant ditQu il s’en es payé lui-même. Gom.

On dit en Fauconnerie, faire plaisr à l’oiseau, quandon lui laisse plumer la perdrix, ou donner quelquecoups de bec. Avem allicere. Et en l’Autouríerie ondit, faire jeu 8c la courtoise aux autours. Subbuteonemdelectari.

ÇfT A Plaisir , adverbe, qui se dit des choses qu’il sem-ble qu’on ait pris plaisr à faire. Animi causa. Voilàun conte fait a plaisr. Commentum. C est-a-dire, pu-rement inventé, ou fait exprès pour divertir. Voilà unouvrage fait à plaisr 3 c est-a-dire 3 bien fini, où l’onn’a rien épargné. Vous avez l’avantage fur ceux mêmesqui ont été faits à plaisr 3 pour être l’exemple des au-tres, & il s’en faut bien que l’invention ait pû aller aussihaut que votre vertu. Von.

Par PLAisiR autre adverbe, qui signifie, par divertisse-ment , par amusement, pour essayer. Jocosè. Ils jouentpar plaisr 3 c’est-à-dire , ils ne jouent point d’argent.Ils disputent par plaisr ■ pour dire, cc n’est pas sériai-,