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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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de diète ,un dccret, ôc mcme sélection d’un Roi,les affaires ne passanr point en Pologne à la pluralitédes voix ; mais par un consentement unanime donnetumultuairement qu’on exprime par ces mots :Nemine contradicente , personne ne s’y opposant. Cegrand corps de Nobletle ne s’assemble pas ordinaire-ment - , cela produiroit dans les conseils une confusionmonstrueuse. On la voit seulement en corps d«ns deuxoccasions ; sélection des Rois, & la convocation dela Pospolite à cheval, pour quelque besoin pressant.C’est cette Noblelfe à cheval, qu’on appelle Pospo-lite Rujfienne , qui ne veut pas dire Pospolite de Rusfie ; mais Pospolite marchante. Le mot Polonois Rus-chenie , signifiant un mouvement. Mémoire du Cheva-lier de Beau jeu.

fCT POSSEDER, v. a. Jouir d une chose ; en être maî-tre ; savoir actuellement en ía puissance, soit avecdroit légitime, soit lans aucun droit. Avoir la libertéactuelle d’en disposer ou d en jouir. Ce Seigneur pos-sède une belle terre. Ce Bourgeois possède une bellemaison. Ce que son possède pique moins que ce quel’on désire. Bell. On ne perd lans douleur » que cequ’on possède lans passion. Nie.

fp* Corneille a employé ce verbe sans régime dans Ro-dogune. Cependant >je possède , & leurs droits incer-tains j&c. cependant il en demande un. Jouir est neu-tre, quelquefois je possède ne lest pas. Voltaire croitque cette hardiesse est très-permise , & tait un belester.

En Jurisprudence on à plusieurs titres. En

propriété, lorlqu’on a la dilpolition absolue d unechose, qu’on la peut vendre, engager, ùc. Plenadispositio. On possède par usufruit, à titre précaire ,quand on a que la jouillance des fruits, comme celled’un douaire,d’un bénéfice. Usujrucluariapossejso. Pos-séder en fief, à titre de foi & hommage. Feodalisposes o. En roture, à titre de cens ; en main morteavec servitude, par indivis , en commun z par enga-gement , à faculté de rachat. Posséder au nom d’autrui,c’est-à-dire, à ferme , à louage.

Poîséder , le dit aussi de la jouissance des choses spiri-tuelles. Possidere. Les gens de bien poséderont le cielpour récompense. Cet amant possède le cœur de saMaîtresse. Le Roi possède les aft'ections de sonpeuplc.Vous pojséde\ tous les beaux talens que la nature peutdonner aux hommes.

Tosséder , le dit de même figurément en choses spiri-tuelles Sc morales, ôc signifie, gouverner, regere ,dominer, moderari , remplir, occupare. Le favori pos-sède l’elprit du Prince ; il le gouverne absolument.L’amour me possède ,je gémis fous son empire. La co-lère , la fureur, la rage , l’amour , savarice le possè-dent , c’est-à-dire, il est maîtrisa ôc entraîné par cespallions. Comme l’on reprochent à Aristippe son atta-chement pour une femme : je la possède , dit-il, maiselle ne me possède pas. Ablanc. Denis d’Halycarnas-le , avoue que des qu’il lit une Oraison de Démosthè-ne , il le sent íi fort ému, qu’il n’est possédé que del’espritde cet Orateur. Boil. L’amour de la volupté nerend pas incapables des grandes choses ceux qui en fontpossédés. S, Réal. L’homme éipossédé d’un amour delui-meme aveugle ôc violent, qui le rend fougueux ,farouche ôc inhumain. M. Es?. ,

fCT En parlant des démoniaques ou energumenes, ondit que le démon les possède , pour dire, qu’il s’estemparé de leur corps. A malo dsmonc possessus. Voye%EnergumÉne, Obsession , &c.

Proverbialement ôc populairement on dit d’un hom-me emporté, qui ne le possède plus, qui n entend plusraison , que le diable le possède , qu’il est possede dudiable, pour dire, que le démon s’est emparé de soncorps.

