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soutenir en Pair. Pluma , penna. Des plumes d'aigle ,de paon , de coq, de perdrix.
Plume , fe dit en particulier d’un pennache fait de plu-mes d’antmche. Plumaria panicula 3 vel plumatile mus-carium. Voilà une belle plume. Un tour àc plumes. Unbeau bouquet de plumes 3 des plumes bien frisées.Les précieuses de Molière disent, un chapeau désarméde plumes.
ft? Plume , se dit auffi du duvet qu’on tire de ce quiest lur la gorge & l’estomac des oiseaux. Plumula• mollis. Un oreiller de plumes 3 un lit de plumes. Ildort sur la plume. Il est couché mollement sur la plume. Être dans une litière fur un lit de plumes , dansun carrosse lur de bons couffins. Plumis penfilibusvehi.
En Fauconnerie on fait différence entre les plumesdes oiseaux, Sc leurs pennes comme il est remarquédans le Livre I, de la Vénerie de Frédéric II Empe-reur. Car les plumes c’est ce qui couvre le corps del’oiseau , Sc qui lui sert comme de vêtement ; mais lespennes font celles qui ont un tuyau, une efpcce decôte ou de nerf au milieu de plusieurs grands poils ,Sc qui sert à soutenir l’oiseau en l’air. Penna.
Plume , se dit absolument du gros tuyau qui sert à écrirequi se tire des ailes des oies , des cygnes , des cor-beaux , &c. Calamus } penna. Un quarteron de plumesde bouts d’ailes. Les plumes de cygnes , font plusgreffes & plus fermes. Pour écrire en menue lettre on. fe sert de plumes de corbeau. Il y a de Fart à lavoirbien tenir fa plume 3 à tailler bien la plume. Nous avonsvu à la Cour un Auteur qui se vantoir de tailler sa plu-me avec son épée. Bal. On dit tenir la plume 3 prendrela plume 3 mettre la plume à la main ; pour dire, écri-re , composer.
Mais t’attaquer à moi 3 qui t’a rendu Jl vain ?
Toi qu on ne vit jamais une plume à la main.
Bon..
On appelle des plumes hollandées 3 les plumes donton paffe le tuyau dans les cendres chaudes pour enôter la graillé Sc l’humidité. Calami igne praeparati.Plume, sedit figurément du style & de la manière decrire d’un Auteur , auquel sens il n’a point de pluriel.Stylus 3 scribendi ratio 3 modus. Sans gêner ma plume 3je la laiffe au hasard courir fur le papier. Bon. Cethomme a une excellente plume. Sa plume est bien dan-gereuse.
Hé quoi ? quand Juvénal desa mordante plume ,
Faisoit couler des flots de fiel & d’amertune.
Bon.
Plume, se dit figurément auffi de l'Auteur même. Ainsi ondit d’un Auteur qui écrit bien, que c’est unebonne plu-me. S criptof egregrius, eruditus , que c'est une plume élo-quente, une des plus savantes plumes du siécle. Mais ce-la fe dit plus d’un Auteur qui écrit en prose , que d’unAuteur qui écrit en vers. Paul Jove Evêque de Nocéredéclarent bonnement qu’il avoit une plume d’or,une plu-me d argent Sc une plume de fer, pour les disterens usa-ges que les interets lui en faiíoient faire, c est-a-dirc,pour les amis Sc pour ses ennemis-On dit qu un hom-me tient la plume, quand il est Greffier ouSecretaire enquelque Alíemblée. On dit auffi au Parquet,que c est M.le Procureur Général qui tient la plume , parce qu’il don-ne des conclusions par écrit, Sc les Avocats Générauxde vive voix. En général on dit des gens de robe & desEcclésiastiques, que ce font des gens de plume, paropposition à la Noblesse Sc aux Gens d’épée.
Homme de Plume , gens de plume. Les Bourgeois desCantons Suiffcs Aristocratiques, & particulièrementde celui de Berne, fe peuvent diviser en trois ordres ;celui des Marchands & des Artisans , celui des Gensde plume , Sc celui des Gens de guerre. Les Suiffcs ap-pellent Gens de plume 3 ceux qui n’ont ni servi dehorsdans les troupes, ni exercé chez eux aucune profes-sion. Dans les Cantons où il n’y a pas de commerce ,ces sortes de bourgeois n’ont de fortune à espérer quepar le moyen dc leurs Bailliages : de forte que tousTerne VI.