Se Posséder , avec le pronom personnel, c’est voir bience qu’on fait ; en sorte que rien n’échappe sans qu ons’cn apperçoive, & qu’on soit maître de tous ses mou-vemens. Nie. C’est être de sang froid dans faction; nese point laisser émouvoir ni troubler. Continere se. Sci-pion se possédoit également dans Pagination des affai-res , ôc dans le repos de la vie privée. S. Évr. Alexan-

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dre commençoit à se posséder , où les autres hommesne se possèdent plus. Id. On dit qu’un Orateur se pos-sède bien , quand il ne se précipite point dans son dis-cours ; quand il ne paraît ni embarrassé dans son ges-te , ni troublé par la présence de ses Auditeurs.fP” Posséder , lignifie aussi, savoir bien une chose, yexceller. Callere . Ce Docteur possède bien la Théolo-gie Scholastique ; il la fait à fond. Ce Prédicateur pos-sède bien la Bible ôc les Peres. Posséder parfaitementla Jurisprudence. Posséder Horaces Virgile.

On dit aussi, faisons cette affaire, tandis que je vouspossède , pour dire, tandis que vous êtes chez moi, queje jouis de votre loisir. JDum te utor.fìCT Posséder , avoir, considérés comme synonymes. M-l’Abbé Girard caractérise ainsi ces mots. Il n’est pas né-cessaire de pouvoir disposer d’une chose, ni quellesoit actuellement entre nos mains pour Y avoir ; il suf-fit quelle nous appartienne. Mais pour la posséder ,ilfaut qu’elle soit en nos mains, ou que nous ayons la li-bérté actuelle d’en disposer ou d’en jouir. Ainsi nousavons des revenus, quoique non payés ou mcmesaisis par des créanciers ; & nous possédons destrésors.

fP” On n’est pas toujours lc maître de ce qu’on a; on l’cstde ce que l’on possède. On a les bonnes grâces despersonnes à qui Ion plaît. On possède l’cspnt de cellesque l’on gouverne absolument.

0CP U n’est pas possible , quelque modéré qu’on soit,de n avoir pas quelquefois en là vie des emportemens ;mais quand on est sage, on fait se posséder dans làcolère.

ffCT Un mari a de cruelles inquiétudes lorsque le démonde la jalousie le possède.

• fier Un avare peut avoir des richesses dans ses coffres ,mais il n’en est pas le maître ; ce sont elles qui possè-dent ôc son cœur ôc son esprit,ft? Nous n avons souvent les choses qua demi, nouspartageons avec d’autres. Nous ne les possédons queíorsqu’clles sont entièrement à nous, ôc que nous ensommes les seuls maîtres. Un amant a le cœur d’unedame , lorsqu’il en est aimé ; il le possède lorsqu’eilen’aime que lui.

fP“ En fait de sciences ôc de talens, il suffit pour lcSavoir d’y être médiocrement habile ; pour les posé-der , il faut y exceller. Ceux qui ont la connoillàncedes arts , en savent ôc en suivent les règles ; mais ceuxqui les possèdent , font ôc donnent des règles àsuivre.

Possédé , Ée. part. pais. ôc adj. Obsessus } po (sessus.Possédé est aussi substantif. Il se dit de ceux qui sonttourmentés du démon , du corps deíquels le malinesprit s’est emparé. Ab itijeflo déinonc insessus. Exor-ciser les possédés. Notre Seigneur guérissoit lesposé dés.

§cr POSSESSEUR, f. m. Celui qui possède, qui a la li-berté actuelle de disposer ou de jouir de quelque cho-se. P os ossor , Dominus. L action hypothécaire se diri-ge contre lc posesair ou factuel détenteur des hérita-ges sujets à îhyporhòque. Poseseur annal, triennal,immémorial, pacifique, de bonne foi, de mauvaisofoi.

POSSESSEUR. Terme du Grand-CEuvre. C’est le noiflque les Alchimistes donnent par excellence à ceuxqu’ils prétendent avoir trouvé la Pierre Philosophais*Ils mettent au nombre des véritables possesseurs , San-dovigius, Flamel, Turneisser, Paracelse, ôc plusieur*autres. Ils les nomment encore Adeptes.

IP” POSSESSIF, adj. m. Terme de Grammaire , quidit des pronoms qui servent à marquer la posseff 00d’une chose, soit en particulier, soit en commun*Pronomina posesìva. Mon , ton^son^ U mien , 1‘ cicn 'le fien , le nôtre , le vôtre , le leur , sont des pronomsposessijs. Voye% Pronom. ,

fp* POSSESSION, s. f. Action par laquelle on posied*de droit ou de fait: détention Lc jouissance d’une cho-se. Possessio. On le dit d’un héritage, d’un benehee »d’une charge ; en général de tout ce qui peut être ^gardé comme un bien. Quand un homme qu * el ^possession , est troublé, il » faction en compl-ù JirC >

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