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leurs projets ne tendent qu’à entrer dans le Grand Con*íeil ; car lorfqu’ils y font une fois, ils ne peuvent man*quer d’avoir tôt ou tard un Bailliage. En attendant ils.vivent de leurs rentes, & font employés dans les peti-tes charges de la ville. Voye% l’Etat de la Suiffe traduitde l’Anglois, & imprimé à Amsterdam en 1714.
Plume. Deffeins à la plume. Voye% Dessein.
Plume. Terme de Confiseurs. On appelle du sucre à laplume 3 celui qui a atteint le quatrième degré de cuis-son. On l’éprouve avec lecumoire ou la spatule, com-me le sucre à souffler , & toute la différence qu’on ytrouve, c’est que le sucre à la plume étant un peu pluspouffe de chaleur, les bouteilles ou étincelles qui lut-tent de la spatule , en la secouant, sont plus greff es , Scmême dans la grande plume , ces bouteilles lont si grosses Sc en si grande quantité, qu’elles íemblent liées lesunes aux autres. Pour faire des maffepains à la Duches-se , on fe sert de sucre à la plume. Les Apothicairesfont cuire leur lucre à la plume , pour faire leurs ta-blettes de Diacartami.
On dit en Fauconnerie , donner la plume à l’oiseau ;pour dire, lui donner une cure de plume. Avem ines-care 3 allicere.
Plume, en terme de Botanique, plumula. C’est ainsi qu’onnomme la tige d’une plante loríqu’elle fort de la se-mence. Elle est presque de même couleur que la radi-cule , sur la baie de laquelle elle est appuyée ; Sc c’estelle qui forme dans la végétation la tige ou le corps dcla plante. La plume est la première partie qui paraîthors de la terre. La racine croît la première, Sc la plu-me ensuite.
fO* On compare quelquefois certaines parties des plan-tes aux plumes des oiseaux. Ainsi l’on dit une aigretteen forme de plume. Plumeosus pappus. Voye\ Ai-grette.
VvowE-marine. s. C est une plante qui croît sur les rochersde la mer, & qui ressemble à l’aile d’un oiseau. Penna .Elle est quelquefois entouree d une matière viíqueule
- qui luit la nuit comme un phosphore. Elle est encoreappellée mentula alata , la verge ailée, parce que sonbout d’en-bas est fait comme le gland de la verge.D ici. de James.
Plume de Paon. C’est une pierre fine de couleur verdâ-tre. Elle est rayée comme les barbes d’une plume ,& bien quelle soit verdâtre, elle paraît pourpre àla lumière. C’est une Agathe tendre , quoiqu’O-rientale.
Plume, se dit proverbialement en ces phrases. La bellelume fait le bel oiseau , pour dire, que les beaux ha-sts relèvent beaucoup la bonne mine. On dit qu’unhomme est chargé d’argent, comme un crapaut dc plu-mes ; pour dire , qu’il n’en a point. On dit, palier laplume par le bec ; pour dite, frustrer quelqu’un d’unprofit qu’on lui avoit fait espérer. Voye% l’origine dece proverbe à Oison. On dit quand on a gagné del’ar-gent à quelqu’un au jeu, ou par quelque adrelse, qu’ona eu de les plumes , qu’il a laiflé de íes plumes. On dicquand on est incertain de ce qu’on doit faire, qu’ilfaut jetter la plume au vent. On dit des choses qu onécrit pat occasion fans les avoir préméditées, cela s’esttrouvé au bout de ma plume. O11 dit d un Auteur quidérobe les pensées des autres ; c’est la Corneille d’Ho-race, qui est parée des plumes fzmrm. On dit d’unhomme qui tire tout l’avantage d’une société, que c’estla plume de l’aigle qui dévore les autres. On dit encore,cela est léger comme une plume, c est une plume. Ondit figurément que la viande sent la plume; pour dire ,que le cuisinier ne s est pas leve allez matin pour met-tre le pot au feu. On dit proverbialement Sc figuré-ment d’un homme qui a perdu une place honorable ,ou une puillante nrotection, qu’il a perdu la plus bel-le plume de son aile.
On dit figurément d’un homme qui est égalementpropre aux emplois de l’épée , de la robe & du cabi-net, qu’il est au poil & à la plume. Acad. Fr.
|En termes dc Chaste, on dit qu’un chien qui estdreffé à chaffer toute forte de gibier, comme lièvres ,perdrix, &c. qu’il est au poil & à la plume , qu’il estdreffé au poil & à la plume.
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